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Mitteilungen
dieses am 30. März herausgegebenen Heftes:
A. Längfors, Li Romanz du Vergier et de l’Arbre d’Amors
(S. 3); Y. Hirn, La verritre symbole de la maternit& virginale (S. 33);
O. J. Tallgren, Un point d’astronomie grecosarabosromane. A pro
de l’Astronomie espagnole d’Alphonse X (S. 39); H. Suolahti, Zur
Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen (S. 45); T. E. Karsten,
«Deutsche» Rassenfragen (S. 57); E. Öhmann, Hyperhochdeutsche Fors
men in mitteldeutschen Mundarten (S. 64); P. Katara, Das Predigt
märlein von der unvollkommenen Beichte eines Königssohnes (S. 74);
A. Furuhjelm, Einige Fälle von Kopulaersatz durch Verba eundi‘(S. 78);
Ein Fall von Modusassimilation (S. 81); H. Pipping, Zur Lesung und
Deutung von Hövamöl 39 (S. 83); W. Söderhjeim, Notice sur la
Copia exemplorum du confesseur de sainte Brigitte (S. 87); A. Malin,
Un fragment de legendaire de Langres, du XlIle sitcle, dans la Biblio»
thöque de l’Universitt de Helsinki (S. 101); A. Wallensköld, Lat.
miräb/lia dans les langues romanes (S. 108); H. Petersen, Remar-
ues critiques sur l’edition de la Vie de saint Eustache par Pierre de
eauvais (S. 111); K. S. Laurila, Sprache und Anschauung (S. 120).
— Besprechungen: P. W. Schmidt, Die Sprachfamilien und Spra-
chenkreise der Erde, von G. Schmidt (S. 149); Festschrift Fr. Kluge
dargebracht (S. 163); C. v. Kraus, Mittelhochdeutsches Übungsbuch
(S. 167); H.-Fr. Rosenfeld, Mittelhochdeutsche Novellenstudien ($S. 168);
E. Nickel, Studien zum Liebesproblem bei Gottfried von Strassburg
S. 171); Sp. Wukadinovie, Goethe»sProbleme (S. 172); Ders., Franz von
onnenberg (S. 173); H. Schulz u. ©. Basler, Deutsches Fremdwörter
buch, Il (S. 175), von H. Suolahti; Natan Lindgvist, Björk2s-Säby ort
namn, von T. E. Karsten (S. 176); F. Brunot, Histoire de la langue
frangaise, IV & IX (S. 178); E. S. Murrell, Girart de Roussillon and
the Tristan (S. 183); G. Cohen, Histoire de la mise en scene dans le
theätre religieux francais du moyen äge (S. 185); M. Walter, Französ
sisches Unterrichtswerk für höhere Schulen (S. 185); D. Behrens, Über
englisches Sprachgut im Französischen (S. 186), von A. Wallensköld;
Alexandre Eckhardt, Les id&es de la revolution frangaise en Hongrie,
von Gyula Weöres (S. 187); V. ieabı, Manuale per l’avviamento
agli studi provenzali ($S. 188); Kr. Sandfeld, Balkanfilologien, von
A. Wallensköld (S. 190); G. Camerlynck, A Handbook of English
Composition for the Use of Continental Pupils, von A. Bohnhof
(S. 191); U. Cronwall, Engelsk Grammatik för skola och självstudium,
von Ä. Furuhjelm (S. 192). — Eingesandte Literatur (S. 193);
Schriftenaustausch ($. 203). — Mitteilungen (S. 206).
Mr. UL AXIX.-.1928
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Nenphilologische
Die nächsten Hefte werden u.a. enthalten:
A. Jeanroy, Etudes sur l’ancienne po&sie provengale, IIl.
A. Längfors, M&langes de po&sie pieuse.
H. Petersen, Notes critiques sur la Vie de sainf Eustache de Dublin.
Besprechungen: K. Michaelsson, Etudes sur les noms de personne
frangais d’apres les röles de taille parisiens; H. Roumiguitre, Le frangais dans
les relations diplomatiques; E. Weinkopf, Naturgeschichte auf dem Dorfe.
Der jährliche Abonnementsbetrag der Neuphilologischen Mit:
teilungen ist von 1928 an FM. 35.—.
Neuphilologische,Mitteilungen, herausgegeben vom Neuphilologischen Ver-
ein in Helsingfors. Redaktion (seit 1926): A. Längfors, ao. Prof. d. roman, Philologie,
H. Suolahti, Prof. d. german. Philologie Jährlich acht Nummern. jahrespreis
Finn. Mark 35.—, bei der Redaktion Finn. Mark 30. — (nur für Finnland). Für die Mit-
glieder unentgeltlich. — Beiträge, Bücher und Zeitschriften an Prof. A. Längtors
(Myntg. 3 B), Abonnementsbeträge und Bestellungen an Mag. phil. Äke Furuhjelm
(Rödbärgsg. 1 B) erbeten.
Inhalt der letzten Jahrgänge.
XXIT (1921). H. 114, 5, 6/8. — 170 S., Fmk. 25. — W. Mulertt, Üb. die Frage nach
d. Herkunft d. Trobadorkunst; E. Bendz, G. B, Shaw: O. Wilde in mem; V. Tarkiai-
nen, Q. observ. sur le „Persiles y Sigismunda“ de Cervantes; L. Spitzer, Hispan. Wort-
miszellen, [1]; O. J. Tallgren, fortuna ‘tempäte'; W. a nieim Dante et !’Isla
J. Brüch, ktymologisches; L. Spitzer, Hispan. Wortmiszellen, II; F. Kluge, Got. gabei
— lat. cöpia, E. Ochs, rörea gafaclita, G Rohlfs, Frz. ainsi. — Bespr. v. H. Almark
(Les Langues Mod.,; O. J. Tal 8 ren (Krüger, Westspan. Mundarten; Spitzer, Lexikal. aus
d. Kataian.); A. WallensköÖld (Lerch, Einf. in d. Afrz.,;, Chans. satiriques et bachiques
ed. Jeanroy et Längfors; Seidel, Sprachlaut u. Schrift). — Polemisches: H. Ojansuu—
Y.H. Toivonen;Ä. A u. A. Längfors—A.W.
XXIII (1922). H. 113, 415, 618. — 180 S. Fnik. 25.— E. Öhmanın, H. Paul In mem,; H.
Almark, Engiish in our Secondary Schools; Ph. Aug. Becker, Cl&ment Marot u Lu-
kian; L. Spitzer, Wortmiszellen;, | Brüch, Wortmiszellen; Ph. Aug. Becker, La vie
litter. a la cour de Louis XIl. — Bespr. v. E. Revert (Küchler, Ernest Renan); O. |.
Tallgren (Weigand, Span. Gramm.);, A. Wallensköld (Voretzsch, Afırz. Lesebuch;
Kiemperer, Einf. in d. Mirz.; Elise Richter, Lautbildungskunde; Brunot, La Pens&e eı la
Langue; La 2e coll. anglo-norm. des Miracles de la S. Vierge, p. p. Kjellman). — Pole-
misches: L. Spitzer, Zu Neuph. Mitt. XX1l 113—117 [gegen.). Brüch
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NEUPHILOLOGISCHE
MITTEILUNGEN
NEUNUNDZWANZIGSTER JAHRGANG
1928
HERAUSGEBER
ARTHUR LÄNGFORS
AO. PROFESSOR DER ROMANISCHEN PHILOLOGIE
UND
HUGO SUOLAHTI
ORD. PROFESSOR DER GERMANISCHEN PHILOLOGIE
DER NEUPHILOLOGISCHE VEREIN
IN HELSINGFORS |
HELSINKI, HELSINGFORS, 1928
K. F. PUROMIEHEN KIRJAPAINO O..Y.
Inhaltsverzeichnis.
I. Aufsätze. =
Seite
Furuhjelm, Ake, Ein Fall von Modusassimilation................ 81
— » —, Einige Fälle von Kopulaersatz durch Verba eundi ...... 78
irn, Yrjö, La verriöre symbole de la maternite virginale ...... 33
Jeanroy, A., Etudes sur l’ancienne po&sie provengale, IIl........ 209
Karsten, T. E., «Deutsche» Rassenfragen ..............222...0. 57
Katara, Pekka, Das Predigtmärlein von der unvollkommenen
Beichte eines Königssohnes ........... 2-20 2eeeen een 74
Krappe, Alexander Haggerty, The Sources of the Saga af Herraußi
DR BOSSE ee en 250
Längfors, Arthur, Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors 3
Laurila, K. S., Sprache und Anschauung ............ 222222200. 120
Malin, Aarno, Un fragment de le&gendaire de Langres, du XlIle siecle 101
Öhmann, Emil, Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen
Müundarten 2... 0 ee eenskhkre 64
Petersen, Holger, Remarques critiques sur l’edition de la Vie de
saint Eustache par Pierre de Beauvais .........222222220.. 111
Pipping, Hugo, Zur Lesung und Deutung von Hö6vam6l 39 .... 83
Söderhjelm, Werner, Notice sur la Copia Exemplorum du con»
fesseur de sainte Brigitte ..........22c2cceeeeeeeeerenneen 87
Suolahti, Hugo, Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen .. 45
Tallgren, O. J., Un point d’astronomie grecosarabosromane. A
propos de l’Astronomie espagnole d’Alphonse X ........... 39
Wallensköld, A., Lat. miräbilia dans les langues romanes .... 108
II. Besprechungen.
Armstrong, L. E.. & Ward, I. C., Handbook of English Intonation
(4::Bohnhof):. ae sense 269
Basler, O., s. Schulz.
Behrens, D., Über englisches Sprachgut im Französischen (A. Wallen-
SKOIG) ae see re ne Sa Frhenst der 186
Brunot, F., Histoire de la langue frangaise, IV& IX (A. Wallensköld) 178
Camerlynck, G., A Handbook of English Composition (A. Bohnhof) 191
Cohen, G., Histoire de la mise en scene dans le theätre religieux
francais du moyen äge (A. Wallensköld) .................. 185
— » —, Le Theätre en France au moyen äge, I (A. Wallensköld) 263
Seite
Crescini, V., Manuale per l’avviamento agli studi provenzali
(4A. Wallensköld) .............2.22conceeeneeeennenenennn 188
Cronwall, U., Engelsk grammatik för skola och självstudium
(A: Eüruhjelm)22.2..2e 20 u 3 Rare 192
Eckhardt, A., Les idees de la revolution frangaise en Hongrie
3. "AGs Weöres) ee nn 187
Festschrift Fr. Kluge dargebracht (H. Suolahti) ........ 163
Kraus, C. v., Mittelhochdeutsches Übungsbuch (H. Suolahti).... 167
Lindgvist, N., Bjärka:Säby ortnamn (T. E Karsten) ............ 176
Murrell, E. S., Girart de Roussillon and the Tristan (A. Wallensköld) 183
Nickel, E., Studien zum Liebesproblem bei Gottfried von Strass»
burg (MH. Suolahli) 2.4.2002 a are
Philologische Studien aus dem romanisch-germani-
schen Kulturkreise, Karl Voretzsch zum 60. Geburtstage
(4. Längfors). as ae leheinsaetee 267
Rosenfeld, H.-Fr., Mittelhochdeutsche Novellenstudien (H.Suolahfi) 168
Sandfeld, Kr.. Balkanfilologien (A. Wallensköld) ................ 1%
Schmidt, P. W., Die Sprachfamilien und Sprachenkreise der Erde
(G: Schmid) er een eeie 149
Schulz, H., und Basler, O., Deutsches Fremdwörterbuch, II (H. Suo»
REN en aa ee ee 175
Schürr, Fr., Barock, Klassizismus und Rokoko in der französischen
Literatur (A. Wallensköld)....... EEE EIER RENTEN 263
Strohmeyer, H., Methodik des neusprachlichen Unterrichts (A. Wal«
lenskold)... wu a es ee ee 262
Studier i modern spräkvetenskap, utgivna av Nyfilolos
giska Sällskapet i Stockholm, X (A. Wallensköld).......... 264
Walter, M., Französisches Unterrichtswerk für höhere Schulen
(4. Wallensköld) 2... 2: 185
Ward, I. C., s. Armstrong.
Weinkopf, E., Naturgeschichte auf dem Dorfe (R. Riegler)....... 256
Wirth, A., Beiträge zur Volkskunde in Anhalt (R. Riegler)...... 258
Wukadinovic, Sp., Goethe-Probleme (H. Suolahti) .............. 172
— » —, Franz von Sonnenberg (HM. Suolahti) .................. 173
Ill. Eingesandte Literatur.
Zur Besprechung eingesandte Arbeiten .................. 193, 273
Schriftenaustausch .......22.22ccceee ee 203, 284
IV. Mitteilungen ............ 206, 288
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UNO LINDELÖF
ZUM 60. GEBURTSTAGE
30. 3. 1928
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NEUPHIJOJOGISCHE
« « MITIEIJUNGEN
Herausgegeben vom Neuphilologischen Verein in Helsingfors
Redaktion:
A. Längfors H. Suolahti
ao. Professor der romanischen Philologie Professor der germanischen Philologie
ı Jährlich acht Nummern. Jjahrespreis Fmk 35, bei der Redaktion
| Fmk 3% (nur für Finnland). Die Mitglieder des Vereins erhal-
xxIXx. ten das Blatt unentgeltlich. — Beiträge, sowie Bücher und
Jahrgan Zeitschriften bittet man an Prof. A. Längfors (Myntgatan 3B), 1928
Bank den Abonnementsbetrag und Bestellungen früherer Jahrgänge an
den Schriftführer der Redaktion, mag. phil. Ake Furuhjelm-
| (Rödbärgsgatan I B) einzusenden. |
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors.
(Paris, Bibliotheque nationale, fonds frangais 847)
Le manuscrit.
Le manuscrit frangais 847 est un recueil factice compo=
se d’au moins trois volumes originairement distincts. Les
parties Iyriques de ce volume sont generalement designees par
le sigle P, d’apres le systeme de Schwan (Pb° de Raynaud).
Li Romans du Vergier et de l’arbre! d’Amors precede (fol.
204—210) la derniere partie lyrique, qui comprend des chan-
sons et jeux=partis d’Adam de la Halle. Si la copie des pie:
ces Iyriques peut encore ätre attribuee au XIII‘ siecle, la main
qui a copie le Roman se revele plus recente et ne pourrait
etre anterieure au XI\*.
Le Roman est une allegorie oü l’amour est compare ä un
arbre. Ce theme n’est pas rare dans l’art du moyen äge.
ı Et non de larche, comme I’imprime erronement G. Raynaud,
Bibliographie des chansonniers frangais, I, 123. Cf£. A. Jeanroy, Biblio:
graphie sommaire des chansonniers frangais, p. 8, et F. Gennrich, Die
beiden neuesten 'Bibliographien altfranzösischer und altprovenzalischer
Lieder, p. 304.
4 Arthur Längfors,
H. Suchier et A. Birch»Hirschfeld! ont reproduit une minia:
ture ornant un exemplaire du Breviari d’amor, du XIV: siecle,
conserve ä la Bibliotheque de l’Ermitage, ä Petersbourg, oü
les branches de l’arbre d’amor sont representees par differentes
vertus: savieza, entendemen, esperanga, etc. Le manuscrit
frangais 9.220 de la Bibliotheque nationale (XIII* siecle) cons
. tient une miniature analogue, qui occupe en entier la premiere
page de ce volume de grand format. Dans la litterature
frangaise le sujet a et& traite, en dehors du nötre, au moins
dans deux autres poemes, dont l’un, anonyme, se trouve dans
le manuscrit 2.200 de la Bibliotheque Sainte-Genevietve, et
l’autre, par un certain Raimont Badaut, dans le manuscrit 24.432
de la Bibliotheque nationale?. Si le sujet de ces trois po@mes
est le m&me, la maniere dont il a &te trait€ montre qu’il sont
independants entre eux. Je publierai prochainement le texte
du manuscrit de la Bibliotheque Saintes-Genevieve.
Analyse du po&eme.
L’amour est comparable a un arbre.
L’arbre est plante dans un verger, et pour qu’il croisse
et porte des branches, des feuilles, des fleurs et des fruits, il
_faut en arroser la racine. Le Verger d’Amour est le caur,
sa racine est la «Connaissance», qui soutient les bonnes qua:
lites (22). Pour l’arroser il faut la «Volonte», et, au lieu
‚d’eau, quatre choses? (&numerees cisdessus). Amour a quatre
qualites, qui figurent les branches de son arbre, et de ces
branches poussent les petits rameaux (34). Ces qualites sont
ı Geschichte der französischen Literatur, |, 92.
ı Voir Romania, L, 19.
3 Voir A. Thomas, Histoire litteraire de la France, XXXVI, 668.
* Le texte n'est pas clair. Les v. 25 et suiv. semblent dire que
les quatre qualites dont il va &tre question arrosent la racine de l’arbre
d’Amour, mais aux v. 50 et suiv. ces me&mes qualites deviennent des
branches de l’arbre oü poussent les petits rameaux, c'est & dire des quas
lites subsidiaires.
Li Romans du Vergier et de l'Arbre d’Amors. 5
loyaute, largesse, prouesse, courtoisie. Leurs effets sont des
crits ensuite.
De la loyaute viennent l’'honneur (51), la discretion (52),
la fidelite (55) et d’autres qualites similaires.
La largesse est la qualit& essentielle de celui qui veut
"acquerir une bonne renommee. La generosite des amants
riches profite aussi aux amants pauvres sous la forme des
fetes brillantes que ceuxslä donnent. Aucune femme ne peut,
sans encourir le bläme, aimer un homme depourvu de cette
qualite (80).
La prouesse pousse les amants a se distinguer par les
faits d’armes, aux tournois comme ä la guerre.. Une femme
de bien ne saurait aimer un läche (92).
De la courtoisie naissent la «joie» et la «jolivete», c'est &
dire les qualites mondaines par excellence, l’art d’honorer ceux
qui y ont droit, l’art de bien parler, surtout aux femmes (104).
Ce sont la les quatre branches principales de l’arbre
d’Amour et les petits rameaux qui y poussent. Maintenant
je parlerai des feuilles, des fleurs et des fruits (112).
Les feuilles qui tremblent au vent, ce sont les paroles
echangees entre ami et amie. Il y en a de vraies et de fausses,
mais un amant sincere dit toujours la verite (118).
Les fleurs sont les actes de prouesse qui renouvellent
l'’Amour et le maintiennent en vigueur.
Les fruits sont la renomme&e qu’acquiert l’amant. La sar
veur (des fruits) est le bien qu'il obtient lorsqu’il se main»
tient loyalement.
Mais les qualites ne peuvent se maintenir en vigueur
‚sans l’aide de la Volonte et le soutien de la «Connaissance»,
qui est a l’amour ce que la racine est ä l’arbre. De m&me
qu’un arbre perit lorsque sa racine meurt, de m&me une quas
lite qui n’est pas soutenue par la «Connaissance» perd sa vi:
talite (150).
Au sommet de l’arbre d’Amour doit &tre Mesure qui
couronne les quatre qualites, de m&me qu’une pierre precieuse
est enchässee dans un anneau. Si Mesure est au sommet
6 Arthur Längfors,
et Connaissance & la racine, cela fait que les qualites des
'amoureux seront parfaites. Mesure les garde du trop et du
trop peu: car elle ne veut pas qu’en amour on se häte ni
n'hesite trop. Une femme trop empressee serait consideree
comme folle. S’il est vrai qu’un amant ne doit demander ä
sa dame rien qui puisse lui nuire, cellesci, d’autre part, ne
doit pas le repousser lorsque le moment opportun sera venu
(184). Si tous les deux sont gouvernes par la mesure, leur
amour peut durer toujours. Mais ils doivent surtout se garder
‘de preter foi aux bruits malveillants repandus par les medi-
sants. Car des qu’un amoureux trop credule se laisse deta-
cher de sa dame et se tourne vers d’autres amours, c'est
comme si l’on separait l’arbre d’Amour de sa racine. Donc,
celui qui possede un amour fidele doit le garder precieuse-
ment, car il n’y a rien qui vaille davantage: plus on en donne
ou en recoit plus il croit (202). Voila pourquoi toutes les
dames de bien et tous les chevaliers doivent s’efforcer de
maintenir l’arbre d’Amour.
Voila l’arbre d’Amour au complet, il n'’y a plus qu’ä
proteger le verger contre les mefaits des malveillants.. C'est
Valeur qui en sera le mur. Au dedans seront tous les vrais
amants et toutes les dames de bien, et en dehors seront ceux
qui l’attaqueront, savoir les faux amants, les dames sans
amour et ceux qui appartiennent & leur suite, les avares, les
läches, les vilains, les «demesures», les maris jaloux, les mes
disants, les flatteurs, les cordeliers, les predicateurs, les be:
guins, les hypocrites, tous les gens qui n'apprecient pas
Amour et Jeunesse, Valeur, conversation et courtoisie (250).
Cent fois plus nombreux que les vrais amants, les faux
amants se preparent ä abattre l’arbre d’Amour. Mais le ver:
ger est protege par WValeur et a pour garnison l’armee des
amoureux sinceres (255).
Pendant que les «fins» amants et les dames «de prix» se dis
vertissent dans le verger, un espion vient de l’armee ennemie
pour leur annoncer que cellesci viendra l’assieger. Les defen-
seurs preparent des machines de guerre et mettent le verger en
Li Romans du: Vergier et de !’Arbre d’ Amors. 7
etat de resister a l’attaque. Au troisieme jour, en effet, l’ennemi
amene huit bataillons (eschieles) devant le chäteau (290).
La premiere eschiele, qui forme l’avant-garde, s’appelle
«Desconoissance», la seconde, Jalousie, la troisieme, Deloyaute,
la quatrieme, Convoitise, la cinquieme, Mechancete, la sixieme,
Vilenie, la septieme, qui est l’arrieresgarde, Demesure (316). L'en»
nemi a pour coureurs les cordeliers et les predicateurs, les beguins
et les nonnains, les hypocrites et les chapelains, leurs armes sont
les fausses paroles et la flatterie. Ceux qui sont dedans montent
sur les murs. Un cordelier parle au nom des assiegeants et,
'& la demande d’une dame, declare qu’ils veulent devaster le
verger (342). L'avant-garde commence l’assaut (356), les ja-
loux lui viennent & la rescousse (378). Leurs attaques sont
repoussees. Le lendemain matin deux beguines viennent pro»
poser aux assieges de se rendre. Cette proposition, rejetee, est
suivie d’une nouvelle bataille. Apres un conseil tenu dans le
camp des faux amants, deux freres viennent proposer une
treve. Coellesci acceptee, une dame du camp ennemi vient
aux assieges et declare qu'elle se repent d’avoir combattu
Amour et revele les intentions perfides des assiegeants. Ceux
du verger rangent leurs eschieles, dont celle de Prouesse est
la premiere (542), livrent aux traitres une bataille victorieuse
et font de nombreux prisonniers (561). Les dames du verger
prient que les dames emprisonnees soient mises en liberte ä
la condition qu’elles promettent d’aimer desormais loyalement.
Les autres resteront en prison jusqu’a ce que deux dames de
grande valeur aient statue sur leur sort: ce sont la vicomtesse
de Conart (?) et la preus dame d’Äudenarde (611). Que
Dieu leur donne de prendre telle decision que personne ne
puisse les en reprendre et que personne d’entre ceux qui ont
plaide pour la trahison n'y trouve pardon (628).
Les destinataires.
La mention des deux dames appelees comme juges est
a considerer comme une dedicace.e Qui sontselles? Le
-
8 Arthur Längfors,
nom d'origine qui designe l’une, Audenarde, est _ clair.
Une dame d’Audenarde figure dans la po&sie Iyrique du
"XIIIe siecle: Beatrice, celebree par Guillebert de Berne:
ville!. Mais il n’y a aucune raison d’identifier celle=ci a la
dame d’Audenarde mentionnee dans le Roman. L’autre nom
est beaucoup moins clair: vicomtesse de Couart, Conart, Tos
nart, Touart? En cherchant ä& elucider cette question, j’ai
ete frappe par le fait qu’ä peu pres le m&me nom figure dans
un passage de Guillaume de Döle (v. 5408):
Uns chanterres de vers Tonart
Qui estoit au seigneur de Hui.
Le glossaire explique: »Nom de lieu; peutsetre faut:il
lire Touart (Thouars, Deux-Sevres).» La correction proposee
par l’editeur de Guillaume de Döle m’a sembl& peu convain-
cante: d’abord le nom de Thouars a un s organique (ce qui,
a vrai dire, n’empeche pas necessairement que le nom n’ait
pu etre alter par un scribe), puis la mention de Huy, au
vers suivant, m’a fait penser qu’il s’agissait peutsötre d’un
nom de lieu belge. N’ayant pas ä ma disposition les instrus
ments de travail necessaires pour faire des recherches dans
cette direction, j’ai soumis la question & M. Alph. Bayot.
Apres les recherches minutieuses que M. Bayot a pris la peine
de faire, le probleme n'est pas definitivement resolu ; mais il
semble qu’avec les donnees fournies par le texte, et dans l’etat
actuel de nos connaissances, on ne puisse pas arriver ä un re&
sultat plus sür. Je ne saurais mieux faire que de reproduire ici
les passages de la lettre de M. Bayot qui concernent cette
question.
«Je ne trouve dans la Belgique, ancienne ou moderne,
aucun lieu dit Coart, Conart, Couart, Thoart..., Toart, Tonart,
Touarf. J'ai consult& des repertoires usuels tels que Jourdain
et Van Stalle, Dictionnaire de geographie historique de Belgi-
ı Ed. Waitz, n:o I. Cf. Recueil general des jeux-partis, I, Intros
duction, p. L. |
Li Romans du Vergier et de TArbre d’Amors. 9
que; Guyot, Dict. des communes, hameaux... de Belgique;
Ph. Van der Maelen, Dictionnaire geoygraphique de la province
de Liege, Bruxelles, 1831, ...de la prov. de Namur, 1832. En
outre, Herckenrode, Nobiliaire des Pays»Bas et du comte de
Bourgogne, Gand, 1862-66, 5 vol. 8:0. Pour la periode ans
cienne, J.«-Ih. de Raadt, Sceaux armories des Pays-Bas et des
pays avoisinants, Bruxelles, 1897—1909, 4 vol. 8:0; puis les
cartulaires et chroniques publ. par la Commission royale d’his-
toire, specialement ceux du pays de Liege; Alph. Wauters,
Table chronologique des chartes et diplömes imprimes concernant
Thist. de Belgique, continuee par Bormans et Halkin, t. I,
1866, ä XI?, 1912, 4:0 (Commission royale d’histoire), etc.
J’ai vu aussi Förstemann, Altdeutsches Namenbuch, qui cite
des noms de chez nous.
Tout ce que j’ai releve, c'est, dans Rietstap, Armorial ge»
‚neral, les noms de famille Tonnars (Lorraine) et Thonar (Pays
de Liege), sans autre detail.
Jai consulte aussi plusieurs de mes collegues, mais sans
plus de succes.
En revoyant l’extrait que vous me donnez du Romanz
du vergier et de l’arbre d’ Amors:
Ce est la vicontesse a dire
De Couart...
ı Et la preus dame d’Audenarde,
je me demande s’il faut ecarter, des l’abord, l’hypothese
: de Thouars (Deux»Sevres). Vicomte n'est pas un titre nobi«
liaire au moyen äge; c’est une fonction correspondant ä celle
de chätelain. Il me parait impossible qu’il y ait eu, en Bels-
gique, un chäteau de ce nom, ä ce point ignore de tous les
ouvrages que je viens de citer. Or le hasard m’a appris qu'il
y avait precisement un vicomte a Thouars. La table de
‘ Wauters, citee plus haut, t. III, p. 356, mentionne, sous la
date du 4 mai 1212, une lettre ecrite par Jean, roi d’An:
gleterre, au vicomte de Thouars, au sujet du comte de Bous
logne, que l’empereur Othon envoyait en Angleterre en
10 Arthur Längpors,
promettant que le comte se montrerait fidele partisan du roi
(publiee dans Rymer, Fa&dera, ed. anc., I, 157, ed. nouv., I,
1, 104; Hardy, Rotuli litterarum clausarum in Turri Londı-
nensi asservati, I 129). A la table, Wauters identifie Thous
ars avec la ville du departement des Deux-Sevres. A moins
qu’il ne s’agisse d’une autre localite, du Nord de la France,
par ex.?
A propos du m&me texte, &tes-vous fix& sur la preus dame
d’Audenarde? Il y avait, dans cette ville de la Flandre, un
seigneur. Mais il s’y trouvait aussi un höpital noble. On ne
peut sans doute pas songer ä la prieure de celuisci?
Le Hui cite dans Guillaume de Döle, v. 5409 et 5514,
parait bien ätre la ville de Huy, dans la province de Liege,
puisque d’autres villes de la m&me region sont €galement
nommees et qu’il y a ce trait de la chaudronnerie en cuivre.!
Mais Uns chanterres de vers lonart...? Mot altere, nom
fantaisiste (cf. Introduction, p. XLIV)? A quoi se rapporte
le vers Qui estoit au segnor de Hui? Au chanterres ou ä
Tonart? Ces noms propres se trouvent ä la rime et je me
demande, des lors, s’il faut les prendre au pied de la lettre.
Ou bien encore, ä la rigueur, le menestrel ne pourraitsil @tre
originaire du pays de Thouars et se trouver au service du
seigneur de Huy ?»
Langue de l’auteur.
Le texte de l’unique manuscrit est tres corrompu
et le sens exact de nombreux passages reste obscur.
Quant a la langue, l’etude des rimes donne un re&sultat
assez decevant. On trouve simultanement, d’une part,
des rimes comme cevauchee: armee 320, entree: cevauchee 516,
et, d’autre part, brochie (subst.): cevauchie 472. Les formes
normales sont, en francais du centre, chevauchiee, en picard
ı Dans un passage de Guillaume de Döle, qui voisine avec le
passage cite ci»dessus.
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d' Amors. 11
cevaucie (kevaukie). Or, la rime prisies: amies 230 indique la reducs
tion «picarde» siee, sie. Puis, e et ie riment ensemble: hastier
(pour haster): targier 176, parler: traiter 412, comencerent: greverent
486, confermerent: conseillierent 498, rendes (corrige apres coup
en rendies!): fachies 346. Si donc on admet que ie peut rimer
‚avec e, l’auteur aurait employe parallölement la forme du fran«
cais du centre chevauchiee (ou plutöt, avec la reduction de ie
a e, chevauchee) et la forme «<picarde» cevaucie. Picards sont
aussi deveront 617 (en trois syllabes), et les rimes en-
tre s et z (petis: repris 2, etc.). Mais un trait essentielle-
ment «picard» manque: en et an riment ensemble (vent: amant
114, coraument: disant 118, briement: faillant 142, legierement:
mesdisant 190). La desinence »ois a la 2° personne du pluriel
est assuree par la rime decevrois: fois 422. Il est de moindre
importance, au point le vue linguistique, que les rimes soient
souvent peu exactes: s (z) et # riment ensemble (vaillans:
ensement 204, gens: briement 290), de meme r et s (prier:
deignies 522). Pris: jolis (cas suj. du pluriel) presente une
faute de declinaison. La mesure des vers .exige qu’aux
v. 322 et 489 on compte preecheeurs, preecheeur pour
un mot de quatre syllabes, bien que le copiste Ecrive prees
cheurs, preecheur; mais le vers 564 est correct si l’on ne
donne, comme le copiste, que trois syllabes ce mot (amor:
preechor). :
Ainsi, l’auteur se serait servi de formes appartenant ä
differents dialectes. La reduction indiquee en dernier lieu
(preechor a cöt& de preecheeur) ainsi que la reduction de ieä
e semble prouver que nous avons affaire ä un texte qui, tout
au moins dans sa forme conservee, n’est pas anterieur au
XIV. siecle.
! Rendes est bien la forme du subjonctif aussi au v. 413 (: armes).
12 Arthur Längfors,
(Paris, Bibliotheque nationale, fonds frangais 847, fol. 204)
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors.
Si com l’arbres qui est petis
U vergier plantes et repris,
Et qu’il veut qu'il deviegne grant,
4 Floris ne foillus ne frouchant,
A mestier qu’arose souvent
La raiz, car naturaument
Se tient vert por la refrescir
8 De l’eve et par le bien norrir,
Einsi creist jusque Nature
Le fait remaindre en sa mesure,
jetent branches et rains et flours,
12 Dont naist fueille, fruit et savours,
Et einsi dure longement
Se la raiz ne vait faillant;
Autretel puet l’en d’amors dire,
16 Por verite, sans contredire,
Quant l’arbre se puet aesmer
Amors, qui le voir veult crier,
Q’el vergier que j’apele cuer
20 Se plante et n’en part a nul fuer,
Et sa raiz est conoissance,
De bones teches soustenance,
Et por jeter l’eve i couvient
24 Volentes qui tous biens maintient
Q’eu lieu de l’eve est besoing grant
Que giet .iiii. choses vaillant :(fol. 204 b)
Por la rais faire arouser,
28 S’amors se doit vivre et durer.
Le titre a et ajoute par une main moderne, d’apres l’explicit.
3 qu'il, «si l’on» — 4 fronchant — 7 Il faut probablement corriger
la rafrescir en le (c’est-ä-dire larbre) rafrescir — 9 Vers trop court; il
faut peuteetre corriger Einsi creist il — 11 Jetent est pour Jetant — 28
Domors se.
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors.
32
36
48
52
56
60
Einsi croist et norrist amors =
O les .iiii. teches meillors
Qui el lieu des branches sunt mises
De l’arbre d’amor et assises;
Et apres de ces branches vier.ent
Li raim, qui a celes se tienent,
Teuls con vos m’orres deviser
Apres les teches et conter.
La premiere teche d’amor
Est loiautes por la meillor,
Et la seconde c’est largesce,
Et apres la tierce pro&sce,
Et la quarte c’est courtoisie.
Cestes sunt, qui le voir en crie,
Les .iiii. teches plus amees
En boine amor et plus loees
Et par coi vaut mix boine amors
Qui amende tous les meillors
Et fait les mauvais mix valoir,
Puis qu’il les tient en son pooir.
Car de loiaut€ fine et pure
D’amors vient raisons et droiture,
Honeurs et pris et croissement, (fol. 204 v°)
Ferme fois et drois celement,
Conseil de tous biens aviver
Et de tous maus a eschiver,
Fins prametres a ferm antendre,
Vertes, dont je di san« contendre
Sans loiaute ne puet durer
Amors, florir ne fruit porter.
Pour ce doit vivre loiaument
Qui la joie d’amors atent,
56 Faut-il corriger Vertes en Certes?
59 ce manque.
13
14
64
68
72
76
80
84
88
16 Sens?
80 Vers corrompu; corriger peut-etre Qui vil ami (cf. v. 92) — 82
Arthur Längfors,
Car il n’est droit que faus amans
Soit de loial amor joians.
Et de largesce muet et vient
Doner, qui fin amant contient,
Car de largesce m’est avis
Qu’en en conquiert et los et pris,
Et vient a meint povres vaillans
Ricesce de larges amans
Faire festes, biau maintenir,
Biau conquester, boin retenir,
Qu’il n'est raisons ne valors bone
Qui tout retiegne, qui tout done.
Car doner doit et retenir
Qui velt largesce maintenir,
Car largesce tourne a noient
Qui ne soustient ce qu’il enprent. (fol. 204v° b)
Et qui veult d’amors joie avoir
Soit bien larges de son pooir,
Car dame fait trop a blasmer
Qui nul ami consent amer.
De proesce muet hardemens,
Biaus hernas et biaus garnemens,
Voliers de soi metre en essai,
De corage vaillant et gai,
Batailles et tornois querant,
Guerres cercant, pris conquerant
D’armes, qu’en amor a mestier;
Qui en veult avoir bien entier
Doit estre hardis et vaillans,
Si que li pris en soit garans.
hernas est ecrit en abrege (h'nas).
%
nn ee =... 2 Sage sn nn ge U rg 62 =]
Li Romans du Vergier et de !"Arbre d’ Amors. 15
Car la dame a peu de valour
92 Qui a couart done s’amour.
De cortoisie est verites
Que maint joie et jolivetes,
Cuers d’acuillier et d’anorer
96 Ceus qui l’en doit honeur porter,
Et veult cortois ensegnemens,
Nes parlers et respons plaisans
Pour offrir douce conpaignie;
100 Tout ice muet de cortoisie.
Dont qui d’amors veut bien joir (fol. 205)
Doit estre cortois sans faillir,
Car vilains amans anuieus
104 Ne doit estre d’amors joieus.
Or vos ai les branches moustrees
D’amors et par droit devisees
Les reins qui muevent ensement
108 De ces branches diversement,
Et apres vos ferai savoir
Des fuelles queles sunt, por voir,
Et des flors de l’arbre d’amor
112 Et du fruit et de la savor.
Les fuelles qui tranblent au vent
Sont li dit d’amie et d’amant.
Li un sunt vrai, li autre vain,
116 Car il ne sunt pas tout certain;
Mais qui bien aimme coraument
Doit estre tous jours voir disant.
94 maint, corr. vient(?) — 95 Le ıns. porte Curs, avec un e ajoute
en interligne; d’acuillier doit sans doufe etre corrige en d’acuillir ou
d’acueillir; le ms. porte damorer, avec lm expontue et surmonte d’un n;
ce vers, qui ne s’accorde pas avec le contexte, doit etre corrompu.
113 Des (fausse initiale, mais | minuscule qui a ete trace pour ser-
vir d'indication au rubricateur est tres net).
16 Arthur Längfors,
Les flors sunt li fait de valor
120 Que il covient a fine amor
Et par quoi amors refrescist
Et ronovele et reverdist.
Li fruis est li los et li pris
124 Que conquiert li vailans amis,
Dont il est loiaument ame&s
De cele a cui s’est tous dones. (fol. 205 b)
La savors est le bien qu'il prent
128 Quant il se contient droitement
De cors et de fais et de dis,
O les teches qu'a la rais
De l’arbre d’amors ont mestier
132 A qui aimme de cuer entier,
Que qui veult qu’amors longement
Dure vert, le tresfrescement
Des teches i covient sovent
136 Et que volentes boinement
Les i giet et avoec i viegne,
Et conoissance les soustigne.
Car teche qui n'est soustenue
140 Par conoissance, en est perdue,
Qu’ainsi con l’abres muert briement,
Quant la rais li vait faillant,
Et itant com la raiz dure
144 Vive, remaint vis, par nature
Muert la teche qui ne soustient
Conoissance qui la maintient,
122 Le ms. porte bien ronouele et non renouele.
127 A la fin de bien, une lettre (probablement un s) a ete gratfee
— 150 Ce vers parait corrompu; o a peut-etre ete mis & la place de 9
(:=Con) — 131 Le t de ont a efe ajoute en interligne — 132 A est peu
distintt — 133 Que a le sens de scar» — 134 le tres frescement — 136
buinenement — 145 qui est pour que.
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’ Amors. 17
148
152
156
160
164
168
172
176
Et itant com est soustenue
Par conoissance, ele est tenue
Pour boine, car conoissemens
Est du tout biens soustenemens.
Bien est formes l’arbres d’amor, (fol. 205 v°)
Et pour qu'il ait plus de valor :
Covient sour la cime mesure
Metre, pour droit et pour droiture,
Qui les .iiii. teches chatel;
Qu'ainsi con la pierre en l’anel
S’avient et mesure, s’afıert
Sus les .iiii. teches et iert;
Et se mesure est desus mise
Et desous conoissance assise,
Bien sai que les teches seront
Fines ne jamais ne faudront
Quanet la conoissance crie
Fins amans et loial amie
Con se puissent en droit d’amor
Dunt plaisir et faire honor,
Et mesure i covient pour garde,
Qui le peu et le trop esgarde,
Et au leu et a l’estement
De ceus qui s’aimment coraument,
Car ne veult mesure en amor
Que trop se hast ne trop demor;
Car se la dame se hastoit,
Por fole tenue en seroit.
Pour ce ne se doit trop hastier
Boine dame ne trop targier, (fol. 205 v’ b)
Ne li amis, ce di pour voir,
150 biens est pour bien.
153 la cuue — 155 Fautsil corriger Qui en Que? — 163 Quanet
est peut:etre pour Qu’avec — 166 Fliatus — 169 alestement.
18 Arthur Längfors,
Ne doit de sa dame voloir
Nule riens par mal qu’en puist traire
180 Qu’ele ne puist et doie faire,
N’ele ne li doit dire non
Quant elle verra la saison
De faire plaisir ne de prendre,
184 Ne ne s’en doit vers li deffendre.
Et s’andoi sunt amesure,
Ensi con je l’ai devise,
Tous tans puet lor amor durer,
188 Se andui se veulent garder
Quant ne croient legierement
L’un de l’autre nul mesdisant;
Car durer ne puet bienvolance
192 Puis qu’i queurt legiere creance
Ne son cuer torne a autre part,
Que por le tourner se depart
La raiz et l’abres d’amor.
196 Dont cascuns qui aimme s’amor
Doit garder fine amor quant l’a,
Car jamais nul tresor n’ara
Tant fin, tant cier, tant precieus, -
200 Car il est si tres gracieus
Que qui plus en done n’en prent (fol. 206)
Plus croist, plus plaist et pour .i. c.;
Pou goi toutes dames vaillans
204 Et tout chevalier ensement
Qui bien aimment doivent pener
A l’arbre d’amors bien garder,
Si qu’ades tant loiaument aim
208 Qu’il n’en fraigne branche ne raim
Par qu’en chiee fuelle ne flours,
185 Et se andoi sunt a mesure — 189 Corriger Quant en Qu’ainc
—_ 191 bien volance — 196 Il faut probablement corriger s'amor en d’amor
— 203 Pou goi est pour Pour goi.
Li Romans du Vergier et de TArbre d’Amors. 19
212
216
220
224
228
232
236
240
Ne n’en perge fruit ne savours,
Car nus ne puet sans fine amor
Pour rien avoir fine valor.
Or est l’arbres d’amors conplis
De teches, de fais et de dis.
Riens ne faut au conplissement,
Mais qu’il demeurt seürement,
Et si sai bien qu’il est mestier
Que Il’en cloe si son vergier
Que riens n'i puist estre nuisans,
Car trop ara de malvoelans.
Pour ce est clos, en liu de murs,
De valeur, pour estre seürs.
Li vergiers est l'’arbre d’amor
A tous ceaus qui aimment amor
Et o les vaillans qui seront
Dedens, qui l’arbre deffendront, (fol. 206 b)
Qu’ainsi con les teches plaisans
O tout les chevaliers vaillans
Et toutes les dames prisies
Qui aimment bien et sunt amies
Seront ens pour l’arbre deffendre,
Et dehors seront pour contendre
Et pour le vergier asalir
Cil qui amor voelent trair,
Et les dames qui sans amor
Vienent, qui n’aimment pas valor,
Et chevaliers desconoissans
Et faus et escars ensement z
I seront, et couart prove,
Et vilain et desmesure
I vendront et mari jalous
Et mesdisant et enuious,
220 voelans a ete corrige apres coup, inutilement, en voeillans.
20 Arthur Längfors,
Jangleour et losengeour,
244 Cordelier et preecheour
O fausses begines vendront,
Et ipocrites i seront
Et toutes autres males gens
248 Qui ne plaist amor ne jovens,
Valeur ne donais ne cointie,
Joie ne pris ne courtoisie.
Et pour ce qu’il sunt pour .i. cent (fol. 206 v°)
252 Que li amant cil qu’ont talent
Qu’il abatent l’arbre d’amor,
Li vergiers est clos de valor
Et establis des amoureus,
256 Des vaillans, des chevalereus,
A qui plaist amors et bontes
Et conoissance et loiautes,
Fine largesce et hardemens,
260 Courtoisie et mesure et sens.
Ce est la cime et la raiz
Et les branches dont est bastis
L’'arbre d’amors et facones
264 Et establis et devises
Contre tous ceus qui i vendront
A mal de l’arbre ne seront
Et qui se sunt enpris tost faire
268 Pour l’arbre d’amors a deffaire.
Ausi contre laiens sunt mis
Fin amant et dames de pris
Demenant soulas et deduit
272 EI vergier d’amors cele nuit.
v
Lors vint une espie de l’ost
Qui lor dist qu’il venront tantost
249 ne donans (cf. v. 424) — 261 la rime(?) — 2653 est facones
Entre 265 et 272 il doit y avoir une lacune, et plusieurs des vers conser-
ves semblent alteres.
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors. 21
276
280
284
288
292
296
300
304
Pour asegier trestout en tour
Le vergier et l’arbre d’amour (fol. 206 v° b)
Jusqu’a tant que il l’aient pris.
Mais il l’ont folement enpris,
Car icil dedens, pour deffendre
Le vergier, fisent tantost tendre
Trebuches, gouces, mangoniaus
Et autres engiens boins et biaus
Qu’en castel asegie sunt bon,
Pour faire lor deffencion.
Le. tiers jour au soleil levant
S’en vinrent pour metre devant
Le vergier et pour asegier
Et pour l’arbre d’amors taillier.
‚VII. eschieles font de lor gens;
Dirai vos queles sunt briement.
La premiere est, pour avangarde,
Desconoissance, qui ne tarde .
De faire anui et honte et mal
A ceus qui d’amors sunt coral.
Et la seconde est Jalousie,
Qui sunt plain de melancolie
Tuit li jalous mal eüre
Contre Amors enpris et jure,
Et la tierche est Desloiautes,
Qui'st contre les enamores
Tous jours pour decair Amor, (fol. 207)
Et de li sunt li traitor,
Et la quarte c’est Covoitise,
Qui s’est contre Largesce emprise.
Sans Largesce ne puet ÄAmors,
Du damagier est grans paors.
281 gonces — 296 Il faut probablement corriger Qui en Que («car»).
22 Arthur Längfors,
Et la cinauime est Mauvasties.
308 Les mauvais a apareillies
Qui cuident les preus desconfire,
Mais lor quidier venront en ire;
Et la sisime est Vilonie,
312 Qui quide vaintre Courtoisie,
Mais li vilain n’avront pooir,
Tant ont li courtois fin pooir.
La setime est ariere garde:
316 Desmesure, qu’ades esgarde
Et pensse con puisse deffaire
Joie et Amor tout sans refaire.
Maintenant vient la cevauchee
320 Qui est a toute l’ost armee
Et ont giti€ pour coreeurs
Cordeliers et preecheeurs,
Les begines et les nonains,
; 324 Ipocrites et capelains,
E fere voil de ceste gent
Savoir quel sunt lor garnement: (fol. 207 b)
Faus dis et sanblant losengier,
328 Eschanple de bien pour trechier,
Ombles. dis, faus preechement
Pour destruire Amors et Jovent
Et Joie et Amor et Bonte,
332 Et de ces armes sunt arme.
Ainsi con les virent venir,
Cil dedens pensent d’eus garnir
Lor cors et montent sour le mur
336 Pour le vergier tenir seür.
A tant uns cordelier parloit
Et une dame respondoit
321 coreurs — 322 Cordelier et preecheurs — 325 E fere uoue de
— 326 garment.
Li Romans du Vergier et de T Arbre d’Amors. 23
340
344
348
352
356
360
364
368
Et li dist: «Qu’ales vos querant?»
Il dist: «Dame, vez trop grant gent
Qui vienent ci pour cel vergier
A tout lor pooir escillier,
Ne ja nul tans n’en partiront
Jusques mort ou pris vos aront;
Dont ge conseil que vos rendies
Le vergier et que pais fachies,
S'il vos voelent prendre a merchi.»
Dist la dame: «Ja n’iert ensi,
Quant vos conseillies faussement
Orendroit et, Joie et Jovent,
Et tous tans l’aves maintenu, (fol. 207 v°)
Pour ce ja n’en seres creü,
Mais tournes vos ent maintenant,
Car vostre mort ales querant.»
Quant il virent que riens n’i vaut,
Chascuns pense com il s’en aut.
Es vos l’avangarde venir
Droit pour le vergier asaillir.
Maintenant sunt laiens arme
Li conissant et sunt monte .
Et fisent tost la porte ouvrir
Et issent hors et vont ferir
L’eschiele de Desconoissance.
Atant la bataille comence
- Fiere et morteus et aspre et dure; z
Et avint par tele aventure
C’uns fins amans a cuer entier
Feri si lor gonfanonier
Durement que mort l’abati
Et que l’ensengne lor toli.
- 344 mort (mors?) est peu distinct dans le ms. — 345 L'i dans ren:
dies a et ajoute en interligne — 368 goufanonier.
y
24
Arthur Längfors,
La puet on veoir chaploiier
372 Testes et puins et pies trenchier,
Le canp covert des desmontes,
Li un mort, les autres navres.
Et quant l’ensengne fu perdue, (fol. 207 v’ b)
376 Se tint l’eschiele pour vercue
Et s’enprisent tout a fuir.
Li jalous, que Dix puist honir,
Vindrent secourre a si grans gens
380 Qu’enclos sunt li nostre laiens
Et li autre dehors logie.
Or resunt li nostre asegie
Et cil de l’ost pensent_de faire
38, wur et
Du vergier et pour envair
Se ja i porront avenir,
Et maintes eschieles en font
388 Et maint autre engien qui fort sunt.
Mantiaus i font, par coi lor gent
I mainent plus covertement
Jusqu’au mur, mais pensent a el,
392 Que cil dedens font autrestel:
-Lor engiens font contre les lour
Pour miels maintenir lor valor,
Et s’il minent, il mineront,
396 Ice pensent, ice feront,
Et font le mur enarcherer
Dont il puissent quarriaus geter
Et deffendre as lances le mur
400 Pour ce qu'il soient plus seür. (fol. 208)
Toute la nuit en l’ost veillerent,
Et cil dedens s’eschargaiterent;
Et quant fu jors, le bien matin
404 Vers le vergier tindrent chemin
384 manque — 397 en archerer.
Li Romans du Vergier et de [! Arbre d’ Amors.
408
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456
‚II. begines mout fort sachans,
Et .ii. dames sages vaillans
Lor vindrent parler au portal.
Entr’eus parlerent paringal.
Dist une begine: «Oies nos,
Oies, pour Dieu le glorios!
Venues somes pour parler
Vostre bien et pour pais traiter.
Conseillom vos que vos rendes,
Car laissies les avons armes
Tout pour venir a vos conbatre
Et pour l’arbre d’Amors abatre
Et pour le vergier envair
Et pour prendre vos et laidir.
— Vos nos sanbles trop enparlees,
Et tous tans nos av&s tentees.
Begines, ne nos decevrois,
Sacies le bien, a ceste fois,
Car tous jors ales contre Amor,
Contre donai, contre valor, (fol. 208 b)
Car, quanques dites, faussement
Parles et par engingnement.
Honte i prendres, penses d’aler.»
Eles s’en vont sans demourer,
Et les dames s’en sunt entrees
Dedens, les portes ont fermees.
Li chevalier sunt ens arme
Et tuit cil de l’ost conree.
Tuit se metent a la reonde
Pour conbatre. Dix les confonde!
Tantost tuit li cortois amant
Monterent au mur maintenant.
Arbalestrier prennent a traire
Li uns a l’autre, pour pis faire,
Et cil qui furent miex arme
Si coururent jusq’au fosse.
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26
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Arthur Längfors,
Or recomence la meslee,
La bataille trop redoutee
De quarriaus, de pierres, de dars
Si qu’ains se parcent de .ii. pars.
En i avra mout de navre6s
Et de pris et de craventes.
Li estours est grans a pooir,
A paines puet on tel veoir: (fol. 208 v°)
Tant i a lances et quarrel,
Pierres et dars, que au cenbel
Gietent li nostre a ceaus de l’ost.
Atant vindrent corant et tost
Li arme au mur pour percier
Et pour les escieles drecier,
Et les dames enamorees
Sont desus les crestiaus montees,
Gietent pierres grosses et grans
Pour secourre les fins amans.
Quicondues par esciele i monte
S’en descent a duel et a honte.
Quant ensi les virent deffendre,
Cil de l’ost se vont au mur prendre
Et sunt tant creü lor anne
Qu’a peu dedens ne sunt entre.
Et quant ce virent li amant
Que cil de l’ost les hastent tant,
Loiautes et Largesce monte
Avoec tous ceus qui doutent honte
Et qui n’ont pooir d’envair.
Tantost firent la porte ouvrir
Et firent dehors tel brochie
Que tuit cil de la cevauchie (fol. 208 v° b)
450 Au lieu de que au, le ms. porte un q surmonte d'un i et suivi
d'un u — 455 Et le dames — 459 Au lieu de esciele, le ms. porte esclle —
465 ann& ou aun&? — 467 Corriger Loiautes o Largesse m. — 469 pooir
est pour poor (peor).
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors. 27
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Tournent vers lor tentes par force.
Maint en i ont laissie l’escorce
Qui i remaindront pris et mort.
Dont li fin amant o confort
S’en sunt tourne vers lor vergier.
Bien se püent esleechier.
Cele nuit orent mout mal trait
Pour l’estour qu’il avoient fait
Pour les deus des pris et des mors.
Mais la nuit firent grant effors
De gaitier l’ost et le vergier,
Si qu’a la nuit nul jour entier
Nes .i. asaut ne comencerent
Ne li un l’autre ne greverent.
Mais le soir mout secreement
Prisent .i. conseil faussement
Cordelier et preecheeur
Et begines, qui sont des leur,
Et ipocrites et begin,
Et enprisent que au matin
Parlaissent plais pour les amans
Trair, et les dames vaillans.
Einsint alerent covoitous
Parler au faus cief des jalous, (fol. 209)
Et li traitour confermerent
Tout ice que il conseillierent,
Et iceus les firent sentir
As autres a mout grant plaisir.
Einsint furent tout acorde
Leur conseil et pris et jure.
Et au matin vindrent pour prendre
Dui frere triue, et pour enprendre,
Quant ont triues, la pais feissent.
A tant doi chevalier s’en issent
481 L's de les a dte ajoute en interligne — 489 preecheur.
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Arthur Längfors,
Hors .de la porte du vergier,
Et li frere et li chevalier
Ont ensanble la triue prise
Q’ont pourpalee en fausse guise.
Puis vindrent de chascune part
L’un et l’autre sans nul regart.
Einsint comme la pais parlerent,
L’un a l’autre soulas menerent.
Une, dame est laiens entree
Qui senbla de la cevauchee,
Et vint parler as fins amans
Et lor dist: «Dix vos soit garans.
Dame sui qu’avoie fourfait
Ver mon bon ami entresait. (fol. 209 b)
Or m’en repenc et viegn priier
Que pardoner le me deignies
Et pri vos que vos armes tost,
Car arme se sunt ja en l'ost
Li traitour et li jalous
Qui ades venrront desirous
Pour asaillir au parlement
Et pour ocirre vostre gent.»
Et a itant li pardonerent |
Tuit li fin amant et s’armerent
Et monterent sur lor destriers,
Que ne fust souspris li vergiers.
L’esciele est mise de Prouece
Premiere, qui Amors adrece,
Et toutes les autres apres
Mises se sunt du portal pres.
Mais iluec gaires ne seront,
Car icil de l’ost assaudront
Au parlement les fins amans
Ft ont ja pris les plus vailans.
La noise i fu et grans et fiere,
Pour coi Pro&ce issi premiere
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d' Amors. 29
Et avoec li tuit li hardi
544 Qu’en l'eschiele sunt establi. (fol. 209 v°)
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Entre ceaus de l’ost vont ferir,
Si que tous les rens font fremir.
Einsint sunt tuit cil du vergier.
Or i avra estour plenier.
La puet on veoir d’armes faire
Et maint vassal de sele traire
Et maint hiaume et maint escu fendre,
Maint chevalier ochirre et prendre.
Mais l’estour ne porent souffrir
Jalous traitour, qu’au fuir
Se mistrent au plus tost qu'il peurent,
Car vers les nos nul pooir n’eurent,
Et les enchaucent ociant,
Si que trestout s’en vont fuiant
Cil qui ne sunt ne mort ne pris,
Par quoi li fin amant jolis
Pensent des pris encaener
Et les dames qui onc amer
Ne vaudront jour par fine amor
Sont prises, et li preechor
Et cordelier et li beguin
Et les begines autresin
Et ipocrites ensement, (fol. 209 v° b)
Que il dirent qu’au parlement
Fuissent li nostre pris et mort.
Einsint a joie et a deport
Tournent el vergier fin amant
O lor pris et lor soulas grant.
Tantost pensent d’enprisoner
Leur pris et a eus desarmer.
556 L’s de vers a et ajoute en interligne — 562 qui ont amer —
565 li est ajoute en interligene; comme il n'est pas probable que l’auteur
ait dans cette enumeration laisse le seul cordelier sans article, il faut pro»
bablement corriger le vers ainsi: Li cordelier et li beguin.
Arthur Längfors,
Ains tes soulas ne fu menes
576 Ne si tres grans jolivetes
Con les dames preus et plaisans
Menerent a lor fins amans,
Qui si bien se sunt deffendu
580 Que tuit li autre sunt vencu.
Mais n’est pas la guerre finee
Si tost l’ost est desbaretee,
Qu’il penseront de revenir
584 Encor, s’i pueent aconplir;
Et pour ce les dames vaillans
Est mestiers que as fins amans
Tiegnent tous jours loial amor
588 Et que ne puissent entre. lor
Metre nul errour ne nul mal,
Qu’ainsint covient d’amor loial.
Et les dames ont grant raison: (fol. 210)
592 Tant sunt li amant preu et bon
Qui sauve ont l’arbre d’Amor;
Tant lor a fait Dix grant honor.
Maintenant ont lor conseil pris
596 Les dames et lor fins amis
Ce que de leur prisons feront.
Pour ce les dames priie ont
Que les dames qui furent prises
600 Soient hor de la prison mises
Par covent que voeillent jurer
Tous jours de loiaument amer,
Et iceles qui ne vaurront
604 Jurer, en prison remaront
Jusqu’en facent le jugement
.lj. dames de grant pris vaillant:
Ce est la vicontesse a dire
608 De Couart, qui sans contredire
vr
605 Jusquen face — 608 couart ou conart?
Li Romans du Vergier et de l’Arbre d’Amors. ji
Maintient fin pris et maintenrra
Ne ja jor ne s’en partira,
Et la preus dame d’Audenarde,
612 Qui de bien faire ne se tarde,
Par cui sunt acomplit tuit bien,
Qu'’ele n’i faut de nule rien.
Celes feront le jugement (fol. 210 b)
616 A quel mort et a quel tourment
Deveront morir et pener
Celes qui ne vaurront amer
Et de ceus des ordres qui sunt
620 En prison, ceus que devenront
Qui i ont plus qu’autre fourfait
En pourpalent le mauvais plait
Contre dames et contre amor,
624 Contre pris et contre valor;
Et Dix lor laist tel conseil prendre
Que nus ne les en puist reprendre
Ne nus de ceus n’i truist pardon
628 Qui parlerent la traison. |
Explicit.
Explicit cis Romans d’ Amours.
Explicit li Romans du Vergier et de Tarbre d’ Amours.
611 daudenanarde — 622 En pour palent est pour En pourpalant.
Glossaire.
amesure 185, mesure, modere. | bienvolance 191, bienveillance,
anne 463. Ce mot, qui manque | amour.
dans les dictionnaires, semble sie | brochie 471. Ce substantif, qui
gnifier «effort». manque aux dictfionnaires, est fire
AUDENARDE (la preus dame d') de brochier, sdonner de l’eperon».
6ll. Voir p. 8.
avenir (soi), s’avient 157, convenir, | chateler, chatel 155. Si c'est le
seoir. meme mot que chasteler, «munir
32 Arthur Längfors, Li Romans du Vergier et de ! Arbre d' Amors.
d'un chäteau», chastele, terme de
blason (voir Godefroy et les dic-
tionnaires modernes), il signifie
"ici 3 peu pres «surmonter, cou«
ronner».
cime 153, sommet. '
cointie 249, soin de se parer, agre-
ment, gräce. G’est une aufre forme
de cointise; on n’en connait qu’un
seul exemple (Roman de la Rose,
ed. Langlois, v. 8524), oü le mot
a le sens d’«ornement, parure».
conissant 360, qui est expert dans
‚ Tart d’aimer.
conoissemens 149. Cf. le mot pre
cedent.
contenir, contient 64 (sens?), se
contient 128, se comporte.
CovaArT (la vicontesse de) 607-8.
Voir p. 8. |
craventer 446, ecraser, abattre.
crestel 456, creneau, meurtriere.
decair 301, abaisser.
desbareter 582, mettre en fuite.
desconoissans 237. Cf. conoissans.
deviser 264, ordonner.
donai 424, donais 249 (correction),
plaisir amoureux, galanterie.
enarcherer 397, munir d’ärcs. Ce
mot manque aux dictionnaires,
mais Godefroy donne archerer,
d’apres Sainte-Palaye, qui nen
cite aucun exemple, mais traduit
par stirer de larc, chasser ä l’arc».
estement 169, fagon d’etre.
enprendre, 278, 298, 504, soi e.
267, entreprendre; enprisent 492,
decider.
eschargaitier (soi), 402. s’embusquer.
frouchant 4, portant des fruits.
C'est le meme mot que frogier,
dont Godefroy a deux exemples
au sens de «fructifier, profiter».
goucet 281. C'est evidemment un
engin de guerre, et probablement
le meme mot que Godefroy, s. v.
Gocet, goucet 1, traduit dubita-
tivement, et probablement ä tort,
par «colonne, soutien?» D'apres
Littre, gousset signiflait ancien-
nement «piece de Tarmure qui
avait la forme d'un triangle, et
qui garantissait le dessous du
bras»; il a encore les sens tech»
niques de «sorte de console en
menuiserie servant ä soutenir des
tablettes» et, comme terme de
marine, «boucle de fer qui est
aufour du timon du gouvernail»,
ou bien «morceau de bois au bout
duquel il y a deux tourillons qui
entrent dans deux barrotins au
deuxieme pont d’un vaisseau».
Mais aucun de ces sens n’expli-
que notre passage.
mais que, 216, pourvu que.
mangonel 28|l, mangonneau, ma»
chine de guerre lancant des traits
et des pierres.
mantel 389, parapet de fortification.
miner 395 (bis), preparer la ruine
de quelqu'un.
omble 5329, humble (cette graphie
n'est pas dans Godefroy).
paringal 408, pareillement, egale:
ment. |
pener, v.n., 617, souffrir le sup-
plice.
plais (parler), 495, negocier un ac:
cord.
plaisir 166, plaire.:
-
Yrjö Hirn, La verriere symbole de la maternite virginale. - 33
pris 561, 572, 574, prisonnier. | teche 30, 36, 37, 43, efc., qualite.
prison, 597, prisonnier. | traire mal 479, souffrir.
| tresfrescement 134, rafraichissement,
reprendre, repris 2, repousser. Go arrosage. Ce mot manque ä Go-
defroy, X, 550c, donne de ce | defroy.
sens un seul exemple, tire d’une |
piece des Archives de Douai, yoliers 83, volonte (un seul exem-
datee du 11 Juillet 1467: Deux N ple dans Godefroy, tire de Gaus
verdes entes et plantes bien re ' jier de Coinci).
}
prinses de deux ans du moins. |
Arthur Längfors.
La verriere symbole de la maternite virginale.
L’Eglise medievale enseignait que l’enfant de Marie &tait
venu au monde par la m&me voie que tous les enfants hu=
mains, mais que la virginite de la mere n’avait souffert mora=
lement ni physiquement de cette naissance: c’etait un absurdum
auquel on devait croire, mais qu’on ne pouvait ni demontrer
ni expliquer.
La naissance miraculeuse est, on le comprendra facilement,
un sujet des plus delicats. Bien que ne reculant pas devant
les termes propres, les theologiens du moyen äge eux-memes
ne l’ont aborde qu’avec une certaine circonspection. II est
vrai qu’on ne s’est pas prive de celebrer la sainte naissance
par la parole et par la plume en descriptions prolixes. Mais,
d’autre part, les hymnes se servent ordinairement de symboles
et de comparaisons adroitement choisis pour tourner autour
du sujet: sauf quelques rares exceptions, on a suivi l’exemple
de l’auteur de l’Evangile de Jacques qui, au moment decisif,
fait descendre sur la sainte grotte un nuage pour cacher l’eve-
nement que les yeux humains ne pouvaient ni ne devaient voir.
Des le debut du IX® siecle, les theologiens commencerent
a invoquer dans leurs Ecrits sur l’accouchement virginal l’ana-
logie avec le passage de la lumiere a travers le verre, et les
poetes ne manquerent pas d’utiliser une allegorie aussi frap-
3
34 . Yriö Hirn,
pante et aussi poetique. Il est m&me probable qu’indepen-
damment de toutes les definitions dogmatiques ils auraienf ete
‚ amenes ä se servir de cette comparaison. Au VII® siecle deja,
Venantius Fortunatus avait compar& Marie &ä une eglise aux
fenetres transparentes et rayonnant de la lumiere du jour:
Lumine plena micans, imitata est aula Mariam.
llla utero lucem clausit et ista diem.!
Du moment que Dieu e£tait enferme dans le corps de
Marie de la möme maniere que la lumiere du jour dans une
eglise, il etait indiqu& de comparer sa sortie du sein maternel
a l’irradiation de la lumiere par une fenätre vitree. On pou=
vait aussi expliquer de la m&me maniere que la virginite de
:]a Madone etait restee intacte ä l’incarnation. Aussi la fenetre
et le rayon de lumiere devinrenteils des comparaisons revenant
sans cesse et ä& l’aide desquelles la poesie religieuse donnait
‚une idee sensible aussi bien de la conception que de la.nais-
sancee. Au XIII‘ siecle, Alexander Neckam celebrait ainsi le
premier miracle:
Intrat vitrum radius
et non violatur
R vitrum; sic castissima
verbo fecundatur.?
Et au m&äme siecle un po@te anonyme decrivait ainsi la
nalssäiice:
.Sicut vitrum radio
solis penetratur,
inde tamen 1xsio
nulla vitro datur.
Sic, immo subitilius
matre non corrupta
deus dei fılius
sua prodit nupta.?
! Wenantius Fortunatus, De Leontio episcopo. Patr. lat., 88, col. 79.
» Anal. hymn., 48, p. 263.
" Mone, Lateinische Hymnen, Il, p. 635.
La verriere symbole de la ma ernite virginale. 35
Sainte Brigitte de Suede decrit en detail comment Dieu
.entra dans le sein de la Vierge comme le soleil traversant
une pierre transparente ou une verriere.! Dans un mystere
frangai$s du quinzieme siecle, Gabriel s’appuie sur la m&me
comparaison pour essayer de convaincre .Marie que sa virgi-
nit ne souffrira pas de sa maternite:
Mais tout ainssy com la verriere
Du soleil qui demeure entiere
Quand son ray par my oultre passe,
Qui ne la brise ni ne quasse,
Ainsi demoıra ton corps sains.®
Une chanson allemande fait une application encore plus
‚ claire de la comparaison:
Als die Sonn durchscheint das Glass
mit ihrem klaren scheine
Und doch nit versehret das,
so mercket allgemeine:
In gleicher Weiss geboren wardt
von einer Jungfrau rein und zart
Gottes Son der werdte.?
Dans toutes ces poesies il n'est rien dit du genre de verre
3 travers lequel le flot de lumiere penetre. Pour la compa-
raison il suffit qu’il soit transparent et pur. Cependant, dans
les eglises du moyen äge, les fenetres &etaient le plus souvent
coloriees.. Si maintenant on comparait les carreaux bigarres
de ces vitraux de cathedrales a la sainte mere, la comparaison
eclairait mieux encore le cours de l’accouchement virginal. Le
verre laissait penetrer la lumiere dans l’eglise sans qu’il füt
endommage, mais il colorait aussi les rayons projetes sur le
sol et sur les murs. De son cöte la lumiere n’etait pas assom-
brie, bien qu’elle prit les couleurs des vitraux, c’est ä dire
! «] iomfrunna inälwe swa som solin skinande gynom renastın
sten älli glas» (Brigitta, Uppenbarelser, 1, 3).
2 Durand, Rational, I, p. 3ll (notes de Barthelemy).
® Wackernagel, Das deutsche Kirchenlied, Il, p. 520. Chant Der
Ta gder ist so freudenreich. Cf. Wernher, Driu Liet von der Maget, p. 62
36 Yrjö Hirn,
qu’elle conservait sa nature, mais apparaissait modifiee. Pour
les theologiens catholiques, ce phenomene cachait une idee
profonde. C'est de la meme maniere, disait-on, que Dieu,
lorsqu’il etait sorti du sein de Marie, avait emprunte ä sa
“ mere sa forme humaine sans perdre sa nature divine. «Bru-
der Hans» a exprime poetiquement cette idee ingenieuse dans
un de ses Marienlieder:
Went wy der sonnen glantze
Sich nach dem glase varwet,
So hat der hymmelschrantze ,
Mit dyme fleysch und blute sich ghegarwet
Und bleyf doch god in godlicher nature,
Do daz wort wart fleysch ghemacht,
Und bleyf in dynen wax der preut figure. -
Si on pouvait comparer Dieu ä un rayon de soleil, il
etait encore plus naturel de le comparer ä& la source m&me de
toute lumiere. ‚, Comme le remarque A. Meyer, l’Evangile de
Luc, s’il n’emploie pas cette metaphore, du moins l’indique
deja. En effet, Ja maniere dont est decrite la naissance du
Christ fait penser naturellement & un lever de soleil. Lorsque
Joseph et Salome entrerent dans la sainte grotte, ils virent
d’abord un leger nuage, puis une lueur diffuse et enfin le
divin enfant.”? Les Peres de I’Eglise qualifiaient souvent cet
enfant de .sol splendidissimus. Sa mere ä son tour e&tait pour
les symbolistes un nuage dans lequel &tait enfermee la lumiere
du jour avant qu’elle se repandit sur le monde. Aussi les
images qui avaient &t€E employees ä propos de la sortie du
soleil des nuages pouvaient:elles &tre appliquees sans change:
ment & la sainte naissance. Sur ce point comme sur tant
d’autres, les poetes chretiens emprunterent leurs comparaisons
aux psaumes. L’'un d’eux surtout a &t€ sans cesse imite dans
les poesies sur Marie: la grande hymne, le plus puissant de
tous les chants au soleil, dans laquelle l’apparition de la lu-
! Bruder Hansens Marienlieder, p. XVII et 98.
* A. Meyer dans Handbuch zu den Neutestamentlichen Apocry:=
phen, p. 127. z
La verriere symbole de la maternite virginale. 37
miere hors des nuages est comparee ä un jeune marie sortant
de la couche ou de la chambre nuptiales, pour parcourir
triomphalement sa carriere. | .
«In sole posuit tabernaculum suum; et ipse tanquam
sponsus procedens de thalamo suo — Fxultavit ut gigas ad
currendam viam. — A summo czlo egressio ejus. — Et occur:
sus ejus usque ad summum ejus; nec est qui se abscondit
a calore ejus.»!
Ces vers etaient d’autant plus propres a Etre appliques &
la sainte naissance que l’on comprenait l’incarnation comme
une union matrimoniale. Le corps de Marie, disait-on, &tait
la chambre nuptiale dans laquelle Dieu s’unissait & l’homme.
Aussi Ambroise, ou plutöt le poete inconnu de la grande
hymne de Noel, pouvaitsil s’exprimer ainsi ä propos de l’ac=
couchement de Marie:
Procedat e thalamo suo
Pudoris aula regia,
Geminz gigas substantix
Alacris ut currat viam.*®
Augustin, le pape Leon IX et beaucoup d’autres auteurs?
ont repet& en vers et en prose la meme idee sous diverses
formes. C'est aussi cet ancien psaume qui a servi de base ä
la description de la nuit de la naissance dans le Carmen
paschale de Sedulius:
Qux nova lux mundo, qux toto gratia czlol
Quis fuit ille nitor, Marixz cum Christus ab alvo
Processit splendore novo? Velut ipse decoro
Sponsus ovans thalamo, forma speciosus amana
Pr natis hominum, cujus radiante figura
Blandior in labiis diffusa est gratia pulchris.*
ı Vulgate, Ps. XVIII, 6-7.
® Ambroise, In nativitate Domini (Veni, redemptor gentium). Cite
d’apres Clement, Carmina e poetis christianis excerpta, p. 48. |
® Augustin, Confessiones, L. IV, chap. 12; Leon IX, In vigilia
Nativitatis Domini dans Anal. hymn., 50, p. 30% (Egredere, Emmanuel)
* Sedulius, Carmen paschale, dans Patr. lat., t. 19, col. 597.
38 Yrjö Hirn, La verriere symbole de la maternite virginale.
Il est ä remarquer que dans cette poesie, comme dans
tant d’autres poe&sies sacrees, l’enfant n’est pas compar& au
soleil, mais eelebre comme un nouveau soleil. L’expression
allegorique dont se servait le sauveur pour se designer lui-
m&me, «lumiere du monde», etait souvent comprise par les
fideles dans un sens purement litteral. Comme le remarque
justement Hofmann, si on voulait traduire exactement les idees
catholiques, il ne faudrait pas en parlant du mystere de la
sainte nuit dire que le nouveausn& vit pour la premiere fois
la lumiere du soleil, mais que le monde vit pour la premiere
fois sa lumiere.! Les auteurs du moyen äge declaraient aussi
dans leurs sermons qu'a sa naissance le corps de Il’enfant
«luisait comme un soleilv. De leur cöte, les peintres cher-
chaient dans la mesure de leur pouvoir & rendre cette idee
dans leurs tableaux, au moyen äge en entourant l'’enfant d’une
aureole dore&e? et, dans la periode avancee de la Renaissance,
lorsque la technique permit d’obtenir plus d’illusion dans les
phenomenes optiques, en laissant de l’enfant divin reposant
sur le sol la lumiere se repandre sur toute la composition.
Le sens de tous ces tableaux et de toutes ces po6sies
n'est pas difficile a comprendre. L’idee que l’on veut exprie
mer est que l’ancien soleil avait &te remplace par une lumiere
plus pure et plus spirituelle et que c’etait une nouvelle &po-
que qui s’ouvrait avec l’accouchement virginal. C'est pour
cela que l’univers s’arrta dans son mouvement. Des sources
surgirent du sein de la terre et les idoles s’ecroulerent. La
vie fut ennoblie par le fait que Dieu se soumit ä ses vicissi»
tudes et toutes les relations existant entre les hommes furent
purifites dans sa naissance. La maternite et la virginite, la
conception et l’accouchement furent idealises dans Marie qui
mit au monde un enfant sans perdre son innocence. Les
taches du peche furent effacees de la nature et de tout ce
qu’elle comprenait. Mais ce qui &tait hors nature ou contre
ı Hofmann, Das Leben Jesu nach den Apokryphen, p. 109.
?2 Le tableau du maitre de Flemalle & Dijon peut &tre cit€ comme
un des plus curieux exemples de ce genre de peintures de la naissance.
ie iii
O. J. Tallgren, Un point d'’astronomie grecosarabo-romane. 39
nature ne pouvait pas &tre purifie, mais seulement &tre detruit,
ne devant pas subsister dans un monde sanctihie par la pre:
sence du IressHaut. De m&me que les idoles tomberent en
poussiere, de m&me furent extermines au moment de la sainte
naissance tous les hommes qui s’etaient rendus coupables de
peches contre nature.” On motivait sans doute cette legende
en disant qu’ils s’etaient mis si completement en rupture avec
les lois de la nature qu'ils ne pouvaient pas assister ä sa
renaissance.?
Yrjö Hirn.
Un point d’astronomie gr&co»arabo-romane.
A propos de l’Astronomie espagnole d’Alphonse X.
Dans la constellation nommee l’Aigle se trouvent, entre
autres, trois &toiles, d’un eclat mediocre, qu’on designe aujourd’hui
respectivement par 9, et Ö Aquilae. Elles forment une ligne
a peu pres droite allant de l’Est-Sud-Est a l’Ouest-Nord»Ouest,
l'ordre oü elles s’y succedent pouvant &tre indique par cette
formule meme: 9, n, 6. En d’autres termes, ö, loin de se
trouver au Sud ni au Sud-Ouest de 9, se range ä l’extremite
droite de cette ligne oblique, un peu plus au Nord que 7 et
beaucoup plus que 9.
Ptolemee, dans son Catalogue d’etoiles constituant les
chapitres VII 5 et VIII 1 de sa grande Astronomie intitulee
Syntaxis math@matik& et plus connue sous le nom d’Almageste,
passe en revue ces me&mes £toiles ä titre d’«exterieures» de la
quınzieme constellation nommee Aetos (= l’Aigle). Au point
de vue du traite grec, les &etoiles en question doivent &tre
nomme&es respectivement XV 1 ext. (= n), 2 ext. (= 9),
3 ext. (=). C'est la description ptolemeenne de cette der:
niere qui va nous cccuper. Les deux autres sont ainsi
ı Jacobus de Voragine, Legenda aurea, p. 45.
2 Trad. E. Besurain.
40 O. J. Tallgren,
decrites ou plutöt localisees par rapport & la figure de l’Aigle:
l ext.: ‘La precedente [c'est ä dire l’occidentale] des deux qui
sont au Sud de la tete’; 2 ext.: ‘La suivante [c’est ä dire
l'orientale] des deux.’ Retenons que l’Aigle du firmament
ptolemeen plane vers le Sud-Est, tournant vers nous la poitrine
et le ventre, les ailes etendues des deux cötes, et que, par
consequent, le spectateur terrestre aura ä chercher l’epaule droite
de l’Aigle (dont il sera question tout ä l'heure), grosso modo,
en bas, au Sud-Ouest de Atair.
Voici maintenant la description de l’etoile d ou 3 ext.:
‘Celle qui est au Sud et Sud-Ouest de l’epaule
droite de l’Aigle (en grec d’apres l’ed. de J. L. Heiberg,
tome I 2, page 74, 1. 12; sans variante importante: 6 and
vorov xal Audös roü defioü wor toi 'Aerov). On voit qu’il
s’agit lä d’une localisation ptol&meenne typique, moyennant
l’indication, 1., d’un point de repere (qui est l’epaule droite)
et 2., de l’aire de vent.
Or on est frapp& par la maniere dont est formule le
passage precis qui devrait correspondre au grec :de tout &
l’heure, dans le trait€ ancien espagnol d’astronomie ptol&emeenne
qui fait partie de la compilation intitulee Libros del saber de
astrologia d’Alphonse X le Savant (1252-1284), ed. de Rico
y Sinobas, tome I (1863), p. 45 («M») et planche («P»). Je
possede, pour cette &dition, une serie de collations sur tous
les manuscrits;! je regrette de ne pas avoir collationne
le passage precis en question. J’ose tout de m&me, pour
l’etude presente, me fier au texte imprime. Il porte, pour
l’etoile XV 53 ext. (= 8) qui nous occupe: P: La que es a
parte de medio dia d’esta, et declina se escontra dell occi«
dente dell ombro siniestro; M (remanie vraisemblablement au
point de vue du style par le roi Alphonse luism&me): texte
identique, avec les variantes que voici: ... d’esta, et declina
se d’esta escuentra occidente dell ombro... A part le mot
: Ma publication Los nombres ärabes de las estrellas y la frans-
cripciöon Alfonsina. Ensayo hispanoärabe (dans Homenaje a R. Menen-
dez Pidal, 1925, t. II, pp. 635-718) est fondee tout entiere sur ces collations.
Un point d’astronomie greco.arabo:romane. 0 4l
final siniestro, simple bevue individuelle pour diestro, ce texte
nous choque, comme je le disais, etant donne d’esta, qui n'a
aucune correspondance dans le grec. Je me propose d’etablir la
genese de l’erreur curieuse que repr&sente ce texte d’Alphonse X.
Pour le faire, je vais me reporter & un texte arabe inedit,
anterieur & Alphonse, texte que m'offre une reproduction
photostatique de la section interessante du ms. de l’Escurial
n° 915 (ancien 910), et je me reporterai en outre & une tra.
duction latine faite sur un texte arabe et anterieure ä Alphonse
d’un siecle & peu pres.
Le texte arabe de l’Escurial est une traduction du grec
de Ptol&mee, faite & Bagdad au IX® siecle. Le manuscrit est
posterieur ä Alphonse. En voici le passage correspondant,
dans ma transcription: Alladı min nähiyati al:janübi ‘an hadü
nahwa al:garbi ‘'alü mankibihi al-zaiman, ‘celle qui est du cöte
Sud de celleslä [c’est a dire de l’etoile decrite precedemment|],
(ecartee) vers l’Ouest, sur son &paule droite [sur l’epaule
droite de l’Aigle]'.
Cette version differe du texte grec, d’abord, sur ce point peu
important quelle porte du cöfe Sud (ecartee) vers Ü’Ouest
au lieu du grec au Sud et Sud-Ouest, puis, sur cet autre point,
essentiel celuislä, qu’elle determine la place de l'etoile par rap-
port &ä l’etoile pr&cedente au lieu de la determiner, comme
le fait l’auteur grec, par rapport ä l’epaule droite de
l’Aigle. On a pris l’expression 4dro vorou xal Aßos ro
defıon duov dans le sens errone et fatal de “au Sud, plus
a l’Ouest, etant une des &toiles de (rev) l’epaule droite'.
On a ainsi conserve& l’indication du sens dans lequel devait Etre
cherchee I’etoile, mais on a sacrifie l’indication du point de
repe&re Que supposait cette indication du sens. Or se rendant
compte de la faute de logique qu’on risquait de commettre
en disant que l’etoile etait situee «dans tel sens, sur l’&paule»,
on prit le parti de la dire situ&e «dans tel sens ä partir de
l’etoile prec&dente, sur l’epaule». Ces mots que le tra-
ducteur arabe ajoute de son crü: & partir de l’etoile precedente,
en arabe: ‘an hüdä, ce sont ceux:lä m&me qui ont tout gäte
42 O. J. Tallgren,
au point de vue de la verit€ astronomique. En effet, la tour:
nure arabe admise &quivalait a dire, ä peu pres, que Ö sc
trouvait au Sud-Ouest de 9. — Quel est le point de depart
de ce malentendu chez le traducteur arabe? Manifestement,
c'est le genitif grec regi par l’indication de l’aire de vent.!
Cette erreur, ÄAlphonse, lui, ne fit essentiellement que la
reproduire, comme nous l’avons vu, mais en modifiant un peu
la forme m&me de l’enonce; toutefois, son texte offre une
apparence de confusion ulterieure dont il convient d’etudier
la genese et la portee. C’est qu’il a subi l’influence simultas
nee de Gerard de Cremone, dont il a certainement connu la
traduction latine. Elle fut faite, sur l’arabe, en latin, ä Tolede
meme, en 1175, donc une centaine d’annees avant Alphonse X.
D’abord, au lieu de dire simplement, d’apres l’arabe,
«a parte del medio dia d’esta, cerca dell occident (ou hacia el
occidente), en ell ombro diestrox, Alphonse rend ce «cerca dell
occident» par l’amplification et declina se d’esta escuentra occi-
ı Voici le tableau sommaire des erreurs, toutes identiques au
fond, qui ont &t€E commises & ce sujet par les traducteurs arabes
du Catalogue de Ptol&mee et, d’apres eux, par le traducteur latin Gerard
de Cr&emone (que j’aurai & citer tout & I’heure). Tous ces passages ont
ceci en commun que la localisation de l'&toile est, dans le texte grec,
effectuee suivant la formule «äno + aire de vent + genitif», et que
ce genitif du point de repere a &t& pris par le traducteur pour un g£nitif
partitif ou d’appartenance: XI 2 ext. (erreur chez les deux traducteurs
arabes que j’etudie); XIII 1 ext. (lacune chez l’Arabe repr&sent€ par
le ms. Escur. 915; erreur chez l'autre et chez Gerard); XV 1 ext. (erreur
chez l’autre, represent€ par le ms. Escur. 914 et par le ms. du British
Museum 7475, ainsique chez Gerard, qui €crit a parte meridiei super
caput); XV 3 ext. (erreur &tudiee ici:m&me); XXVIll 2 ext. (erreur chez
l’Arabe du ms. Escur. 915); XL 1 ext. (erreur chez l’Arabe du ms. Escu:r.
915 et chez Gerard). De toutes ces erreurs, Alphonse (ou son colla
borateur) n’a commis que celle que j'etudie ici. — Le detail de mes
etudes sur ce sujet sera incorpore dans un travail qui, sous le titre de
La survivance arabo-romane du Catalogue d’etoiles de Ptolemee, etudiee
sur une serie de mss. inedits, I, commence & paraitre dans quelques
semaines dans Sfudia Orientalia (Helsinki), tome Il; en outre, une serie
d’articles paraitront dans deux Melanges en pr¶tion au Portugal depuis
des annees, ainsi que dans la Revista de Filologia Espaflola.
Un point d’astronomie greco-arabo:romane. 45
dente. Ensuite, chose autrement significative, il remplace
l'arabe 'alüä mankibihi (‘sur son &paule’) par une indication
differente: dell ombro. Simple manque de clarte? Simple expres»
sion peu adequate? Sorte de retour accidentel purement
instinctif & la forme authentique de la description en langue
grecque, qu’Alphonse n’a pu connaitre? Il n’en est rien,
l'inspection de la traduction latine nous le monttrera.
Gerard de Cremone, dont j’ai l’avantage de pouvoir citer la
traduction (de 1175) non seulement sur l’edition (unique etrare)
de Pierre Liechtenstein, de l’annee 1515, mais aussi, et surtout,
sur une reproduction photostatique de la section interessante
du ms. lat. de la Bibl. Nat. de Paris, 14738, de la fin du
XIIe siecle m&me, offre le texte suivant: Que est a parte me»
ridiei decliuior uersus occidentem a spatula aquile dextra. Que
signifie exactement cette expression? Certes, d’une part, elle
peut Etre consideree comme rendant d’une maniere assez heus
reuse la description grecque (signifiant ‘qui est au Sud-Sud»-Ouest
de l’&paule'). D’autre part, on devra admettre que ce bout
de latin a pu contribuer ä induire en erreur l’astronome royal
ou plutöt son collaborateur. Rendons-nous bien compte de la si:
tuation de ces savants du XIII* siecle travaillant a Tolede, char»
ges d’un trait€ d’astronomie grecque. L'original grec, ils ne le
possedaient pas et ils auraient d’ailleurs certainement &t& inca=
pables de le lire ou d’en tirer profit d’une maniere quelcon=
que, ä l’epoque dont il s’agit. Ils ne trouvaient & leur portee
que de l’arabe et du latin; et ils devaient etre naturellement
enclins a etablir un accord entre cet arabe et ce latin. Le
texte arabe leur apprenait que l'etoile 3 ext. en question se
trouvaıt au Sud-Ouest de 2 ext.; or le latin, que je viens de
citer, pouvait, le cas Echeant, dans ces conditions, moyennant
une interpretation legerement forcee, etre lu de fagon & four:
nir un renseignement analogue. Il suffisait en effet de s’arre-
tet momentanement au milieu de cet @nonce, de concevoir
comme ımn tout la serie de mots a parfe meridiei versus occi-
dentem, pour avoir une tournure qui, en presence de l’arabe,
pouvait &tre prise dans le sens de ‘au Sud:Ouest...'. Le
44 O. J. Tallgren, Un point d’astronomie greco«arabosromane.
texte arabe completant cette localisation en ajoutant ‘de
l’etoile precedente‘, on eut vite fait de completer de la m&me
maniere le latin. C'est dire qu’& part la toute derniere partie
de la description, on pouvait s’imaginer avoir mis d’accord,
tant bien que mal, l’arabe et le latin. Restait donc la partie
finale. Qu’on se rappelle que le texte arabe de Escur. 91%
porte ‘ala mankibihi al-aiman (‘sur son epaule droite'). Admet-
tons d’abord — chose possible — que le ms. arabe inconnu sur
lequel traduisaient les erudits de Tolede a pu porter une lecon
identique. Voyant des lors l’impossibilitt de mener jusqu’au
bout le regime d’un accord arabo:latin parfait, et dans l’obli-
gation d’opter pour l’une ou l’autre de ces autorites divergentes,
on a prefere, pour une raison Quelconque, une phrase achevee
a la latine, comme on la lit en effet dans le texte espagnol cite.
Mais il faut compter avec une autre possibilite, capable, celle:la,
de simplifier la solution du probleme. C’est que, dans l’ecriture
arabe un peu cursive, ‘ala ‘sur’ ressemble singulierement ä
‘an, preposition @quivalant ä ‘de, ‘a partir de. En effet,
les deux prepositions se confondent souvent dans les mss.
arabes; j’en ai sous les yeux des exemples instructifs pour
XI 2 ext, pour XXVII 2 ext., pour XL I ext. Dans ces
conditions, il devient vraisemblable que le ms. arabe de Tor
lede a offert la variante ‘an ä la place de la lecon ‘alü de
mon manuscrit; il suffit d’admettre l’intervention de cette
variante hypothetique pour s’expliquer, ainsi que je l'ai fait,
non seulement la genese de l’erreur araboslatino-espagnole,
mais aussi l’origine de la deviation greco-arabe.
O. J. Tallgren.
2 - sul ni nm
Hugo Suolahti, Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 45
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums
lassen.
Nach Pauls Deutschem Wörterbuch? S. 312 bezeichnet
lassen ursprünglich «einen Zustand der Untätigkeit, das Nicht:
festhalten eines Gegenstandes, das Nichtverhindern einer Bes
wegung oder eines Vorganges»; die Bedeutung habe sich
jedoch «auf mehrfache Art so gewandelt, dass es auch zur
Bezeichnung einer positiven Tätigkeit geworden ist». Die
verschiedenen Bedeutungsnüancen werden in 6 Hauptgruppen
zusammengefasst. Von diesen wird die erste, die Verwendung
von lassen mit dem blossen Akkusativ eines Nomens, in
mehrere Unterabteilungen eingeteilt: a) «man hindert nicht,
dass ein Gegenstand sich von einem entfernt, von einem ge:
nommen wird», z.B. Haare lassen müssen, das Leben lassen.
b) «man entfernt sich von einem Gegenstande, den man nicht
mitnimmt, an seinem Orte belässt», z.B. O Innsbruck, ich
muss dich lassen. c) «ablassen von einer Tätigkeit», z. B. lass
das, dein Weinen. d) «nicht unternehmen», z.B. es ist bes:
ser, wenn du das lässt. e) «in seinem Zustand lassen», z.B.
man verändert vielleicht, was man lassen sollte, lässt, was man
verändern sollte. f) «zulassen», z.B. /hr liesset es doch im
Anfange. g) «aufbewahrt halten», z.B. wo lässt du dein
Korn? — Die zweite Gruppe umfasst die Verwendung des
Verbums lassen mit Akkusativ und Dativ, wobei es dıe Bes
deutung «nicht nehmen» hat, z.B. ich liess ihm das Geld. —
Zur dritten Gruppe gehören die Verwendungsweisen von las»
sen mit Akkusativ und prädikativer Bestimmung, z.B. allein
lassen, zu Hause lassen. — Die vierte Gruppe besteht aus
den Fällen, in denen ein Infinitiv als Objekt zu lassen steht,
z.B. lass sehen, lass die Leute reden. — Eine fünfte Gruppe
bildet der intransitive Gebrauch von lassen in Ausdrücken
wie von einem lassen, von etwas lassen, ablassen, und eine
sechste Gruppe der «volkstümliche» Gebrauch des Verbums
im Sinne von «sich ausnehmen», «aussehen» in Fällen wie
nun lässt der Hut erst schön.
46 Hugo Suolahti,
Die allermeisten von diesen Bedeutungskategorien, deren
vielfache Variationen in Grimms Wb. VI, 215—240 eingehend
dargestellt und mit zahlreichen Belegen illustriert sind, lassen
sich ziemlich zwanglos auf die von Paul formulierte Grund-
bedeutung «der Untätigkeit, des Nichtfesthaltens, des Nicht:
verhinderns» zurückführen. Nur einige wenige Bedeutungs-
gruppen und snüancen scheinen isoliert zu stehen und sind
mit jener Grundbedeutung nicht leicht in Zusammenhang
zu bringen.
Paul bezeichnet die Verwendung des Verbums lassen in
dem Ausdruck wo lässt du dein Korn? = «wo hältst du dein
Korn aufbewahrt» und namentlich in dem Ausdruck ich kann
es nicht lassen — «ich habe keinen Platz dafür» als «eigen=
tümlichvo und meint, dass sie wohl von dem Sinne «nicht
wieder wegnehmen» ausgeht.
Diese Verwendungsweise, die von interndeutschem Ges
sichtspunkt aus gesehen eigentümlich erscheinen mag, steht
aber nicht ganz isoliert da, sondern lässt sich mit ähnlichen
Verwendungen des Verbums lassen in andern germanischen
Sprachen vergleichen. So kommt die Bedeutung von lassen
in den beiden oben erwähnten deutschen Ausdrücken derjenis
gen in folgendem niederländischen Satze sehr nahe: Je mag
wel binnenkomen, maar waar zul je je fiets laten? hier in de
vestibule is geen plaats = «du darfst schon hereinkommen,
aber wo wirst du dein Fahrrad lassen? im Vorzimmer ist kein
Platz». Ahnlich in dem Satze: Altoos is de zak leeg; en
naauwlyks weet hy, waar hy zyn geld gelaaten heeft = «im:
mer ist die Tasche leer; und kaum weiss er, wo er sein Geld
gelassen hat». Ferner noch in einem Satze wie dem folgenden:
Waar laat die jongen het eten! = «wo lässt der Junge das
Essen!» (es ist unbegreiflich, dass er so viel essen kann), vgl.
Woordenboek der Nederlandsche Taal (Heinsius) VIII, 1152.
In den obigen drei Beispielen ist das Verbum im Sinne von
«(hin)legen, unterbringen, Platz finden für etwas, stecken»
gebraucht.
Die Bedeutung «legen», die hier wahrnehmbar ist, finden
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 47
wir bei unserem Verbum auch in den skandinavischen Spras
chen. Anord. läta bedeutet u.a. auch «ponere»; «collocare,
constituere»; «deponerev. So z.B. at hann i odda eli öndurdr
latinn verda = «si in primore acie collocatus sit»; ek let gollı
vafdan gjallar vönd = «deposui gladium», s. Egilsson Lexicon
poeticum $. 495. So auch aschwed. lafa ‘legen’: the toko bort
min herra oc iak weet äcke hvart the hawa latit han = »sie
nahmen weg meinen Herrn und ich weiss nicht, wo sie ihn
gelassen haben»; läto asko paa sin huffwoodh = «liessen Asche
“ auf ihr Haupt», s. Söderwall Ordbok öfver svenska medel-»
tidsspräket s. v. lata. Ferner isländ. läta ‘legen, setzen, stellen’:
lättu bokina ä bordid — «lass das Buch auf dem Tisch», s.
Blöndal Islandsk-Dansk Ordbog S. 475.
Die Entwicklung der Bedeutung «legen» aus der Grund:
bedeutung des Nichtfesthaltens, des Nichtverhinderns ist leicht
zu begreifen, wenn man sich den eben erwähnten Ausdruck
ich lasse das Buch auf dem Tisch näher ins Auge fasst. Urs
sprünglich liegt das Gewicht in ich lasse das Buch auf dem-
Nichtfesthalten: «ich lasse das Buch aus der Hand», aber
sobald auch das Richtungsverhältnis durch das Adverbial aus»
‚gedrückt wird, so verdunkelt sich die Vorstellung vom Aus;
gangspunkt, und die Vorstellung vom Ziel der Bewegung
erhält das Hauptgewicht. So ist z. B. in dem Satze klein
Roland lässt den Becher [nicht] die Vorstellung des [Nicht:]
Festhaltens dominierend, während in dem Satze er liess
ihn nieder diese Vorstellung sich bereits ziemlich verflüchtigt
hat und der Ausdruck dasselbe besagt wie «er legte ihn
nieder». |
In ähnlicher Weise hat das lettische Verbum likt (= lit.
likti, lat. linquo, griech. Aeinw) ‘lassen’ die Bedeutung «legen,
setzen» angenommen (vgl. Mühlenbach-Endzelin, Lettisch»
deutsches Wörterbuch II, 467), und in dem finnischen Vers
bum laskea berühren sich ebenfalls die Bedeutungen «lassen»
und «legen»: lasken kirjan kädestäni = «ich lasse das Buch
aus der Hand», lasken kirjan pöydälle = «ich lege das Buch
auf den Tisch».
48 Hugo Suolahti,
Zu derselben Bedeutungsgruppe wie die Ausdrücke wo
lässt du dein Korn? und ich kann es nicht lassen ist Paul
geneigt auch die «uneigentliche Anwendung» von lassen in
Ausdrücken wie er kann sich vor Vergnügen nicht lassen und
dergleichen zu rechnen. Diese Verwendungsweise kommt
heute auf dem mitteldeutschen Sprachgebiete vor; die Dialekt:
wörterbücher von Albrecht und Müller-Fraureuth bezeugen
aus dem Sächsischen: sich vor Schmerz, Hitze usw. nicht las-
sen können. Auch Frischbier Wb. II, 10 £. kennt aus dem
_ Preussischen lassen in der Bedeutung «ausser sich sein; sich
nicht bergen, retten können»: Öck wust mi nich tö läte ver
Lache = «Ich wusste mich vor Lachen nicht zu lassen» und
ohne das Adverbial: Dat measchte huckt he dem Lehra op’m
Ledda, de söck ganich to loate wust = «meistens belästigte er
[der Spassmacher]| den Lehrer mit Spässen, der sich gar
nicht zu lassen wusste». Im Niederländischen heisst es: T’hooft
doet my soo seer, dat ick me niet weet te laten — «der Kopf
tut mir so weh, dass ich mich nicht zu lassen weiss», s.
Heinsius a. a. OÖ. Grimms Wb. VI, 227 gibt einen Be-
leg aus Goethe: er kann sich für Freude nicht lassen. Ein
älterer Beleg, wo das Adverbial der Ursache zwar auch fehlt,
aber wo die Ursache durch einen besonderen Satz ausgedrückt
ist, findet sich bei Schuppius Lehrreiche Schriften (1684) 584
(zitiert bei Grimm Wb. VI, 226): dasz sie eine solche ban«
gigkeit des herzens empfinden, dasz sie nicht wüsten, wo sie
sich lassen solten. Geht man von diesem Beleg als dem ur:
sprünglichen Typus aus, so gelangt man eben zu der Bedeu-
tung «legen, stecken, unterbringen»: «dass sie nicht wussten,
wohin sie sich stecken sollten».
Es kommen aber auch synonyme Ausdrücke vor, in denen
lassen nicht reflexiv, sondern intransitiv verwendet wird. Im Mits
telhochdeutschen erscheint ge-läzen genau in derselben Bedeus
tung bei dem hessischen Dichter des Passionals: und an die
müter hin er viel und enweste wie geläzen (ed. Köpke 651, 83)
= «und er fiel der Mutter um den Hals und wusste nicht
wie sich zu lassenv. Ähnlich im Altschwedischen: jak viste ey
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 49
huru iak skulde lata = «ich wusste nicht, wie ich mich gebär-
den sollte», s. Söderwall a.a. ©. 1, 741.
In diesen Belegen hat das intransitive Verbum die Bes
deutung «sich benehmen, sich gebärden». Diese Bedeutung
beschränkt sich aber keineswegs auf den Typus sich [vor
Schmerz usw.] nicht lassen können, sondern kommt auch
sonst, in allgemeinerer Verwendung, meist im Zusammenhang,
mit einer adverbialen Bestimmung vor. Im Mittelhochdeut-
schen finden wir läzen im Sinne von «sich gebärden» bei
Herbort von Fritzlar, also auf.hessischem Sprachgebiet, im
Lied von Troie V. 9798 (ed. Frommann): sie liezen durch ın
einen alle iamerliche = «sie gebärdeten sich um seinetwillen
alle jämmerlichv. Ebenso im Mittelniederländischen: hy was
een eerbaer wal latende man = ser war ein ehrbarer, gut sich
benehmender (anständiger) Mann», s. \erwijs en Verdam
Middelnederlandsch Woordenboek IV, 203. Im Angelsächsi-
schen haben wir folgenden Beleg: Öam elheodigan and utan-
cumenan ne let dü nö uncüßlice wid hime = «was den Frem«
den und den Ausländer betrifft, benimm dich nicht unfreund-
lich gegen ihn», s. Bosworth-Toller Ags. Dictionary S. 613;
im Mittelenglischen (Ormulum um 1200): Bule late modi»
liz and bereb) upp hiss heafedd = «der Stier tritt übermütig auf
und hält seinen Kopf hoch», s. NED VI, 213. Die skandi-
navischen Sprachen bieten in den älteren Perioden mehrere
Belege für diese Verwendungsweise. So z.B. das Altnordi»
sche: hann sofnadi fast ok let illa i svefni = «er schlief fest
ein und gebärdete sich unruhig im Schlaf»; björn ferr at henni
ok Iztr allblitt vid hana = «der Bär geht zu ihr und benimmt
sich freundlich gegen sie», s. Fritzner Ordbog over det gamle
norske Sprog I, 423; das Altschwedische: nar ribballa oc
skalka fa lata som the vilia = «wenn Schurken und Schelme
sich gebärden dürfen, wie sie wollen», s. Söderwall a.a. O.
Zu lassen in diesem Sinne gesellt sich im Mittelnieder-
deutschen das Substantiv läfe ‘Benehmen, Gebärde’, welches
im Altnordischen als lat, läti in derselben Bedeutung erscheint
und auch im Altschwedischen in der Form lüt sowie im Neu:
4
50 Hugo Suolahti,
schwedischen in der Pluralform later ‘Gebärden, Benehmen’
vorkommt. Die Lautform deutet auf Entlehnung aus dem
Niederdeutschen. Neben lät findet sich im Mittelniederdeut:
schen auch geelät, und dieser Bildung entspricht im Mittel:
hochdeutschen geeläz, geleze ‘Benehmen’, das — wie aus den
von Lexer Wb. ], 806 zitierten Textstellen hervorgeht — nicht
nur auf mitteldeutschem, sondern ‘auch auf oberdeutschem
Dialektgebiet und besonders gerade hier vorkommt. Noch
jetzt bair. Gelesse ‘Benehmen, Gebärde', s. Schmeller Bayer.
Wb. I, 1510, steir. Gelass ‘Schick, Art, Anstand’, s. Unger:
Khull Steir. Wortschatz S. 277. — Ferner ist noch in Betracht
zu ziehen das Adjektiv ungelassen ‘ungeberdig, unmanierlich',
dessen Entwicklungsgeschichte, ebenso wie die des Adjektivs
gelassen, hier jedoch nicht berücksichtigt werden kann.
In einigen Fällen, wie in dem oben zitierten mittelengli»
schen Beleg aus dem Ormulum nähert sich die Bedeutung
von «sich gebärden» derjenigen von «auftreten, den Anschein
haben, aussehen». Wie nahe sich diese Bedeutungen miteins
ander berühren, wird veranschaulicht durch folgenden nieder:
deutschen Satz, der in Grimms Wb. VI, 227 unter den Bei-
spielen für das intransitive lassen zitiert wird: he quam to
Brugghe und rep und let als ein unwittich man = «er kam
nach Brügge und rief und gebärdete sich (trat auf, sah aus
wie...) wie ein verrückter Mann». Ebenso in dem mittels
niederländischen Satze: doe hi hem dat broot gaf, doe marcte
hy dat hy alte seer bescheemt liet = «als er ihm das Brot
_ gab, da merkte er, dass er gar zu sehr beschämt sich gebär;
dete (oder aussah)», s. Verwijs en Verdam a.a.O. Deutlicher
ausgeprägt erscheint schon die Bedeutung «aussehen, erscheis
nen» in einem Beleg aus von dem Werder (bei Grimm Wb.
VI, 229): und als er weiter kömpt, so wird er an jhr jnnen,
dasz sie schön im gesicht, an sitten und von sinnen, ob sie wol
noch erblast und sehr erschrocken lest. Ausser allem Zweifel
steht die Bedeutungsnüance «aussehen, erscheinen» in Fällen,
wo das Subjekt keine Person ist, wie z.B. im mittelnieder-
deutschen Satze: der stede schepe ... leten by. der Denen
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 51
schepe also en kerke vor der klus = «die Schiffe der Orts
schaft sahen im Vergleich mit den Schiffen der Dänen aus wie
eine Kirche vor der Einsiedlerwohnung», s. SchillersLübben
Mnd. Wb. II, 636. Ebenso geht in dem Satze in dunkern
laten alle katten grau —= «im Dunkeln erscheinen alle Katzen
grau», den Doornkaat-Koolman aus dem Niederdeutschen
Ostfrieslands verzeichnet, die Bedeutung aus dem Satzzusam-
menhange unzweideutig hervor.
Eine besondere Schattierung der Bedeutung «sich gebärs
den, sich benehmen» liegt vor in einem Beleg des Verbums
lassen aus dem mittelhochdeutschen Passional (ed. Köpke)
40, 33: sie geliezen als si wolden toben = «sie gebärdeten
sich, als ob sie wüten wollten». Hier hat lassen den Neben»
sinn «sich anstellen, den Anschein geben, tun als ob — —»,
der noch deutlicher in anderen Belegen hervortritt. Auch
diese Bedeutungsnüance ist in verschiedenen germanischen
Sprachen bekannt. So mndl. dat sie liet of sies niet hoorde .
— «dass sie tat, als ob sie es nicht hörte», s. Verwijs en
Verdam a.a.O.; mittelengl. he lat he ne wile us noz3t biswike
= «er tut, als ob er uns nicht betrügen wollte», he let he
knew hem not = «er tat, als ob er ihn nicht kannte», s.
NED VI, 213; anord. hann gengr leid sina, ok latr sem han
sjäi ekki sveinana — «er geht seinen Weg und tut, als ob er
die Knaben nicht sähe», s. Cleasby-Vigfusson An Icelandic-
English Dictionary $. 378; dän. andre vil mene, at han bare
lod, som han var doed —= «andere glauben, dass er sich bloss
anstellte, als ob er tot wäre», s. Feilberg Bidrag til en ordbog
over jyske almuesmäl II, 362; aschwed. laten see om j ärin
swa grymmä som j lathä = «lasst sehen, ob ihr so grausam
seid, wie ihr euch den Anschein gebt, s. Söderwall a.a. O.;
isländ. han ljet (alveg) eins og hann veri vitlauss = «er tat,
als ob er verrückt wäre», honum er ekki svo leitt sem hann
Iztur = «er ist nicht so unzufrieden, wie er sich anstellt», s.
Blöndal a. a. O. S. 476. In vielen derartigen Belegen tritt die
Bedeutung «sich verstellen» deutlich zutage. So in einem
angelsächsischen Belege: da sendun hiz mid searwum Ja de
52 Hugo Suolahti,
rihtswise leton (Ags. Evang. Luc.XX, 20) = «da sandten sie
Laurer aus, die sich anstellen sollten, als wären sie fromm»,
s. Bosworth-Toller a. a. O.; der Vulgatatext hat hier: qui se
justos simularent.
Aus dieser Verwendungsweise entwickelt sich weiter in
den skandinavischen Sprachen und im Englischen die Bedeu-
tungsnüance «vorgeben, behaupten». An einigen von den
oben zitierten Belegen kann man sich leicht diesen Bedeutungs-
übergang anschaulich machen.
Auch in der hier zuletzt geschilderten Verwendung des
Verbums lassen im Sinne von «sich anstellen, tun als ob — —?
berührt sich die Bedeutung mit der von «aussehen, erscher
nen». Wenn das Subjekt nicht persönlich ist, nimmt das
Verbum die letztere Bedeutung an. So z.B. in einer Strophe
aus Günther: so machts die heuchelei: bei tage läszt sie keusch:
doch kommt die dämmerung, so stürmt sie in ihr fleisch, und
‚fragt den liebsten oft: warum er nichts vermöge?
Wir sind bereits zu der sechsten Gruppe der Paulschen
Einteilung gelangt, wo lassen die Bedeutung «aussehen, sich
ausnehmen» hat. In den Beispielen, mit denen Paul diese
Bedeutung illustriert, ist lassen meist unpersönlich gebraucht:
nun lässt der Hut erst schön; es liesse gelehrt, so zerstreut als
möglich zu tun; wo alles leicht sein und leicht lassen muss:
herzhaft allem begegnen, das lässt unjüngferlich; ein weiser
Mann, wie es anfangs liess.
In dem ersten Beispiel nun lässt der Hut erst schön =
«nun nimmt sich der Hut erst schön aus» liegt eine Bedeu:
tungsschattierung vor, die besondere Beachtung verdient.
Es entwickelt sich nämlich in derartigen Ausdrücken die Be
« deutung «passen, anstehen», wodurch der adverbiale Zusatz
«gut; schlecht» auch entbehrlich wird. Diese Ausdrücke sind
besonders auf dem norddeutschen Dialektgebiet gebräuchlich.
Frischbiers Wb. a. a. O. verzeichnet solche aus dem Preussi:
schen: dat lett em e mäl stramm = «das kleidet ihn einmal
schön». Sc auch Woeste Wb. S. 157 aus dem Westfälischen:
bu lätt dat! = «wie sieht das aus, wie passt das!», daf lätt
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 53
nitt gued — «das schickt sich nicht», dat lätt di gued = «das
steht dir gut» und Vilmar Id. aus dem sächsischen und west»
fälischen Hessen: we ni ett, de ni lätt = «wer nicht isst, der
sieht nicht wohl aus». Ferner noch Doornkaat-Koolman aus
dem Niederdeutschen Ostfrieslands: dat lett net göd = «das
sieht nicht gut aus, hat keine hübsche Farbev. Auf dem
mitteldeutschen Sprachgebiet erscheinen diese Ausdrücke eben»
falls; Albrechts und MüllersFraureuths Wörterbücher bezeugen
das Vorkommen von Ausdrücken wie es lässt ihr gut = «es
steht ihr wohl an» im Sächsischen. Die Belege, welche Grimms
Wb. VI, 228 für diese Verwendungsweise aus der Literatur
anführt, entstammen ebenfalls vorzugsweise dem norddeut- _
schen, teilweise auch dem mitteldeutschen Sprachgebiet, vgl.
z.B. Fleming: ich sah ihr antlitz an, ihr häupt, ihr güldnes
haar, ihr reden, ihren gang, wie wol ihr alles liesze; bei Kant:
vor dem spiegel beurtheilen, wie es ihm lasse; bei Lessing: es
würde nicht lassen, wenn sich Flora rühmen könnte. Aber
auch bei Goethe: diese Tracht lasse ihm vorzüglich gut und
das muss so sein, das lässt, das tut Wirkung; bei Schiller:
die Ohrringe die ihr so schön liessen. Auch heute scheint
diese Verwendungsweise in Süddeutsehland nicht ganz unbe»
kannt zu sein. Fischer Wb. IV, 1003 verzeichnet den Aus»
druck ein Ding lässt = «steht wohl an» und mit adverbialem
Zusatz es lässt ihm gut; er zitiert auch J. V. Andreae Mor.
Ged. 355: Was prächtig läst und in die Augen fällt und
M. S. Rieger 201: Das lässet trefflich schön.
Im Mittelniederländischen ist der Ausdruck het laet =
«es passt, es steht an» ganz geläufig: doe sechde die scroder:
wanne, lieve here Florens, hoe solde dat laten = «da sagte der
Schneider [von der Kleidung]: aber lieber Herr Florens, wie
würde das passen», s. Verwijs en Verdam a.a. O. Heinsius
Woordenboek der Nederlandsche Taal VIII, 1159 bezeugt das
heutige Vorkommen dieser Bedeutung in Geldern.
Auch in den skandinavischen Sprachen finden wir die
hier in Rede stehende Bedeutungsnüance: aschwed. läta illa
‘schlecht aussehen, sich schlecht arten’ s. Söderwall a.a.O.,
54 Hugo Suolahti,
adän. som det lader en krebling at dantze, saa staar det en
daare at tale om vished —= «wie es einem Krüppel zu tanzen
ansteht, so passt es einem Toren von Weisheit zu reden», s.
Kalkar Ordbog til det zldre danske Sprog S. 719. Feilberg
a.2.0. verzeichnet aus den dänischen Mundarten Ausdrücke
wie de lader et kön —= «es passt schlecht».
Die im Schwedischen dem intransitiven läta zukommende
Bedeutung «lauten, klingen» wird gewöhnlich von der Ver:
wendung des transitiven Verbs mit unterdrücktem Objekt im
Sinne von «(einen Laut) von sich geben» hergeleitet. Es fragt
sich jedoch, ob nicht die schwedische Bedeutung sich viel»
mehr aus der oben besprochenen Bedeutungsgruppe «aussehen,
scheinen, passen» entwickelt hat. In einem bei Grimm Wb.
VI, 228 aus Lessing angeführten Beleg dieses wuszte keiner
seiner lebensbeschreiber, nach welchen es läszt, als ob Stephas
nus der neunte ihn vom bloszen abte eines geringen klosters
zum kardinal erhoben habe, wo lassen im Sinne von «schei-
nen» verwendet ist, nähert sich diese Bedeutung schon etwas
der von «lauten». Noch mehr ist dies der Fall in dem bei
Grimm Wb. a.a.O. aus Günther zitierten Beleg ‘herr Fritsche’
liesze gar zu seichte; ‘magister Fritsche‘ klappt und klingt, wo
lassen mit «klingen» wiedergegeben werden kann. Besonders
deutlich tritt die. eventuelle Bedeutungsnüance «klingen» zu=
tage in einer Strophe von Brockes (Grimms Wb. VI, 229):
Sie (die Nachtigall) machte fugen, pausen, sprünge und contra-
puncte, dasz es liesz, ob sie mit tausend Zungen sünge. Auf
Schwedisch würde die betreffende Stelle lauten: — — — säafl
det lät, som om hon skulle sjunga med tusen tungor. Es hans
delt sich also hier um einen Bedeutungswandel durch Veren=
gerung des Bedeutungsumfangs und Bereicherung des Inhalts.
— An das schwed. läta ‘lauten, klingen’ schliesst sich das
Subst. lät ‘Laut, Klang’ an, das auch im selben Sinne im Alt:
dan. als laad, im Isländ. als lät, im Norweg. als laat erscheint.
Aber die ältere Bedeutung «aussehen», die das Verbum im
Altschwedischen in Ausdrücken wie läta illa — «schlecht aus-
sehen» und im Dänischen z.B. in dem Ausdruck det lader,
u a u
Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen. 55
vi fär sne —= «es scheint, dass wir Schnee bekommen» hat,
findet sich noch in dem schwed. Kompositum grannlät ‘Zierat'
(det som läter grannt = was hübsch, prunkend aussieht);
vgl. auch mnd. ge-lät ‘Aussehen, wie etwas «lässt®»'.
Aus dem Vorhergesagten dürfte hervorgehen, dass die
Bedeutungen «aussehen, sich ausnehmen, anstehen’, welche
Paul in seinem Wörterbuch als eine isolierte «volkstümliche»,
ursprünglich norddeutsche, Erscheinung behandelt, mit ande-
ren verwandten Bedeutungsnüancen in -enger Verbindung ste:
hen und keineswegs auf bestimmte Gebiete innerhalb der
deutschen Sprachgrenzen beschränkt sind. Zwar zeigen die
von Paul angeführten Belege aus Gellert, Lessing, Kant, Voss,
Sturz und auch die weiteren Belege in Grimms Wb. aus
Rabener, Jean Paul, Wieland, Fleming, Lenz, Claudius, Bürger,
Brockes, Günther, Opitz, von dem Werder, KlamerSchmidt,
Trümmer, Blumauer, Gries ebenso wie die Zeugnisse der
Dialektwörterbücher, dass die hier in Betracht kommende
Verwendungsweise von lassen besonders auf norddeutschem
bzw. mitteldeutschem Dialektgebiet heimisch ist. Aber Spuren
derselben in oberdeutschen Dialekten älterer Zeit sowie ihr
Vorkommen im Englischen und in den skandinavischen Spras
chen deuten doch darauf, dass es sich um eine alte germanis
sche Erscheinung handelt. Eine nähere Prüfung ihrer Ent-
wicklungsgeschichte würde nicht ohne Interesse sein. Bei der
vielfach übereinstimmenden Entwicklung der Bedeutungen im
Englischen und in den skandinavischen Sprachen wäre zu
untersuchen, inwiefern auch direkte Beeinflussung des Engli»
schen durch das Skandinavische, wo die Verzweigung der
Bedeutungsnüancen besonders reichhaltig ist, in Betracht kommt.
Einige ältere Belege im NED weisen Formen auf, welche
skandinavischen Lautcharakter haben.
Bei der Erklärung der Bedeutungsgeschichte des intrans
sitiven Verbums lassen müssen auch die parallel laufenden
reflexiven Verwendungsweisen berücksichtigt werden. Neben
dem dialektischen Ausdruck das lässt nicht haben wir das
lässt sich nicht, s. Müller-Fraureuth a.a.O. Im Mittel und
56 Hugo Suolahti, Zur Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen.
Neuniederländischen erscheint neben dem einfachen laten «sich
benehmen, auftreten, aussehen» ein reflexives zich laten mit
derselben Bedeutung. Unter den Belegen, die im NED VI,
213 für die intransitive Verwendung von let angeführt werden,
findet sich auch eine reflexive Verbform: You are not so mad
as you leeten you (aus d. J. 1787). In den skandinavischen
Sprachen hat sich der reflexive Gebrauch des Verbums im
Sinne von «sich verstellen», «tun als ob — —» festgesetzt
(aschwed. läta sik und lätas (im 16. u. 17. Jh. lätas), neu:
schwed. läfsa, adän. lade sig, norweg. laatast). — Als parallele
Erscheinung verdient u. a. Beachtung die Entwicklung des let»
tischen Verbums likt ‘lassen’ in reflexiver Verwendung zu der
Bedeutung «sich verstellen, scheinen»: vin$ liekas liels mulkis
esam — «er scheint ein grosser Dummkopf zu sein», vin$
liekas bagüts —= «er gibt sich den Schein, als sei er reich»,
s. Mühlenbach»Endzelin a a. ©.
Auch die Zusammensetzungen mit: lassen dürfen nicht
ausser acht bleiben, wie z.B. herauslassen als Reflexivum im
Sinne von «sich gebärden, sich bezeigen»: weil ich vielmahl
mit meinen augen sehen musste, dasz sie sich viel ausgelassener
und geiler gegen den kerlen heraus liesze, als die ehrbarkeit
einer frommen lehrerin zuliesze, s. Grimms Wb. IV, 1038.
Schliesslich sei noch auf Ausdrücke verwiesen wie sich
sein lassen = «sich vorstellen, sich einbilden». Grimms Wb.
VI, 239 führt u.a. einen Beleg aus Fischart an: wie jener
Paduaner, der jm sein lisz, er het so ain grosz nasz, das sie
nicht zur stuben hinaus ging. Staub-Toblers Id. III, 139 kennt
aus der Mundart Ausdrücke wie: lä der sin, du sigest =
«finge te esse»,
Der Zweck dieses Aufsatzes ist nicht, auf die Einzelhei-
ten der Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen einzugehen,
sondern bloss einige auffällige Linien derselben aufzudecken
und vor allem darauf hinzuweisen, dass es bei solchen semas
siologischen Untersuchungen, wie der vorliegenden, nicht ge
nügt, sich bloss innerhalb der engen Grenzen interner Sprach-
geschichte zu bewegen. Wie die Lautgeschichte muss auch die
T. E. Karsten, «Deutsche» Rassenfragen. 57
Bedeutungsgeschichte auf möglichst breiter Grundlage unters
sucht und vom vergleichenden Gesichtspunkt aus betrachtet
werden.
Hugo Suolahti.
«Deutsche» Rassenfragen.
Die Rassenkunde ist gegenwärtig einer der allerbelieb-
testen Zweige unserer populär:wissenschaftlichen Literatur-
gebiete, wie dies sich nach den Umwälzungen des Weltkrieges
auch begreifen lässt. Ein beredtes Zeugnis dafür ist u.a. die
jetzt in 12. Auflage erschienene bekannte «Rassenkunde»
von Dr. Hans Günther. In der volkstümlich interessierten
deutschen Presse hat man dem Werke ein fast enthusiastisches
Lob gespendet, ja eine Besprechung der Zeitschrift des Deuts
schen Sprachvereins sagt sogar, dass es vielleicht das heute in
Deutschland am meisten gelesene Buch sei, und ein auf die»
sem Gebiete so sachkundiger Forscher wie Prof. Fischer in
Bauer—Fischer—Lenz: Menschliche Erblichkeitslehre und Ras»
senlehre meint, dass das Günthersche Buch eine glänzende
Darstellung der Rassenverhältnisse Deutschlands sei, vom
Wesen der das deutsche Volk zusammensetzenden Rassen erst-
malig ein starkes grosses Bild gebe. Andere Urteile sind
zurückhaltender. Auch in Deutschland. So heisst es in
den «Sozialistischen Monatsheften», der Verlag Lehmann in
München habe uns auf diesem Gebiete, «die biologische
Sendung der nordischen Rasse einseitig beleuch-
tend, mit einer reichen Literatur bedacht, deren Studium und
Beachtung trotz dem hier vertretenen Standpunkt sehr emp-
fohlen sei».. Der durch gesperrten Druck hier ausgezeichnete
! Dr. Hans F. K. Günther, Rassenkunde des deutschen Volkes,
12. gänzlich neubearbeitete Auflage. München, J. F. Lehmanns Verlag,
1928. 500 S. mit 526 Abbild. und 28 Karten. Geh. M. 12.-, in Leis
nen M. 14.—.
58 T. E. Karsten,
Passus bedeutet einen der schwachen Punkte der Güntherschen
Beweisführung. In einem in Schweden (Stockholm) erschies
nenen, besonders in Skandinavien und Finnland sehr verbrei-
teten anthropologischen Werke: Europas människoraser och
folkslag (P. A. Norstedt & Söner), 3. Aufl. 1926 von Dr.
R. Nordenstreng, kommt etwa dieselbe Auffassung zum Aus:
druck. Günthers Rassenkunde des deutschen Volkes, die —
heisst es hier $. VIII — tatsächlich unseren ganzen Erdteil
umspannt, sei zweifelsohne die gründlichste ihrer Art in einer
fremden Sprache, und ein ehrlicherer Wahrheitsfreund habe
nie die Feder geführt. Das Werk sei sehr sachreich und zeuge
von einer in vielen Hinsichten feinen und scharfen Beobach:
tungsgabe, und kein auf diesem Gebiete tätiger Forscher
könne die ergiebige Arbeit entbehren, die ausserdem in einer
fliessenden, schönen und vornehmen Form geschrieben sei,
ein Werk eines wahren Sprachkünstlers.. Leider habe aber
Günther ein System, in das die Wirklichkeit eingezwängt wer-
den solle, möge sie für den Rahmen passen oder nicht, und
es gebe vieles, das für diesen Rahmen nicht passe. Auch sei
der Verfasser nicht frei von Vorurteilen, und seine Darstellung
sei etwas zu dogmatisch. Sein Buch müsse daher mit beson:
ders aufmerksamer Kritik gelesen werden. Und es bezwecke
ja in erster Linie nicht allein sachliche Aufklärung, sondern
eine nationale Erweckung: es wolle dem deutschen Volke leh-
ren, dass seine Rettung vom Untergang darin liege, dass es
sein Gehalt an nordischer Rasse aufrecht zu erbalten und
wenn nur möglich zu verstärken suche. Aber dadurch werde
sein Buch zu einer Streitschrift gegen alle anderen Rassen, vor
allem gegen die alpine, und durch diese Tendenzen sei es
weit davon entfernt, gerecht zu sein. Dr. Günther gibt nun
allerdings in seinem Vorwort zur 12. Auflage selber zu, dass
seine Kennzeichnung der ostischen Seele als etwas einseitig
oder übertrieben bezeichnet werden könne, dass er gerade die-
sen Abschnitt darum mehr oder minder bedeutende Änderun-
gen und Zusätze habe erfahren lassen. Aber sowohl hier als
auch an der Schilderung der seelischen Eigenschaften der ost:
«Deutsche» Rassenfragen. 59
baltischen Rasse sind m. E. doch immer noch allzu grosse
Willkürlichkeiten haften geblieben. So heisst es S. 226, dass
man der Verstandesbegabung nach die ostbaltische (d.h. vor
allem die finnische) Rasse eher über die ostische (= alpine),
sicher über die westische (= mediterrane, mittelländische)
Rasse stellen werde. Sei der ostbaltische Mensch auch lang-
samer im Begreifen, so begreife er doch sicher, sein Verstand
sei minder scharf, aber schmiegsam und findig. Dass die ost-
baltische Begabung die nordische nicht erreiche oder aber,
dass dem ostbaltischen Verstand wenig Entschlussfähigkeit zu
Gebote stehe, zeige sich darin, dass in Russland und Finn-
land wie in all den Gebieten, wo die ostbaltische Rasse bei-
gemischt ist, die führende Schicht vorwiegend nordisch sei.
Bilder finnischer Heerführer, Staatsmänner, Gelehrter und Künsts
ler würden dies immer wieder zeigen. Die Beobachtung ist
an sich richtig, aber ihre Erklärung ist zum Teil wenigstens
falsch. Die bis in die letzten Zeiten dominierende schwedis
sche Oberschicht in der Leitung unseres Landes ist von der
alten staatlichen Verbindung mit Schweden historisch bedingt.
Während der 110:sjährigen russischen «Parenthese» unserer
politischen Geschichte hat sich diese Oberschicht noch bewährt,
aber die im Jahre 1918 gewonnene politische Selbständigkeit
bringt allmählich auch eine soziale Umwälzung: die schwedi-
sche Oberschicht schwindet mehr und mehr von der Leitung
und wird durch eine finnischsprachige, wenn auch rassisch
öfters gemischte (nordischsfinnische) Mittel- und Bauernklasse
ersetzt. Bloss die «Rasse» ist hier kein genügender Erklä-
rungsgrund. Schon in meinem Buche «Die Germanen» ($ 17),
das sich im Druck befindet, spreche ich diesen Gedanken aus.
Der aus geschichtlicher Zeit bezeugte hohe kulturelle Auf-
schwung, der von mehreren «indogermanischen» Völkern zeit:
weilig errungen worden ist, sei offenbar nicht so ausschliess-
lich, wie eine von nationalen Gefühlen beeinflusste Rassen=
literatur heutzutage anzunehmen geneigt ist, auf gewisse ererbte
physische und psychische Vorzüge zurückzuführen, die aus
einer vermeintlichen, diesen Völkern einst gemeinsamen sog.
60 T. E. Karsten,
nordischen Rasse hergeflossen wären. Eine von der Natur
begünstigte geographische Lage der Wohnsitze sowie die da»
von bedingten geschichtlichen und sozialen Schicksale des
Volkes wären hierbei gewiss bedeutungsvoller gewesen als die
blosse Herstammung von einer vorzugsweise beglückten Rasse.
Was die Abschnitte über die seelischen Eigenschaften der
verschiedenen Rassen anbetrifft, muss ich daher wiederholen,
was ich schon i. J. 1925 (in der finnländischen Zeitschr.
«Nya Argus», Nr. 14) wegen Günthers «Kleine Rassenkunde
Europas» bemerkte, dass nämlich die Günthersche Rassen»
schätzung in gewissen grossen Zügen vielleicht richtig sein
kann, dass sie aber doch starke Übertreibungen und Ungerech-
tigkeiten enthält. Seine Urteile wirken in Vielem als Roman»
tik und Chauvinismus und besitzen im ganzen kaum einen
wissenschaftlichen Wert: diese Abschnitte hätte der Verfasser
ruhig weglassen können.
Die Kapitel von den leiblichen Rassenmerkmalen stehen
aber höher, scheinen die Ergebnisse der heutigen Rassenfor»
schung im allgemeinen gewissenhaft wiederzugeben. In der
Frage nach der Rasseneinteilung schliesst sich Günther anfäng-
lich an seinen Lehrer, Prof. Fischer in Heidelberg an. Dieser
rechnet (wie Ripley) mit vier europäischen Hauptrassen. Nach
einem Aufenthalt in Schweden in den Jahren 1923—24 hat
Günther in die 6. Auflage seiner «Rassenkunde des deutschen
Volkes» eine fünfte Rasse eingeführt, die er nach Norden-
strengs Vorschlag als die ostbaltische bezeichnet. In dieser
12. Auflage fügt der Verfasser zu diesen fünf Menschentypen
einen 6:ten, den von ihm sogenannten fälischen (nach Wests
falen) hinzu, der das Weiterleben der urzeitlichen, aus Süds
frankreich hergeleiteten Cromagnonrasse in Deutschland be
weisen soll. Es handelt sich allerdings hier eigentlich nicht
um eine neue Hauptrasse des heutigen Europas, nur um einen
Rassenrest aus Alteuropa. Dieser Rassenrest habe aber für
eine Rassenkunde des deutschen Sprachgebiets eine besondere
Bedeutung dadurch, dass sich eben in Nordwestdeutschland
bis gegen das westliche Mitteldeutschland hin, am deutlich:
«Deutsche» Rassenfragen. 61
sten in Westfalen und Nordhessen, minder deutlich in West:
thüringen, recht erhebliche Einschläge dieser fälischen Rasse
zeigen würden.
Die Stämme fälischer Rasse sollten dann von der «nor:
dischen» Rasse die indogermanischen Sprachen übernommen
haben. Günther meint, dass die Ausbreitung der nordischen
Rasse vom eisfreien östlichen Mitteleuropa aus und die der
fälischen Rasse vom eisfreien Westeuropa aus in dem Zeit»
abschnitt zu einem Zusammenstoss der beiden Rassen geführt
habe, als der Eisrand sich der heutigen Ostseeküste näherte,
spätestens jedoch in einem Zeitabschnitt um 8000 v. Chr.
Es müsste: schliesslich zwischen den beiden Rassen zu einem
friedlichen Ausgleich gekommen sein, und diesem Ausgleich
folgte eine Rassenmischung, die zu einer «Indogermanisierung»
der fälischen Stämme geführt hätte. Der westliche Vortrupp
der nordischen Rasse bestand aber aus Stämmen, die inner:
halb des Indogermanentums sich als Germanen absondern
sollten, und diese wurden die ersten Träger des Urgermani-
schen. Das Urgermanische war aber auch nach Günther keine
ungemischte indogermanische Sprache: es hatte einzelne Wör:
ter aus den Sprachen fälischer Stämme entlehnt, denn eine
Anzahl von Wörtern des Urgermanischen fänden sich nicht
in den anderen indogermanischen Sprachen wieder, und zwar
wären das gerade Wörter aus dem See- und Strandleben. Die
filische .Rasse hätte in der Tat zum grossen Teil aus See:
anwohnern, die nordische Rasse gänzlich aus Binnenländern
bestanden.
Diese Anschauungen sind im Grunde nicht neu, nur etwas
modifiziert und zwar besonders mit Rücksicht auf srrach-
wissenschaftliche Anforderungen. Die Cromagnon:Hypothese
wurde zuerst von nordischen Archäologen (dem Dänen H. A.
Nielsen sowie den Schweden O. Montelius und $. Lindgvist)
ausgesprochen; vgl. die Übersicht bei B. Nerman, Die Her:
kunft und die frühesten Auswanderungen der Germanen
(Kgl. Vitt.. Hist. o. Ant. Akad. Handl. I: 5, Stockholm 1924),
S. 5 ff. Gegen die Herleitung der indogermanischen Bevöl:
62 T. E. Karsten,
kerung Skandinaviens aus dem spätpaläolithischen Cromagnons
typus spricht aber — bemerke ich in meinen «Germanen»
(der deutschen Auflage, 1928), $ 21, Anm. 1 — ganz ent:
schieden, dass die indogermanische Völkerwelle nach heutiger
sprachwissenschaftlicher Auffassung in diesen fernen Zeiten .
(nach Montelius 7000-5000 v. Chr.) Frankreich noch nicht
erreicht hatte. Will man den Zusammenhang mit der Cromagnons
rasse aufrecht erhalten, geschieht dies nur unter der Voraussetzung
einer Sprachübertragung,und in dieser Form wird die Cromagnons=
theorie u.a. von dem böhmischen Anthropologen F. Paudler
(Die hellfarbigen Rassen und ihre Sprachstämme, Kulturen
und Urheimaten, Heidelberg 1924) weitergeführt. Der phy:
sische Typus der Germanen sei ein Mischtypus zwischen nors
discher heller Rasse und sogen. heller Cromagnonrasse: die
erstgenannte war indogermanischen Ursprungs und von Süds
osten eingewandert, die letztere vorgermanisch und ureinhei:
misch. Paudlers Material war allerdings aus dem bekannten
Werke «Anthropologia Suecica» geholt, aber seine Konstruks
tionen sind von berufenster Seite: Prof. Carl Fürst bezweifelt
worden, d.h. Fürst will die Möglichkeit eines Cromagnons
einschlages in der Bevölkerung der germanischen Länder nicht
verneinen, er hält nur die Sache nicht für erwiesen oder aus
dem vorhandenen Stoffe erweisbar. Paudler hat (wie einige
andere Rassenforscher) für den überlebenden nordischen Rest
dieser Cromagnonmenschen die Bezeichnung «dalische Rasse»
(nach der Landschaft Dalarna in Schweden) gewählt. Günther
nennt ihn wie gesagt fälisch.
Hier liegt vielleicht ein Kern von Wahrheit, aber zur
Gewissheit gelangen wir nie. Dass das Urgermanische das
Ergebnis einer Sprachmischung war, bleibt auch m. E. wahr:
scheinlich. Mit Recht betont aber Günther ($. 295) entgegen
der Meinung Paudlers, dass es sich bei den vielleicht nicht-
indogermanischen Wörtern der germanischen Sprachen um eine
ganz geringe Anzahl handelt, dass — wie schon Hirt in seis
ner Etymologie der neuhochdeutschen Sprache sagt — selbst
Wörter indogermanisch sein können, die nur im Germanischen
+
«Deutsche» Rassenfragen. 63
nachweisbar sind, ja dass davon eine gewisse Anzahl indo-
germanisch sein müsse. Liebig rechnet in seinem Buche «Die
Wortfamilien der lebenden hochdeutschen Sprache» (1905)
tatsächlich nur 4,8 % alte und neuaufgenommene Wortstämme
im Deutschen (davon aber 4,3 % Entlehnungen aus dem Se:
mitischen und aus «uralaltaischen» Sprachen). Andere Forscher
haben die Zahl dieser Wörter stark übertrieben.
Ein Anhang über Rasse und Sprache ($. 467-484) be-
handelt mehrere hochinteressante. Streitfragen: die indogerma-
nische Grundsprache, die Schöpfung des indogermanischen
Zeitworts als «eine der Hauptgeistestaten der idg. Völker»
(Naumann), Sprachwandel, Rassenwandel, die erste und zweite
Lautverschiebung usw. Die herangezogene reiche Literatur ist
aber nicht überall zuverlässig ausgenützt worden — und hier;
aus sieht man, dass die Sprachforschung nicht Günthers eigenes
Gebiet ist. So wird meine Schrift «Germanerna. Spräk och
kultur» (1925) in der Frage nach dem Alter der ersten Laut:
verschiebung für den Terminus «um das Jahr 1000 vor Chr.»
in Anspruch genommen. Dies ist falsch. Auf dem Gebiete
der germanischskeltischen Berührungen waren die letzten Stus
fen des betreffenden Lautprozesses mir zufolge «keinesfalls
viel später durchgeführt als in der Mitte des letzten Jahrtau-
sends v. Chr.»v. Im äussersten Osten (östlich der Ostsee)
hätte man mit einem noch späteren Termin zu rechnen. Wie
aber dies mit der Annahme einer Indogermanisierung der
urzeitlichen Cromagnonrasse in Einklang zu bringen ist, bleibt
eine andere Frage, für die ich keine sichere Antwort habe.
Zu bedauern ist, dass der Verfasser nicht den Mut ge-
habt hat, mit dem altherkömmlichen chauvinistischen Miss»
brauch des Wortes «Deutsch» zu brechen. Seine (trotz ge-
wisser oben gerügten Eigenschaften) anregende und lesens»
werte Rassenkunde ist germanisch, nicht nur deutsch.
T. E. Karsten.
64 Emil Öhmann,
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen
Mundarten.
Der Wrede-Fringsschen Schule verdanken wir eine Reihe
von Arbeiten, welche die verwickelte rheinische Sprachgeschichte
in ein viel helleres Licht gerückt haben, als man noch vor
ein paar Jahrzehnten zu hoffen wagte.! Immer klarer lassen
sich die verschiedenen Phasen der Entwicklung überblicken,
durch welche ein Teil des fränkischen Sprachgebietes, der einst
mit dem niederfränk. eine Einheit bildete, vom Süden her mit
südlichem Sprachgut überflutet wurde; besonders eingehend ist
dieser hd. Infiltrationsprozess im Mittelfränk. behandelt worden.
Die alemann. und bair. Lautverschiebung — oder wie
Frings lieber und richtiger sagen würde: die alemann. und
bair. lautverschobenen Wörter — dringen etwa seit dem. 5 Jahrh.
gegen Norden vor. Der Vormarsch scheint im Anfang ohne
allzu heftigen Widerstand stattgefunden zu haben. Erst nach»
dem die hd. Welle das Rheinknie erreicht hat, beginnt ein
Kampf, der mit grosser Heftigkeit etwa bis zur Mitte des
2. Jahrtausends geführt wird und der noch heute nicht voll:
ständig abgeschlossen ist. Während dieses Kampfes und ganz-
besonders während seiner bittersten Phase befinden sich die
Rheinlande in einem sprachlichen Gärungszustand: Hochdeut-
sches und Niederfränkisches in einem Nebeneinander und
Durcheinander, das nur ein geschultes Auge einigermassen zu
entwirren vermag.
Im Lichte dieser Tatsachen liegt es auf der Hand, dass
gemeinsames Wortgut und gemeinsame sonstige sprachliche
Eigentümlichkeiten im Mittelfränk. und Niederfränk. in erster
Linie als gemeinsames Erbgut zu beurteilen sind, denn die in
historischer Zeit feststellbaren nordsüdlichen sprachlichen Strö:
Es sei hier nur auf einige zusammenfassende Überblicke ver:
wiesen, in denen die hauptsächlichen Resultate dieser Arbeiten gebucht
sind: Th. Frings, Rheinische Sprachgeschichte (Essen a. d. Ruhr, 1924)
und H. Aubin—-Th Frings—). Müller, Kulturströmungen und
Kulturprovinzen in den Kheinlanden (Bonn, 1926).
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundarten. 65
mungen sind allzu schwach — ausser etwa der räumlich ziem->
lich eng begrenzten Strömung Amsterdam»Kleve —, um be-
deutende Spuren hinterlassen zu haben.
Neben den von der Wrede-Frings’schen Schule klargeleg-
ten Hauptströmungen ist noch eine Strömung zu berücksich-
tigen, die allerdings nur Wortgut in grösseren Mengen aus
dem Flandrischsniederländ. über das Mittelfränk. südwärts mit
sich geführt hat. Ich meine die höfischsfranzösierende Strö-
mung, deren Hochflut allerdings zeitlich recht eng begrenzt
ist und die vor allem nur die oberste soziale Schicht berührt.
Bei diesem höfischen Sprachgut, sei es frz. oder ndl. Prove-
nienz, das dem Niederfränk. und Mittelfränk. gemeinsam ist,
handelt es sich in der Regel um Import aus dem Niederfränk.
ins Mittelfränk. | |
Die oben skizzierte starke südnördliche Strömung, die
gerade im Mittelfränk. von starken Barrieren mehr oder we-
niger lange aufgehalten wird und die grosse «Vibrationsräume»
bildet, führt in sprachlichen Dingen zu einem Zustand von
Unsicherheit, der durch die nordsüdliche Strömung nur noch
kompliziert wird.
Man sollte erwarten, dass dieser Zustand der Unsicher-
heit für die Entstehung hyperhochdeutscher Formen einen
möglichst günstigen Boden darbietet.! Die Absicht, hd. For-
men zu gebrauchen, und die Unfähigkeit, mit genügender
Sicherheit zwischen hd. und niederfränk. zu unterscheiden,
prädestinierte direkt zur Bildung solcher Formen. Und in
' Neuerdings hat Wrede in seinem Aufsatz «Sprachliche Adops
tivformen» (Beiträge zur germanischen Sprachwissenschaft. Festschrift
für Otto Behaghel [Heidelberg, 1924], S. 83 ff.) einige obersächs. und
siebenbürg. sowie sonstige md. hyperhochd. Bildungen behandelt; vgl.
auch Behaghel, Geschichte der deutschen Sprache‘, bes. $. 88 #.
Hyperhd. Bildungen bes. im Ndd. behandelt H. Schröder, Hyper:
korrekte Schreib» und Sprechformen, bes. im Ndd. (Germ.srom. Monats:
schr., IX, (1921), S. 19 £&.); vgl. auch H. Schröder, Hyperkorrekte
Formen vortoniger Silben im Deutschen und Ndl. (ibid. Ss. 321 ff.),
und W. Horn, Überschriftsprachliche Formen (Engl. Studien, Bd. 54,
S. 76 fi.).
‘
5
66 Emil Öhmann,
der Tat lassen sich besonders im Mittelfränk. Formen nach-
weisen, die als hyperhochdeutsche Bildungen aufzufassen sind.
Aber auch sonst auf md. Sprachgebiet, wo ursprünglich Ndd.
durch. Hd. überflutet und verdrängt wurde, treten hyperhd.
Formen auf.
Als eine hyperhd. Bildung fasse ich auf das im Md.
überhaupt, aber ganz besonders häufig im Mittelfränk. vor:
kommende Kollektivsuffix ge- »ze (gebeinze, getierze, gesteinze
usw.). Eine stattliche Reihe von Belegen hat F. Bech Germ.
X (1865), S. 395 ff., XIV (1869), S. 431 f., und XXII
(1877), S. 290 ff. zusammengestellt. Schon Grimm hat in
seiner Deutschen Gramm., II, S. 214 («starke Neutra auf =afi»),
und III, S. 526 ff. dem Suffix Beachtung geschenkt, erwähnt
aber in demselben Zusammenhang auch solches, was nicht
hierher gehört (so z.B. gehölz, dessen t zum Stamm gehört).
Als die communis opinio gilt, dass dieses md. Suffix mit
dem ahd. «izzi zusammengehört und auf germ. *:itja beruht.
Gegen diese Verknüpfung sprechen indessen m.E. entschieden
mehrere Tatsachen. Erstens die Bedeutung. Allerdings ist
das ahd. Suffix allzu spärlich belegt, um eine genaue Bestim;
mung der Bedeutung zu ermöglichen. Jedenfalls scheint es
sich im Ahd. nicht um ein Kollektivsuffix zu handeln, sons
dern um ein Verbalabstrakta bildendes Suffix; sizzi hat eine
Nebenform »azzi, die den Mittelvokal a aufweist. An Beles
gen für das Suffix in dieser Funktion bietet Kluge, Nomis
nale Stammbildungslehre’ (bearb. von L. Sütterlin und
E. Ochs) 8 144, Schatz, Altbair. Gramm., 88 26, 57, und
Schatz, Ahd. Gr., $ 62: fiscizzi ‘Fischfang’, mälizzi, mahalazzi,
mahalezzi, mahalizzi ‘Rechtssache, Klage".
Undurchsichtige Bildungen sind die bei Kluge & 71 er:
wähnten ahd. himilizzi, himilezzi, himilazi (Schatz, Altbair. Gr.,
8 26) “laquear' und mälizzi ‘fucus’ wegen ihrer konkreten
Bedeutung. Neben jenem besteht allerdings auch ein part.
praet. gahimilizit, gihimelizt ‘laqueatus’ (vgl. Graff, IV, S. 944),
aber das Verb ohne weiteres als das primäre von diesen bei»
den Wörtern zu erklären, wofür bes. die Form himilazi zu
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundarten. 67
sprechen scheint, wäre allzu kühn; es existiert im Ahd. daneben
auch ein part. praet. gahimilöt. — Was mälizzi ‘Motte’ betrifft,
haben wir wohl doch mälizzi zu lesen, wie das entsprechende
Wort im got. malo heisst. Die Sippe gehört zu malan '‘zer-
mahlen’, weil die Motte das Gewebe zerfrisst, d.h. zu Staub
zermahlt (vgl. auch nhd. Milbe). Was die Endung anbelangt,
scheint sie mit der von Kluge, Nom. Stammbildungslehre,
8 60 Anm. 1 im Angels. nachgewiesenen Endung :ete zu-
sammenzuhängen, die zur Bildung von Tiernamen verwendet
wird und wahrscheinlich eine ursprüngliche Diminutivendung
war. Zu diesen gehören nebenbei bemerkt wohl auch die
von Holthausen PBB XXXII (1907), S. 295 ff. erwähnten
westfäl. Bildungen wie fillerte ‘Schmetterling’, hummelte, käferte
u.a., nach deren Ursprung er sich fragt. Ahd. malizzi würde
also mit unserem Abstraktsuffix nichts zu tun haben. — Das
Angeführte genügt jedenfalls, um zu zeigen, dass Bedeutung
und Funktion keineswegs zugunsten einer Verknüpfung des
ahd. Suffixes sizzi mit dem’ md. ge- »ze sprechen.
Ferner erscheint das ahd. Suffix in der Regel ohne das
Präfix ga-, das ein treuer Gefährte des md. :ze ist. Nur
das oben erwähnte himilizzi erscheint allerdings auch in der
(spät belegten; Trierer Hs.) Form gihimilzi, gihimilezi (Graff,
IV, S. 944). Das girs kann durch die Analogie ähnlicher
Bildungen veranlasst sein, oder aber wir haben es mit einer
Neubildung zu tun.
Auch das Verbreitungsgebiet des ahd. Suffixes stimmt mit
dem des speziell md. ge- »ze durchaus nicht überein, denn das
ahd. -izzi bzw: sazzi ist obd. sehr gut belegt, recht häufig
sogar im Bair. (vgl. Schatz, Ahd. Gr., $ 62, und Schatz, Alt-
bair. Gramm., $8 26, 57). Es ist also nicht befremdlich, wenn
auch ausserhalb des Md. ein Verbalabstrakta bildendes Suffix
eze begegnet.
So schwer die Verbindung des ahd. =izzi mit dem md.
ge- »ze scheint, so glatt ist, in bezug auf die Funktion der
beiden Suffixe, die Verknüpfung des md. Suffixes mit dem
ahd. gi- -idi. Dieses Suffix wird auf :i,ja zurückgeführt (vgl.
68 Emil Öhmann,
Kluge, Nomin. Stammbildungsi. $ 70) und wird. meist in
Verbindung mit dem Kollektivpräfix ga- zur Bildung von
neutr. Kollektiven verwendet (z.B. ahd. gimarchidi ‘Grenzen',
gimahhidi ‘Paar', gimälidi ‘'Gemälde').
Die beim ersten Blick unüberbrückbar scheinende Diskre=
panz in der lautlichen Form der beiden Suffixe erklärt sich
dadurch, dass das md. Suffix «ze eine Verhochdeutschung des
ahd. =idi ist. Den Gang der Entwicklung haben wir uns etwa
folgendermassen zu denken:
Das ahd. gi- :idi ergab durch die im Mhd. eintretendr
Abschwächung der unbet. Vokale ges »ede, das sich durch
Synkope des e vor dem d weiter zu ger »de bzw. ge: «te ent-
wickelte, und zwar sowohl im Mndl. als auch im Mndd. und
Mhd.! Und gerade in der Form ges ste wurde das Suffix
im Md. zu ge: »ze verhochdeutscht. Diese Entwicklung mag
durch die daneben bestehenden Verbalabstrakta auf seze (( sizzi,
sazzi) begünstigt worden sein, mit denen sich die Kollektiva
in der Bedeutung berühren konnten (vgl. z.B. das ahd. Kols
lektivum gimälidi; ausserhalb des Md. vorkommende Verbal:»
abstrakta auf ge- »ze können auf Kontamination der beiden
Suffixe zu beruhen). Dies trug natürlich auch dazu bei, das
Sprachgefühl den Kollektiven auf ges ste gegenüber in den
Kampfgebieten zwischen Niederfränk.-Ndd. und Hd. unsicher
zu machen. — Dass die Adjektivabstrakta auf sede (( sida)
(z.B. höchte ‘Höhe') nicht in diese Entwicklung mit hinein-
gezogen wurden, wird auf ihrem abweichenden fem. Geschlecht
und ihrer abweichenden Bedeutung beruht haben; von den
md. Kollektiven unterschieden sich diese Adjektivabstrakta
ausserdem noch durch das Fehlen des Präfixes ge. — Urs
sprünglich wird die Verhochdeutschung natürlich nur in den
Fällen stattgefunden haben, wo der Mittelvokal vor dem (d’)) t
! Vgl. Franck, Mndl. Gr, $ 113; P. Cosijn, Nederlandsche
Spraakkunst (Haarlem, 1893), S. 141; Lasch, Mndd. Gr. $ 217;
Schiller-Lübben, Mndd. Wb. ss. vv. gebente, gestelte, gestente, geremte
u.a. (neben welchen md. gebeinze, gesteinze, geremze usw.) und Weins
hold, Mhd. Gr.?, $ 266.
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundarten. 69
fehlte, nachdem aber bereits ein Kollektivsuffix ge- »ze im
Sprachgefühl lebendig war, konnte auch die Spielart ge- »eze
entstehen.
Diese Erklärung leuchtet umso mehr ein, wenn man bedenkt,
dass den mndd. und mndl. Kollektiven auf ge- -te (bzw. ge» -ede)
gerade auf md. Sprachgebiete Bildungen auf ge- »ze entsprechen,
während diese Kollektiva im Obd. die Form ge- :(e)de haben.
Einen Fall von Verhochdeutschung stellen m. E. ferner
die Formen ahd. phorta, mhd. pforte, und mhd. porze dar.
Eine Zusammenstellung der ahd. Belege unter Berücksichtigung
der mhd. Verhältnisse liefert EE Gutmacher, PBB XXXIX
(1914), S. 79 ff. Gutmacher untersucht speziell die ahd.
Verteilung der Formen und konstatiert, dass der ostfränk.
Tatian durch sein phorfa von dem sonstigen ahd. Gebrauch
abweicht, «der nur unverschobenen Anlaut kennt, auch im
Ker. Gl.». Im Mhd. herrscht eine entsprechende Verteilung:
obd. porte, borte, dagegen md. und niederrhein. phorte. Die
dritte Form porze verfolgt Gutmacher seit ihrem Erscheinen
im 13. Jh. (Glossenbeleg porze 'ianua’) bis zum Nhd. und
stellt dabei fest, dass diese Form speziell auf ripuar.-moselfränk.
Boden .heimisch ist.
Bereits W. Franz hat in seiner verdienstvollen Disser-
tation «Die lateinischrromanischen Elemente im Althochdeut:
schen» (Strassburg, 1883) das Verhältnis dieser Formen zu-
einander klarzüulegen versucht. Er kommt dabei zu dem Er:
gebnis, dass die ahd. Form phorta der Form porta gegenüber
auf älterer Entlehnung beruht, indem sie nach Abschluss der
Verschiebung von t (die nach Franz schon mit dem Beginn
des 8. Jh. vollzogen war), aber vor Abschluss derjenigen von
p ins Deutsche aufgenommen wurde (Franz, S. 33). Ferner
versucht er auch «mhd. pforze (daneben weit häufiger porze)»
als auf der Chronologie der hd. Lautverschiebung beruhend
zu erklären; d.h. er hält die Form pforze für eine alte Ent:
lehnung, die in die Zeit vor Abschluss der Verschiebung
sowohl von p als auch von t fällt.
Diese Erklärung ist nicht befriedigend, und die Ursache
70 Emil Öhmann,
dazu ist, dass sie keine Rücksicht auf die mundartliche Ver
breitung dieser Formen nimmt. Der Wahrheit viel näher kommt
Kluge, Et. Wb.!% s.v. Pforte. Was die Form pforte betrifft,
schliesst er sich Franz an (nach Kluge hatte sich die Verschie-
bung des f ) z bereits im 6. Jh. vollzogen), anlässlich der
mhd. Form porze bemerkt er, dass sie im Md. und Nieder:
rhein. heimisch sei, wo die Verschiebung von t ) z erst spä*
ter stattgefunden habe.
Wenn wir zuerst einen Blick auf das Material werfen,
fällt es auf, dass wir trotz der Formen porze und pforte nie
‚einem vollständig lautverschobenen ahd. pforza begegnen, was
bei diesem durchaus nicht seltenen Wort immerhin zu erwar:-
ten wäre; dabei ist ein echt lautverschobenes ahd. pforzich
aus lat. porficus gut belegt. Ferner ist die mhd. Form pforze
so schlecht belegt, dass es nicht ratsam ist, auf sie allzu viel
zu bauen: Lexer, Mhd. Wb., nennt nur Heinrich von
Pfortzen Ls. 3.228.422 und verweist auf Grimms Deutsche
Gramm., I, S. 429 und 485, wo die betr. Form allerdings
erwähnt ist, aber keine Belege gegeben werden. Im Ahd. ist,
wie gesagt, auch in obd. Denkmälern nie ein *pforza zu bes
legen, sondern gerade sie gebrauchen die vollständig unver:
schobene Form porta.
Und wenn wir endlich einen Blick auf die heutigen obd.
Mundarten werfen, so werden Gutmachers Feststellungen durch
sie nur bestätigt. Es stellt sich heraus, dass ahd. pforzich
hier allerdings weiterlebt, dass aber von einem ahd. *pforza
sichere Spuren nicht nachzuweisen sind, jedenfalls nicht an
der Hand der mir momentan zur Verfügung stehenden Quels
len. Fischer, Schwäb. Wb., I, Sp. 1076, sagt ausdrücklich,
dass er fem. pforte ‘Türe im Schwäb. nicht nachzuweisen
vermag, wohl aber mask. pfort ‘Hafen’; bei den Ortsnamen
Pforzheim, Pforzen lässt er dahingestellt, ob sie etwa auf der
vollständig hd. Form pforze beruhen. Für das Bair. erwähnt
Schmeller, Bayr. Wb., I, Sp. 407, die Formen porten Pforte‘,
portner ‘Pförtner'; die von Schmeller ibid. Sp. 408 genannte
Form porze scheint aus einem mittelfränk. Denkmal zu stam-
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundarten. 71
men (Also slois Octavianus eerstwerf die porze Jani); wie be:
kannt nimmt Schmeller auch auf die Rheinpfalz Rücksicht.
Dagegen lebt ahd. pforzich im Bair. weiter; vgl. Schmeller, Bayr.
Wb., I, Sp. 442 s.v. pforzeich. Martin-Lienhart, Wb. d.
elsäss. Maa, II, S. 95, nennt port ‘Pförtnerswohnung', porfner
‘Pförtner'. Das Schweiz. Idiotikon, IV, Sp. 1632—1633 bietet
porten, portner usw.
Dieser Tatsachenbestand zeigt, dass mit dem von Franz
gegebenen Deutungsversuch nicht auszukommen ist. Die
Schwierigkeiten lösen sich aber, wenn wir in den Formen
pforte und porze hyperhd. Bildungen erblicken. Die ostfränk.
Form pforta ist zu einer Zeit entstanden, als in bezug auf
die Verschiebung von p», das ja im angrenzenden Rheinfränk.
unverschoben .blieb, im Ostfränk. noch Unsicherheit bestand,
die Verschiebung von ts aber schon vor längerer Zeit abge-
schlossen war. Diese Unsicherheit, dieser Kampf zwischen
fränk. Formen mit p= und obd. mit pf-, war die Ursache, dass
in der korrekt obd. Form porfa das anl. p- auf Grund einer
«falschen Analogie» zu pf- verhochdeutscht wurde. In der-
selben Weise ist denn auch im moselfränk.sripuar. Gebiet, wo
anl. ps überhaupt unverschoben blieb, dagegen aber nieder;
fränk. #- mit hd. z- kämpfte, die Form porze entstanden. Das
gerade ein Lehnwort sehr leicht verhochdeutscht werden
konnte, erklärt sich daraus, dass es als Fremdling mehr oder
weniger isoliert dasteht. Kluge hat also recht, wenn er die
Form porze auf die späte Wirkung der Lautverschiebung zus
rückführt, nur handelt es sich nicht — sowohl in porze als
auch in pforte — um das Vordringen regelrecht lautverschobener
Formen, sondern um auf Grund einer «falschen Analogie»
im Moselfränk.sripuar. bzw. Ostfränk. lautverschobene, d.h.
hyperhd. Bildungen.
Im Ahd. treten auch einige andere lat. Lehnwörter auf,
die ein Schwanken zwischen p und pf aufweisen (verzeichnet
z.B. bei Schatz, Ahd. Gr., $ 151); teilweise scheinen sich
diese Doppelformen in der oben angedeuteten Weise zu ers
klären (leider kann ich diesmal nicht näher auf die betr. For
72 Emil Öhmann, j
men eingehen, da mir momentan die nötigen Hilfsmittel zur
genaueren Lokalisierung der Belege fehlen).
In diesem Zusammenhang sind auch diejenigen frz. Fremd>
wörter der mhd. Periode zu nennen, deren Lautgestalt einer
Verhochdeutschung ausgesetzt worden ist. Da ich mich mit
dieser Frage schon früher,! allerdings von einem etwas anderen
Standpunkt aus, beschäftigt habe, kann ich mich hier kurz fassen.
Von einigen frz. Fremdwörtern, die mit dem höfischen
Einfluss in die deutsche Sprache Eingang finden, liegen an«
scheinend lautverschobene Formen vor. So haben wir im
Mhd. schäch ‘Schachspiel' neben afrz. eschac, mhd. roch ‘Turm
im Schachspiel' neben afız. roc, mhd. zerbenzine ‘eine Spezes
rei neben afrz. terbentine. Zu diesen Formen gehört ferner
mhd. stolz, mag man es mit Kluge, Et. Wb.!® s.v. auf afrz.
estout (ob dies auf lat. stultus oder mit W. Bruckner,
ZfdWf 13, S. 152 auf *extultus für elatus zurückgeht, ist für
unsere Frage ohne Belang) zurückführen, oder z.B. mit Falk-
Torp, Norweg.-dän. Etym. Wb., und Hellquist, Svensk
etym. ordbok s. v. stolt für germ. halten (zur Wurzel *stelt,
Erweiterung von stel ‘steif’ gehörig). Das Wort ist jedenfalls
im Mhd. ein Fremdling, wie sein spätes Vorkommen (erst im
12. Jh.) zeigt. Die nächste Quelle war das Mndl., woher
das Wort mit dem höfischen Einfluss ins Mhd. dringt und
dabei verhochdeutscht wird; im Mndl. begegnet es in der
Form stout, ostmndl. stolt (mndd. stolt, das früh in die nord.
Sprachen aufgenommen wird). Kluge, der bereits auf die
Möglichkeit der Verhochdeutschung in diesem Falle hinweist,
hält daneben auch Entlehnung der afrz. Nominativform estouz
für möglich, wobei also die Annahme einer Verhochdeutschung
überflüssig wäre. Diese Alternative ist jedoch als äusserst
unwahrscheinlich zu bezeichnen, da eine solche Nominativform
den sonstigen Akkusativformen gegenüber vereinzelt dastehen
würde, ausser etwa in den frz. Floskeln und Redensarten, die
als vollständig fremde Einschiebsel in mhd. Texten vorkommen.
ı Vgl. Verf,, Studien über die frz. Worte im Deutschen im 12.
und 13. Jh. (Helsinki, 1918), bes. S. 76 ff.
Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundhrten. 75
Es ist klar, dass in diesen späten Fällen von Lautver-
schiebung keine Rede sein kann, sondern dass wir es mit
hyperhd. Formen zu tun haben. Eine Hauptader der frz.:
höfischen Strömung verlief von Flandern über das Mittelfränk.
südwärts, und gerade im mittelfränk. Sprachgebiet, wo Nieder;
fränk. mit Hd. kämpfte, geschah die Umsetzung ins Hd. In
diesem Sinne sind denn auch diese hyperhd. Formen als
mittelfränk. zu betrachten, obgleich sie aus dem Mittelfränk.
weiterwandern und in der auf mittelfränk. Boden erhaltenen
Form auch auf dem übrigen deutschen Sprachgebiet auftreten.
Selbstredend bezieht sich das oben Gesagte nur auf die
mündlichen Entlehnungen, die diese ganze Wanderung wirk-
lich durchgemacht haben, nicht auf eventuelle schriftliche Ent:
lehnungen bzw. zufällige Umsetzungen ins Hd., die bei der
Verhochdeutschung ndd:er Hss. vorkommen.!
Nebenbei bemerkt sind in Berlin, wo seit der md. Periode
Berlins schriftsprachliche und md. Formen miteinander kämpfen,
gelegentliche schriftliche falsche Umsetzungen md:er Formen
häufig belegt (vgl. A. Lasch, «Berlinischv. Eine berlinische
Sprachgeschichte, z.B. S. 104 ff.). — Die von Lasch $. 122—123
Anmkg. abgedruckte Liste von schlechten Wörtern, die der Pro:
fessor am Grauen Kloster Heinsius zu Anfang des 19. Jh.
zusammengestellt hat, enthält u. a. das Wort Trepfe statt Treppe,
das anscheinend eine Verhochdeutschung der gesprochenen
Sprache ist.
Emil Öhmann.
! Als Beispiel einer solchen mechanischen Umsetzung, die bei
der Verhochdeutschung einer ndd. Hs. entstanden ist, sei die von
Roethe, Reimvorreden des Sachsenspiegels S. 72 erwähnte Form zur-
neie neben afız. tornei. mhd. furnei genannt. — Das oben angeführte
zerbenzine steht jedenfalls den rein literarischen Umsetzungen nahe;
das Wort ist in dieser Form wahrsch. eine Entlehnung Wolframs aus
V:eldekes Eneide, wo die Form terbentine, hs. auch Formen mit z, vor:
kommt; vgl. Palander, Der frz. Einfluss auf die deutsche Sprache
(Mem. de la Soci&te Neo:philol. a Helsingfors, I1l, S. 198). ;
74 | Pekka Katara,
Das Predigtmärlein von der unvollkommenen
Beichte eines Königssohnes.
In den mnd. Predigtfragmenten der Helsingforser Uni»
versitätsbibliothek, die ich vor einem Jahre (in den Annales
Academix Scientiarum Fennicz) veröffentlichte, begegnet in
der Glosa zu Matth. 8,23 ff. (3. Sonntag n. Dreik.) S. 71 ein
Exempel von einem Königssohne, der sich durch unvollkoms
mene Beichte in die ewige Verdammnis brachte. In der An»
merkung zu dieser Stelle (S. 92) habe ich auf eine andere
Version des Märleins hingewiesen, die in einer Hs. der Stadt-
bibliothek Hannover (Nr. 237, aus dem J. 1482!) überliefert
und in Stammlers Mnd. Lb. (Nr. 28) abgedruckt ist.
Zu diesen Fassungen des Märleins will ich hier noch
zwei weitere hinzufügen, die ich in einer Kieler Hs.: Msc. Bodes-
holm. Nr. 62 (Borchling, 2. Reisebericht, 1900, S. 144 f.) und
in einer Lüneburger Hs.: Msc. theol. 13 fol. (Beschreibung
bei Borchling, 1. Reisebericht, S. 158) gefunden habe. In
beiden Predigthss. erscheint das betreffende Märlein wie in
den Hels. Fragm., mit denen sie sonst keine Übereinstims
mung aufweisen, in der Glosa zu der obenerwähnten Perikope
als Beispiel für die Unsicherheit des Menschen hinsichtlich
seines ewigen Heils. |
Die vorliegenden Fassungen sind beide jünger als die
der Hels. Fragm., der sie sonst nahekommen. Die Lünebur-
ger Version ist der Sprache nach die jüngste (hape, apen-
barede gegen o der übrigen Hss.)_ Die Erwähnung des
Pauliner Ordens? weist auf die letzten Jahrzehnte des 15. Jh.
hin. In der Hannoveraner Hs. ist die Erzählung stark ge:
! Vgl. Borchling, Mnd. Hss., 1. Reisebericht: Nachrichten der kgl.
Gesellsch. der Wiss. zu Göttingen. Geschäftl. Mitteil. 1898, Heft 2,
S. 205.
? Dieser unter dem Namen Ordo frairum minimorum bekannte
Mönchsorden wurde um 1460 von Franz von Paula gestiftet und 1474
von Papst Sixtus IV. bestätigt. In Deutschland beginnt seine Tätigkeit
erst um 1500. Vgl. Wetzer:Welte, Kirchenlexikon, unter Minimen.
Das Predigtmärlein von d. unvollkommenen Beichte eines Königssohnes. 75
kürzt und in ein anderes soziales Milieu versetzt (der Königs=
sohn hat einem Bürgersohne Platz gemacht).
Die Quelle des Märleins ist noch nicht ermittelt. Herr
Studienrat Dr. Klapper, Breslau, an den ich mich in der Sache
brieflich wandte, teilt mir freundlichst mit, dass er zwar keine
der deutschen Erzählung entsprechende Vorlage gefunden
habe, aber überzeugt sei, dass ihr ein lateinischer Text zu»
grundeliegt, der nur.lokale, wohl nd. Verbreitung gehabt hat.
Weiter macht er mich auf zwei interessante Parallelgeschichten
aufmerksam, über die der Catalogue of Romances of the
Department of Manuscripts in the British Museum folgende
Angaben enthält: 1:0. Msc. Egerton 1117 (Catalogue, Vol. III,
p. 475, Nr. 57). Dead Chancellor of Paris appears and tells
his Bishop that he is damned because his deathbed confession
was made with a secret intention to sin again. 2:0. Speculum Lai-
corum (Catalogue, Vol. III, p. 391, Nr. 305). Chancellor of
Paris, composer of the hymn ‘Angelus ad Virginem’ appears
after death to the Bishop, and says that he is damned, amongst
other things for holding benefices without dispensation. Refert
idem Odo (of Cheriton). Der Herausgeber des ‘Catalogue’
Ward weist auf eine entsprechende Geschichte bei Thomas
de Chantimpre hin (Catalogue, Vol. II, p. 672), wo Philippe
de Greve als der Kanzler genannt ist. Endlich möchte ich
aus dem Briefe Dr. Klappers noch erwähnen, dass er es für
möglich hält, dass die vorliegende Geschichte vielleicht nur
eine Neuschöpfung darstellt in Anlehnung an das von Hau-
reau, Memoires de l’Institut, Academie des Inscriptions (Paris,
1876), Vol. XXVIII (2), p. 242—246 behandelte Stück vom
Magister Serlo von Paris, der einen mit Sophismata bedeckten
Schüler aus dem Jenseits wiederkehren sieht und auf Grund
dieser Erscheinung ins Kloster geht. \gl. obiger Catalogue,
Vol. III, p. 30, Nr. 30, und Klapper, Erzählungen des Mittel-
alters (Breslau, 1914), S. 251, Nr. 24.
Da die Kieler und Lüneburger Fassungen orthographisch
erheblich voneinander abweichen, drucke ich sie beide voll»
x
76 Pekka Katara,
ständig ab. Der Abdruck erfolgt unter Beibehaltung der
Orthographie der Hss., ausser dass die nötigen Interpunktionss
zeichen eingeführt, die Abkürzungen aufgelöst (durch Kursiv-
druck gekennzeichnet) und die Eigennamen mit grossen An«
fangsbuchstaben geschrieben sind. Die Exempel werden in
dem in der Hs. gegebenen Zusammenhang mitgeteilt.
Aus der Kieler Hs.
(Bl. XXVIIv.) Des hebben wy eyn bilde van eynes
koninghes fone, de wart feek to Parijs, dar he to der fchole
gyngh. Do lüet [in meijfter van der predeker orden enen
bichter. Do de bicht was hord, do [prak de bichter to des
kyndes meifter: ‘Hebbet dank, her melfter, dat gy den junge-
linck hebbet wol bewaren var [chuld, wente he noch junck-
frowe is! vnd hope, dat he falich werde” Do he dot was,
do bat de melter got, dat he id em openbarede, wo id em
bijftunde, wente he hadde ene vnmaten leeff. He openbarde
fik em in enemme jamerliken klede vnd [prak wenende: ‘Wat
wil gy, myn meyfter?”’ He sede: “Vppe dattu my wytlik
deeft, wo id dy byfta.' He[prak: ‘Ik byn ewigen vordomet!'
Do fprak de meyfter: ‘Sede doch dyn bychteger gude tueh-
nilfe van dy, du fcholdeft [alich werden?’ — ‘Dat is war",
[prak de dode, ‘hadde ik allo ftüruen, alfe he my leeth.
Men de bofe geift na [yneme wechganghe de ahfende my
den danken, dat ik beghunde to denckende: O god, dat iij
geklaget, dat ik [terüen [chal vnd laten na dat grote ryke,
dat myn vader befyttet (wente he allenen dar [one to was).
Darvmme, dat ik dat erdefche ryke [cholde nalaten vnde be:
forgede vnd vorgat des hemmelfchen rykes, dor de gyricheit
byn ik ewigen vordomet.' Des is hyr nen fekercheyt, eer
de mynfche is in dem hemmele. Do de meyfter dyt horede,
de vorleeth de werlde vnd wart eyn geiftlik man vnde ende-
gede [yn leuent [alichliken.
= nn nn on
! Unsicher; vielleicht Abkürzung für was.
Das Predigtmärlein von d.unvollkommenen Beichte eines Königssohnes. 77
Aus der Lüneburger Hs.
(Bl. 30’%.) Wol is hir vorfecht, dat wy nicht to [eker
[yn, wente is de mynf[che nw gud, he mach morne anders
werden. Wente de duuel is van dufent kunften vnd bedrucht
den mynfchen. Kan he des [nicht] don yn dem leuende, he
deit dat yn dem dode, vnd dat fteit grot to vruchtende. Des
hebben wy eyn belde van eynem koninghes [one, de wart
feek to Parys, dar he tor [cole gynk. Do lud [yn meilter
van den Pauweleren eynen bichter. Do de bicht was gehort,
do [prak de bichter to des kyndes mefter: ‘Hebbet dank,
her mefter, dat gy den jungelink hebbet wol bewaret van
[chult, wente he is noch juncfrouwe vnd hape dat, dat he
falich werde’ Do he doeth was, do bath de meyfter god,
dat he em apenbarede, wo id em byftunde, wente he hadde
en vnmaten leff. He apenbarede (Bl. 30':) [ik em yn eynem
jamerlikem klede vnd [prak wenende: ‘Wat wil my melfter?'
He [fede: ‘Vp dat du my witlik deift, wo id dy byfta.' He
[prak: ‘Ik byn ewigen vordomet.' Do [prak de melfter: ‘Sede
doch dyn bichter gude tuchnilfe van dy, du [coldeft [alich
werden?’ — ‘Dat is war’, [prak de dode, ‘hedde ik allo [tor:
uen, alfe he my leeth. Men de duuel na [ynem wechgange
de anfende my den dancken, dat ik begonde to denckende:
O god, dat fy dy claget, dat ik [teruen fzal vnd laten na dat
grote rike, dat myn vader befith (wente he allenen dar [cae
to was). Vnd darvmme, dat ik dat erdefche rike fcolde nala-
ten, was besorget vnd vorgaet des hemmelfchen rikes, dor de
gyricheit byn ik ewigen vordomet.’ Des is hyr nen sekerc»
heit, eer de mynfche [y in dem hemmele. Do de mefter
dyt horde, do vorlect he de werld vnd wart eyn geiftlik man
vnde endede [yn leuent [alichliken.
Pekka Katara.
78 A. Furuhjelm,
Einige Fälle von Kopulaersatz durch
Verba eundi.
Dass die in den indogermanischen Sprachen auftretende
s. g. Kopula (Grundform *es, älteste belegbare Bedeutung
vexistieren»), wie dies ja tatsächlich u. a. mit den aus einer
Grundform *ues herzuleitenden Formen der germanischen
Sprachen der Fall ist, auf ein Verbum mit realem Begriffsin-
halt zurückgeht, dürfte wohl mit der grössten Wahrscheinlich>
keit vorausgesetzt werden können. Ursprünglich trat das
Nomen oder Adjektivum zu dem Verbum als prädikative Bes
stimmung; indem aber diese als das Wesentliche aufgefasst
wurde, blasste das Verbum allmählich ab und wurde zum
reinen Bindewort!.
Um die Entstehung der Kopula zu erklären, hat Dels
brück (a. a. ©. S. 12) u. a. auf eine kopulative Verwendung
von altind. cärati (= »sich regen», »sich bewegen», »umher:
streichen», »wandern» u. s. w.) und dem damit: identischen
griech. a£4o hingewiesen. Aus dem Altindischen zitiert er
Ath. Ved. 4, 17, 8:
ätha tväm agadaS cara (= dann wandle (sei) gesund),
und aus dem Griechischen:
Odyss. 8, 169:
äkkos ucr yao TRIÖoSs AzıdroTEDoS ehr NO"
und Il. 4, 158:
or uEr ms Akıor eher GORIOr
In der zweiten Homerstelle ist die konkrete Bedeutung
des Verbums völlig abgeblasst, indem es zu einem leblosen
Subjekt getreten ist; die Kopula ist, wie Delbrück (a. a. O.
S. 12) bemerkt, voll entwickelt.
Eine lateinische Parallele zu den von Delbrück ange-
führten Beispielen bietet, obgleich sich die betr. Verben hin=
ı Siehe Delbrück Vergl. Synt. III (1900), S. 11.
2 »Der eine ist (eig. bewegt sich) unansehnlich von Gestalt».
? »Der Eid ist nicht fruchtlos».
Einige Fälle von Kopulaersatz durch Verba eundi. ’9
sichtlich der Bedeutung nicht ganz decken, eine Stelle des
Horaz, wo ire in kopulativer Verwendung auftritt:
Sat. II, 7, 59:
Quid refert uri virgis ferroque necari auctoratus eas an
turpi clausus in arca contractum genibus tangas caput!.
Hierher gehört noch
Seneca Herc. (Oet.) 283
Non ibo inulta,
wo jedoch der Begriff der Fortdauer vielleicht besonders un-
terstrichen werden soll. Der Begriff der Fortdauer und zwar
der Fortdauereines als auffallend dargestellten Zustandes scheint
auch in gewissen Wendungen in verschiedenen germanischen
Sprachen vorzuwalten, was wohl auf dem im Verbum eundi
liegenden Kontinuitätsbegriff beruht.
Z. B. im Mittelhochdeutschen, der von Kürenberg: ?
Aller wibe wünne
diu get noch megetin;
im Mittelenglischen, Guy of Warwik 7020: °
hou longe schalt ou maidin gon
Damit vergleichen sich aus dem Neuhochdeutschen und
Neuschwedischen Ausdrücke wie: müssig gehen, schwanger
gehen; gä sysslolös, gä ogift, u. dgl.
Die oben aus poetischen Texten entnommenen Wenduns
gen können natürlich auch in der gesprochenen Sprache
heimisch gewesen sein. Wie natürlich und ungezwungen mutet
z. B. die oben zitierte Senecastelle: »non ibo inulta» an!
’ »Es macht keinen Unterschied, ob du (=der Ehebrecher) (als)
ein auctoratus (hingehst) bist, d. bh. ein Gladiator, der dem Kontrakt
(auctoramentum) gemäss, im Falle mangelnder Pflichterfüllung der To»
desstrafe anheimgefallen ist, oder (von der Ehebrecherin), schmachvoll
in eine Kiste versteckt, zusammengekrümmt mit den Knien den
Kopf berührst.»
? Siehe: Des Minnesangs Frühling, herausg. von Karl Lachmann
und Moritz Haupt, Leipzig 1888‘, S. 10.
° Ed. Zupitza (1885-7).
so A. Furuhjelm,
Und gerade die Satiren des Horaz spiegeln ja öfters unver:
kennbar die Umgangssprache jener Zeit wieder.
Einen sehr interessanten Fall habe ich in der schwedischen
Bauernsprache Finnlands beobachtet, der darauf hinzudeuten
scheint, dass der kopulative Gebrauch eines Verbum eundi
dort recht tiefe Wurzeln hat. Auf den Alandinseln hörte ich
vor langer Zeit von einer älteren Bäuerin (Kirchspiel Kökar)
die Wendung: Han gär sä mager, und neuerdings, ebenfalls
aus dem Munde einer Bäuerin der älteren Generation (Kirch-
spiel Föglö): han gick sa däliger (=kränklich) 0’ mager!.
Die Substituierung des Verbum eundi an Stelle der Kos
pula ist m. E. gerade in diesem Falle sicher ganz spontan und
unbewusst, nur unter dem Einfluss des der Sprache oder dem
Sprechenden innewohnenden Strebens nach konkretem Auss
druck eingetreten. Das in dem zweiten Belege erscheinende
Imperfekt ist insofern besonders bemerkenswert, als das Ver-
bum »sein» in dieser Zeitform, wie überhaupt in den verschies
denen Temporalformen der Vergangenheit und der Zukunft
seine inhaltliche Bedeutung nicht völlig eingebüsst hat *.
Es könnte natürlich die Frage des kopulativen Ge-
brauchs der Verba eundi in einem kleinen Aufsatz bei
weitem nicht erschöpfend behandelt werden. Aus dem schon
Angeführten geht jedenfalls hervor, dass gerade diese Verben,
indem sie gewissermassen als Normalverba der Bewegung gal-
ten, die Bewegung wiederum, insofern von lebenden Wesen die
Rede war, gleichsam als Normalform des Erscheinens aufge:
fasst wurde, sehr geeignet waren, in attributiven Sätzen als
Vehikel der Prädizierung verwendet zu werden. Dies vers:
lockt andererseits zu der Vermutung, wenn auch nicht etwa,
dass »gehen» die Urbedeutung der jetzigen Kopula gewesen
sei — als Ausgangspunkte können ja mehrere Verben in Fra-
ı ]n beiden Fällen wurde, infolge der in dem betreffenden
Dialekt herrschenden Intonationsverhältnisse, das Verbum mit dem
Hochton ausgesprochen, der, wenn er die einfache Kopula getroffen
hätte, die Farblosigkeit derselben nur stärker hätte hervortreten lassen.
2 Wundt, Völkerpsychologie I, 2, 272.
4. Furuhjelm, Ein Fall von Modusassimilation. 8l
ge kommen — so doch, dass schon in der Grundsprache,
vor der Entwicklung der eigentlichen Kopula!, in manchen
Fällen gerade ein Verbum eundi die Rolle eines solchen prä-
dizierenden kopulativen Wortes übernahm.
Ä. Furuhjelm.
Ein Fall von Modusassimilation.
Die im Deutschen vorkommende anomale Konstruktion,
in der ein Partizipium durch einen Infinitiv ersetzt wird: z.
B. er hat ihn kommen lassen, ist, wie bekannt, in verschiede:
ner Weise erklärt worden”. Nach der GrimmsLachmann»
schen Theorie ist sie von augmentlosen starken Partizipien
ausgegangen und hat sich, indem diese als Infinitive aufges
fasst wurden, von da aus auf andere Fälle ausgedehnt. Nach
einer anderen Erklärung ist der Infinitiv durch den daneben
stehenden anderen Infinitiv hervorgerufen worden. Es liegt,
nach Erdmann”, eine Ausgleichung, eine Assimilation der For:
men vor, indem der Sprechende von dem einen Verbum den
Infinitiv schon in Gedanken hatte und danach auch die Form
des anderen, ihm eng verbundenen, bildete. W. Kurrelmeyer“,
der sich der Assimilationstheorie anschliesst, hat nachgewiesen,
dass auch umgekehrt zwei Partizipien nebeneinander auftres
ten können, indem das Partizip den Infinitiv sich assimiliert
hat; z. B. Nib. 585, 7: ob in diu edele vrowe hete läzen
daz getän. *
Nun habe ich in einer schwedischen Volksmundart Finn=
lands mehrere Belege einer analogen Assimilation gefunden,
! Nach Wundt (a. a. O., S. 270) kannte die prim. Sprache da, wo
wir heute ein rein attributives Prädikat mit dem Subjekt verbinden,
nur attributive Sätze ohne Verbum. Vgl. Delbrück, a. a. O., S. 11.
? Siehe Wunderlich, Der deutsche Satzbau I? (1924), S. 299 ff.
® Grundzüge der d. Synt., $ 153.
* Zeitschrift für deutsche Wortforschung XII (1910), S. 157.
82 4A. Furuhjelm, Ein Fall von Modusassimilation.
wobei sich der Infinitiv, unter Einwirkung des vorangehenden
Partizipiums, mit einem Partizipium vertauscht hat. >
Aus etwa sechzig Briefen, die von Aländern aus verschies
denen Dörfern (resp. Inseln) des Kirchspiels Föglö, innerhalb
eines engeren Gebietes, geschrieben worden sind, habe ich
unter neunzehn hierher gehörigen Fällen zwölf angemerkt,
in denen der Infinitiv durch ein Partizipium ersetzt ist. Dass
die betr. (fünf) Individuen wirklich auch so gesprochen has
ben, unterliegt keinem Zweifel; in der Tat habe ich solche
Konstruktionen auch der gesprochenen Sprache jener Gegend
abgelauscht. Die Beispiele, von denen die ältesten aus den
Jahren 1905 und 1906, die jüngsten aus dem Jahre 1925
stammen, sind unten nach den regierenden oder assimilieren«
den Verben geordnet.
Jag skulle hälst vilja (=velat) haft dem helgräa (ich hätte
sie am liebsten ganz grau haben wollen); flere har velat haft
hunden att jaga (mehrere Personen haben den Hund zum
Jagen haben wollen); hunden har fätt mat sä mycket den har
villa (=: velat) haft (der Hund hat Nahrung bekommen, soviel
er hat haben wollen); jag skulle ha bort skrivit mera (ich hätte
mehr schreiben sollen); bäten har kunnat legat (das Boot hätte
liegen können); det har inte kunnat varit sä (es hat nicht so
sein können); ingen läkare har kunnat sagt, vad som fattas
honom (kein Arzt hat sagen können, was ihm fehlt); det hade
varit roligt, om jag ännu en gäng fätt träffat Herr F. (es wäre
schön gewesen, wenn ich Herrn F. noch einmal hätte wieder:
sehen können); om jag hade fätt kommit till Helsingfors (wenn
ich nach Helsingfors hätte kommen können); jag har lämnat
bort vad jag fänkt sält (ich habe weggegeben, was ich zu
verkaufen gedacht hatte); har det varit en vecka förr, sä hade
jag försökt sänt (wäre es eine Woche früher gewesen, so hätte
‘ich es zu senden versucht); han har ej behöft gett pengar för
den (er hätte kein Geld dafür zu geben gebraucht).
Dass anomale Konstruktionen wie »det harej kunnat varit
sa» und »jag hade bort skrivit» gelegentlich durch Vermischung
der entsprechenden richtigen Konstruktionen mit den Paral:
Hugo Pipping, Zur Lesung und Deutung von Hövamöl 39. 83
lelkonstruktionen »det kan ej ha varit sä», »jag borde ha
skrivit mera», hervorgerufen worden sein können, ist zwar
nicht ganz ausgeschlossen, solche Fälle können aber jedenfalls
nicht als Ausgangspunkte der ganzen Erscheinung angenom-
men werden.
Die schwedische Konstruktion habe ich natürlich nicht
etwa als Beweis zur Erklärung der deutschen herangezogen,
sondern nur um zu zeigen, dass eine solche rein formale,
nicht durch lautlichen Zusammenfall bedingte Assimilation
sich auch anderswo vollziehen konnte.
A. Furuhjelm.
Zur Lesung und Deutung von Hövamöl 39.
Nach Einführung der üblichen Normalisierungen lautet
der Text des Codex regius wie folgt:
Fannka ek mildan mann eda suä mafar godan
at ei verri Piggia Begit,
eda sins fear suägi .. . .
at leid se laun, ef Begi.
Die Lücke, welche hier durch Punkte bezeichnet wurde,
kommt im Texte gar nicht zum Vorschein, aber alle Heraus:
geber haben hier ein Eigenschaftswort eingefügt. Dass
dies mit Recht geschah, kann nicht bezweifelt werden. Nur
"glaube ich, dass man bis jetzt das richtige Eigenschaftswort
nicht gefunden hat.
Resenius! liest Orvann, die Kopenhagener Ausgabe?
örvan, Dietrich (1843) yrvan. Munch! liest gjörlan,
ı P. J. Resenius Ethica Odini, Havnixz 1665, fol. A 5 recto.
ı Edda Szmundar hins fröfa Ill, Havnix 1828, S. 86.
: Dietrich Altnordisches Lesebuch, Leipzig 1843. Nicht ein-
gesehen. Zitat nach Hildebrand-Gering Die Lieder der älteren
Edda. Vierte Auflage. Paderborn 1922. $. 0.
P. A. Munch Den aldre Edda. Christiania 1547. $. 11.
84 Hugo Pipping,
Lüning giöflan, Möbius? gjöflan, Dietrich” giyflan,
Bugge* gioflan, Grundtvig? gjöflen, Mogk*® gipflan, Hil:»
debrand-Gering (zweite bis vierte Auflage) gjpflan. Auch
Holtzmann’ und Vigfusson® haben offenbar geglaubt,
dass eine Form pruan oder gipflan in der Handschrift über-
sprungen wurde, da sie in der Übersetzung das Eigenschafts»
wort "freigebig(en)’, "prodigal’ hinzufügen. Gering sagt in
seinem posthumen Edda-Kommentar®:’Die Lücke ist von Munch
durch die einsetzung von gjpflan gewiss richtig ergänzt; eben«
so möglich wäre allerdings das von der Kopenh. ausgabe in
den text aufgenommene grvan: beide synonyma sind formels»
haft verbunden in der Egils s. Skall. c. 10. 6: hann ()örölfr)
var Orr madr ok gjpfull.'
Die Ansichten der genannten Autoren decken sich nicht
so genau, wie man nach dem oben Gesagten vermuten könnte.
Einige von ihnen lesen vor dem in der Handschrift über:
sprungenen Eigenschaftsworte suägi, andere (Resenius,
“- Munch, Lüning, Möbius, Dietrich 1864) streichen die
Negation :gi.
Einen ganz und gar andern Weg geht Finnur Jöns»
son!®, der svägi gloggvan liest.
! Hermann Lüning Die Edda. Zürich 1859. S. 270.
® Th. Möbius Edda Szmundar hins fr63a. Leipzig 1860. S. 13.
® Dietrich Altnordisches Lesebuch. Zweite Auflage. Leipzig
1864. Nicht eingesehen. Zitat nach Hildebrand:Gering a. a. O.
* Sophus Bugge Norraen Fornkvz%i. Cristiania 1867. S. 47.
Der Laut 0 wird mit dem Digraphen au bezeichnet.
> Svend Grundtvig Szmundar Edda hins frößa. Kobenhavn
1874. $S. 51.
° Eugen Mogk Zeitschrift für deutsche Philologie XVII, S. 297.
” Holtzmann (Holder) Die ältere Edda. Leipzig 1875. S. 69.
® G. Vigfusson and F. York Powell Corpvs poeticvm bo:
reale I. Oxford 1883. S. 5.
° B. Sijmons und H. Gering Die Lieder der Edda Ill. 1. Halle
1927. S. 97 £.
1 Finnur Jönsson Arkiv for nordisk filologi IV S. 47. — Ar
kiv XX11 S. 214. — Eddalieder I. Halle a. S. 1888. S. 12. — Szmundar
Edda. Reykjavik 1905. S. 28. — Hävamäl. Kobenhavn 1924. Sidd. 49 f.
Zur Lesung und Deutung von Hövamöl 39. 85
R. C. Boer! hat der Ansicht Finnur Jönssons den
Vorzug gegeben. Dasselbe gilt offenbar von Erik Brate‘,
der in seiner Übersetzung das Eigenschaftswort 'snäl’ ver-
wendet.
Auch ich glaube, dass Finnur Jönsson durch seine
Emendation dem Urtexte näher gekommen ist als alle übrigen
Herausgeber und Kommentatoren. Aber vollkommen richtig
wird auch die Lesung glogguan 'sparsam’ ? nicht sein.
Finnur Jönsson übersetzt: 'Jeg har har aldrig truffet
. en (mand) sä lidet karrig pä gods, at han ikke vilde
modtage gengeld ... .' j
Bei der von Finnur Jönsson gewählten Emendation
und Übersetzung werden die Begriffe 'sparsam’ und 'hab»
süchtig’ durcheinandergeworfen.? Sie müssen aber auseinander;
gehalten werden. Es gibt viele Leute, die zu gleicher Zeit
habsüchtig und freigebig sind. Der sparsame Mann ist sel>
ten freigebig. Aisl. gleggr bedeutet 'sparsam’, nicht "habsüch»
tig’, und von einem Manne, der Gegengaben zurückweist,
sagt man lieber, dass er 'nicht habsüchtig’ als dass er 'nicht
sparsam’ ist. Für "habsüchtig’ konnte man im Aisl. ohne Zweis
fel den Ausdruck fiär fikinn gebrauchen, und wenn man
eda sins fear suagi fikinn
liest, entsteht eine Alliteration (eventuell eine gekreuzte Alli-
teration), wie sie schon Hildebrand® verlangte.
Das Eigenschaftswort fikinn ist im Aisl. in vielen Zusam-
mensetzungen belegt.
! R. C. Boer Die Edda Il. Haarlem 1922. S. 36.
» Erik Brate Sämunds Edda. S. 14.
®° (Sijmons») Gering Ill. 1, S. 98 übersetzt gloggr mit 'knaus
serig. Fritzner Ordbog I S. 616 mom. 2) gibt die Bedeutungen
’sparsom', 'karrig', 'noieregnende'.
* Der Hab.üchtige hat den lebhaften Wunsch, Geld zu erwerben,
der Sparsame ist unwillig, Geld auszugeben.
® Karl Hildebrand Die Lieder der älteren Edda. Paderborn
1876 S. 91. Es heisst dort: "wahrscheinlich fehlt ein reimwort zu fiär'.
866 Hugo Pipping, Zur Lesung und Deutung von Hoövamöl 39.
Sv. Egilsson! verzeichnet die Fälle bödfikinn (= bpdfi:
kinn), gunnfikinn, heiptfikinn, mödfikinn, mordftkinn, särfikinn,
sigrfikinn. Ungewiss scheint es, ob das Simplex fikinn im
Aisl. angetroffen wurde, aber Blöndal? teilt uns mit, dass es
im Nisl. lebt. Nisl. fikinn i e«ö bedeutet "higende efter, be
gzrlig efter n-t'. Nnorw. fiken bedeutet in mehreren Ge:
genden 'begjzrlig efter',” und dieselbe Bedeutung kommt
dem neuschw. Eigenschaftswort fiken zu. Von aschw. fikin
gibt Söderwall° die Übersetzung 'fiken, begärlig’ und ver:
zeichnet neben den Konstruktionen fiken a pänigen, äpter
äwyntyr fikn, fikin at afla auch die Zusammensetzung ärffuo-
dhisfikin 'fiken el. begärlig efter arbete'.* Die letztgenannte
Form ist besonders wichtig, weil sie ein Gegenstück zu uns
serer Konstruktion fiär fikinn bildet.
Ich bin auf einen Einwand gefasst. Man wird sagen,
dass in der Wortfügung
eda sins fear suagi fikinn
die Form sins störend wirkt. Von einem Manne, der Ge-
gengaben zurückweist, sagt man lieber, dass er 'nicht nach
Geld trachtet’ als dass er 'nicht nach seinem Geld trachtet‘.
Aber es scheint mir, dass sins fear fikinn die Bedeutung has
ben kann 'wer darnach trachtet, sein Geld zu vermehren‘,
und dann ist Alles in Ordnung.
| Ich glaube also, dass wir in Hov. 39:4 weder Yruan
oder gipflan noch glogguan einzuschieben haben, sondern fi-
kinn. Auf die übrigen Schwierigkeiten, welche die betreffende
Strophe darbietet, wünsche ich jetzt nicht einzugehen.
Hugo Pipping.
ı Sv. Egilsson Lexicon poeticum. Hafnixz 1860. S. 170.
2 Sigfüs Blöndal Islandsksdansk Ordbog. Reykjavik 1920-24.
S. 184.
® Alf Torp Nynorsk etymologisk ordbok. Kristiania 1919. $. 103.
* Olof Östergren Nusvensk ordbok S. 129 umschreibt fiken
mit 'begärlig, lysten, girig, traktande'.
s Söderwall Ordbok I S. 249.
‘ Söderwalla.a ©. S. 50.
W’. Söderhjelm, Notice sur la Copia Exemplorum. 87
Notice sur la Copia Exemplorum du
confesseur de sainte Brigitte.
Le Cod. C. 54 de la Bibliotheque de l’Universite d’Upsal
(«la Caroline») est un volume in 8:0 de 117 feuillets de par:
chemin (22x 15”), d’une &criture du milieu du XIV* siecle.
Il provient de la celebre bibliotheque du couvent de Vadstena
et contient une serie de petits traites pieux de differente
sorte: Bonaventura, Institutio novitiorum, Summa de casibus ...
Medicina pro equis, Pro redemtione voti ad s. Olavum, Vera
peccatoris confessio, Parabola ex libro Rarlaam, De poenitentiis
inponendis, Statuta Lincopensia, etc., et, au milieu de tout cela,
(fol. 60-110) Magistri Matthiae Lincopensis Copia Exemplorum.
Ce Magister Matthias &tait un personnage celebre, non
seulement dans son pays, mais bien au delä des frontieres de
Suede. Il avait acquis son instruction philosophique et son
grade universitaire a Paris, sous la direction des premiers
scolastiques de France, et il en profita pour Ecrire une serie
d’ouvrages dont un au moins a &t& tres repandu, ä en juger
par les nombreux manuscrits qui, dans differentes bibliotheques
de l’Europe, l’ont conserv& jusqu’a nos jours. Sa biographie
cependant nous offre peu de dates: on le trouve mentionne
pour la premiere fois en 1333, oü il est dejä nomme magister
et designe comme chanoine ä l’eglise capitulaire de Linköping.
Mais nous savons d’autre part qu’il &tait confesseur de la
future sainte suedoise, Brigitte, deja du vivant de son mari
Ulv Gudmarson (en tout cas 1344-48); dans sa premiere
revelation elle renvoie a Mathieu comme ä son conseiller spiris
tuel et confident, et celuisci a €crit une sorte de prologue
qui futmis en tete de tout le recueil imprime. C'est proba»
blement sur l'instigation de sa sainte patronne que Magister
Matthias prit part ä la croisade du roi Magnus Eriksson contre
la Russie (1348-50). Peu de temps apres son retour il mous
rut ä Stockholm, peut:-Etre lors de la grande peste de 1350".
! Voir, pour la biographie du chanoine Matthias, F. Hammerich,
En Skolastiker og en Bibeltheolog fra Norden, Copenhague, 1865; K. B.
88 W. Söderhjelm,
Par une annotation dans le manuscrit dont il est question
ici, nous connaissons un certain nombre de ses ouvrages. On
y mentionne d’abord les Concordanciae super totam Bibliam,
comprenant trois grands volumes. De cet ouvrage il ne reste
pas de manuscrit entier, mais M. Collijn, dont on connait les
fouilles heureuses dans les reliures de vieux manuscrits, a trouve
dans les archives de la Chambre des comptes de Stockholm
une centaine de feuillets qu’il a identifies comme provenant
d’un manuscrit vraiment magnifique de cet ouvrage de Mats
thias Lincopensis. M. Schück, dans sa grande Histoire
de la litterature suedoise, a reproduit un de ces feuillets:!
or, la lecture de ces deux pages suffit, selon moi, pour con»
stater qu’il ne s’agit pas seulement, comme dit M.-Schück,
d’un «index alphabetique de la Bible», mais que l’ouvrage a
compris beaucoup d’autres choses, et en effet, M. Blanck, qui
a examine les feuillets de M. Colliin, non encore publies,
constate que les Concordances contiennent «une quantite d’articles
encyclopediques, meme sur des matieres profanes® et que
l'’ouvrage se rapproche ainsi plutöt des Summae et des Specula
du temps’. Je me demande si ce n'est pas en effet cet ous
vrage dont veut parler sainte Brigitte quand elle raconte A
plusieurs endroits que Matthias glossavit totam Bibliam. M.
Schück croit que les gloses ont forme un ouvrage ä part, mais
ses arguments, du reste donnes comme des hypotheses, ne
me paraissent pas convaincants®. Vient ensuite un Homo con»
ditus, sorte de manuel populaire pour les moines et les pres
Westman, Brigitta-Studier, I, Upsal, 1911; H. Schück, Nägra anmärk-
ningar om Birgittas revelationer (Vitterhets-, Historias och Antiquitets-
akademiens förhandlingar, 13: 1), Stockholm, 1%1; H. Schück dans
Schück-Warburg, Illustrerad svensk litteraturhistoria, 3e &d., I, 337 ss.,
361 s. i
VL. c. 356.
: Anton Blanck, Folkungatids:studier, dans la revue Samlaren,
1927, p. 185 ss
® L.c. p. 338. — Je ne partage pas, non plus, son opinion que
- le feuillet reproduit en fac:simile indique la m&me main que celle du
copiste de la Copia.
Notice surla Copia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 89
cheurs, conserve en deux exemplaires; un commentaire sur
l' Apocalypse, tres repandu dans plusieurs pays (voy. ci-dessous);
un Tractatus de modo loquendi, qui n'est autre que la
Poetria Magistri Matthaei du manuscrit d’Upsal C 521 (anc.
ms. de Vadstena) et qui est tout un Art poetique, le premier
de ce genre en Suede. Les theories exposees sont celles des
nombreux travaux composes sur cette matiere au moyen äge,
mais l’auteur semble s’en tenir surtout a l’ouvrage de Geoffroy
de Vinsauf, Poetria nova, qu’il cite avec Horace. Son petit
traite se termine par un poeme en hexametres, difficilement
intelligible a cause des allusions doctes, des gloses grecques,
etc, qui en ornent le style et qui sont accompagnees, en
marge, d’observations sur differents moyens techniques de la
poesie.
A cette liste M. Blanck, qui va publier prochainement la
Poetria, a pu ajouter un petit trait€ de rhetorique, faisant suite
dans le ms. C 521 ä& celle-la. Il est intitule [esta nucis et
cite dans la Poetria comme provenant de la meme main. Il
ne comprend qu’une page et demie, mais assez pour donner
place ä des citations verbales prises dans deux «uvres de
Ciceron!.
L’&uvre entiere de Mathieu est destinee a l’education et
a l’edification du clerge, conformement a ses tendances person:
nelles, qui visaient a l’amelioration interieure de l'eglise.
L'annotation dont je parle precede dans le ms C 54 le
texte de la Copia exemplorum: elle a et ajoutee apres coup
a la fin du verso du fol. 60 par un des compagnons de
Mathieu, Gudmarus de Enecopia. Elle est ainsi congue:
Hic liber subscriptus qui incipit «absolutio multum» et
cetera, dicitur Copia exemplorum quam fecit magister Mathias
canonicus Lyncopensis et collegit. Hic venerabilis vir Mathias
fuit prius confessor matris nostre gloriose sancte Brighitte, quia
vita et religione valde erat preclarus et tempore suo magistro-
rum omnium summus. Qui plures libros fecit, sc. Concor:
dancias super totam bibliam, quem habemus in Watzstena in
——n- -
! Blanck, I. c., p. 183 ss.
5 W. Söderhjelm,
tribus voluminibus magne quantitatis. Item unum librum qui
dicitur Homo conditus. Item super Apocalipsim. Item trac=
tatum de modo loquendi et quam plures alios.
Suit, au debut de la page suivante, rubrique, en rouge:
Istum librum collegit magister Mathias canonicus Lincopensis
pro exemplis habendis. |
A la fin, au commencement de la page 110 r°, on lit:
Explicit Copia exemplorum propter simplices collecta.
Le meme scribe a Ecrit tout l’ouvrage: il e&tait fort peu
habile, et les abreviations dont il se sert sont souvent assez
difficiles a dechiffrer.
Les exemples sont ranges, comme dans tant de collections
semblables, d’apres l'’ordre alphabetique des matieres, annotees
a la marge et en tres grand nombre. Elles commencent
par Absolucio, puis suivent Accidia, _Accusatio, Adulterium,
‚JImor carnalis, ensuite, entre autres, Ambiciosi, Amicitia, An«
geli, Anima, Auarus, Bellum, Blasfema, Caro, Caritas, Castitas,
Celum, Cogitatio mala, Confessio, Consolatio, Demones, Desi-
derium, Desperatio, Fidelitas, Humilitas, Iudicium, Locutio, Lu-
dus, Maria, Martyrium, Matrimonium, Misericordia, etc., jusqu'ä
Usura et Uxor, qui sont les dernieres. Les histoires ou anec»
dotes sont le plus souvent d'une brievete extreme: le compi-
lateur n’a voulu donner que l’essentiel, poussant parfois cette
tendance si loin qu’il devient presque incomprehensible En
tout cas, la reproduction de ces «exemples®, qu’il a trouves
dans differentes collections ou dans la tradition orale et qui
nous sont generalement bien connus, est peu intelligente, assez
mauvaise meme au point de vue du style, et pour cela ne
faisant souvent que tres mal ressortir le noyau ou l’enseigne=
ment moral. Les histoires sont pour la plus grande partie
racontees en 5—6 lignes: elles n’en occupent que rarement
-—8, et si on en trouve une ou deux qui depassent une
douzaine de lignes, c'est parce que la source a et& prolixe,
mais cela ne signifie cependant pas que le maitre Mathieu
donne quelque chose d’exceptionnellement bien tourne ou
explicite.e Pour juger de sa maniere, on n'’a qu’&ä comparer,
!
Nofice surla Copia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 91
p. ex., les deux histoires sur l’amitie (Le demi-.ami et L'ami
entier) que je reproduis ciedessous, avec leur source, la Dis»
ciplina Clericalis: ces histoires de Pierre Alphonse ont passe,
comme on sait, dans une foule de recueils d’exemples, elles
sont quelquefois contractees ou mutilees, mais rarement elles
ont e&t€ sujettes a une deformation semblable a celle que la
plume du bon chanoine de Linköping leur a fait subir et qui,
en les privant de quelques traits tout ä fait essentiels, les rend
vraiment trop indigentes. Partout oü l’on se donne la peine
d’etudier une version anterieure qui a pu lui servir de source,
il en est de me&me: saint Gregoire, auquel il s’en refere deja
dans son premier morceau, Jacques de Vitry, Etienne de Bour;
bon, tous sont beaucoup plus logiques et clairs, m&me la
oü ils sont tres peu loquaces. Magister Mathias n’a &videm»
ment voulu que donner la carcasse pour un sermon, sans se
soucier du tout de l’expose litteraire. Son recueil est, & cet
egard, comparable aux grandes collections d’un Jacques de
Hoveden, d'un Martinus Polonius, qui avant lui cultivaient
ces ebauches d’histoires, devenues plus a la mode encore dans
les enormes compilations du XW siecle; il’ faut bien dire
que le docte scolastique suedois ne s’eleve en rien ausdessus de
ces infatigables barbouilleurs moralistes (je n’oublie cependant
pas que le scribe parfois a pu y ätre pour quelque chose).
En tout cas, par son procede, notre chanoine a rendu possible
de reunir un tres grand nombre d’anecdotes dans un volume
relativement mince, qui &gale ainsi, au point de vue de la
quantite, les plus vastes compilations de ce genre. Chacun
de ses feuillets peut contenir jusqu’a une dizaine d’histoires,
ce qui fait en tout environ un demismillier!.
Jai parl&e des sources de la Copia exemplorum. La recher:
che des originaux des exemples depasseraii de beaucoup
les limites de cette petite communication et ne serait pas d’un
' Pour la place de cette compilation dans la grande serie d’ouvras
ges semblables du moyen äge, voy. surtout l’Introduction de Crane
a sa magistrale edition des Exemples de Jacques de Vitry (Londres, 18%).
92 —— W. Söderhjelm,
grand interet: elle sera sans doute faite, du reste, lorsque,
dans un avenir prochain, le texte entier aura ete publie. Mais
il suffit de parcourir rapidement le manuscrit pour constater
que les recueils existants ont ete utilises abondamment: en
premier lieu, ä& ce qui me semble, les Vies des Peres, les
Dialogues de Gregoire, Jacques de Vitry, Etienne de Bourbon,
avec, bien entendu, la Bible, les legendes des saints — la
rubrique Maria renferme le plus grand nombre d’exemples;
‚parmi les saints figurent Alexius, Ambrosius, Andreas, Anto-
nius, Augustinus, Basilius, Bernardus, Faustinus, Jeronimus,
Laurentius, Macharius, Ylarion, Zenonius, pour n’en nommer
que quelquessuns — et les histoires antiques prises dans
Jes sources communes ä toutes ces collections. Parmi les
histoires de Mathieu plusieurs se rencontrent donc aussi bien
chez ses successeurs que chez ceux qui l’ont precede, et si l’on
peut lui reconnaitre une tres grande variet€ de matieres, il
n'’en est pas moins vrai qu’on n'y trouve aucune trace d’une
originalit€ quelcorfque. Il n'y a, p. ex., pas, autant que j'’aie
pu voir, un: seul renvoi & des choses de Suede, patrie du
compilateur et de tous ceux ä& l’usage desquels est destine cet
ouvrage, ni une nuance personnelle (comme il y en a tant,
p. ex., chez Jacques de Vitry). Mais Mathieu, comme la plus.
part de ses collegues ordinaires, s’en tenait uniquement a des
modeles courants et usites, soucieux seulement d’en rassem>
bler autant que possible, et dans des originaux qui une fois
pour toutes etaient reconnus comme faisant autorite. En cela
il ne procedait pas autrement que la plupart de ses .collegues.
Il est tres probable que sa compilation avait ete faite pendant
son sejour ä Paris.
Ce qui, en tout cas, a un peu d’interet, c'est que cette
collection est la’ seule dans son genre ex&cutee par un Sue-
dois. Il a circul€ au moyen äge en Suede des manuscrits de
la Disciplina Clericalis, des Gesta Romanorum, du Dialogus
creaturarum, de l’Echiquier, mais parmi les predicateurs sue-
dois Mathieu est le seul qui se soit donn& la peine de prepar
rer pour ses compatriotes et collegues une collection de mas
Notice surla Copia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 95
teriaux pour leurs sermons pareille a celles qui foisonnent encore
dans les bibliotheques de l’Europe. Les sermonnaires propre:-
ment dits, dont surtout la bibliotheque de Vadstena gardait un
certain nombre, sont d’un tout autre genre!. La Copia nous
montre cependant que l’ancien fonds de legendes et d’histoi»
res, commun ä toute l’Europe, £tait aussi utilise par les pre:
dicateurs suedois, l’influence et l’autorit€t du chanoine de Lin-
köping Etant sans doute telles que tout le clerge s’appliquait
a suivre ses indications, ici comme dans d’autres domaines de
son activite.
Je fais suivre ici quelques Echantillons, pris a tout hasard,
indiquant la maniere dont Magister Mathias reproduit les -
histoires. — Pour qu’on puisse faire des comparaisons, j’ajoute
ca et la une indication de source ou de correspondance*.
Fol. 63 r:o (Ambiciosi).
‘ Quidam vidit Neronem aput inferos se in auro bullient:
et fluenti balneantem. Qui aduocatis ad se venientibus aiebati
Huc, venale genus hominum, amici mei, venite mecum. Vobis
locus reservatur.
Suit une reflexion sur la vanite des ambitions humaines.
— Cf. Jacques de Vitry, Exempla, ed. Crane, n:o XXXVlI,
et les notes respectives avec de nombreuses indications sur les
correspondances. Raccourci: la reflexion la fin n'est pas
la meme.
Fol. 63 r:o (Amicitia).
Amicus et Amelius, duo iuuenes ita similes ut nemo ab
alio decerni posset, sic in amicitiam iuncti sunt, ut Amicus pro
ı Cf. Schück» Warburg, I. c., p. 409 ss.
? Je les dois pour la plus grande partie A mon ami M. A. Hilka,
qui en jetant un coup d’eil sur la plupart de mes copies, m’a fait
profiter de ses &tonnantes connaissances dans la matiere — il sait en
effet par cur tous les recueils d’exemples, publies ou inedits, du
moyen äge — en signalant quelques collections contenant les me&mes
histoires. Je lui demande pardon de ne pas le suivre partout.
394 W. Söderhjelm,
Amelio duellum susciperet et Amelius pro amore amici leprosi
iam affecti duos filios suos occideret ut ad angeli reuelacios
nem Rafaeli appressione sanguinis eorum sanaretur; verum et
propter tantam fidelitatem leprosus sanatus est et filii occisi
reuixerunt.
Noyau du sujet trait€ dans le grand roman en vers bien
connu.
Fol. 63 v:o (Amicitia).
Abbas Johannes habebat sororem, que multum desides
rabat eum videre, quia ipsum multis annis non videret. Tan»
dem ad eam veniens cum aliis duobus fratribus quasi peregri:
nus receptus est, quia eum non connouit, nec quidem loqutus
est ei, sed aquam ad bibendum ab ea recepit. Post hoc au«
tem, cum iterum soror sibi scriberet ut veniret, respondit quod
aput eam fuit et aquam de manibus eius accepit, et hoc sibi
sufficeret.
Voy. les Vitae Patrum, chez Migne, Patrol. lat. 73, 757,
ou I’histoire remplit toute une colonne.
Fol. 63 v:o (Amicitia).
Quidam frater voluit videre sororem suam in claustro
egrotantem et illa nolens ait cuidam ut diceret fratri suo quod
iret in domum suam et oraret pro ea, quam non antequam in
regno celorum visus est.
Fait suite ä la precedente chez Migne, I. c., 760; une
variante ibid., p. 871.
Fol. 43 v:o (Amicıtia).
Quidam ad inopiam deueniens egressus de finibus suis
quodam casu innocens pro homicidio captus tum confessus
est ut saltem miseram vitam humana morte finiret. Qui dum
ad penam duceretur, cognitus est a quodam amico suo cui
ipse prius benefecerat. Statim ille amicus se pro illo ofterens
dicebat non illum huius criminis reum esse. Qui dum alio
absoluto capitur ad mortem, verus homicida compunctus cla>
mare cepit et homicidium recognoscere verum, et omnes tres
ad regem ducuntur. Cognito ergo de causa omnibus illis vi»
tam donavit et amicus ille egenum medietate bonorum suorum
dotavit.
Notice surlaCopia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 95
Fol. 63 v:o (Amicitia).
Pater filium suum docuit amicos probare: vitulum occi»
sum in sacco circumferens ad amicos. dicebat se homicidium
perpetrasse et eos, qui suspecti non erant, sepelire mortuum
rogabat. Qui omnes repellentes eum cum indignacione, venit
tandem ad amicum patris sul. Qui mox exclusis a se omni:
bus et uxore et filiis illum intra domum collegit et sepultura
clam parata vitulum, non hominem esse invenit.
Cf. pour ses deux textes, Disciplina clericalis, ex. I-11.
Fol. 67 r:o (Caritas).
Jacobus de Vitriaco vidit, inquit, duas mulieres pro desi:
derio Dei languentes in tantum quod multos annos de lecto
surgere non valerent, et quanto suavius cum spiritu in Do»
mino quiescebant, tanto amplius corpore infirmabantur.
Cette histoire n’est pas dans l’edition de Crane.
Fol. 68 v:o (Cogitatio mala).
Quidam iuuenis a quodam sene sapientiiam emere volens
centum marcis datis hoc consilium accepit ut in omnibus suis
operibus finem cogitaret, ad quem opus illud venire posset.
Quod igitur iussit eum ubique coram oculis suis scribere.
Quod ille etiam in rasorio suo scripsit. At barbarius quidam
litteratus, qui eum quandoque rasurus erat, qui forum de eo
iugulando fecerat, hoc legens pallescere cepit et palpitare; quod
ille videns eum subsistere fecit et quid haberet requisiuit. Et
accepta ab eo securitate confitebatur quid facere intendebat,
et ille intellexit sibi sapientiam profuisse.
Fol. 70 r:o (Confessio).
Quum quidam miles quendam demonem de sacerdote suo
quereret si verum esset quod cum uxore eius fuisset, sicut
rumor referebat, ipse autem sacerdos cuidam layco prius alium
nomen habens in stabulo quodam crimen corde confessus fuis-
set, respondit demon in lingua theutunica, quam solus miles
nouit: nihil de (ms. cum) eo scio, et post in lingua latina,
quam solus sacerdos intellexit, dicebat: in stabulo iustificatus est.
M. Hilka renvoie a Jacques de Vitry, ed. Crane, n:o 261,
mais cette histoire est assez differente.e. Le meme theme se
retrouve ailleurs.
96 W. Söderhjelm,
Fol. 71 v:o (Consolacio).
Jacobus de Vitriaco vidit devotas mulieres que per intes
grum diem extra se rapte nullo clamore vel motu excitari
potuerunt, nec erat eis sensus ad aliqua exteriora, et, licet
pungerentur, tamen nullam senserunt lesionem. Aliam vidi
‚VII. vicibus uno die rapi et in illo statu quo rapta est ma-
nebat immobilis, donec a raptu reuerteretur.
Je ne trouve pas cette histoire chez Crane.
Fol. 71 v:o (Consolacio).
Ouidam monachus medicus solebat frequencius deesse a
monasteric. In quadam ergo festivitate beate Virginis, cum
ipse presens esset cum aliis fratribus, vidit beatam Virginem
circumire et de pixide quam in manu habebat cuilibet cum
cocleari argenteo electuarium administrare.e Ad ipsum ergo
cum veniret dicebat quod de eius electuario necessitatem non
haberet, cum medicus esset et aliud preciosius sibi reputaret.
llle ergo de hoc dolens illo anno se in claustro retinuit nec
umquam nisi coactus exivit. Sequente ergo festo cum iterum
horis interesse, eandem visionem vidit. Cum ergo beata
Virgo ad ipsum veniret, dicebat (cum) inquit(?): Vidi te
consolaciones meas aliis preferre; ecce dabo tibi de meis. Quo
gustato tantam dulcedinem sensit ut amplius stabilis in congre-
gacione fieret et beate Marie devotus.
: Fol. 72 r:o (Constancia).
8
Monachus quidam multa miracula faciebat. Cum ergo
quererer ab eo abbas suus unde sibi esset tanta gracia, dice-
bat: Non plus ieiuno aliis,: nec oro nec vigilo plus ceteris, nisi
verum est quod me non frangit aduersitas nec extollit prosperitas.
Fol. 72 r:o (Contemplacio).
Cum quedam matrona consilii gratia ad beatum Augus-
tinum accederet, ipse ita sensibus contemplando abstractus erat
quod ipsam negocium suum exponentem non actenderet.
Ipsa tristis abcedens credidit quod quia homo sanctus erat,
cum peccatrice loqui nollet. Unde accidit ut sequenti die,
beato Augustino missam celebrante, illa mulier in visu vidit
ipsum sanctum ante tribunal beate Trinitatis inclinato capite
de beata Trinitate disputantem. Et facta est vox ad eam quod
tam actente beatus Augustinus disputauit ea hora qua ipsa ad
eum consulendum accessit.
Notice surla Copia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 97
Fol. 72 v:o (Contemptus seculi).
Mouet item ad deuocionem lacrimarum Dyogenes, [qui]
omnibus contemptis solum dolium sibi retinuit, quod iam ad
austrum et iam ad aquilonem vertebat ut in eo contra frigus
et calorem iuxta varietates temporum lateret. Ad quem Ales
xander Magnus veniens rogauit ut ab. eo peteret quidquid
vellet. Qui omnibus aliis neglectis petiitt ab eo ut solem sibi
non impediret. |
Fol. 74 v:o (Delicie).
Ducissa. quidam tam deliciosa erat, ut balnea sibi de rore
celi congeri faceret, cibum sibi a seruientibus preparatum non
manu tangebat sed fustinis aureis ore admouebat. Cubiculum
suum incredibiliter diuersis aromatibus redolebat. Que tandem
diuino iudicio percussa ita vivens putrifiebat, ut nullus feto-»
rem eius sufferre posset nisi una tandem ancilla, quae ei
seruiebat, et in tali miseria defuncta est.
Fol. 78 v:o (Disce studere sapientie).
Solon (ms. Salomö) unus de .vii. sapientibus, Athenis
cum infirmaretur ad mortem, instabant illi amici conferentes
de aliqua re. Ille caput erexit et quaesitus cur hoc faceret,
respondit ut, cum didicero id de quo disputatis, confestim
moriar.
Anecdote dont on illustrait dejä de tres bonne heure le
caractere et les maximes du grand legislateur d’Athenes. Cf.,
p.ex., Ivar Harrie, Athenare, Stockholm, 1927, p. 38.
Fol. 79 r:o (Diuicie).
Pauper quidam modicum habens semper gaudens erat cum
uxore sua, et mirantibus vicinis suis et colloquentibus de hoc
quid esset, dixit unus: Ego eum talem faciam quod non
gaudeat. Unum proiecit sacculum pecunie in hostium eius.
Quem pauper mane inueniens portauit in domum suam et
abscondit uxori et cogitare cepit ne forte furti pro ea argus
eretur, vel quomodo eam dispensaret, unde nec gaudebat nec
cantabat. Vicinis autem requerentibus quid hoc esset quod
sic preter solitum tristis esset, nec tamen ille fateri vellet,
dicebat dominus pecunie: Tali die et tali loco pecuniam meam
inuenisti quam portasti tecum in domum tuam nobis videnti«
bus. At ille erubescens ait: Maledicta sit illa pecunia que
/
98 | W. Söderhjelm,
me plus afflixerat animo quam corpore; [dives] eram cum
cotidie pro victu meo laborarem: tolle, inquit, pecuniam tuam,
ut cantare et letari valeam sicut prius.
On peut suivre le procede de Mathieu, comme pour les
histoires 4 et 5 cisdessus, dont l’original est la Disciplina cle=
ricalis, en comparanft sa version de cette anecdote excessives
ment repandue sous differentes formes jusque dans les litte=
ratures modernes, au texte de Jacques de Vitry, n° 66 chez
Crane, ou d’Ftienne de Bourbon, n® 409; l’un des deux lui a
certainement servi de source. Pour les correspondances, voy.
Crane, p. 162—3; la liste n'est pourtant pas complete.
Fol. 83 v:o (Gaudia-Humilitas).
Sophocles iam senex cum tragediam ad certamen misisset
et per nuncium audisset scripta sua pre aliis ceteris approbata,
ingenti leticia dissolutus spiritum exalauit.
Fol. 97 r:o (Oculus).
Quidam vir bonus amisso oculo uno dicebat se plus de
residuo quam de perdito formidare. Pericles dicebat Soffocli
(ms. Soffocle), ut Tullius ait, cum ei pulchrum iuvenem trans»
euntem ostenderet (erant nempe ambo duces Athenarum):
Pictorem, inquit, non decet solum habere manus et linguam,
imo et oculos continentes. Non est bene sanus qui oculum
habet putridum nec bene castus qui habet oculum impudicum.
M. Hilka veut voir une correspondance dans Thomae de
Radolio Vita Petri Abbatis Claraenelis, XXVI, Migne, 209,
1029; mais ce n’est que la maxime m&me qui est analogue;
voy. aussi Pauli, Schimpf und Ernst, n° 574; la version de
Mathieu est peut-ötre composee de deux histoires differentes.
Fol. 98 r:o (Paciencia).
Alexius, filius Eufeminiani nobilissimi Romanorum, cum
sibi esset in uxorem data filia de genere imperiali, nocte
nupciali puella ad castitatem instructa ipse fugit et in quodam
templo in remotis .xviii. annis deo seruiuit, donec tandem
comperta sanctitate sua populus eum venerari cepit. Propter
quod fugiens Romam licet inuitus deuenit et in domo paterna
Notice surla Copia Exemplorum du confesseur de sainte Brigitte. 99
omnibus incognitus elemosinis vixit, unde hora mortis sue a
voce in templo diuinitus audita vir Dei queri iubetur, ut
oret pro Roma. Inuenientesque eum mortuum cartam in manu
habentem, quam nemo nisi solus pontifex inde tollere potuit,
in qua uita ejus descripta legebatur. Quod pater, mater et
sponsa audientes summe lamentabantur quod eum tanto tem»
pore ante oculos incognitum habuerunt, verum et concurrente
tota Roma vix sparso auro corpus ad tumulum deferre potu-
erunt. Humilis paciencia faciliter confringit arma et bellum.
Sic seruari debet ut non ledatur iusticia et correctio.
Nouvel exemple caracteristique de la maniere de l’auteur.
La reflexion finale peut servir ä montrer comment il aimait
a tirer la morale de ses maigres histoires.
Fol. 104 v:o (Rapina).
Alexander Magnus quemdam piratam captum querebat
quare mare infestaret. Respondit: quare ita totum orbem in
festas? Sed quia ego exiguo (ms. exuguo) nauigio illud facio,
latro vocor; tu vero, quia magna classe istud facis, imperator
vocaris. Verum Augustus remota iusticia inquit: Quid aliud
sunt regna quam magna latrocinial Auis rapax permittitur
volare pro preda et ea habita ligatur ad perticam, ubi non
datur sibi quantum cupit.
L’histoire dont ce texte est une variante tronquee figure
deja chez saint Augustin, De civitate Dei, IV, 4, d’oü elle
s’est transferee dans les Gesta Romanorum (186). On la
retrouvee encore dans les contes populaires de l’Orient (Bas-
set, Mille et un contes, 1924, p. 507). — Voy. en outre Köhs
ler, Kl. Schriften, II, 559.
Fol. 108 r:o (Tentacio).
Quedam nobilis domina cum in castro suo remansit sola,
domino absente, subito libidinis ardore vehementer ita est in-
flammata ut tolerare non posset, sed ad portarium castri iuit
rogans eum ut sibi vellet commiserari. Cui ille respondit:
O domina, ubi est sensus tuus? Actende honorem tuam.
Hoc audito exiuit de castro ad flumen quod ibi erat et aquis
gelidis tantum se immisit, donec omnis calor illicitus abscessit,
100 W. Söderhjelm, Notice sur la Copia Exemplorum.
et rediens dixit portario: Si modo mille marchas auri mihi
dare velles, nullatenus consentire tibi vellem; et. vixit caste.
Fol. 109 r:o (Vindicium).
In Ierusalem tanta fames erat, que a Tito fuit obsessa,
quod non solum fılii parentibus et viri uxoribus cibum de
ore capiebant, verum etiam_mulier proprium natum coxit et
comedit, et cadaverum tot erat ut sepeliri non poterant, sed
precipitabant ea per muros, et valles ex eis replebant. Secundo
ergo anno obsidionis capta est lerusalem et .XXX. Iudei pro
uno denario venditi sunt, sicut et ipsi Christum pro .XXX.
denariis vendiderunt et emerunt. Et losephus dicit quod
nonaginta septem millia Iudeorum venditi sunt et undecim
centena millia et gladio et fame perierunt.
Le compilateur indiaue sa source: l’histoire des guerres
romanosjuives, de Flavius Josephus, dont il a probablement
utilise la traduction latine d’Hegesippa.
Fol. 110 r:o (Uxor).
Equus, bos, asinus et vilissima mancipia probantur prius
quam emuntur. Sola uxor non ostenditur, ne displiceat
prius quam ducatur. Pulchra facile adamatur, feda facile cons
cupiscit. Difficile est custodire quod plures amant, molestum
possidere quod nullus amare vel habere dignatur. Frequenter
maritus malus lucrifacit per bonam uxorem et amor carnis...
Dernier morceau de la collection, inacheve. Suit imme
diatement l’explicit, ä l’encre rouge.. Sont ajoutes encore
des canevas de sermons.
W. Söderhjelm.
Aarno Malin, Un fragment de legendaire de Langres. 101
Un fragment de l&egendaire de Langres, du
Xlle siecle, dans la Biblioth®que de
l’Universit€ de Helsinki.
Ces dernieres annees, on a mis en lumiere un trait intes
ressant de la plus ancienne histoire de la culture ecclesiastique
en Finlande: une partie considerable de la litterature liturgi-
que conserve&e en Finlande (XI — XIII" siecles) indique, par
la paleographie neumatique et le culte des saints, des relations
avec le territoire culturel de l’Allemagne du NordsOuest et
les pays rhenans!. Ces monuments manuscrits montrent donc
selon toute probabilite une influence culturelle de l’Allemagne
du Nord»Ouest sur la Finlande®.
Il faut croire que certains manuscrits anterieurs ä la
seconde moitie du XIII siecle et paraissant originaires de
l’Ouest de la Rhenanie, soit du territoire culturel francais,
ont suivi la m&me voie jusqu’en Finlande. Le fait est que
les relations culturelles directes entre la France et la Finlande
ne commencent manifestement qu’un peu plus tard et furent
notamment favorisees par deux circonstances. L’une de celles»
ci fut l’etablissement durable des dominicains en Finlande en
1249. Le siege central de cet ordre, qui eut une grosse in»
fluence sur l’organisation de notre Eglise surtout dans le do»
maine de la liturgie, se trouvait alors en France. Le second
fait fut que les Finlandais allerent souvent faire leurs etudes
ı Cf. T.Haapanen, Die Neumenfragmente der Universitätsbibliothek
Helsingfors (These, Helsinki, 1924, parue aussi dans les Public. de la
Bibl. de !’Univ. de Helsinki, T. V). Cf. aussi mon &tude Der Heiligen-
kalender Finnlands (Th&se, Helsinki, 1925, parue aussi dans les Publ. de
la Soc. d’Histoire ecclesiast. de Finlande, T. XX).
3 Entre autres, certains savants finlandais ont &tudie l'influence
de ia culture francaise de cette &poque-lä sur le territoire allemand de
l’Ouest: H. Palander-Suolahti, Der französische einfluss auf die deutsche
sprache im 12. jh. (Memoires de la Societe neo»philologique de Helsingfors,
Ill, 1902) et E. Öhmann, Studien über die französischen worte im deut-=
schen im 12. und 13. jh. (These, Helsinki, 1918).
102 Aarno Malin,
a l’Universite de Paris. Entre 1300 et 1450, le nombre des
etudiants que l’on sait avoir sejourne & Paris est plus grand
dans le diocese d’Abo que dans n’importe quel autre dipcese
scandinave; trois Finnois devinrent m&me recteurs de l’Univer:
site de Paris. Ce diocese peut aussi montrer dans les pays
du Nord le plus grand nombre d’eve&ques ayant.acheve leurs
etudes ä Paris. La collection de fragments de manuscrits du
moyen äge conserves dans la Bibliotheque de l’Universite de
Helsinki contient une grande quantite de textes manuscrits
dont l’&criture rappelle manifestement les styles frangais et
qui constituent ä coup sür des souvenirs de l’influence cul:
turelle frangaise dans notre pays au moyen äge.
Je me propose de presenter ici un bref apergu bibliogras-
phique d’un fragment de manuscrit frangais qui est probable-
ment parvenu dans le Nord par l’entremise de l’ancienne cul-
ture de l’Allemagne du Nord»Ouest!.
Le fragment en question se trouve dans la collection de
fragments en parchemin de la Bibliotheque de l’Universite
de Helsinki; cette collection, qui comprend env. 10.000
feuilles, est formee de debris de manuscrits medievaux qui
furent demembres lors de la Reformation, afin que leurs
feuilles pussent servir de couvertures pour les registres d’impöts
de l’administration: c'est ainsi que les feuilles dont nous nous
occupons ici ont contenu les comptes fiscaux de certaines res
gions de Finlande pour les annees 1550-55.
Il s’agit de 16 feuilles de parchemin grand format, env.
32x46 cm, la justification &tant d’env. 21x32 cm. Les 'pa-
ges sont a deux colonnes de 37—)38 lignes chacune. L’Ecri-
ture est tres soignee, c’est la minuscule propre au XII“ siecle,
bien qu’on puisse peutsetre aussi la dater du debut du XIII“.
Jai examine precedemment ce fragment dans mon &tude
Der Heiligenkalender Finnlands, pp. 66-72. Par prüdence, j'y ai desi»
gne par un numero special (Leg. II) les fol. 2 et 3 mentionnes cirdes»
sous; Jeur appartenance au reste du Legendaire de Langres est cepen>
dant tout & fait certaine; c’est ce que remarque T. Haapanen en ana
Iysant mon e&tude dans Historiallinen Aikakauskirja, 1926.
Un fragment de legendaire de Langres. 103
Initiales rouges ou bleues, simples. Au recto des feuilles,
au centre de la marge exterieure, un chiffre romain rouge
indiquant l’ordre de la legende dans le livre: les chiffres cor-
respondants se retrouvent au registre du fol. I. Au bas des
fol. 14“ et 16°, les numeros d’ordre des quaternions XIX et
XXI A en juger d’apres ces chiffres — et en supposant
qu'il s’agisse bien de quaternions et non pas, p. ex., de ca-
hiers de six — le manuscrit indique par le registre aurait
compte une centaine de feuilles.
Les feuilles sont les debris d’un legendaire. Une d'elles
contient par bonheur le registre (fol. 1”), qui montre que le
manuscrit contenait une quarantaine de passions et de vies de
saints pour la premiere moitie de l’annee, l’annee commens
cant a Noel; les derniers saints mentionnes dans le registre
sont Jean et Paul, dont la fete est le 26 juin. Les biogra=
phies indiqudes dans le registre sont enumerees plus bas. (On
a adjoint la date habituelle de la fete du saint en question.
L'asterisque* indique que les feuilles nous ont conserve une
partie de la legende du saint).
La maniere dont le choix des legendes de saints a ete
fait pour ce legendaire montre que le /ivre a ete compose en
tenant compte du culte des saints dans la France de l’Est, et
plus precisement de celui du Diocese de Langres (Diocesis Lins
gonensis), dans la Haute-Marne, France du NE. Par suite du
manque de criteres suffisants, on ne peut prouver s’il a ete
copie dans le diocese meme de Langres ou ailleurs.
Si on &limine les biographies des saints primitifs honores
partout dans le domaine de I’Eglise romaine, il nous reste
les vies et passions suivantes:
ee Columbe v.
!/, Eugendi abb.
®/, Genofeue v.
ı Gregorii Lingonensis ep.
7/_ Geminorum m. [»Speosippi etc.]
j Joannis abb. Reomaensis.
2%/, Eucharii etc. ep.
104 Aarno Malin,
10/, Austreberte v.
Y/, Andeoli ep.
/; Desiderii Lingonensis ep.
2/& Lugdunensium martyrum [»Photini et soc.]
Sur ces unze jours ‘de fetes, un seul :n’est pas d’origine
frangaise, celui de Eucharü, WValeri et Materni, le 24 janvier.
Ces saints sont cites comme les premiers &v@ques de Treves,
ou ils jouissent d’une grande renommee. Mais leur culte put
facilement se repandre ailleurs, parce qu’ils passaient pour
avoir &t€ envoyes directement par l’apötre Pierre. Il faut no-
ter que le diocese de Langres touche au Nord-Est ä celui de
Treves.
Parmi les dix autres saints d’origine frangaise, il en est
six dont la fete se rattache tout specialement ä la province
de Lyon ä& laquelle appartenait aussi Langres. Les quatre
feötes qui ne sont pas specifiquement lyonnaises sont: 31. XI.
Columbe v. (le lieu d’origine de ce culte etait Sens, Yonne',
3. I. Genofeve v. (Paris), 10. II. Austreberte v. (Rouen) et 1.
V. Andeoli ep. (Viviers, Ardeche). Sur les six premieres fetes,
deux sont reliees directement ä l’archeveche de Lyon: 2. VI.
Lugdunensium martyrum et 1.1. Eugenii abb. S. Claudii (Condat).
Le culte de tous les autres saints appartient en premiere
ligne au diocese de Langres (diocesis Lingonensis) qui, comme
on l’a dit, etait une suffragance de Lyon (dioc. Lugdunensis).
Ces Ben sont:
'ı Gregorii episcopi Lingonensis!
23 n Desiderii episcopi Lingonensis
ı Geminorum [Speusippi, Eleusippi et Meleusippi
fratrum et martirum],
ces derniers, selon l’opinion predominante, avaient subi le martyre
dans la region de Iangres et etaient honores comme patrons
PATHENIEL: de Langres,? ainsi que 28. I. Johannis abb. Reo-
! Sur les eveques de Langres, cf. L. Duchesne, Fastes episcopaux
de l'ancienne Gaule, 11, Paris, 1900, pp. 1822—1%.
2 Cf. p. e. AS («Acta Sanctorum, editio novissima) Fa, t. II, 2°,
p. 437-438, 442. Cf. aussi le Martyrologium Usuardi XVI Kal. Febr.:
Un fragment de legendaire de Langres. 105
maensis |Moutiers-St. Jean dans le diocese de Langres], «ortus
sub territorio Lingonice urbis»!.
Voici ce qui reste du texte du manuscrit.
Fol. 17: Registre:
25/ „ *Passio s. Anastasie v. 1.
/,„ "Vita s. Siluestri pp. et cf. II.
%/. *Passio s. Columbe v. II.
ı/, *Vita s. Fulgentii ep. III.
!/, "Vita s. Eugendi abb. V.
%, "Vita s. Genofeue v. VI.
*/, Vita s. Gregorii Lingonensis ep. VII.
%/, Passio s. Iuliani sociorumque eius. VII.
Vita s. Hilarii ep. et miracula eius. IX.
4/, Vita s. Felicis pbr. X.
15’; *Vita s. Mauri abb. XI.
1), _Passio ss. Geminorum [»Speusippi etc.] XI.
1%) *Passio ss. Marii et Marthe. XIII.
21/, *Passio s. Agnetis v. XIII.
22) Passio s. Vincentii m. XV.
28’ gl
2%, Vita ss. Eucharii, Valerii et Materni [ep.] XVI.
ls Passio s. Ignatii ep. et m. XVII.
%/, Passio s. Blasii ep. et m. XVII.
6/2 Passio s. Dorothee v. XVII.
6’, Vita s. Vedasti ep. XIX. (!)
6, Vita s. Amandi ep. XX.
10,, Vita s. Austreberte v. XXI.
24/, Tractatus de s. Mathia [ap.] XXII.
l/,;, Vita s. Albini ep. XXIII.
%', Passio ss. Philemonis et Apollonii. XXIII.
*/s Passio ss. Perpetue et Felicitatis. XXV.
12/, "Vita s. Gregorii pp. XXVl
\
Lingonis natalis Speusippi, etc. (AS Jun. t. VI, p. 35) et le Martvro-
logium Reginae Sueciae, olim Senonense, '"/;: Apud Lingones passio S.
Speusippi, Eleusippi et Meleusippi, qui martirio sunt coronati tempore
Aureliani imperatoris (AS Jun., t.- VI, p. 818).
.ı Vita Johannis abb. AS Jan. t. VIII, ®*,, p. 473; dans notre
manuscrit: fol. 1Or, ligne 3.
® A cette place manque dans le Registre Joannis abb. Reomaen-
sis. Cf£. plus bas, p. 107 (fol. 13).
106 Aarno Malın,
*/, *Vita s. Ambrosii Mediolanensis ep. XX VII.
22/, *Passio s. Georgii m. XXVIH.
25), Passio s. Marci ev. XXVIII.
li; Passio s. Andeoli m. XXIX. (!)
?/s *Vita s. Athanasii ep. XXX.
%/, Passio s. Alexandri pp. XXXI.
10/, Passio ss. Gordiani et Epimachi XXXII.
12/, Passio ss. Nerei et Achillei. XXXII.
22/5, Fassio ss. Desiderii Lingonensis ep. XXXIII.
28), Passio s. Urbani pp. XXXV.
2/& Passio ss. Marcelli et Petri mm. XXXVl.
e Passio ss. Lugdunensium mm. [-Photini et soc.]
XXXV1.
6i, Passio s. Bonifacii m. XXX VIII.
1l/s Passio s. Barnabe ap. XXXVIII.
19/, Passio ss. Geruasii et Prothasii mm. XXXIX(!)
28/, Passio s. Gallicani m. XXXX.
26/ Passio ss. Johannis et Pauli fratrum. XXXXlI.
Fol 1° : »INCIPIT PREFATIO IN PASSIONE SANCTE ANASTA-
SIE UIRGINIS ET MARTYRIS. Omnia que a sanctis gesta sunt X
Da mentem studiis, ut hostis incipiat te timere.» (= Migne,
Patrologia latina, t. 72, col. 438,»— 4, oü ce morceau constis
tue l’introduction ä la Passio sanctorum Cantianorum). «Ex-
PLICIT PREFATIO. INCIPIT PASSIO SANCTE ANASTASIE V. Pretex»
tati illustrissimi uiri X tribulationibus ministraret. sanctis
tamen.>»
Fol. 2: [Vıra S. SıLvEsTri pPp.] «taurum diuino nomine
mortuum aliquatenus X exhibere cibos quo possit.»
Fol. 3: [Vıra S. CoOLUMBE v. SENONENSIS.] »adoraueris
me hec omnia tibi dabo X Tunc clamauit ad eam uox de
celo dicens Veni colomba...» (La fin de cette legende, env.
10 lignes, est a peine lisible. Le titre de la legende suivante
est entierement erase). [Vıra S. FuULGENTII EP. Ruspensiıs]»
«Omnis noui testamenti X Et quamuis ille gau[diis]» (= Acta
Sanctorum, editio novissima, Jan., t. I, '/,. p. 32. c. 1.)
Fol. 4: [Vıra S. FULGENTII FP.] »hono]re maximo dig-
nos iudicabat * dignitatem pontificis priuilegio» (= AS Jan.,
T. L '/, p. 42, 2,3# -— p. 43, 2,24).
Fol. 5-6: [Vitra EuGeENnDI ABB] Fol. 5: »Sanctus nam»
que famulus christi X tamen ius paterne emi[nentiev (= AS
Jan., t. I, Vi. p. 50, c. 1 cap. I— p 51, 1,50). Fol.6: «scriptu-
ram secum habet X localiter coherceri. Ut enim» = AS Jan,,
t. lt, p. 52, Lie — p. 53, 1,s.
ug er E. — m_
Un fragment de legendaire de Langres. 107
F. 7-8, serie continue: [Vıra S. GENOUEFE v.] »ma]-
nendi uel maxime orandi gratia X in terram adorauit, ac
re] promisit» (= AS Jan., t. I, °/, p. 138, 1,se — p. 140. 1.17).
F. 9-10, serie continue: [VıTA S. MAURI ABB.] »tuis la-
crimis et meritis X ac commilitones tuos istos® (= AS Jan., t.
II, '°/,, p. 326, 2,4 — p. 328, 2,55).
Fol. 11: [Passıo SS. Marıı ETMARTHE] »multitudinem
christianorum psallentium X‘ quia illuminata fuisset» (= AS
Jan., t. IL, %/,, p. 581, Lı — p. 582, 1,s>).
Fol. 12: (4 lignes manquent en fin de fol.). [Passıo S.
AGNETIS vV.] «[Interea lupanar] locus orationis efficitur X auro
textis cicladibus® (= AS Jan., t. II, ?\/, p. 716, 1 — 717, 2,17).
Fol. 13: (seule la colonne interieure est conservee. 4 li:
gnes manquent au bas du fol.): [Vıra S. JOANNIS ABB. RE-
OMAENSIS.] Recto: »ac presencium memoria teste commen«
dem X“ gallias sub imperii iure iohannes» (=AS Jan.,t. II,
> , p. 473, 2, 31 — 73). Verso: »aliquatenus repperiri. Igitur
inuitum X reuocatus est. Sed redeundum... ceptioperis® (=ibid.,
p. 474, 1,2 — 474, 2,30 et 475, 1, commencement du texte).
Fol. 14. (Le 7 premieres lignes manquent. Seule la moitie
interieure de la colonne exterieure est conserv&e.) Recto, col.
l: [Vıra S. GREGORII PP.] »...ut in coli modestiam cades
rem. Item cum eulogio patriarche alexandrino. Transacto
anno sanctitatis X libertatem glorie filiorum dei.» (= AS Mart.,
t. I, 2/7, p. 199, 1,5 — 199, 2,2) »Item mariano episcopo
arabie. Multum iam X corpus in me anilmusque» (=ibid.,
p. 199, 2, 15-21). Col. 2: »... percus]sionis sue erga me X
crescat ex murmure» (=ibid., p. 199, 2»—32). «Rogo ut pro
mei X. corruptionis perpetue gloria» (-=ibid., p. 199, 2,0 —
2). »Huius] preterea venerabile x Esset ut exempli» (=ibid.,
. 199, 2,2 — 200, 1,15). Verso: »[Vıra S.] AMBROSII ME=
OR EpıscoPi, [Hortaris venerabilis pate|r augustine X
aliquamdiu euolantes» (=Migne, PL, 14, col. 29,1 —50,15. Le
passage »sancti spectare X conuiuii copias®, 29,26—33, a ete
decoupe.) |
Fol. 15: [Passıo S. GEORGII M.] »ita ut interiora eius
viscerum apparerent X ac tue salutis certissimo tutori assen=
sum prebere».
Fol. 16: [Vıra S. ATHANASII EP] >il]lis quibus integris
interrogationibus X fictio compositi criminis patuisset.» (=
Rufinus, Historia ecclesiastica, Lib. II, cap. 14—17; Migne,
PL, 21, col. 487,253 — 490,»).
Aarno Malin.
108 A. Wallensköld,
Lat. miräbılia dans les langues romanes.
Sous le n° 5601, nous lisons dans le Romanisches Etymos
logisches Wörterbuch de Meyer-Lübke:
«mirabilia «Wunder».
Ital. meraviglia, maraviglia, log. maravidza, eugad. müra»
val’a, friaul. maraveye, frz. merveille, prov. meravelha, katal.
meravella, [span. maravilla, portg. maravilha]; gen. möje «Zies
rereiv AGllItal. XVI, 347.»
Si nous laissons de cöte la forme fortement alteree du
genois, qui ne saurait nous interesser ici, il y a deux faits
dans la liste des formes romanes qui attirent specialement
notre attention:
1° la voyelle e ou a de la syllabe initiale, correspondant
a Il’? de l’etymon latin; et
2° la disparition de la voyelle contresfinale e ( lat. a)
dans la forme frangaise.
Examinons d’abord le second point. La salution de !'ir-
regularit€ apparente est facile a trouver. L’on a, en ancien
frangais, de nombreux exemples de la chute d’un e contres
final, provenant d’un a latin et se trouvant entre une nasale
ou une liquide et un r: serment ( sacramentum, denree (
*denarata, dernier {( *deretranarium, donrai dorrai (
donareshabeo, menrai merrai { minareshabeo, compar:
rai ( comparare»habeo, jurrai { jurareshabeo, parraı
( *parabolare-habeo (Meyer-Lübke, Gramm. des langues
rom., Il, $ 314), etc. etc.! L’'on sait (voir notamment Meyer;
! Je considere donc comme superflue la theorie de M. L. Jordan
(Afrz. Elementarbuch, Bielefeld et leipzig, 1923, Errata und Nachträge
zu S. 122), selon laquelle l’a protonique (nonsinitial) ne tombe r&
gulierement que quand il’ est separ& de la syllabe tonique par une
autre syllabe (ex. merveillous < *mirabiliosum,-sermenter ( *sacra
mentare, parmentier < *paramentarium), d’oü il s'’ensuit que des
cas comme merveille et serment seraient de caracttre analogique. On
pourrait plutöt, avec M. Neumann (Zs. für roman. Philol., t. VIII,
pp. 258-259), admettre un amuissement pr&matur& de l’e contre,final
dü ä la syntaxe phonetique.
Lat. miräbilia dans les langues romanes. 109
Lübke, ouvr. cite, t. I, $ 345) que l’amuissement d’un e contres
final a lieu aussi dans d’autres cas, mais le plus souvent
quand Il’une des consonnes environnantes est un r. On est
donc, ce me semble, autorise a etablir, pour l’ancien frangais
des XIe—XIIE siecles, la regle phonetique selon laquelle le
contresfinal s’amuit toutes les fois qu’il n'est pas conserve en
qualit&€ de voyelle d’appui, et que les exceptions sont dues &
des influences analogiques quelconques ou bien doivent etre
considerees comme de pures graphies archaisantes. C'est sous
ce point de vue que je regarde la forme mereveille, qu’on
rencontre quelquefois dans les anciens textes (voir les exem»
ples donnes par le Dictionnaire de Godefroy, t. V, pp. 262—
263 sous merveillable et merveillier, p. 340 sous miravile et
miravillos [formes latinisees] et t. X, pp. 143—144 sous mer:
veille et merveillos). Par consequent, on n’a nullement besoin
d’admettre pour le frangais, ainsi que l’ont fait p.ex. A. Dar:
mesteter (Rom., V, 145) et A.-G. van Hamel (ed. de Li Ros
mans de Carite et Miserere, Paris, 1885, p. 407 sous esmers
villier et p. 425 sous merveille, mervillier et mervillous), un
etymon latin *miribilia, oü le suffixe »abilis aurait ete
remplace par »ibilis.
Quant & la voyelle de la syllabe initiale, les exemples
nombreux avec a (it. maraviglia, etc.!) s’expliquent aisement
par une assimilation regressive ä distance, analogue ä& celle
qui a eu lieu quand silvaticum a donne roum. sälbatec,
fr. sauvage, a. prov. salvatge (voir deja dans les Gloses de
Reichenau 463: Onager: asinus saluaticus); bilancia, a. it.
et esp. balanza, fr. balance; ou xramen, roum. aramü, rhet.
aram, a. fr. arain, a. prov. aram, esp. arambre.
Mais pour ce qui concerne le frangais, il nous reste une
difficulte d’un autre caractere, qui ne ressort pas du bref ex-
pose du REW: la premiere syllabe de l’a. fr. merveille n'a
ı Aux cas signal&s par M. MeyersLübke il convient d’ajouter en»
core les formes rhetosromanes marvelya, marvelye, etc., donnees par
Th. Gartuer dans sa Raeforomanische Grammatik (Heilbronn, a
p. 79, 8 101.
110 4A. Wallensköld, Lat. miräbilia dans les langues romanes.
pas un e ferme, provenant d’un i ouvert du latin vulgaire,
ainsi que l’a admis, entre autres, M. MeyersLübke (Einf. in
das Studium der Roman. Sprachwiss.’, p. 182, $ 171), mais
un e ouvert, temoin le fait que, dans des textes ecrits dans
un des dialectes du Nord»Est du domaine francais (wallon,
picard), on trouve souvent des cas oü la voyelle de la pre
miere syllabe (qui portait un accent secondaire) est diphton>
guee (ie). En voici quelques exemples donnes par Godefroy:
T. V, p. 263® (s. v. merveilles): Quant il furent tout venut
ou palais l’empereour qui mierveilles est grans et large
(Kassidor., ms. Turin, £ 73 r°).
-T. V, p. 263° (s.v. memeillier): S’il en eurent paour,
miervillier n’en doit on (Geste des ducs de Bourg., 928,
Chon. belg.).
T. X, p. 144? (s.v. merveille): Si comme une fine mier:
velle (Rom. de Kanor, B. N. 1446, £ 18 v°). — (s.v. mer:
veillos): Miervelleus (Kassidor, ms. Turin, £ 42 r°) — Mais
les avenues si sont molt mierveleux (Rom. de Kanor, B.N.
1446, f° 19 r°). |
A ces exemples je peux ajouter encore les cas suivants,
tires du Roman de Florence de Rome (ms. Bibl. nat., f. fr.
24384; ed. A. Wallensköld, Florence de Rome, t. I, Paris,
1909): v. 4171 (p. 267) Venez veir mierveilles, dames,
pour Jhesucris; v. 4521 (p. 278) Quant virent tieus mierveil:
les que vous oy avez; v. 2526 (p. 213) Fourment siesmier:
villa, quant Mille ne choizi.
On a voulu, je crois men souvenir, expliquer l’e initial
des formes romanes comme dü ä l’existence en latin vulgaire
d’une forme analogique *miribilia, ou le premier ? serait,
par dissimilation, devenu un i ouvert (cf. vicinum ) *ve-
cino, esp. vecino, fr. voisin, roum. vecin; finire ) *fenire,
a. fr. fenir, divinare ) *devinare, fr. deviner, esp. (a)de-
vinar). Mais cet e roman dissimil& n’a certainement pas ete
un e ouvert, genetiquement et acoustiquement plus eloigne de
1’? que l’e ferme. Il me semble donc qu’il n’y a aucun autre
moyen d’expliquer l’e ouvert de l’a. fr. merveille (et de l'a.
7 mm ni, OD WGPSZPHEEEEERFEMIH EEE En TE | —— ee Es, en u Zr I u
Holger Petersen, Remarques sur la Vie de s. Eustache. 111
prov. meravelha?) qu'en admettant l’action contaminatrice de
quelque mot semantiquement apparente. Ce mot, je le crois
etre l’adjectif latin mtrus «pur» (a. fr. mier, prov. et cat.
mer, REW 5535). Dans mirabilia on aurait cru retrouver
ce mot, d’ou *m£@rabilia, ou bien on aurait combine
merus et mirabilia (mera mirabilia, «une pure mer:
veille>), d’ou par une espece d’haplologie syllabique (cf. tragis
comedie pour tragico-comedie), serait sorti le mot "merabilia.
A. Wallenskold.
Remarqgues critiques sur l’edition de la Vie de
saint Eustache par Pierre de Beauvais.
La Vie de saint Eustache de Pierre de Beauvais a ete
publiee, en 1917, par M. John R. Fisher dans The Romanic
Review, VIII, 1917, p. 1-67. Comme j'’ai reuni, bien avant
la publication de cette edition, tous les materiaux se rappor=
tant & la version de Pierre, je les utilise ici pour presenter
quelques remarques critiques sur l’edition de M. Fisher. Le
texte imprime est en effet inexact au point de vue materiel
jusqu’äa donner une image fausse de la tradition manuscrite;
mais, ce qui est plus grave, la methode de l’editeur est in-
existante ou tout au moins incomprehensible.
Voici d’abord quelques observations sur les pages que
M. Fisher a mises en tete de son Edition. Quant aux para-
graphes I—IV, je me bornerai aux deux remarques suivantes.
A propos de la litterature hagiographique en ancien frangais,
M. Fisher pretend (p. 1) que les auteurs de Vies de saints
ne s’astreignent pas & suivre de pres leur modele latin, mais
donnent plutöt libre cours ä leur imagination. On sait qu’en
regle generale c'est le contraire qui est vrai, c’est & dire une
fidelite passive a l’egard du modele.! Puis les’ notices de
ı CH. aussi notre Jivre Deux versions de la Vie de saint Eustache
en vers frangais du moyen äge, Helsingfors, 1925, p. 83—84.
1}? Holger Petersen,
M. Fisher concernant les anciennes versions de la Vie de saint
Eustache (p. 2) ont besoin d’etre rectifiees. On en connait
treize versions en prose frangaise du moyen äge, et non pas
seulement quatre. Les onze redactions en vers nous sont cons
servees dans seize manuscrits et dans un incunable, tandis que
M. Fisher ne parle que de quinze manuscrits. D’autre part,
il serait interessant de savoir quelles sonit les «several» redac-
tions dramatiques dont parle l’editeur: ä ma connaissance, il
n’en existe qu’une seule, savoir Le Mystere de St. Eustache,
qui est d’ailleurs en dialecte dauphinois.!
Je passe maintenant au paragraphe V, qui comprend un
essai de classement des quatre manuscrits de cette version,
B, L,Met P. M. Fisher reunit B, L et M en un groupe
sopposant & P. A vrai dire, il n’y a rien qui autorise un
tel classement.” Le fait est que B, L et M n’ont en commun
aucune faute &vidente et que, chaque fois que ces trois manu-
scrits sont d’accord contre P, la lecon de celuisci est ou visis
blement fautive ou peut tres bien ne pas appartenir au poete.
— Ma tentative de classer les manuscrits ne donne que ce
seul resultat certain qu'il existe une parente etroite entre L et P.
Nombreux sont les passages ou L et P s’accordent contre
B et M sans qu'il apparaisse d’une maniere evidente que ce soit
B et M qui representent la meilleure legon. Mais p. ex. aux
vers 288, 517, 705, 905, 1281 et 1586 c'est evidemment le
groupe LP qui presente une leson corrompue.” — Ma six
vers, ajoutes en note par l’editeur apres les vers 42 et 1342,
qui ne se retrouvent pas dans les autres manuscrits. On ne
! Publie par Tabs Paul Guillaume dans la Revue des langues
romanes, 1882.
° Des douze vers allegucs comme confirmant ce classement fan:
taisiste (p. 5) il faut tout d’abord supprimer cing, savoir les vers 144-5,
tous les quatre manuscrits donnant ici la m&me lecon, ainsi que les
vers 259-60 et 264, qui ne se retrouvent pas du tout dans P et que
le copiste a evidemment omis par megarde.
° Au vers 288 (BM:: Et qui les erranz convertis, LP: Et qui les
Kranz convertis) l’exactitude de la leson de BM est confirm&e par le
modele latin qui porte ici: qui convertis errantes.
Remarques sur la }’ie de saint Eustache. 113
pourrait pourtant pas envisager un groupe BLP contre M,
car un examen de ces passages montre clairement que les vers
en question ne sont pas seulement inutiles, mais meme nui-
sibles au contexte. Ils ont evidemment ete interpoles par un
copiste, et M. Fisher a bien fait de les releguer aux notes. —
Les ressemblances, d’ailleurs insignifiantes, qui apparaissent
parfois entre B et L semblent principalement tenir au fait que
ces manuscrits sont moins anciens que les deux autres et qu'el-
les sont dues au besoin de rajeunir (voir p. ex. les vers 167,
427, 622, 948 et 1235).! — Le tableau suivant montre la
fillation des quatre manuscrits:
M B P L
Apres etre arrive ä un resultat faux dans son essai de
classement, M. Fisher renonce ä en faire usage dans l’etablis-
sement de son texte et pretend suivre le ms. P dans tous les
cas ou cela lui a paru possible. Le principe &tait bon: nous
verrons pourtant que, malheureusement, l’ex&cution laisse beau=
coup ä& desirer. Si le texte est fautif a plusieurs endroits, la
varia lectio est defectueuse un plus haut degre encore. La
formule vague employee par M. Fisher (p. 6)* ne permet pas
au lecteur de deviner quel est le procede suivi par l’editeur
dans le choix des variantes indiquees au bas des pages. Le
fait qu'il donne un tres grand nombre de variantes purement
ı A propos de la langue des copistes ($ VI), M. Fisher declare
que le texte de M & &t& modernise par le copiste, sainsi qu’il fallait
sy attendree. M est une copie executee par Mouchet et collationnee
par La Curne de Sainte-Palaye. Il n'y a vraiment aucune ralson de
croire que cette copie ne soit pas la reproduction fidele du modelle,
qui au point de vue de l’anciennete est la deuxi&me des quatre.
2 «... we have not noted in the variants every instance of the
most frequent differences».
114 Holger Petersen,
graphiques des trois manuscrits B, L et M fait penser d’abord
que la varia lectio est a peu pres complete, mais un examen
attentif des manuscrits montre qu’il n’en est rien. Si des va-
riantes graphiques ou autrement sans importance sont frequem:-
ment relevees, d’autres, par contre, qui interessent le sens ont
&te omises. L’editeur fait preuve ici d’un arbitraire absolu.!
Je ne dispose ni du temps ni de l’espace necessaires pour
donner ici une liste complete des erreurs de lecture ou des
autres inexactitudes commises par M. Fisher soit dans l'eta-
blissement du texte soit dans la varia lectio.” Dans la liste
qui suit, je ne m’occuperai que du texte luismeme et je ne
m’arröterai qu’aux passages les plus importants. Si j'ai bien
compte, il y a, dans le texte de M. Fisher, qui comprend
1726 vers, 353 qui auraient besoin d’etre rectifies. Je n’en
signalerai ici que 146.
1 Les exemples suivants font voir l'inadvertance de l’editeur ainsi
que son procede& vraiment curieux: Le vers 326 L’aufre nuit vint a moi .
le Sire represente la lecon de B et non pas de P. LMP ont la bonne
lecon li Sire, mais on lit aux variantes: P le [sic]. A la note du vers
383 L’endemain quant il ajorna nous lisons: B omits alor [sic], L A len:
demain 9 ajorna. Le fait est qu’ici BMP ont exactement la m&me lecon,
mais que, dans P, les mots a lor (devant quant) ont &t& exponctues.
Ces mots se retrouvent au vers precedent (a lor hostel) et ont &t& r&p&
tes par megarde par le copiste qui a luism&äme corrige son erreur. Au
vers 705 A une vile ileques pres les variantes portent: M viloi grant
[pour A un viloi grant illeuc pres], P illec [pour LP illec]. Comme
variantes du vers 809 Contre els vint, si le saluerent, on lit: BLM vint
il, P vindrent si [pour vint si, comme dans le texte]. A la variante du
vers 878 Eüstaces ne s’engarda, on lit: LM sengarda [sic] pour BP se
garda. Au vers 1182 Ca et la et en meint endroit on lit aux variantes:
L et en maint. La verite est que BLM portent ici et en mainf et que
en manque ä P. Le vers 1262 Quant conjoi' furent assez n'est accoms
pagn& d’aucune note, quoique la lecon de P soit: ©. que un ior f.a.
Au lieu de la variante du vers 1510 Qui peüst tant savoir n’aprendre:
BLM naptrendre [sic], on doit lire: P s. aprendre; B Quil p.; M Que il p. s.
? Pour donner au lecteur une idee du travail que repr&senterait
un examen complet, disons que parmi les cent premiers vers il yena
trente-quatre qui exigent quelque correction, et que parmi les notes
qui s’y rapportent, vingt:trois sont incompletes quant aux variantes
importantes et quatorze sont fautives.
Remarques sur la Vie de saint Eustache. 15
V. 6, lire, avec BLM, Ou (non Dun) li biens deüst con-
verser. — V. 20, lire, avec tous les mss., Par les (non le)
tormenz; il fallait signaler que le ms. base a que il (non quil).
— V. 30, lire, avec tous les mss., Ou (non Que) nostre Sire.
— V. 33, lire, avec tous les mss., Li bon, li net, li pur (non
piu), li fin. — V. 35, lire, avec tous les mss., entente (non [s]
entente). — V. 38, lire, avec tous les mss., escouter (non
esconter). — V. 41, lire, avec tous les mss., Que nus (non
[nus]). — V. 50, lire, avec BL (M manque), Ne le lait endroit
lui perir (non mourir).! — \V. 58, lire, avec le ms., sus (non
sur). — V. 70, imprimer descors (non des cors). — V. 106,
lire, avec M, En andeus oefi)Iment estoient (non Et d’un cou:
rage andous estoient). — V. 116, lire, avec le ms., gentil cuer
(non gentile cuer). — V. 118, lire, avec le ms., la vilanie (non
le v.). — V. 128, lire, avec tous les mss., ı erent (non [i]
ierent) apreste. — V. 141, lire, avec le ms., Un en vit plus
bel et plus grant (non Une grant compaigne de cers, qui est
le vers 139, repete par megarde par M. Fisher). — V. 142,
lire, avec BLM, De touz les autres, dont engrant (non le plus
grant). — V. 143, lire, avec BLM, Fu le jor durement (non
couveitous) del prendre. — V. 145, lire, avec BLM, Si tost con
les virent (non li vinrent) de pres. — V. 159, lire, avec M, En
(non Ef) vint enpres. — V. 174, lire, avec BMP, Comment ce
fu que il avint (non il la vint). — V. 195, lire, avec BLP,
sestoit (non se(st)oit). — V. 194, lire, avec le ms., son (non
sen). —: V. 205, lire, avec le ms., el penser (non et p.). —
V. 221, lire, avec le ms., Que (non Cui) il reprist (non res:
prist). — V. 223, lire, avec BLM, L’omme tret bienfeiz (non
ı Tout le passage est ainsi consu: Quer bel set servise merir: Ne
le lait endroit lui perir. La superiorite de la lecon de perir sur celle de
mourir semble confirmee par deux passages dans d’autres @uvres de
Pierre de Beauvais. Son Bestiaire a &t& fait sur la demande de l’eve-
que Philippe de Dreux «en cui servise ne perist mie», et, dans Le Saus
moier et les trois sejours de l'homme on lit: Qui bien le (= Dieu) sert,
bien li merist; En lui ne defaut, ne perist Merite d’oevre c'on li face, Car
il voit en cuer et en face. La rime r.che merir : perir parle aussi en
faveur de cette lecon.
116 Holger Petersen,
qui bien feit) a merci. — V. 226, lire, avec BLM, Por toi
vener et por toi prendre (non por aprendre). — V. 266, lire,
avec BLM, QOu'a touz fust (non fu). — Lire les vers 273—4
dans l’ordre inverse, comme dans BLM. — V. 279, lire, avec
le ms., Por (non par) pitie d’els (non dels). — V. 233, impri-
mer Co (non Co) et en chief (non enchief). — \V. 288, lire,
avec BM, Et qui les erranz (non tiranz) convertis. — V. 305,
lire, avec BLM avenir (non devenir). — V. 326, lire, avec le
ms., li Sire (non le S.). — V. 350, lire, avec le ms., Qui por
nos comme homme (non nous com(me) hon) morut. — V. 352,
lire, avec le ms., cresfiente (non crestriente). — V. 398, lire,
avec BMP, Et el Saint Espir (non Esprit). — V. 403, lire,
avec BL, Ber (non Buer; P a d’ailleurs Buen) fus nez. —
V. 416, imprimer Sanz fin corone (non S. f., corond). —
V. 431, lire, avec le ms., ÄAusint (non Einsint).. — V. 436,
lire, avec tous les mss. (B a pourtant Dont pour Tot et P
s'’est mepris en ecrivant l’abreviation de mout pour mont),
Tot ai le mont (non je molt) en ma ballie. — V. MI, lire,
avec le ms., Se tu (non te) perz, tu (non te) retroveras. —
V. 442, lire, avec BLM, Por perte mar (non mal) t’esmaieras.
— V. 445, lire, avec le ms., Par (non Por). — V. 450, lire,
avec LM, Tes biens (non Tres bien). — \V. 458, imprimer Il
respondi: «Orendroit, Sire (non Il r. or en droit, «Sire,). —
V. 467, lire, avec le ms., Ä sa meson s’en repera (non repara).
— V. 478, lire, avec le ms., Quar de bout sore (non sor) leur
corut. — VW. 487, lire, avec le ms., Quar de tel poeir (non
pöeur). est sa force. — V. 497, lire, avec tous les mss., sı
(non li) enfant. — \V. 517, lire, avec BM, La feste fu (non
ert; pour &@viter l’'hiatus) por la victoire. — V. 524, lire, avec
BL, Toz en remua ses (non les) talenz. — \V. 526, lire, avec
tous les mss., Lors le (non li) fist querre. — V. 528, lire, avec
BM, Trover, tant le seüssent (non ne le sorent) querre. —
V. 544, biffer la deuxieme virgule. — V. 555, lire, avec tous
les mss., La nef del port a (non en) eslognier. — \V. 559, lire,
avec LMP, sigler (non siglier). — V. 562, lire, avec tous les
mss., Le (non Li) pris de la nef demanda. — \V. 642, lire, avec
Remarques sur la Vie de saint Eustache. 117
les quatre mss., quant il vint (non vient) la. — \V. 644, im:
primer le gue (non l'egue). — V. 649, lire, avec le ms., l’eive
(non !'evie). — V. 653, imprimer le guei (non l’egue i). —
V. 664, lire avec BLM, EI n’i voi, je retornerai (non Vers
cetui ga r.; P porte d’ailleurs recouverai). — V. 676, lire, avec
le ms., Ne n’ai ami (non amis). — V. 677, lire, avec tous les
mss., amenuise (non m’amenuise). — V. 703, lire, avec BL,
Illec laissa bien Dex voeir (non Illec [ques] laissa bien v.). —
V. 716, lire, avec les quatre mss., Ne me guerpis (non guer-
pir). — V. 724, lire, avec BLM, Einz m’est tote rien anemie
(non Einz moi est tot rien/s] enemie; P porte d’ailleurs E. m’est
tot rien en nuie). — V. 732, lire, avec le ms., Dementres (non
Dementiefr]s). — V. 740, lire, avec tous les mss., blez (non
ble). — V. 758, lire, avec BLM, Que grant (non granz) richece
li dorroit. — V. 771, imprimer se garda (non s’egarda). —
V. 780, lire, avec LM, Que ausi con (non Qu’ausi come; P
porte D’ausi con, B Qu’ainsi comme). — V. 794, lire, avec
tous les mss., repereras (non repareras). — V. 800, lire, avec
le ms., Et tis nons eirt (non iert) magnifiez. — V. 810, im-
primer puis Taresonnerent (non la resonnerent). — V. 827,
imprimer Ici demuir (non demiur). — \V. 837, lire, avec tous
les mss., Puis dist a conseil son (non non) seingnor. — \V. 849,
lire, avec le ms., pernoif (non prenoit). — \V. 861, biffer les
guillemets et mettre un point ä la fin du vers. — V. 862,
mettre des guillemets en tete du vers. — V. 876, imprimer
chascu[n]s (non chascus). — V. 878, lire, avec le ms., Eüstaces
ne se garda (non s’engarda). — \V. 886, lire, avec le ms., Lors
lor fu verte aoverte (non verite overte). — \V. 900, lire, avec
L, Et Tempereres qui corciez (non (qui) coreciez; B a courrou=
ciez, M corrociez, P coreciez; tous les mss. ont qui). —
V. 903, lire, avec BLM, Ert (non Et ert) 1oz en joie retenuz.
— V. 910, fermer les guillemets a la fin du vers. — V. 916,
lire, avec tous les mss., granz (non grant). — V. 917, impris
mer Entr’els (non Entre els).. — V. 926, lire, avec tous les
mss., bonte (non conte). — V. 962, mettre un point ä& la fin
du vers. — V. 964, lire, avec le ms., Si li vint et mut de grant
\
1185 - Holger Petersen,
sens (non Si li vint (et vint de grant sens)); biffer le point
et virgule.. — V. 969, lire, avec LMP, Aidanz a armes (non
Aidanz d’armes) et de pris. — V. 999, lire, avec BLM, D’un
seing un et un (non u[n]s et uns) les seingna.. — \V. 1008,
lire, avec MP, Ne les connut neis (non il n’il) leur. pere; Ba
ine, Lane il. — V. 1011, lire, avec MP, Andui furent lor
(= adv.; non si) connestable; L porte leur, B si. — V. 1050,
lire, avec les quatre mss., Tant qu’a (non que) la meson apro:
cherent. — V. 1054, lire, avec le ms., Li dui vaslet (non vaslez).
— V. 1084, imprimer S’en tornerent (non S’entornerent). —
V. 1092 et 1093, imprimer mi (non m’i). — V. 1096, lire,
avec tous les mss., ne (non [ne]) veimes. — V 1100, lire, avec
tous les mss., Ele (non Elfe]). — V. 1125, lire, avec tous les
mss., mon pere (non ma mere). — V. 1136, imprimer m’'en
portoit (non m’enportoit). — V. 1146, lire, avec le ms., ei(n)sirent
(non (en) isirent). — V. 1173, lire, avec tous les mss., la (non
le) grant eneur. — V. 1180, lire, avec tous les mss., avoif (non
voif). — V. 1204, lire, avec tous les mss., esgarda (non esgarde).
— V. 1214, lire, avec tous les mss., T’ancele (non Tanft] cele),
ta bone compaigne. — \V. 1220, lire, avec tous les mss., Pla-
cidas (non Placidus). — V. 1223, lire, avec BLM, Apela par
le cerf (non par sa grace) a soi, legon confirmee par le mo-
dele latin qui porte ä cet endroit: quem etiam dignatus
est Salvator ipse per cervum ad se vocare —
V. 1250, lire, avec BLM, Braz tenduz au col (non Braz au
col tenduz) li salli. — V. 1267, lire, avec le ms., maint jor ha
(non (y) a). — V. 1293, lire, avec le ms., Douz sire (non
Donc, sire). — V. 1299, lire, avec BLM, Il leur enquist (non
enquis). — V. 1375, imprimer Si li dist donc: « Amis, porquoi
(non Si li dist: «Dong, a., p.). — V. 1379, imprimer Endroit
(non En droit). — V. 1383, lire, avec les: quatre mss., par
(non por) noz dex. — V. 1446, lire, avec tous les mss., Metroit
(non Merroit). — V. 1458, lire, avec BLM, nul (non nule)
oufrage. — V. 1479, lire, avec B, cil qui si (non se) mue. —
V. 1481, imprimer jeu (non jeü). — V. 1492, lire, avec BM,
Ainz ha tous ses chartriers (M touz ces chartries) mandez.
— ar in 0 on 0 Gm, > Gemimeen uni gg
un EEE meifliimeäiifeggugen — GEDEES SEO >) EEE nme ei, mn. EEE ASEEEEEED.. EEE " EBEREEEE. HERE SNAETDEEESMGEENNTETENEEETEEGETÄEEETTET: f° gufiunmumnine AURRBEERREE, — nn,
Remarques sur la Vie de saint Eustache. | 119
P porte ici: Ainz ha ses chartrieres (sic; fem.?) mandez, L:
Aingois a ses chartriers mandez. Il semble que le modele
commun de Pet de L ait present€e une legon oü fous a ete
omis (Ainz ha ses chartriers m.) et que les copistes des deux
mss. aient corrige la lecon fautive chacun & leur fagon. —
V. 1502, lire, avec M, Li chartrier lour ont otroie. Ba ıı
pour lour. Ici encore, le modele de P et L semble avoir eu
une legon fautive, evidemment Li chartrier Tont otroie, corrigee
diversement par les deux copistes: dans P nous lisons Li
chartriere l’ont otroie et dans L Li charterier Tont o. — V. 1510,
imprimer Qu’i (= il; non Qui). — V. 1511, lire, avec BLM,
la. (non lor) conoissance. — V. 1531, lire, avec tous les mss.,
desvoier (non desnoier). — VW. 1545, lire, avec tous les mss.,
Et (non Efi]t). — V. 1559, lire, avec le ms., require (non
requere). — \V. 1560, lire proiere (non preire; le ms. porte
proeire). — Fol. 119 commence par le vers 1595 (non 1594).
— V. 1598, lire, avec LM, Que nes un chevels ait (non nel)
senti. — V. 1599, lire, avec BLM, Le feu qu'il (non qui) en
ha fet fur. — V. 1605, lire, avec tous les mss., avalez (non
avelez). — \V. 1617, lire, avec tous les mss., Que Dex a fet
(non fete) por ses amis. — \V. 1619, lire, avec tous les mss.,
le feu (non li fus). — V. 1626, lire, avec BLP, por (non par).
— V. 1630, lire, avec le ms., veroie (non veraie). — V. 1633,
lire, avec le ms., D’els iest (= ist; non i est) unfe] odor sı
parfite (non parfeite). — Fol. 120 commence par le vers 1637,
ce qui n’a pas ete indique.. — V. 1658, lire, avec tous les
mss., Ses (non Les) avroit ceste (non cest) odor passees. —
V. 1639, lire, avec M, ces (non ses) miracles. — V. 1641 et
1644, lire feu (non fu). — Mettre entre guillemets les vers
1659 —1666. — \V. 1668, supprimer la virgule ä la fin du vers.
— \V. 1677, lire, avec le ms., petit et (non a) petit. — Mettre
un point a la fin du vers 1680. — V. 1715, lire, avec les
mss., Par (non Por).
Holger Petersen.
120 K. S. Laurila,
Sprache und Anschauung.
Das in der Überschrift angedeutete Problem ist haupt:
sächlich von den Ästhetikern behandelt worden. An und
für sich ist es jedoch ein sprachpsychologisches Problem,
obgleich seine Folgerungen gerade auf dem ästhetischen
Gebiete die grösste Tragweite und praktische Wichtigkeit
haben.
Bevor man aber an die Lösung dieses Problems her:
angeht, ist es notwendig zuerst genau und klar festzus
stellen, welches Problem hier eigentlich vorliegt. Um zu einer
genauen und unzweideutigen Fassung des Problems zu gelan=
gen, ist es wohl am besten, von einigen ganz elementaren sprach-
psychologischen Feststellungen auszugehen. Zunächst ist daran
zu erinnern, dass die Sprache, obgleich sie ohne Zweifel das
‚bei weitem wichtigste menschliche Ausdrucksmittel ist, doch
an sich keine direkte Ausdruckskraft besitzt. Weder die ge-
sprochenen, noch weniger die geschriebenen (oder gedruckten)
Wörter sind als solche im Stande, menschliche Gedanken,
Gefühle, Stimmungen und Gesinnungen auszudrücken. Wie
wenig sie in der Tat dazu fähig sind, leuchtet uns am besten
“ein, wenn wir eine fremde, uns unverständliche Sprache hören
oder lesen. Auch ihre gesprochenen Worte sind uns ja nur
sinnloses Plappern, das durch seinen Lautklang und Rhythmus
vielleicht auf das Ohr irgendeinen Eindruck machen kann.
Aber auch diese akustischen Eindrücke sind allzu unbestimmt
und allgemein gehalten, um irgendwelche individuellen Gefühle,
noch weniger individuelle Gedanken übertragen zu können.
Noch weniger ausdrucksfähig sind Jie geschriebenen (oder
gedruckten) Worte einer fremden: Sprache. Sie besitzen über:
haupt gar keine ausdrückende Kraft. Damit ist gesagt, dass
die ausdrückende Kraft sowohl der gesprochenen als der ge-
schriebenen Sprache wesentlich mittelbarer und innerer Art
ist. Die Wörter als solche drücken unmittelbar. nichts aus.
Sie selber sind eigentlich keine Ausdrucksmittel, sie sind nur
«Ausdrucksvermittler.» Die Worte sind nur Zeichen, welche
Sprache und ‚Anschauung. 121
auf Gegenstände, Erscheinungen und innere Erlebnisse hin»
weisen und ihre Vorstellungen ins Bewusstsein rufen. Diese
durch die Worte hervorgerufenen Vorstellungen sind es, die
etwas ausdrücken und die Übertragung von menschlichen
Gedanken, Gefühlen und anderen inneren Regungen aus=
führen.
Die hier vorliegende Frage bezieht sich nun gerade auf
diese durch die Worte hervorgerufenen Vorstellungen, d. h. auf
ihre Anschaulichkeit oder Unanschaulichkeit. Es ist näml.
von grosser Wichtigkeit genauer festzustellen, von welcher
Art diese Bedeutungsvorstellungen der Worte sind, besonders
in bezug aufihre Anschaulichkeit oder Unanschaulichkeit. Schon
vom allgemeinen sprachpsychologischen Gesichtspunkt aus ist es
von Wichtigkeit, darüber im Klaren zu sein, wie die durch die
Worte hervorgerufenen Bedeutungsvorstellungen eigentlich
sind. Aber auf dem ästhetischen Gebiet und da noch beson-
ders in der Dichtkunst (oder richtiger in der Wortkunst im
allgemeinen) ist diese Klarheit unbedingt notwendig. Die
Frage, ob die dichterische Sprache im Stande ist, den Leser
die geschilderten Gegenstände, Erscheinungen und Vorgänge
anschaulich erleben zu lassen, ist geradezu eine Lebensfrage
für die ganze Wortkunst. Wenn näml. die Sprache nicht im
Stande wäre, den Leser die geschilderten Vorgänge, Gegens
stände und Erscheinung n in ihrer individuellen Anschaulich-
keit unmittelbar erleben zu lassen, dann könnte die Worts
kunst schwerlich den Anspruch erheben, als Kunst zu gelten.
Denn wie sehr auch sonst die Auffassungen von dem Wesen
der Kunst abweichen, darin stimmen doch so ziemlich alle
Asthetiker überein, dass sie von jeder künstlerischen Dar»
stellung mindestens Anschaulichkeit in diesem Sinne verlangen.
Als Kunst gilt ja nur eine solche Darstellung, die das Darge-
stellte entweder unseren Sinnen oder unserer Phantasie in
unmittelbarer Leiblichkeit und in individueller Bestimmtheit,
d.h. also anschaulich, darbietet. Man erblickt ja gerade hierin
das unterscheidende Merkmal der künstlerischen Darstellung,
indem jede trockene, abstrakte, begriffliche, d.h. unanschau-
.
122 K.S. Laurila,
liche, Darstellung ohne Weiteres entweder als wissenschafts
lich, prosaisch, als »Tatsachenstil®, also überhaupt als nicht
_ künstlerisch, bezeichnet wird. Auch sonst gilt ja die Anschaus
lichkeit als Grundbedingung und Nährboden aller nicht allein
künstlerischen, sondern auch aller ästhetischen Wirkung über:
haupt.
Hieraus erhellt, wie grundwichtig die Frage nach der
“ Anschaulichkeit oder Unanschaulichkeit der Sprache besonders
für die ganze Wortkunst ist.! -
In früherer Zeit kannte man auch keine Zweifel in dieser
Beziehung. Im Altertum z.B. war der Glaube an die vers
leiblichende Kraft der Sprache, wenigstens der dichterischen
Sprache, felsenfest. Man hielt die Poesie für ebenso fähig
der anschaulichen Schilderung der Gegenstände wie die Malc-
rei oder die bildende Kunst überhaupt. Was die Malerei
durch Formen und Farben erreicht, dasselbe erreicht die Poesie
vermittels der Worte. Die Poesie kann also auch malen, wie
die Malerei selbst. Da ist kein Unterschied in der veranschaus
lichenden Kraft der beiden Künste, nur die Mittel der Verans
schaulichung sind verschieden. So wurden die beiden Künste
ganz einfach gleichgesetzt und ihre Grenzen verwischt. Ihren
lapidarsten Ausdruck fand diese Gleichsetzung in dem be-
rühmten Ausspruch des griechischen Dichters Simonides, der
die Poesie als eine redende Malerei und die Malerei als eine
stumme Poesie bezeichnete. Jahrhunderte hindurch wurde
dieser Ausspruch als eine besonders tiefe und geniale ästhetische
Weisheit wiederholt und bewundert. Vielleicht noch verbrei-
teter wurde ein anderer klassischer Ausspruch, worin ebenfalls
' Noch besonders wichtig ist diese Frage für jede solche ästhes
tische Richtung, die das ganze Wesen des Ästhetischen und der Kunst
gerade durch die Begriffe «anschaulich» und assinnlich» erklärt. Dies
tat ja vor allem die Hegelsche Schule, nach deren Auffassung das Ästheti-
sche überhaupt und somit auch jedes Kunstwerk die sinnliche Erscheis»
nung der Idee ist. Folglich haben auch die Ästhefiker der Hegelschen
Schule mit besonderem Eifer für die Anschaulichkeit der dichterischen
Sprache gekämpft.
Sprache und Anschauung. 123
die Gleichheit der Malerei und der Poesie energisch betont
ist, näml. die Worte aus der Ars poetica des Horaz: ut pictura
poesis. Wegen seiner Kürze war dieser Ausspruch noch
geeigneter, ein geflügeltes Wort zu werden, was er auch in
vollem Masse wurde. So wurde die Auffassung, welche die
Gleichheit der Poesie und der Malerei (der bildenden Kunst)
betont und ihre Verschiedenheit und Eigenart unberücksichtigt
lässt und verwischt, gewissermassen zu einem Dogma, das Jahr:
hunderte hindurch unangefochten fortlebte. Und dieses Dogma
von der Gleichartigkeit der Künste (besonders in bezug auf
die Poesie und Malerei) enthielt natürlich implicite den Glauben,
- dass die Sprache der Poesie ebenso vollkommener Veran:
schaulichung und Verleiblichung der Gegenstände fähig sei wie
die Malerei mit ihren Darstellungsmitteln.
Der erste, der diesem Dogma mit voller Iatkraft und
Zielbewusstheit auf den Leib ging und es einer gründlichen
Revision unterzog, war Lessing. Ganz ohne Vorgänger war
Lessing in dieser Beziehung allerdings nicht. Der Zeitgenosse
und Freund Lessings, Moses Mendelssohn, hatte schon, wie
Hettner hervorhebt', in seinen «Betrachtungen über die Quellen
und die Verbindungen der schönen Künste und Wissenschaf-
ten» (1757) auf die Verschiedenheit der Darstellungsmittel der
Poesie und der bildenden Künste hingewiesen und daraus
ungefähr ähnliche Folgerungen gezogen wie später Lessing.
Lessing hat auch selber die von Mendelssohn empfangenen
Anregungen dankbar anerkannt. Aber trotzdem bleibt es, wie
Hettner mit Recht betont, «Lessings unentreissbares Verdienst»,
«dass er zuerst und er allein es verstand, aus dem todten
Gestein den zündenden Funken zu schlagen». Erst Lessing
hat jedoch die volle Tragweite der schon von Mendelssohn
angedeuteten Gedanken eingesehen und er hat diese Gedanken
folgerichtig und energisch zu Ende gedacht und die Grenzset-
zung zwischen den bildenden Künsten und der Poesie voll»
zogen. f
ı Vgl. Hermann Hettner, Gesch. der deutschen Literatur im XVII.
Jahrhundert. III, 2°, S. 518 ff.
124 | K. S. Laurila,
Es muss aber hier ein noch früherer Vorgänger erwähnt
werden, näml. der ungemein gedankenreiche Franzose Abbe
Dubos, der besonders mit seinem höchst bedeutenden Werk
«Reflexions critiques sur la poesie et sur la peinture» (1719)
einen ausserordentlich weit gehenden Einfluss ausgeübt
und Anschauungen und Ideenrichtungen späterer Zeit vorbe-
reitet hat. Dubos ist ja einer von jenen geistigen Säemännern .
und Bahnbrechern, die in ihren stillen Studierstuben neue
Gedanken entwickeln und sie in die Welt streuen, aber so
lärm- und geräuschlos, dass ihre Gedanken zwar infolge
ihres Wahrheitsgehalts und ihrer überzeugenden Kraft von
vielen übernommen und weiter verbreitet, aber die Denker selbst
vergessen werden. So wandern ihre Gedanken ohne Eigen-
tumsmarke oder oft sogar unter ganz falschen Eigentumsmar-
ken in der Welt herum, und kaum einer kennt mehr ihren
ursprünglichen Urheber. Und die wenigen, die ihn vielleicht
kennen, haben meistens keine Lust, ihn zu nennen, um nicht
der eigenen Urheberehre Abbruch zu tun. Schon Chateau=
briand hat gesagt, dass Abbe Dubos zu den Männern gehöre,
que «l'on vole sans avouer le larcin».! Dieser an fruchtba-
ren Gedanken so reiche Mann, der wirklich sowohl offen als
besonders heimlich viel bestohlen und arg verkannt worden
ist, hat erst in den letzten Jahrzehnten in seinem eigenen Lande
die ihm gebührende Anerkennung gefunden. Besonders durch
das eben erwähnte grosse und verdienstvolle Werk A. Lom-
bards ist Dubos in Frankreich der Vergessenheit entrissen
und rehabilitiert worden. In seinem wohl verständlichen und
durchaus lobenswerten Eifer, dem lange verkannten, hochver:
dienten Manne endlich volle Gerechtigkeit widerfahren zu
lassen, geht aber A. Lombard, wie mir scheint, bisweilen sogar
allzu weit, indem er Dubos auch solche Verdienste zurechnet,
die ihm von Rechts wegen wohl nicht gehören. Dies scheint
mir auch in bezug auf die Frage der Fall zu sein, die uns
I Vgl. A. Lombard: L’Abbe Du Bos. Un initiateur de la penste
moderne. Paris 1913. S. 1.
Sprache und Anschauung. 125
hier beschäftigt. Nach Lombard hätte Dubos eigentlich schon
die bildenden Künste und die Poesie voneinander abge-
grenzt und die Eigenart beider festgestellt, was bis jetzt
als die historische Leistung Lessings angesehen worden ist.
Lombard sagt darüber: «Lessing a eu tort de s’exprimer comme
si tout le monde avant lui avait admis sans reserve le uf
pictura poesis, alors que le plus connu des ouvrages d’esthe-
tique, ecrit en 1719 et imite depuis par de tres nombreux
ecrivains (d. h. gerade Refl. critiques de Dubos) avait marque
les differences et les limites des deux arts.!»
Um diese seine Behauptung zu beweisen, macht Bonibard
auf einige Stellen in den Reflexions von Dubos aufmerksam, wo
auch dieser die Unterschiede jener Künste hervorhebt. Diese
Stellen finde ich jedoch nicht beweiskräftig. Allerdings weist
auch Dubos auf Unterschiede zwischen den bildenden Künsten
und der Poesie hin, wobei er natürlich nicht umhin kann,
gelegentlich auch ähnliche Unterschiede zu berühren wie Lessing.
Dubos hat sogar ein ganzes Kapitel (Bd. I. Kap. 13) seines
Werkes der Behandlung dieser Unterschiede gewidmet. Dieses:
Kapitel trägt die Überschrift: «Qu’il est des sujets propres
specialement pour la Poesie & d’autres specialement pour la
Peinture.. Moien de les reconnoitre.v Man braucht aber nur
dieses Kapitel durchzulesen und es mit den entscheidenden
Kapiteln in Lessings Laokoon zu vergleichen, um einzusehen,
wie weit entfernt der Gedankengang Dubos’ von dem Lessings
ist. Und dieser Eindruck wird nicht wesentlich geändert,
wenn man auch die von Lombard bezeichneten einzelnen
Stellen bei Dubos mit in Betracht zieht.” Lessing geht ja
| nn le nn
ı Vgl. A. Lombard, a.a.O., S. 374.
° Wenn J.ombard so energisch darauf besteht, dass Dubos in
seinen Reflexions schon die Hauptgedanken des Laokoon vorausgenoms
men habe, so beruht diese seine Auffassung zum Teil vielleicht auch
darauf, dass der Urtext des Laokoon Lombard vielleicht nicht
zugänglich gewesen ist und er sich auf fehlerhafte Übersetzungen hat
stützen müssen. Wenigstens ist diejenige Stelle, die Lombard in seinem
Werke (S. 371) aus dem Kapitel XVII des Laokoon in französischer
126 K.S. Laurila,
aus von der Verschiedenheit der Darstellungsmittel der Poesie
und der bildenden Künste (d. h. von der Sprache und von
den «Figuren und Farben»). Aus der Verschiedenheit der
Darstellungsmittel folgt für Lessing unbedingt auch eine Ver:
schiedenheit sowohl in der Darstellungsweise wie auch in den
: Darstellungsobjekten. So kommt Lessing, von der Verschieden-
heit der Darstellungsmittel ausgehend, zu einer klaren und be:
stimmten Feststellung der Eigenart der beiden Künste, sowie
auch zu einer grundsätziichen Abgrenzung derselben. Und
dies ist gerade der Zweck, den er mit seinem Laokoon verfolgt,
wie er es übrigens selbst schon in der Vorrede deutlich angibt.
Von alledem ist bei Dubos kaum eine Spur zu finden. Dies
war offenbar auch nicht seine Absicht. Ihm ist gar nicht
daran gelegen, die Eigenart der Poesie und der bildenden
Kunst grundsätzlich festzustellen und sie möglichst klar von;
einander abzugrenzen. Schon eher könnte man vielleicht mei:
nen, dass Dubos im Gegenteil die Verwandtschaft und die ge:
genseitigen Berührungen der beiden Künste hat hervorheben
wollen, wie übrigens auch Lombard selbst bemerkt.! So haben
die flüchtigen Hinweise Dubos’ auf unterscheidende Merkmale
der Poesie und der bildenden Kunst durchaus nicht denselben
Sinn und Zweck wie bei Lessing, auch dann nicht, wenn
gelegentlich sogar dieselben Merkmale berührt werden. Wie
hätte auch ein Werk die im Schlagwort uf pictura poesis zum
Ausdruck kommende Anschauung bekämpfen können, das
selbst gerade dieses Schlagwort auf seinem Titelblatt als Motto
trägt! .
Es bleibt also vielleicht doch dabei, dass es Lessing ist,
der als erster das Verkehrte an der hergebrachten Gleichset:
zung der bildenden Kunst und der Poesie gehörig nachgewie:
Übersetzung anführt, gar nicht übereinstimmend mit der entsprechenden
Stelle im Urtexte. ‘
' all (Lessing) a insiste surtout sur ces differences (der bilden»
den Künste und der Poesie), et son livre est Ecrit pour cela, fandis que
celui de Dubos parait avoir pour objet les rapprochements.» Lombard, a.
a. OÖ, Ss. 371.
Sprache und Anschauung. 127
sen, ihre Eigenart grundsätzlich festgestellt und sie klar von>
einander abgegrenzt hat. Er hat dazu zwar Anregungen
erhalten, von Mendelssohn sicher, wahrscheinlich auch : von
Dubos, obgleich die letzteren Anregungen in diesem Falle
wohl nicht besonders bedeutend waren. Und jedenfalls hat
Lessing aus den empfangenen Anregungen, woher sie auch
gekommen sein mögen, etwas so Selbständiges und Eigenes
gemacht, dass sein Urheberrecht auf diese Leistung wohl von
keiner Seite, wenigstens nicht von seiten Dubos’, bestritten.
werden kann. |
Diese Leistung hat Lessing in seinem Laokoon ausgeführt.
Dessen Untertitel («über die Grenzen der Malerei und Poesie»)
gibt schon deutlich an, dass es die Absicht Lessings ist, in :
diesem Werke die Eigenart ‘und Grenzen der bildenden Kunst
und der Poesie festzustellen und damit derjenigen Richtung
entgegenzutreten, die jene Künste gleichsetzt, ihre Eigenart,
Verschiedenheit und Grenzen verwischt. . Sicherheitshalber ist
dies noch in der Vorrede ausführlicher gesagt.
Die Eigenart der bildenden Kunst und der Poesie beruht
nach Lessing letzten Endes auf der Verschiedenheit ihrer Dar:
stellungsmittel. Daraus folgt näml. eine Verschiedenheit sowohl
in den Darstellungsobjekten als auch in der Darstellungsweise.
Wir lassen aber Lessing selbst mit eigenen Worten das Ender:
gebnis seiner Untersuchung mitteilen, sowie es im Kapitel XVI
zusammengefasst ist.
«Wenn es wahr ist, dass die Malerei zu ihren Nachahmun-
gen ganz andere Mittel oder Zeichen gebrauchet, als die Poesie;
jene nämlich Figuren und Farben in dem Raume, diese aber
artikulierte Töne in der Zeit; wenn unstreitig die Zeichen ein
bequemes Verhältnis zu dem Bezeichneten haben müssen:
so können nebeneinander geordnete Zeichen auch nur Ge:
genstände, die nebeneinander, oder deren Teile nebeneinander
existieren, aufeinander folgende Zeichen aber auch nur Gegen:
stände ausdrücken, die aufeinander, oder deren Teile aufein-
ander folgen:»
«Gegenstände, die nebeneinander oder deren Teile ne-
128 K.S. Laurila,
beneinander existieren, heissen Körper. Folglich sind Körper
mit ihren sichtbaren Eigenschaften die eigentlichen Gegenstände
der Malerei.»
«Gegenstände, die aufeinander, oder deren Teile aufein=
ander folgen, heissen überhaupt Handlungen. Folglich sind
Handlungen der eigentliche Gegenstand der Poesie.»
«Doch alle Körper existieren nicht allein in dem Raume,
sondern auch in der Zeit. Sie dauern fort und können in
jedem Augenblicke ihrer Dauer anders erscheinen und in ans
derer Verbindung stehen. Jede dieser augenblicklichen Erschei-
nungen und Verbindungen ist die Wirkung einer vorhergehen-
den und kann die Ursache einer folgenden und sonach gleich-
sam das Centrum einer Handlung sein. Folglich kann die Male-
rei auch Handlungen nachahmen, aber nur andeutungsweise
durch Körper.»
«Auf der andern Seite können Handlungen nicht für sich
selbst bestehen, sondern müssen gewissen Wesen anhängen.
Insofern nun diese Wesen Körper sind, oder als Körper be-
trachtet werden, schildert die Poesie auch Körper, aber nur
andeutungsweise durch Handlungen »
«Die Malerei kann in ihren koexistierenden Kompositio:
nen nur einen einzigen Augenblick der Handlung nutzen, und
muss daher den prägnantesten wählen, aus welchem das Vor:
hergehende und Folgende am begreiflichsten wird.»
«Ebenso kann auch die Poesie in ihren fortschreitenden
Nachahmungen nur eine einzige Eigenschaft der Körper nutzen,
und muss daher diejenige wählen, welche das sinnliche Bild
des Körpers von der Seite erwecket, von welcher sie ihn braucht.»
«Hieraus fliesst die Regel von der Einheit der malerischen
Beiwörter, und der Sparsamkeit in den Schilderungen körper:
licher Gegenstände.»
Um zu erklären, wie er zu diesen Ergebnissen gelangt sei,
fügt Lessing hinzu:
«Ich würde in diese trockene Schlusskette weniger Ver:
trauen setzen, wenn ich sie nicht durch die Praxis des Homers
vollkommen bestätiget fände, oder wenn es nicht vielmehr
Sprache und Anschauung. 129
die Praxis des Homers selbst wäre, die mich darauf gebracht
hätte. Nur aus diesen Grundsätzen lässt sich die grosse Ma-
nier des Griechen bestimmen und erklären, sowie der ent:
gegengesetzten Manier so vieler neueren Dichter ihr Recht
erteilen, die in einem Stücke mit dem Maler wetteifern wollen,
in welchem sie notwendig von ihm überwunden werden
müssen.»
«Ich finde, Homer malet nichts als fortschreitende Hand»
lungen, und alle Körper, alle einzelne Dinge malet er nur
durch ihren Anteil an diesen Handlungen, gemeiniglich nur
mit einem Zuge.»
Es gehört natürlich nicht zur Sache, hier auf eine allge-
meine Prüfung der eben angeführten Gedanken einzugehen.
Wir wollen nur feststellen, welche Auffassung von der An-
schaulichkeit der dichterischen Sprache in diesen Gedanken aus-
gedrückt ist. Offenbar ist Lessing der Ansicht, dass es nach
wie vor der Zweck der Poesie und des Poeten ist, die ge-
schilderten Gegenstände und Vorgänge dem Leser möglichst
anschaulich, d. h. möglichst lebhaft und direkt erlebbar, zu
machen. Auch ist die Sprache, und wenigstens die Sprache der
Poesie, nach Lessing, einer solchen Veranschaulichung und
Versinnlichung fähig. Lessing sagt dies auch direkt in dem
folgenden Kapitel (XVII), wo er äussert: «Der Poet will nicht
bloss verständlich werden, seine Vorstellungen sollen nicht
bloss klar und deutlich sein; hiermit begnügt sich der Pro:
saist. Sondern er will die Ideen, die er in uns erwecket,
so lebhaft machen, dass wir in der Geschwindigkeit
die wahren sinnlichen Eindrücke ihrer Gegenstände
zu empfinden glauben, und in diesem Augenblicke der
Täuschung uns der Mittel, die er dazu anwendet, seiner Worte,
bewusst zu sein aufhören.»
In welcher Weise hat nun Lessing die hergebrachte Auf:
fassung von der Anschaulichkeit der Poesie und ihrer Sprache
reformiert, wenn er doch auch selber von der Sprache der
Poesie möglichst grosse Anschaulichkeit verlangt und ihr an=
dererseits auch eine solche Fähigkeit zutraut? Lessing hat nach»
9
130 K.S. Laurila,
gewiesen, dass die poetische Anschaulichkeit etwas durchaus
anderes ist als die malerische Anschaulichkeit.e. Deshalb soll
der Dichter nicht mit dem Maler wetteifern und malen wollen,
ebenso wenig wie der Maler mit dem Dichter wetteifern soll.
Sie sollen einander nicht ins Handwerk pfuschen und nicht
auf dieselbe Weise zu schildern suchen, denn ihre Darstellungs:
mittel sind grundverschieden und bedingen folglich eine ver:
schiedenartige Schilderung und verschiedenartige Anschau:
lichkeit. Das Darstellungsmittel des Dichters ist die Spra=
che, die aus sukzessiven, artikulierten Tönen besteht.
Diese sukzessiven Töne taugen nur zur Schilderung sol«
cher Gegenstände, die selber in der Zeit aufein-
ander folgen, d. h. der Handlungen. Zur Schilderung der
räumlich simultanen Körper taugen sie dagegen direkt nicht.
Dazu taugen wiederum die Darstellungsmittel der Malerei:
die räumlich simultanen Figuren und Farben. Wo also die Poes
sie Körper schildern soll, möge sie das nicht direkt und in der
Art der Malerei zu tun versuchen, sondern indirekt, d.h. «an:
deutungsweise durch Handlungen». Das Gleiche gilt mutatis
mutandis von der Malerei. Aber möglichst anschaulich soll
die Poesie trotzdem alles zu schildern suchen, was sie zu
schildern hat, obgleich nicht anschaulich in demselben Sinne
wie die Malerei. Die Anschaulichkeit der Poesie soll Anschau-
lichkeit in der Erscheinungsform des Zeitlichen (und nicht
des Räumlichen) sein, weil das Darstellungsmittel der Poesie,
die Sprache, auch selber etwas Zeitliches ist.
Lessing hat somit in vollem Masse an der Forderung der
Anschaulichkeit auch in bezug auf die Dichtkunst festgehalten.
Er hat nur den Begriff der Anschaulichkeit gerade im Hin-
blick auf die Dichtkunst etwas näher bestimmt, indem er nach-
gewiesen hat, dass die poetische und die malerische Anschau-
lichkeit, infolge der Verschiedenheit der Darstellungmittel jener
Künste, durchaus verschieden sind. Dadurch hat er zugleich
die Eigenart dieser beiden Künste näher bestimmt, daraus wich-
tige Stilgesetze für beide abgeleitet und die Künste selbst
voneinander abgegrenzt, womit er die bis dahin übliche
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Sprache und Anschauung. 131
Gleichsetzung der genannten Künste («uf pictura poesis»)
als verkehrt und verderblich nachgewiesen hat. Dies dürfte
vielleicht als das positive und grösstenteils wohl auch blei-
bende Resultat von Lessings Laokoon angesehen werden.
Dagegen ist die Art und Weise, wie Lessing sich im Ein-
zelnen die Rolle und Funktion der Sprache als Darstellungs-
mittel der Poesie gedacht hat, durchaus nicht in jeder Be-
ziehung einwandfrei, noch weniger endgültig befriedigend.
Hier hat auch die Kritik vornehmlich eingesetzt. Schon Herder
hat in seinen Krit. Wäldern! Lessings Laokoon besonders
von dieser Seite und zwar in ziemlich scharfem Ton
angegriffen. Herder findet es durchaus nicht glücklich, wenn
Lessing das Sukzessive an der Sprache betont, die Poesie des-
halb als untauglich zur Schilderung der räumlich simultanen
Körper bezeichnet und aus diesem Grund die Poesie und die
Malerei voneinander unterscheidet. «Die Succession der Töne
kann der Poesie nicht so wesentlich berechnet werden, als der
Malerei das Coexistieren der Farben», bemerkt Herder dazu
(S. 136). «Nicht das Coexistente, oder die Succession ist das
Wesen der Poesie», sondern «die Kraft, die einmal den Worten
beiwohnt, — — die zwar durch das Ohr geht, aber unmit:
telbar auf die Seele wirkt» (S. 137). Ebenso wenig ist die
Sukzession nach Herder für den Begriff der Handlung wesent:
lich oder massgebend. «Ich läugne es also», sagt Herder
(S. 139), «dass Gegenstände, die auf einander oder deren
Theile auf einander folgen, desswegen überhaupt Handlungen
heissen: und eben so läugne ich, dass weil die Dichtkunst
Successionen liefre, sie desswegen Handlungen zum Gegen-
stande habe. Der Begriff des Successiven ist zu einer Hand-
lung nur die halbe Idee: es muss ein Successives durch Kraft
seyn: so wird Handlung.» «Kraft ist der Mittelpunkt ihrer
Sphäre». Noch am Ende seiner Betrachtung kommt Herder
auf seinen Haupteinwand zurück: «Dass das Successive in
ı Vgl. Herders Sämmtliche Werke, herausgeg. von B. Suphan.
Dritter Band (Berlin 1878). S. 133 ft.
132 K. S. Laurila,
den Tönen der Poesie kein Haupt- kein natürliches Mittel
ihrer Wirkung sey, sondern die Kraft, die diesen Tönen will-
kürlich anhängt, und nach andern Gesetzen, als der Succession
der Töne, auf die Seele wirkt.» Zweitens bemerkt Herder,
«dass das Successive der Töne ja nicht der Poesie allein, vielmehr
jeder Rede zukommt, und also wenig in ihrem innern Wesen
bestimmen oder unterscheiden könne» (S. 142 £.).
Diese Kritik Herders wird von manchen deutschen Ästhe-
tikern offenbar als ziemlich bedeutend angesehen.! Mir scheint,
dass Herder in seiner Kritik hauptsächlich daneben haut. Er
bekämpft solche Gedanken Lessings, die Lessing gar nicht geäus:
sert hat. Soweit ich sehen kann, hat Lessing z.B. nicht bes
hauptet, dass das Wesen der Poesie in der Sukzession be-
stünde, ebenso wenig wie er das Wesen der Handlungen darin
erblickt hat. Das wäre ja auch sinnlos gewesen, denn in der
Sukzession kann natürlich nur das Wesen — der Sukzession
bestehen, aber weder das der Poesie, noch das der Handlung,
weil es selbstverständlich sehr vieles andere gibt, was sukzessiv
ist, ausser Poesie und Handlungen. Lessing hat überhaupt in
seinem Laokoon weder das Wesen der Poesie, noch weniger das
der Handlung endgültig bestimmen wollen. Seine Absicht
war nur, die Poesie und die bildende Kunst voneinander
zu unterscheiden und abzugrenzen. Zu diesem Zweck hat er
auf die Verschiedenheit der Darstellungsmittel dieser Künste
hingewiesen und festgestellt, dass die Darstellungsmittel der
Malerei, näml. die Figuren und Farben, etwas Räumliches und
Simultanes seien, die der Poesie, die «sartikulierten Töne»,
dagegen etwas Zeitliches und Sukzessives, worin er so ziem:
lich Recht haben dürfte. Aus diesen Feststellungen hat Lessing
dann die gehörigen Folgerungen gezogen, die auch, wenigstens
in der Hauptsache, ziemlich stichhaltig sein dürften. Alles
dies, d. h. die wirklichen Gedanken Lessings, werden, wie
mir scheint, gar nicht von der Kritik Herders getroffen. Er
ı Vgl. z. B. Jonas Cohn, Die Anschaulichkeit der dichterischen
Sprache. Zeitschr. für Ästh. u. allgem. Kunstwissenschaft. Bd. 2 (1907)
S. 182 f.,u. Rudolf Lehmann, Deutsche Poetik (1908), S. 76 f.
Sprache und Anschauung. 133
wendet sich ja überhaupt nicht gegen diese, sondern spricht
von etwas anderem -- haut also daneben.
Was dann die eigenen positiven Gedanken Herders über
das Wesen der Poesie und über die Natur und Funktion
der poetischen Sprache betrifft, scheinen sie mir an einer er:
heblichen Unklarheit und Verschwommenheit zu leiden. Es
wäre dringend notwendig gewesen, bedeutend ausführlicher zu
erklären, was diese «Kraft» eigentlich ist, welche nach Herder
das Wesen der Poesie ausmacht und die «den Worten beiwohnt,
durch das Ohr geht, aber unmittelbar auf die Seele wirkt».
Jetzt erfahren wir darüber so gut wie gar nichts. So ist auch
die spätere Zeit ziemlich allgemein über diese Herderschen
Einwände gegen Lessings Laokoon zur Tagesordnung
übergegangen. Die Forderung der Anschaulichkeit auch in
bezug auf die Dichtkunst ist in Geltung geblieben, nur in
dem Sinne modifiziert und präzisiert, wie Lessing sie in seinem
Laokoon präzisiert hatte.
Die späteren Ästhetiker haben diese Forderung teilweise
noch verschärft. Besonders Fr. Th. Vischer (wie übrigens
die ganze Hegelsche Schule) und Edv. von Hartmann. Für
Vischer ist ja, seinem Hegelschen Standpunkt gemäss, die An-
schaulichkeit eine ästhetische Grundforderung. Das Ästheti-
sche ist ja für ihn immer Idee in der Form der sinnlichen Erschei-
nung. Diese Forderung gilt in vollem Masse auch in bezug
auf die Poesie. Es ist daher «eine ebenso wesentliche, als
vielfach, namentlich in der modernen Zeit, verkannte Grund:
bestimmung, dass der Dichter das Innere, das er darstellen
will, in Gestalten niederlegen, diese als Träger desselben vor:
führen muss. Wer dem innern Auge nichts gibt, wer ihm
nicht zeichnen kann, ist kein Dichter».! Und in dem posthu-
. men Werk «Das Schöne u. die Kunst» drückt er denselben
Gedanken noch volkstümlicher aus. Da heisst es (S. 29):
«Und so wendet sich der Dichter zunächst an diese nach
innen geschlagene, im Geiste sich wiederholende Sinnlichkeit.
134 K. S. Laurila,
Gibt er dem inneren Auge nichts zu sehen, so kann er nach
Hause gehen, denn er ist kein Dichter. Wer uns nichts zu
schauen gibt, der gibt uns für die ästhetische Auffassung nichts.
Also auch die Poesie ist sinnlich». Wie weit Vischer die
Forderung der Anschaulichkeit führt, geht auch daraus hervor,
dass er in seiner Ästhetik (l.c.) sogar den Ausspruch des Sir
monides gewissermassen gutheisst, indem er sagt: «Im Allge-
meinen hat das Wort des Simonides, die Dichtkunst sei eine
redende Malerei, seine Wahrheit». Und auf der folgenden
Seite (S. 17) fügt er hinzu: «Die echte Poesie ist im Verges
genwärtigen so stark, dass wir meinen, ihre Gestalten greifen
zu können.»
Dass Vischer dies jedoch nicht in einem den Lessingschen
Grundgedanken widersprechenden Sinne meint, geht daraus
hervor, dass er in einem späteren Paragraphen ($ 847) sich
ausdrücklich mit den diesbezüglichen Grundgedanken Lessings
einverstanden erklärt und obendrein in dieser feierlichen
Weise: «Die deutsche Literatur darf stolz darauf sein, durch
Lessing das grosse Grundgesetz der Dichtkunst, welches dieser
Paragraph ausspricht, ein für allemal hingestellt zu haben.
Seit wir seinen Laokoon besitzen, gehört der Satz, dass der
Dichter nicht malen soll, zum Abc der Poesie» (S. 51).
Nicht weniger streng wird dieselbe Forderung von Hart:
mann gefasst, wie schon aus folgenden Äusserungen hervor:
gehen dürfte: «Die Kunst der dichterischen Sprachgestaltung
besteht darin Worte auszuwählen und dieselben in solche
Verbindung mit einander zu setzen, dass die Anschaulichkeit
des Wortsinns der Sätze und Safzverbindungen zu einem Maxi»
mum gesteigert wird. Alle sogenannten «poetischen Figuren»
dienen diesem Zweck, was wohl nachgerade als allgemein
anerkannt gelten darf, theils direkt durch Ersatz einer abstrak-
teren Vorstellung durch eine konkrete, theils indirekt durch
einschränkende Veranschaulichung der abstrakteren Vorstellung
vermittelst Beifügung von konkreteren, oder durch gegenseis
tige einschränkende Veranschaulichung. Auch die Personifika-
tion des Unpersönlichen, die Individualisirung des Individuali-
er En U u 3 “ nn 3 rn
rn Dr EEE en. no . nn u iii. en, 9
Zi “un mn EEE > 7° EEE nn, °
Sprache und Anschauung. 135
tätslosen und die Beseelung und Verlebendigung des vermeint-
lich Seelenlosen und Leblosen gehört hierher, weil durch Per-
sonifikation, Individualisirung, Beseelung und Verlebendigung
das bezeichnete Objekt der Anschauung näher gerückt, dem
Verständniss des Menschen assimilirt und zugleich für seine
ästhetische Auffassung auf eine höhere Konkretionsstufe der
Schönheit gehoben wird.»
«Das Ergebnis des dichterischen Veranschaulichungsbestre»
bens ist nun das, dass der Hörer der so erzielten Wortzus
sammenstellungen dazu genöthigt wird, nach Anleitung ihres
anschaulichen Wortsinns einen Phantasieschein für sein Bes
wusstsein zu produciren, der bei einem normal veranlagten
und empfänglich gestimmten Menschen demjenigen Phantasies
schein nahekommt, welchen der Dichter in Worten auszus
drücken versucht hatte.»!
Diese Auffassung, dass die Forderung der Anschaulich»
keit auch für die Poesie gilt, obgleich in einem sachgemäss
angepassten Sinne, hat sich dann so ziemlich unangefochten
bis zur letzten Jahrhundertwende behauptet. Sie wurde ernst-
lich in Abrede gestellt erst durch das bemerkenswerte Buch
«Das Stilgesetz der Poesie» (1901) von Theodor A. Meyer.
Th. A. Meyer gebührt das unzweifelhaft grosse Verdienst,
dass er als erster nach Lessing die äusserst wichtige Frage
nach der näheren Beschaffenheit der dichterischen Sprache
(besonders nach ihrem Verhältnis zur Anschaulichkeit) zu
einer gründlichen Untersuchung.vornahm. Und die Ergeb»
nisse dieser Untersuchung waren wesentlich negativer und
zugleich ziemlich umwälzender Art, wie schon aus folgenden
Zitaten hinreichend hervorgehen dürfte. |
«Das sprachliche Vorstellen ist ein eigenes Vermögen un»
seres Geistes, das sich in eigenen Formen und nach eigenen
Gesetzen bewegt; indem es sich über die Formen des anschau»
lich Gegebenen hinwegsetzt, offenbart es auf seinem Gebiete
die Herrlichkeit und Freiheit unseres Geistes, der sich in der
ı Philos. des Schönen, S. 717.
136 K: S. Laurila,
Verfolgung seiner Zwecke durch das Sinnliche nicht binden
lässt — das ist das Ergebnis unserer Untersuchung über die
Natur unseres Vorstellens. Mit diesem Ergebnis ist die Lehre
von der Sprache als einem Vehikel der Anschauung gerichtet.
Nur dann könnte die Sprache uns innere Anschauungsbilder
vermitteln, wenn sie sich selbst in ihrer ganzen Struktur und
in ihrer Alltagserscheinung als verkrüppelte Anschauung ers
wiese. So aber ist der Tod der Anschauung die Auferstehung
der Sprache. Auf dem Wege der Abstraktion schafft sie sich
die Steine zu ihrem Bau und aus diesen fügt sie ihr Gebäude
zusammen durch das Bindemittel denkenden Beziehens. Wo
bliebe da der Raum für die ganz anders geartete Anschauung?
Auf der Vernichtung der Anschauung beruhen alle ihre Vors
teile: die staunenswerte Kürze, mit der sie die Wirklichkeit
verdichtet und dem Geist einen beherrschenden Überblick
über die Weiten ihrer Räume und Zeiten gewährt und die
Einheitlichkeit ihres Tons für's Sinnliche und Geistige, die sie
sich schafft, indem sie durch Entanschaulichung des Sinnlichen
das Sinnliche zum Geistigen stimmt. So sträubt sich an ihr
alles und jedes gegen die Anschauung: wie könnte sie dem
Dichter als Vehikel der Anschauung dienen?
Der Dichter ist denn auch weit entfernt, ihr eine Aufs
gabe zu stellen, die sie nicht lösen kann und ihren Genius
zu vergewaltigen» (S. 44).
«Aber wenn die Sprache nicht auf Anschauung angelegt
ist, so muss sich leicht zeigen lassen, dass die Poesie, die mit
der Sprache darstellt, es ebensowenig ist und dass also diese
Gegenwärtigkeit nichts zu thun hat mit innerer Sinnenwahrs
nehmung und nicht bestehen kann im inneren Sehen und Hören
eines Sinnlichen, in dessen Formen uns der Gehalt in adäqua-
ter Verkörperung zugetragen und übermittelt würde. Die Durchs
forschung der Poesie muss noch deutlicher, als die Analyse
des allgemeinen Baus der Sprache den grundsätzlichen Unter:
schied aufdecken, der zwischen Anschauung und Poesie besteht.»
«Ein Blick auf die Poesie zeigt unzweifelhaft, dass die
sinnliche Schilderung in ihr dieselbe fragmentarische abstrahie-
Sprache und Anschauung. 137
rende Art aufweist, die wir soeben als das eigentliche \Wesen
der Sprache festgestellt haben» (S. 45).
«Es ist klar: die Poesie braucht keine Anschauung und
sie darf keine brauchen. Sie braucht keine, weil uns der
Dichter den Gehalt schon voll und ganz im Inhalt seiner mehr
oder weniger sinnlich gefärbten oder unsinnlichen Vorstellun=
gen erschliesst. Sie darf aber auch keine brauchen, weil es
unserer bildenden Phantasie unmöglich wäre, vollwertige Ans
schauungsbilder zu schaffen. Ein Vermögen, das bei der Mehr:
zahl der Menschen so schwach entwickelt ist, ist unfähig eine
Kunst zu tragen. Mögen sich immerhin dann und wann an
geeigneten Stellen aus Anlass des Dichterworts Anschauungen
bei uns einstellen, — ich bin weit entfernt, das zu bestreiten —
so dürfen sie doch für die Poesie von keiner konstitutiven Bes
deutung sein» (S. 50).
Diese Ansichten haben, wie zu erwarten war, beträcht-
liches Aufsehen erregt, aber meistens Zustimmung, teilweise
sogar begeisterte Zustimmung gefunden. Schon im folgenden
Jahr (1902) hat H. Roetteken in seiner Poetik ungefähr den=
selben Standpunkt eingenommen. Und Max Dessoir hat zuerst
in seiner Abhandlung «Anschauung u. Beschreibung»,! dann
in seinem ästh. Hauptwerk «Aesthetik u. allgem. Kunstwissens
schaft» (erste Aufl. 1906, zweite Aufl. 1923) diesen ablehnen:
den Standpunkt vielleicht noch entschiedener und folgerichtis
ger ausgesprochen als andere. Mehr oder weniger vorbehalt-
los haben sich dann demselben Standpunkt angeschlossen R.
Lehmann,? R. Müller»Freienfels® u. a. Von den namhafteren
Ästhetikern kann ich im Augenblick nur zwei nennen, die
die neue Unanschaulichkeitstheorie grundsätzlich ablehnen,
näml. Jonas Cohn‘ und noch entschiedener Johannes Volkelt.?
! Archiv für system. Philosophie Bd. X (1904).
* R. Lehmann, Deutsche Poetik (1908).
® R. MüllersFreienfels, Psychologie der Kunst 1? (1925), S. 160 H.
‘ Jonas Cohn, Die Anschaulichkeit der dichterischen Sprache.
Zeitschrift für Ästh. u. allgem. Kunstwissenschaft Bd 11 (1907), 5. 182-201.
5 Johannes Volkelt, System der Ästhetik. Bd. 1. S. 83 ff., S.+12 ff. —
138 K. S. Launila,
Diesen beiden schliesse ich mich in der Hauptsache an,
obgleich mit teilweise anderer Begründung.
| Zunächst ist zu bemerken, dass auch dieser Streit zu
einem erheblichen Teil ein Wortstreit ist, obgleich hier offen:
bar auch ganz sachliche Meinungsverschiedenheiten vorliegen.
Jedenfalls ist zu allerersteine terminologische Verständigung nötig.
Es muss- genau festgestellt werden, was man unter Änschaus
lichkeit versteht, denn offenbar ist dieser Ausdruck unklar und
vieldeutig. Und wenn man unter Anschaulichkeit Verschiede-
nes versteht, wie es jetzt sicher vielfach der Fall ist, dann ist
es kein Wunder, wenn man sich nicht darüber einigen kann,
ob die Anschaulichkeit eine auch für die Dichtkunst geltende
Forderung ist oder nicht. Dann beruht die Uneinigkeit ohne
Zweifel zum grossen Teil auf der Vieldeutigkeit des Aus»
drucks «Anschaulichkeit».
Der Ausdruck «anschaulich» und «Anschaulichkeit» ist ja
schon an und für sich im Deutschen misslungen und irrefüh-
rend!. Buchstäblich weist er ja nur auf die Empfindungen
Auch Karl Groos, der in einem Aufsatz «Das anschauliche Vorstellen
beim poetischen Gleichniss» (Zeitschr. für Ästh. u. allg. Kunstw. Bd. IX.
1914. S. 186—207) über Resultate diesbezüglicher Experimente berich-
tet, scheint mehr zu der Anschaulichkeitstheorie zu neigen, zu deren
Gunsten auch die Resultate seiner Experimente mehr sprechen als zu»
gunsten der Unanschaulichkeitstheorie. Ungefähr das Gleiche ist wohl
zu sagen von Willy Moog, «Die homerischen Gleichnisses (Z. f. Ästh.
Bd. VII. 1912). — Ziemlich entschieden zugunsten der Anschaulichkeits-
theorie scheint Stellung zu nehmen Eduard Scherrer in seiner Abhand-
lung: «Das Problem der anschaulichen Gestaltung in der Lyrik»
(Archiv für die gesamte Psychol. Bd. XL. 1920. S. 147-192). Neben
den Deutschen haben auch amerikanische Gelehrte Interesse für dies
ses Problem gezeigt. Aber Irving Babbitt, der dieses Problem gewisser-
massen behandelt in seinem «The new Laokoon® (London 1910), scheint
die einschlägige neuere deutsche Literatur gar nicht zu kennen. — Die
Abhandlung von J. E. Downey, The imaginal reaction to poetry
(University of Wyoming. Bulletin 1912) war mir leider nicht zugänglich.
ı Edv. von Hartmann macht darüber Ausführungen (Philos. des
Schönen, S. 22 ff.) die immer noch Beachtung verdienen, obgleich seis-
ne Bemerkungen nicht diejenigen Seiten dieses Begriffes berühren,
U en rg En —
Sprache und Anschauung. 139
des Gesichtsinns hin und bedeutet demnach ungefähr dasselbe wie
«sichtbar», mit dem Gesichtssinne wahrnehmbar. Wenn man
aber das mit der Anschaulichkeit meint, — und viele gebrau-
chen, obgleich wahrscheinlich mehr oder weniger unbewusst,
diesen Ausdruck immer noch in diesem engen Sinne — dann
ist es natürlich, dass sie nicht die Geltung der Forderung
der Anschaulichkeit in bezug auf die Dichtkunst anerkennen
können, denn die Sprache der Dichtkunst erweckt durchaus
nicht immer gerade visuelle Bilder. Aber das ist hier auch
nicht gemeint. Anschaulich können auch die Eindrücke ans
derer Sinne sein. »Anschaulich» im heutigen Sinne ist wohl
alles, was mit irgend einem Sinne (oder auch mit dem «inne:
ren Sinne», d.h. mit der Phantasie) direkt wahrnehmbar, was
irgend einem Sinne oder der Phantasie als Einzelgegenstand
unmittelbar gegenwärtig und direkt erlebbar ist. Anschau>
lich im richtigen Sinne ist also das Gegenteil vom Abstrakten,
Allgemeinen und Begrifflichen!.
Wenn man unter Änschaulichkeit dies versteht, dann
muss man nach meiner Ansicht an der Forderung der An:
schaulichkeit auch in bezug auf die Dichtkunst unbedingt
festhalten. Natürlich auch dann in einem verständigen und
nicht in einem phantastisch überspannten und übertriebenen
welche uns hier beschäftigen. Von diesen Seiten beleuchtet diesen
Begriff gut und treffend Jonas Cohn |. c. 186 ft.
! Auf diese Weise scheint auch Dessoir die Anschaulichkeit zu
verstehen. Er definiert: «Anschaulich — ist nur das einzelne, übri»
gens ebensowohl etwas seelisches wie etwas körperliches, insofern es
konkret und ausserbegrifflich bleibt; alles Denken und Einordnen,
das auf Urteilen beruht, gehört nicht mehr zur Anschauung. Für un-
sern Sprachgebrauch ist die Verwendung des Ausdrucks nicht not»
wendig an Vorstellungen des Gesichtsinnes gebunden, sondern auf alle
Sinnesgebiete und Seelenzustände anwendbar» (vgl. Anschauung u.
Beschreibung, |. c., S. 21). — Wenn Dessoir sich der Forderung der
Anschaulichkeit in der Dichtkunst widersetzt, so beruht das somit
wenigstens bei ihm nicht auf einer unklaren oder unrichtigen Auffas-
sung von dem Begriff der Anschaulichkeit selbst. Er hat davon einen
vollkommen klaren und richtigen Begriff. Folglich ist sein Wider:
stand sachlich begründet.
190 K.S. Laurila,
Sinne. Phantastisch überspannt ist die Forderung der Anschau:
lichkeit der Dichtkunst gegenüber z.B. dann, wenn man von
der Sprache der Dichtkunst so zu sagen «Verbalanschaulich:
keit» im Stil der theologischen Verbalinspiration verlangt.
Dies tut man aber, wenn man die Forderung der Anschau-:
lichkeit so auffasst, dass jedes einzelne Wort so zu sagen autos
matisch eine entsprechende anschauliche Vorstellung beim Le:
ser hervorrufen sollte, so dass z. B. bei der Lektüre des Erl-
königs von Goethe («Wer reitet so spät durch Nacht und
Wind? Es ist der Vater mit seinem Kind» usw.) in dem
Bewusstsein des Lesers beim Wort «wer» ein anschauliches
Bild von «wer» auftauchen muss, beim Wort «reitet» sowohl
eine entsprechende Gesichts- als eine Gehörsvorstellung vom
Reiten, ebenso bei den Wörtern «so», «spät», «durch»,
«Nacht», «und», «Wind», «es», «ist?, «der», «mit», «hat»,
«in», usw. Es mag sein, dass die älteren AÄsthetiker bis-
weilen von der Anschaulichkeit der Dichtkunst in einem so
überspannten Sinne gesprochen haben, der geeignet sein konn:
te, die Gedanken auf eine solche automatische Verbalanschau-
lichkeit zu lenken, obgleich z. B. Fr. Vischer und Hartmann,
wenn man sie im Zusammenhang liest, sich ziemlich deutlich
gegen solche Missdeutungen verwahrt haben. Jedenfalls ist eine
solche Auffassung von der Anschaulichkeit sinnlos, nur ein
Zerrbild davon. Eine solche WVerbalanschaulichkeit in der
Dichtkunst .ist schon deshalb unmöglich und undenkbar, weil
es in jeder Sprache viel Form- und Bindewörter gibt,
die keinen sachlichen Inhalt und Sinn haben, sondern nur
als Bindeglieder und konstruktive Mittel dienen. Solchen in:
haltlich «leeren» Form: und Bindewörtern, zu denen z.B. die
Konjunktionen, die Präpositionen, teilweise auch die Prono:
mina gehören, können somit keine anschaulichen Sachvorstel:
lungen entsprechen. Ausserdem hat jede Kultursprache auch
unter den «Bedeutungswörtern» viele rein abstrakte Wörter,
denen ebenfalls keine anschaulichen Vorstellungen entsprechen
können. Schon wegen der eigenen Zusammensetzung der Sprache
ist es somit unmöglich, von der Sprache der Dichtkunst « Verbal:
Sprache und Anschauung. 141
-
anschaulichkeit? zu verlangen. Unmöglich und sinnlos
ist dies auch vom Standpunkt der eigenen Natur
der Sprache als Ausdrucksmittel betrachtet. Es ist ja so,
dass die Wörter der Sprache, sogar die sinnvollsten Wörter,
einzeln genommen, auch keine Gedanken ausdrücken. Einzeln
genommen drücken sie überhaupt nichts aus. Erst zu Sätzen
und Satzreihen zusammengefügt drücken die Wörter der ge-
wöhnlichen Sprache verständliche Gedanken aus. Wie sollte
es denn anders sein mit der dichterischen Sprache? Auch diese
drückt natürlich erst dann das aus, was sie ausdrücken soll,
wenn die Wörter zu Sätzen und Satzreihen zusammengefügt
sind. Es ist deshalb ein etwas allzu wohlfeiles Verfahren,
wenn man die Unanschaulichkeit der dichterichen Sprache so
nachzuweisen glaubt, dass man einige Verse aus einem Ge-
dicht oder einige Zeilen aus einem Roman Wort für Wort
durchklopft, um dann schadenfroh festzustellen, dass diese
Wörter, einzeln genommen, keine anschaulichen Vorstellungen
bei dem Klopfer hervorrufen. Genau ebenso könnte man
nachweisen, dass auch die gedankenreichste Sprache keine
Gedanken ausdrückt, denn einzeln genommen drücken auch
die Wörter der tiefsinnigsten Ausführung keine verständlichen
Gedanken aus. Es beweist also gar nichts, wenn man z.B. von
dem Schillerschen Gedicht «Die Teilung der Erde» (wie übri-
gens von jedem anderen Gedicht) feststellen kann, dass seine
Wörter, einzeln genommen, keine anschaulichen Vorstellungen
hervorrufen. Einzeln genommen drücken dieselben Wörter
auch keinen verständlichen Gedanken aus.
Man muss das Gedicht als Ganzes nehmen. Dann wird
es offenbar, wie sehr es wirklich auf Anschaulichkeit angelegt
ist, trotz der Anschauungsarmut der einzelnen Ausdrücke und
sogar Verse. (Zum Beispiel der erste Vers enthält noch kaum
etwas Anschauliches). Wenn der Dichter nicht auf Anschau-
lichkeit gezielt hätte, dann hätte er sich ruhig die Mühe die-
ser ziemlich weitläufigen Geschichte ersparen können. Er hätte
dann kurz und trocken den gedanklichen Kern des Gedichts
mitgeteilt, der ungefähr dieser ist: Die Dichter sind in dieser
142 K.S. Laurila,
Welt gewöhnlich wirtschaftlich schlecht situiert, weil sie wegen
ihrer geistigen Interessen zum wirtschaftlichen Wettbewerb
untauglich sind. Sie haben aber dafür einen Ersatz in dem
Reichtum ihres Innenlebens. Dies ist tatsächlich der nackte
prosaische Kern des Gedichtes «Die Teilung der Erde». Die:
sen Kern hat Schiller nun dichterisch ausgedrückt. Was heisst
das? Das heisst eben, dass er die Sache zunächst anschau-
lich gemacht hat. Er hat den nackten, prosaischen Kern in
Blumen verhüllt, aus dem gedanklichen Stahldraht Blumenge:
winde gemacht. Statt die allbekannte trockene Tatsache kurz
und unanschaulich festzustellen, dass die Dichter gewöhnlich
arm sind, hat er daraus eine Fabel oder beinahe ein Schau:
spiel gemacht. Er zeigt uns, wie es dazu gekommen ist. Er
lässt den Zeus die Verteilung der Güter vor unseren Augen
ausführen. Er lässt uns sehen, wie die verschiedenen Stände
entstehen, was der Ackerman bekommt und was der Junker,
der Kaufmann, der Abt, und wie schliesslich der König die
Brücken und die Strassen sperrt und spricht: der Zehnte ist
mein. Der Dichter dramatisiert die Teilung der Güter, lässt
sie anschaulich und lebendig vor unseren Augen vor sich ge:
hen. Ebenso dramatisiert er das wirtschaftliche Schicksal des
Dichters. Er schildert anschaulich, wie der Poet «ganz spät
nachdem die Teilung längst geschehen» aus weiter. Ferne ge:
kommen naht und sieht, dass da nichts mehr für ihn übrig
geblieben war, denn «alles hatte seinen Herrn». Da macht
der bitter enttäuschte Poet dem obersten Gott selbst eine hefs
tige Szene, wirft sich hin vor Jovis Thron und fordert von
ihm Rechenschaft über die stiefmütterliche Behandlung, die
ihm, dem Dichter, dem getreuesten Sohn Jovis, zuteil gewor:
den war. So entsteht ein Wechselgespräch zwischen dem
Dichter und Zeus, wo Zeus seinerseits vom Dichter Rechen:
schaft darüber verlangt, wo dieser während der Teilung der
Güter war, worauf der Dichter antwortet und von Zeus
Vergütung versprochen bekommt in der Form, dass der Him:
mel des Zeus ihm stets offen sei, so oft er nur dahin kom:
men will.
- — Pe
Sprache und Anschauung. 143
Wenn alles dies nun nicht dazu dient, die Sache, d. h.
hier einen ziemlich abstrakten gedanklichen Kern, anschaulich
und dadurch besonders eindrucksfähig zu machen, so hat es
keinen verständlichen Sinn. Und wie hier, so ist es überall
in der Dichtkunst: im Epos, in der Novelle, im Roman und
im Drama erst recht. Nach der Anschaulichkeit drängt in
der Poesie alles! Der ganze poetische Stil, sowohl im Ges
dicht wie in der Prosa, mit allen ihren Wirkungsmitteln, mit
den Tropen und Figuren, mit der Personifikation, Beseelung,
Individualisiertung usw. ist offenbar auf Anschaulichkeit
berechnet und kann ganz einfach aus keinem anderen Grunde
vernünftig erklärt werden. Die Anschaulichkeit ist jedoch
nicht der Endzweck der Poesie, sondern nur ein Mittel zum
Zweck. Der Endzweck ist der Eindruck auf das Gefühl.
Aber der Weg zum Gefühl geht eben durch die Anschauung,
denn die Anschaulichkeit ist psychologisch überhaupt die Haupt:
bedingung der Gefühlswirkung. Darum eben gilt die Forde-
rung der Anschaulichkeit für alle Kunst.
Diese Forderung wird aber noch in einer anderen Rich-
tung übertrieben und überspannt aufgefasst. Man verlangt von
den durch die poetische Sprache hervorgerufenen Vorstellun-
gen eine nahezu absolute, lückenlose Anschaulichkeit, oft eine
solche, die nicht einmal der direkten Wahrnehmung eigen
ist, und da die Sprache natürlich nicht im Stande ist, eine
solche Anschaulichkeit zu geben, folgert man daraus, dass es
! Auch die grossen Dichter selber haben meistens sehr stark
gerade das Anschauliche an der Kunst und besonders auch an der
Dichtkunst betont. Diese Forderung findet ja ihren lapidaren Ausdruck
z.B. in dem allbekannten Spruch Goethes: «Bilde. Künstler, rede nicht».
Dieselbe Auffassung ist durchgehend bei Schiller (vgl. seine ästh.
Schriften u. das Gedicht «Die Künstler»). Ebenso bei Leo Tolstoi (vgl.
Was ıst Kunst?). Und für Henrik Ibsen ist die Anschaulichkeit eine
so wesentliche Grundforderung der Dichtkunst, dass er darin geradezu
das Wesen lichste aller Dichtkunst erblickt, wie sein Licblingsspruch:
«Dichten — heisst sehen», beweist. Vgl. dazu K. S. Laurila: Bidrag
till belysning av Henrik Ibsens estetiska äskädning. Norwegische
Zeitschr. «Edda» 1925.
144 K.S. Laurila,
in der Poesie überhaupt nicht auf die Anschauichkelit an-
kommt und dass die Poesie garnicht danach strebt.. Zu dies
ser überspannten Auffassung von der veranschaulichenden
Fähigkeit der dichterischen Sprache mögen wohl ältere Ästhe-
tiker durch unvorsichtige Äusserungen einigen Anlass gegeben
haben. So z. B. Hartmann, wenn er einmal von der Poesie
sagt: «Sie wetteifert mit den bildenden Künsten an plasti-
scher Formenklarheit und an Sattigkeit und Leuchtkraft des
Kolorits — mit der Mimik an gegenseitiger Durchdringung
von plastischsmalerischer Anschaulichkeit mit Gefühlsinnigkeit».!
Auch Vischer spricht bisweilen von der veranschaulichenden
Fähigkeit der dichterischen Sprache in allzu überschwängli:
chem Ton. So z. B. wenn er sagt: «Die Selbstbeobachtung
sagt jedem, dass mit dem Worte, wie es vernommen, oder
gelesen wird, eine sinnliche Vorstellung vor seinem Innern
steht, bei dem Wort Mann ein Mann, Baum ein Baum usw.
Der Dichter kann also mit dem Vehikel der Sprache über:
haupt auf das innere Schauen wirken, es hervorrufen, sie ist
sein 'elektrischer Telegraph, durch den er sein Bild zu dem
hinüberströmen lässt, für den er dichtet».? In diesen Worten
wie in den verschiedenen anderen Äusserungen Vischers kommt
ohne Zweifel eine übertriebene Auffassung von der veran=
schaulichenden Fähigkeit der dichterischen Sprache zum Aus-
druck. Aber schon auf derselben Seite, wo z. B. die eben
angeführte Äusserung steht, macht Vischer dazu eine beträcht:
liche Einschränkung. Er fährt näml. unmittelbar fort: «Dies
bedarf allerdings einer eingreifenden näheren Bestimmung.
Tenes Denkbild, das mit dem vernommenen Worte wie durch
einen Zauberschlag innerlich entsteht, hat an sich weder die
Kraft der Idealität, noch der Individualität mit dem ästhetischen
Bilde gemein, es ist blass, verschwommen und zur äussersten
Unbestimmtheit zerfliesst es bei den Wörtern, welche abstrakte
Begriffe im engeren Sinne bezeichnen, obwohl auch sie ur-
ı Hartmann, Philos. des Schönen. S. 721.
ı Aesthetik VI. S. 836.
Sprache und Anschauung. 145
sprünglich andere, konkrete Bedeutung hatten».! Noch an
vielen anderen Stellen macht Vischer ausdrücklich Einschrän-
kungen in dem Begriff der Anschaulichkeit, besonders der
Dichtkunst gegenüber.” Übrigens schränkt auch Hartmann
seine oben angeführte Äusserung etwas ein, indem er auf ders
selben Seite sagt: «Die Poesie — muss ihre Uhniversalität
durch einen relativen Mangel an sinnlicher Bestimmtheit im
Vergleich zu den Wahrnehmungskünsten bezahlen».
Immerhin muss wohl anerkannt werden, dass die älteren
Ästhetiker ziemlich allgemein einen mehr oder weniger über-
spannten, bisweilen sogar phantastischen Begriff von der An-
schaulichkeit der Dichtkunst hatten. Eine Revision dieses
Begriffes, besonders der Dichtkunst gegenüber, war deshalb
dringend nötig. Es war daher nur zu begrüssen, dass Th.
A. Meyer diese Revision unternommen hat. Es ist ihm aber
dabei gegangen, wie es so oft bei solchen Revisionen zu ge-
hen pflegt: er hat mit dem Wasser das Kind ausgeschüttet.
Statt das Phantastische und Übertriebene von dem Begriff
der dichterischen Anschaulichkeit abzustreifen und zu berich-
tigen, hat er ganz einfach die Anschaulichkeit der Dichtkunst
gegenüber über Bord geworfen, was ungefähr auf eine Ne-
gation des Wesens der Dichtkunst hinauskommt.
Zu diesem verkehrten Ergebnis ist Meyer offenbar u. a.
auch aus dem Grunde gekommen, weil er den Begriff der
Anschaulichkeit in bezug auf die Dichtkunst in einem allzu
starren Sinne nimmt. Anschaulichkeit ist überhaupt nicht etwas
so Absolutes und Vollständiges, wie sie sich manche vorzu-
stellen scheinen. Würde photographische Genauigkeit und
Vollständigkeit zum anschaulichen Vorstellen gehören, dann
gäbe es überhaupt nichts Anschauliches. Schon die unmittels»
bare Wahrnehmung ist weit entfernt von der Genauigkeit und
Vollständigkeit, auch dann wenn die Wahrnehmung besonders
scharf und frisch ist, von der gewöhnlichen, oberflächlichen,
! Aesth. VI. $ 856, S. 8.
® Vgl. Aesth. 88 388, 840, 847 u. a.
10
146 K.S. Laurila,
flüchtigen Wahrnehmung gar nicht zu reden. Auch der Wahr:
nehmende kann unmöglich alle Züge des Gegenstandes oder
‚einer Erscheinung in sich aufnehmen. Um überhaupt etwas
apperzipieren zu können, muss er eine Auswahl treffen, sich
auf die wichtigsten und charakteristischsten Züge beschränken
und konzentrieren. Auch in der Wahrnehmung zeigt sich
die Meisterschaft erst in der Beschränkung. Wer alles von eis
nem Gegenstande wahrnehmen will, nimmt tatsächlich nichts
wahr, und das Resultat seiner Bemühungen ist nur ein Chaos.
Diese Notwendigkeit der Beschränkung und der Konzentra:
tion gilt natürlich noch mehr bei der Reproduktion der Sin:
neseindrücke. Da ist eine noch viel strengere Auswahl der
Züge und eine noch weit grössere Konzentration unumgäng-
lich. Darum erhalten die reproduzierten Vorstellungen von
ihren ursprünglichen Gegenständen gewöhnlich nur einige
ganz wenige Züge. Aber trotzdem können sie anschaulich
sein. Denn bei der Anschaulichkeit kommt es nicht so sehr
auf die Menge der Züge an, als auf die Intensität der
Festhaltung. Was besonders die Anschaulichkeit der Darstel:»
lung in der Dichtkunst betrifft, so ist dabei durchaus nicht
die Hauptsache, den Lesern möglichst lückenlose, vollständige
und photographisch genaue Bilder von den dargestellten Ge-
genständen und Vorgängen, sondern möglichst lebendige Ein-
drücke von ihnen zu geben. Der Leser soll das Dargestellte
möglichst lebhaft unmittelbar erleben. Denn auf das unmit-
telbare Erleben der Gegenstände und Erscheinungen kommt
es in der Kunst an, in der Dichtkunst wie in allen anderen
Künsten. Dies ist das Ziel und die Anschaulichkeit nur ein
Hauptmittel dazu. Anschauliche Vorstellungen sind also in
der Poesie nur insofern wichtig, als sie zu einem unmit-
telbaren, möglichst intensiven Erleben der geschilderten Er-
scheinungen und Gegenstände verhelfen. Dazu können aber
oft solche Vorstellungen besonders gut verhelfen, die ursprüng«
lich sehr wenig Züge enthalten. Wir sehen von unserer ses
ligen Mutter in der Phantasie deutlich und intensiv vielleicht
nur einen einzigen Zug: ihren liebevollen, tiefen Blick, von
Sprache und Anschauung. ‚ 147
dem seligen Vater vielleicht nur die hochgewölbte Stirn, das
graue Haar oder die Falten um den Mund. Aber an diesem
einen Zuge halten wir so zu sagen die ganze Mutter und den
ganzen Water sicher fest, und ihre Erinnerungsbilder werden
uns kraft dieses einen Zuges zu eınem intensiven unmittelba-
ren Erlebnis. Das bedeutet dann: wir haben von unserer
Mutter und von unserem Vater eine anschauliche, weil zu ei»
nem intensiven Erlebnis verhelfende Vorstellung. Ebenso
können wir von irgend einem Ereignis aus unserer Kindheit
vielleicht nur einen einzigen, anscheinend sogar ganz
nebensächlichen Zug in der Erinnerung haben. Aber das
ganze Ereignis ist für uns so innig mit diesem einen Zug
verknüpft und hängt daran so fest, dass es uns kraft dieses
einen Zuges zu einem intensiven unmittelbaren Erlebnis wird.
Auch dann sagen wir: wir haben von diesem Ereignis eine
anschauliche Vorstellung.
Oft kann es noch so sein, dass wir von dem Vorgang
selbst, um den es sich handelt, keinen Zug in der Erinnerung
haben. Statt dessen kehrt uns, wenn wir an diesen Vorgang
denken, eine Erinnerung an irgend eine körperliche Empfindung,
ins Bewusstsein zurück, die mit dem Vorgang selbst vielleich}
nichts direkt zu tun hatte, aber für uns so eng damit ver:
knüpft ist, dass sie den ganzen Vorgang ins Bewusstsein nach
sich zieht und ihn uns zu einem unmittelbaren Erlebnis macht.
Von einer schweren Operation, die einer bestanden hat, ist
ihm am deutlichsten in der Erinnerung geblieben vielleicht
nur der Geruch des Jodoforms, eine allgemeine Müdigkeit und
einige bestimmte Muskelempfindungen. Aber damit ist die
ganze Operation in seinem Bewusstsein so fest verknüpft, dass
sie mit diesen Empfindungen unfehlbar in voller Lebendigkeit
und Gegenwärtigkeit ins Bewusstsein zurückkehrt und intens
siv wiedererlebt wird. Ebenso kann es mit einer Feuersbrunst,
mit einem Schiffbruch, mit einer mitgemachten Schlacht oder
mit anderen bedeutungsvollen Erlebnissen sein. Wir brauchen
durchaus nicht vollständige und genaue Erinnerungsbilder von
solchen zu haben, um sie unmittelbar zu erleben. Oft kann
148 . K.S. Laurila, Sprache und Anschauung.
ein einziger und sogar nebensächlicher Zug mit einem
solchen Ereignis in unserem Bewusstsein so fest verknüpft
sein, dass mit diesem Zuge das ganze Ereignis ins Bewusst»
sein zurückkehrt und von uns in voller Lebendigkeit und
Gegenwärtigkeit erlebt wird. Mit vollem Rechte können wir
auch dann sagen: diese so unmittelbar erlebten Gegenstände
oder Vorgänge sind uns anschaulich geworden.
Es muss aber auch zu einem wirklichen Erlebnis kom»
men. Auch die betonteste «Gewissheit der Erlebnismöglich-
keit», auf die Volkelt! so viel Nachdruck legt, ist noch kein
Erlebnis, ebensowenig wie eine betonte Gewissheit der An»
schauungsmöglichkeit noch keine Anschauung ist. Ich kann
ganz gut die felsenfeste Gewissheit haben, dass ich im Stande
bin, mir z. B. das Meer anschaulich vorzustellen, es mit seis
nen eigentümlichen Gefühlswerten zu erleben. Aber wenn
ich das doch nicht in Wirklichkeit tue, wenn ich das Meer
tatsächlich nicht erlebe, dann ist diese Gewissheit nur graue
Theorie und kein Erlebnis, auch keine wirkliche Anschauung.
Die Forderung der Anschaulichkeit gilt also immer noch
auch in der Dichtkunst. Die Sprache der Dichtkunst ist auch
im Stande, der Anschaulichkeitsforderung zu genügen, wenn
man nur richtig versteht, wie diese Forderung in der Poesie
lauten und was sie enthalten soll.
In dem Vorangehenden ist versucht worden, den richtis»
gen Sinn der Anschaulichkeitsforderung klarzuleger. Es darf
vielleicht noch zum Schluss darauf hingewiesen werden, dass
die echten «Wortkünstler» aller Zeiten, von Homer an, gerade
in dem hier dargelegten Sinne in ihren poetischen Erzeugnis:
sen «anschaulich» gewesen sind. Sie haben offenbar instinks
tiv gefühlt, dass die Anschaulichkeit in der Wortkunst kein
Selbstzweck ist, sondern nur ein Mittel, wodurch das Darge;
stellte dem Leser direkt erlebbar gemacht werden soll. Des:
halb haben sie, von einem richtigen psychologischen Instinkt
geleitet, Anhäufung von Zügen vermieden und statt dessen
ı Vgl. System I, S. 417 ff.
Bespr. Gustav Schmidt, Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 149
von den Gegenständen und Vorgängen dem Leser nur einige
wenige Züge ins Bewusstsein eingehämmert, aber dann solche,
die möglichst suggestiv und geeignet sind, den betreffenden
Gegenstand oder Vorgang dem Leser zu einem unmittelbaren
Erlebnis zu machen.
K. S. Laurila.
Besprechungen.
P. W. Schmidt S. D. V. Die Sprachfamilien und Sprachen-
kreise der Erde. Mit einem Atlas von 14 Karten in Litho-
graphie. Kulturgeschichtliche Bibliothek. Herausgegeben
von W. Foy. I. Reihe: Ethnologische Bibliothek mit Ein-
schluss des altorientalischen Kulturgebiets, 5. Heidelberg 1926,
Carl Winter’s Universitätsbuchhandlung. XVI+595 S. kl. 8°.
Das vorliegende umfangreiche Werk des als Linguist beson-
ders auf dem Gebiet der austrischen (austronesischen und austro-
asiatischen) Sprachen, als Ethnolog und als Herausgeber des
„Anthropos“ und der „Anthropos-Bibliothek“ bekannten Forschers
umfasst zwei Teile, die in einen festen Zusammenhang mitein-
ander gestellt sind. In dem ersten Teil (S. 1—267) gibt der
Verf. eine Darstellung über die Sprachfamilien der Erde und die
Geschichte ihrer Erforschung, in dem zweiten (S. 269-- 540) ar-
beitet er auf Grund gewisser sprachlicher Erscheinungen aus der
Masse der Sprachen grössere Einheiten, Sprachenkreise, heraus
und betrachtet diese in ihrem Verhältnis zu den von der mo-
dernen Ethnologie aufgestellten Kulturkreisen. Ein Anhang (S.
541—544) gibt Nachträge zur Bibliographie, und ausführliche
Sach- und Autorenindizes sowie ein Index der Sprachen und
Stämme (S. 545--595) dienen Nachschlagezwecken. Die Verbrei-
tung der Sprachen und der Kulturkreise und die Verteilung der
vom Verf. behandelten sprachlichen Erscheinungen auf dem Erd-
ball werden kartographisch in einem Atlas veranschaulicht.
Zur Einführung behandelt Verf. die allgemeine Verbreitung
der Sprache unter den Menschen, Ursprung und Entwicklung
der Sprache und die vergleichende Sprachwissenschaft und ihre
Geschichte. Unter dem ersten Punkt berührt er die Frage der
Tiersprachen. Solche gibt es für ihn nicht, es gibt nur Men-
150 Bespiechungen. Gustav Schmidt,
schensprachen, und zwar haben alle Menschen eine Sprache, auch
die sog. Pygmäen, deren Idiome nur z. T. durch die Sprachen
grösserer Stämme ersetzt, z. T. noch nicht genügend erforscht
sind (noch erhaltene Pygmäensprachen sind u. a. das Andanmıa-
nesische auf den Andanıanen und das Buschmännische in Süd-
westafrika). Sprachbegabt waren auch die älteren, prähistorischen
Menschen, wenigstens lässt sich das Gegenteil nicht erweisen.
Die Frage nach dem’ Sprachursprung veranlasst den Verf.
hiernach zu einer Durchmusterung der einschlägigen Theorien.
Er lehnt u. a. Wundts Entwicklungstheorie ab und schliesst sich
der von demselben Forscher als Wundertheorie bezeichneten dy-
namischen Theorie an, die in Deutschland durch Herder (Ideen
zur Philosophie der Geschichte der Menschheit) und W. von
Humboldt entwickelt worden ist und nach der dem Menschen
die Fähigkeit des Sprechens ebenso angeboren ist wie die Ver-
nunft und die Sprachwerkzeuge. In der Sprachentwicklung will
der Verf. nicht auf die scharfe Trennung in isolierende, aggluti-
nierende und flektierende Sprachen halten, sondern mit G. von
der Gabelentz eine spiralige Form der Entwicklung annehmen.
Eine solche Anschauung verbietet natürlich, die Klassifikation in
jene drei Stufen für die- Erforschung des Sprach ursprungs
anzuwenden. Wenn dieser überhaupt aufgehellt werden kann,
so ist es nur auf dem Wege geduldiger, exakter Durchforschung
aller Einzelsprachen, durch Feststellung der verwandtschaftlichen
Zusammenhänge und durch Zusammenschluss zu immer umfas-
senderen Sprachgruppen möglich. Was die Sprachwissenschaft
auf diesem Wege schon Grosses geleistet hat, will der Verf.
nachdem er einen kurzen Überblick über die Forschungsgeschich-
te im allgemeinen gegeben hat, in dem ersten Teil seines Wer-
kes vorführen.
Wir finden hier (S. 39—267) mit wuchtigen Strichen eine
Zusammenfassung der Forschungsergebnisse mit Bezug auf die
Klassifikation der Sprachen gezeichnet, wobei der Verf. auch die
Geschichte der Einzelforschung ins Licht stellt und durch reiche
Literaturangaben bis auf die neuesten Erscheinungen (1926) be-
leuchtet. Die Anlage der Darstellung ist dem Äusseren nach geo-
graphisch, denn Wesen nach aber soweit möglich genetisch.
Beispielsweise werden unter der Rubrik Europa und West- und
Nordasien behandelt: Indogermanisch, Burushaski (eine isolierte
Sprache im Pamir nördlich von Dardistan), Uralaltaisch, Semito-
hamitisch, Japhetitisch (kleinasiatische Altsprachen, Etruskisch, kau-
kasische Sprachen, Elamitisch, Mitanni, Hethitisch und andere
Boghazköi-Sprachen, Baskisch und Sumerisch). Die übrigen geo-
Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 151
eraphischen Gebiete sind Afrika, Ost- und Südasien, Austronesien
und Australien, Nordamerika, Mexiko-Mittelamerika und Südame-
rika. Man sieht wohl, dass das Bestreben darauf geht, die Sprach-
familien auch innerhalb dieser Gebiete möglichst weit zu fassen,
aber bei seinen Aufstellungen lässt der Verf. eine auf umfassen-
des Wissen gestützte Kritik walten, die ihn vor generalisierendem
Ineinentopfwerfen bewahrt und sich mit geographischen Feststel-
lungen begnügt, wo genetische Zusammenhänge nicht oder noch
nicht nachzuweisen sind. Sein Glaubensbekenntnis über die
Verwandtschaftsverhältnisse der Sprachen des Erdballs legt der
Verf. in den Tabellen ab, die jedesmal am Schluss seiner Aus-
führungen über die einzelnen Sprachfamilien mitgeteilt sind.
Ein näheres Eingehen auf die Übersichten im ersten Teil
des Buches kann hier nicht in Frage kommen. Hervorgehoben
sei nur, dass sich der Verf. in dem zuerst erwähnten geographi-
schen Gebiet weniger auf eigene Forschungen zu stützen scheint
als in manchen anderen. Allerdings ist ja auf indogermanischem,
uralaltaischem! und semitohamitischem Gebiet weit vorgearbeitet.
Indes kann dies doch noch’ nicht von dem japhetitischen Gebiet
gesagt werden, auf dem nicht einmal über die Verwandtschafts-
verhältnisse der kaukasischen Sprachen abschliessende historische
Forschungen vorliegen, geschweige denn über die der anderen
hierher gerechneten Untergruppen. Dadurch dass der Verf. N.
Marrs japhetitische Theorie? als die neueste Leistung auf dem
Gebiet übernommen, aber aus der von ihr vorausgesetzten
Sprachgemeinschaft die von N. Marr einbegriffenen semitischen
Sprachen ausgeschaltet hat, hat sich zudem eine «Sprachfamiliev
ergeben, die in sich keinen Halt hat?. Bei der Bedeutung, die
den japhetitischen Sprachen in gewissen Teilen der Untersuchung
des Verf. als verbindendes Glied zukommt, spielt dieses Ver-
halten eine nicht unwichtige Rolle.
Der zweite Teil des Buches führt uns zu den Sprachenkrei-
sen. Vergleicht man die Sprachfamilien, die im ersten Teil be-
handelt worden sind, auf gewisse Erscheinungen lautlicher, gram-
! Darauf, dass die uralaltaische Spracheinheit ihre Zweifler hat,
weist der Verf. S. 54 hin; für die semitohaniitische fehlt dagegen
eine diesbezügliche Andeutung.
? Vgl Rez., Neuphil. Mitt. XXV, S. 221 ff.
2 Aus Versehen ist in die Tabelle der indogermanischen Sprachen:
ll. Satem-Sprachen. 3. Vorderasiatische Gruppe {S. 43) das Mitanni ge-
raten, das S. 72 und später zu den japbetitischen Sprachen gestellt
ist. Das ebenda, S. 43, auftretende Ossetische gehört unter Il. 4. Ira-
nisch. Andererseits figuriert S. 300 unter den japhetitischen Sprachen
das Baktrische.
152 Besprechungen. Gustav Schmidt,
matischer und syntaktischer Art hin, so ergeben sich grössere,
die Sprachfamilien nicht ganz selten auflösende Gruppierungen,
die zeitlich noch weiter zurückführen als die Sprachfamilien. Und
es zeigt sich nach dem Verf., dass die so hervortretenden ältesten
und älteren Sprachenkreise sich in überraschender Weise mit den
ältesten und älteren Kulturkreisen decken, mit ihnen innerlich
zusammengehören.
Die Sprachelemente, die der Verf. zur Vergleichung heraus-
hebt, sind folgende. Lautliche: die Entstehung bzw. das Vor-
kommen der «anormalen» Vokale ö und ä; die Entstehung des
Unterschiedes zwischen tonlosen und tönenden Konsonanten so-
wie zwischen Verschluss- und Reibelauten; der Anlaut, und zwar
ein- oder mehrkonsonantischer; der Auslaut, ebenso, dazu voka-
lischer. Grammatische: die Numerusbildung beim Pronomen und
Nomen (Dual-, Plural-, Trialbildung); der Unterschied von Inklu-
siv (wir mit dir od. euch) und Exklusiv (wir ohne dich od.
euch) in der 1 P. Pi. des Personalpronomens; die verschiedenen
Arten der Genusbildung; die Zahlsysteme. In der Syntax schliess-
lich wird untersucht die Stellung des affixlosen Genitivs in be-
zug auf den Nominativ, den er näher bestimmt (Voran- oder
Nachstellung), eine Erscheinung, mit der nach dem Verf. andere
W ortstellungen zusammenhängen : die Stellung des Possessivpro-
nomens, des Personalpronomens als Subjekt der Verbalsätze, des
Akkusativs zum Verb und des Adjektivs zum Substantiv, das es
näher bestimmt. Dieses syntaktische Kapitel hat der Verf. mit
ganz besonderer Ausführlichkeit ausgearbeitet, es umfasst über
100 Seiten.
Sehen wir uns die vom Verf. behandelten Erscheinungen
aus dem Lautwesen an, so ergibt sich folgendes Bild. Die «anor-
malen» Vokale ö und ä fehlen in den meisten Sprachen der
Urkultur und werden auch in denen der totemistischen höheren
Jägerkultur fast vollständig vermisst, dagegen sind sie ausseror-
dentlich verbreitet in den Sprachen der beiden Kulturkreise der
nomadischen Viehzüchter und der mutterrechtlichen Pflanzenzüch-
ter (in den uralaltaischen, tibetochinesischen, gewissen amerika-
nischen, schwächer in den indogermanischen und noch schwä-
cher in den semitohamitischen Sprachen). Sie müssen also ent-
standen sein, als sich der Nomadismus der Viehzüchter mit der
- Ackerbaukultur der Mutterrechtler mischte. In den letzteren Kul-
turkreis führt den Verf. auch seine Durchmusterung des Vorkom-
nıens der tonlosen und tönenden Konsonanten: damals würden
die tönenden aufgekommen sein. Älter wäre das Auftreten der
Reibelaute einschl. s (arktische Kultur. Im Anlaut des Wortes
Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 153
finden sich ausser einfacher Konsonarız Muta -- Liquida schon
in den Sprachen der ältesten Kulturkreise. Die schwierigsten An-
laute andererseits gehören schon in die arktische Kultur, wobei
dem Verf. die Temperatur- und Witterungsverhältnisse der arkti-
schen Gegenden nicht ohne Einfluss gewesen zu sein scheinen;
analog verhält es sich mit dem Auslaut.
Mischungsvorgänge und geographisch-klimatische Verhältnisse
gelten dem Verf. bei den von ihm behandelten Erscheinungen
des Lautwesens als die treibenden Kräfte der Entwicklung. Zu
den Mischungen treten soziologische Bedingungen in der Ent-
wicklung der grammatischen Erscheinungen, denen wir uns jetzt
zuwenden wollen. Die Arten der Genusbildung — Gruppierung
in Belebtes und Unbelebtes, Vernünftiges und Vernunftloses,
Männliches und Weibliches (Sächliches), nach der äusseren Ge-
stalt der Dinge, kompliziertere Systeme — stellen an sich keine
Entwicklungsreihe dar. Ursprünglich hat es nach dem Verf. nur
die beiden ersten Arten gegeben, die eine Gruppe ‚bilden. Das
Systern der Einteilung in Männlich und Weiblich (Sächlich), wie
im Indogermanischen und Semitohamitischen,wäre jünger und würde
ursprünglich jenem Teil des nomadistisch-viehzüchterischen Kul-
turkreises zugehören, in welchem aus starker mutterrechtlicher
Beeinflussung die Zucht des Rindes und des anderen Hornviehs
zuerst zu stärkerer Entwicklung gelangte; die Durchführung der
Einteilung wäre u.a. giurch viehzüchterische Gedanken, die grös-
sere Beachtung des Geschlechts bei der Züchtung der Tiere mit-
gefördet worden. Wo lediglich eine Einteilung in Person und
Sache begegnet, glaubt der Verf. diese dem Eintluss des die Be-
deutung der Frau in den Hintergrund drängenden vaterrechtlich-
totemistischen Kulturkreises zuschreiben zu dürfen: die besondere
Beachtung der Frau, die sich in der Aufstellung einer Feminin-
klasse ausspricht und die unter dem Einfluss des mutterrechtli-
chen Kulturkreises enstand, wäre nämlich da rückgängig gemacht
worden. — Von den anderen grammatischen Erscheinungen hebe
ich nur die Zahlsysteme hervor. Das Paarsystem der Ursprachen
wäre dasälteste neben dem «systemlosen » Zählen. Aus ihnen gingen
das Vigesimalsysten und das Dezimalsystem unmittelbar hervor. Über
die Entwicklung sagt der Verf. (S. 380): «In der mufterrechtlichen
Fackbaukultur war es die jetzt grössere Menge der Produkte des
Pflanzenbaues, die aufgespeichert und in den Handel gebracht
wurden und zu diesem Zweck eine genauere und schnellere Zäh-
ıung forderten. ... Eine noch stärkere Nötigung zum Zählen
und zur Anwendung auch grösserer Zahlen ergab sich bei der
Herdenviehzucht der Nomadenvölker mit den oft Hunderten und
154 Besprechungen. Gustav Schmidt,
Tausenden von Stück Vieh der verschiedenen Arten. Der in
noch höherem Grade als bei den Produkten des Ackerbaues kon-
stante Charakter der Herdenzuchtobjekte — daher auch die er-
höhte Möglichkeit der Anhäufung, der «Thesaurierung» der capila
— verschaffte damit auch der Zählung selbst und den von ihr
geschaffenen Zahlwörtern eine grössere Festigkeit, und so sınd
die nomadistischen Viehzüchter die ersten Begründer eines Natur-
kapitalismus gewesen, in deren Kulturkreis die Entwicklung der
Zahlwörter und ihrer Systeme den höchsten Grad erreichte.»
Schliesslich haben wir die syntaktische Erscheinung: die
Stellung des affixlosen Genitivs in bezug auf das Wort, das er
näher bestimmt, ein Gegenstand, an den sich, wie oben bemerkt,
mehrere andere Stellungsfragen anschliessen. Der Verf. erblickt
in der Stellung des affixlosen Genitivs ein Moment, das für den
Gesamthabitus einer Sprache von der grössten Bedeutung ist,
weil dabei Nomen neben Nomen steht, der Unterschied von Be-
stimmten und Bestimmendem also nur durch die Stellung mar-
kiert sein kann (vgl. Vater-Haus «Haus des Vaters» _ Haus-
Vater, welches in gewissen Sprachen ebenfalls = «Haus des
Vaters», in anderen aber, grundverschieden, «Vater des Hauses»).
Und er stellt S. 382 das Gesetz auf: Steht der affixlose Genitiv
vor dem Substantiv, das er näher bestimmt, so ist die Sprache
eine Suffixsprache, eventuell mit Postpositionen; steht der Genitiv
nach, so ist sie eine Präfixsprache, eventuell mit Präpositionen;
Abweichungen von dieser Regel bezeichnen Übergangsstadien.
Die Durchmusterung des Bestandes ergibt für die Genitivvoran-
stellung bzw. -nachstellung grosse Kerngebiete, für jene z. B.
Tibetochinesisch, Uralaltaisch,h Indogermanisch, Semitohamitisch,
für diese besonders das gewaltige austrische Gebiet (mit Ausnahme
des kontinentalen Australien. Mit den Kulturkreisen verglichen,
stellt sich die Genitivvoranstellung als das Älteste dar, so in den
Sprachen der Urkulturen. Auch in den Sprachen der Kulturen
der vaterrechtlichen Viehzüchter--Nomaden und höheren Jäger ist
sie noch herrschend. Von da an aber erfolgt ein Übergang von
der Voranstellung des Genitivs zur Nachstellung. Dieser kann
nach dem Verf. nur durch die äussere Tatsache historischer
Sprachmischungen entstanden sein, wie sie sich in den Wande-
rungen vollzogen, die durch das Auftreten des ältesten mutter-
rechtlichen Ackerbaues verursacht wurden. Aus dem Einheiraten
stammfremder Männer in die mit den Stammesrechten betrauten
Pflanzenzüchterinnen sowie aus den Wanderungen erwuchs or-
ganisch-psychologisch die Genitivnachstellung, indem ‚an die
Stelle der bisherigen naiven, spontan warmen Denkweise der
Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 155
Frau, der zuerst das Spezifische auffiel (Haus-Vater), die kühle,
konstruktive Denkweise des stammfremden, die Sprache der Frau
erlernenden Mannes trat (Vater-Haus, vielleicht über «Vater ge-
hörig Haus» od. dgl... Einen rein inneren Übergang von der
Genitivvoranstellung zu der Genitivnachstellung weist der Verf.
ab, so in einem besonderen Kapitel (S. 491 —494) für die ro-
manischen Sprachen. Er macht für den heutigen Ausdruck des
Genitivs in diesen Sprachen Einflüsse seitens der japhetitischen
Sprachen geltend, in denen nach ihm die Genitivnachstellung
herrschend geworden war. — Auf die anderen Stellungsverhält-
nisse (des Possessivpronomens usw., s. oben S. 152) gehe ich
nicht ein. Sie werden vom Verf. ebenfalls gründlich durchge-
mustert und tabellarisch-statistisch dargestellt.
In einem Schlusskapitel werden die behandelten Züge zu-
sammengefasst, es wird herausgearbeitet, wie die Ur-, Primär-,
Sekundärsprachen in den betreffenden Punkten ausgesehen haben
würden. ‚Inden der Verf. dann die Sprachenkreise gegen die
Kulturkreise hält, findet er nicht nur, dass die neugewonnenen
sprachlichen Ergebnisse eine ganz bedeutende Stärkung, teilweise
allerdings auch Berichtigung der Kulturkreise bedeuten (so findet
die Bumerangkultur in den sprachlichen Erscheinungen keine
Stütze), sondern dass auch ein neues Licht der Bestätigung, Er-
gänzung und Berichtigung auf die Sprachenkreise fällt.
Es ist naturgemäss für den Einzelnen nicht möglich, ein
erschöpfendes Urteil über die grossartige Konstruktion zu fällen,
die der Verf. in seinem Werke errichtet hat, mag dabei auch nur
die linguistische Seite ins Auge gefasst werden. Er wird dem
ungemein ausgedelinten Wissen, in das er hineinblickt, seine Be-
wunderung zollen und von den teilweise glänzenden Übersichten
über die behandelten Erscheinungen gefesselt werden. Ist er aber
sprachgeschichtlich eingestellt, so wird er bald auf ein eigenes
Urteil über alle Einzelheiten der Beweisführung verzichten und
sich damit begnügen nachzuprüfen, wie sich das Forschungsver-
fahren des Verf. auf bestimmten Einzelgebieten der Sprachenmasse
bewährt, und hier Anregungen suchen und entgegennehmen. Denn
er sieht, dass in weiten Gebieten dieser Masse keine Möglichkeit
besteht, sich aus grundlegenden Darstellungen über die Wand-
lungen der Laute, Formen und Äusserungsweisen zu unterrichten;
die diesbezüglichen wissenschaftlichen Vorarbeiten fehlen noch.
Ich. werde unten auf ein Gebiet eingehen, das der Verf. mit
einer Teildomäne dieser Zeitschrift in Verbindung gebracht hat
und das in seinen Ausführungen, wie bereits oben (S. 151) be-
156 Besprechungen. Gustav Schmidt,
merkt, von Wichtigkeit ist, auf das der japhetitischen Sprache,
im wesentlichen der kaukasischen Idiome, die, so nahe sie uns
geographisch auch liegen, doch im allgemeinen schwer zugäng-
lich zu sein scheinen.
Zuvor jedoch einige naheliegende Bemerkungen über die
Methode des Werkes, die sich auch ohne Rücksicht auf das ge-
nannte und jedes andere Einzelgebiet aufdrängen und zu einer
kurzen Erörterung veranlassen. Der Verf. stellt, wie wir sahen,
Ursprachen auf, denen er gewisse älteste lautliche u. a. Merkmale
zuteil. Man fragt sich bei diesen Ursprachen: welches ist ihre
Stellung in der Sprachentwicklung überhaupt? Stellt man sich
mit dem Verf. auf den monogenistischen Standpunkt bezüglich
des Sprachursprungs, so müssen diese Ursprachen Entwicklungs-
stufen der einen Ursprache sein, die, je bis zu einer gewissen
Linie fortgeschritten, stabil geworden sind, sich infolge totaler
Isolierung nicht — wenigstens nicht in den betreffenden charak-
teristischen Merkmalen — verändert haben. Geben wir diese
Erstarrung, obwohl sich unsere Erfahrung dagegen sträuben
möchte, auch als denkbar zu, so können wir ja aber doch nicht
annehmen, dass die Merkmale dieser vereinzelten, untereinander
weder im Wortschatz noch in den Bildungselementen verwand-
ten Sprachen die allein möglichen ältesten wären. Denn seit
ihrer Differenzierung aus der Ursprache haben die Ursprachen
starke Wandlungen durchgemacht. Welche Wandlungen, das
wissen wir nicht, wir stehen in bezug auf sie auf ganz hypothe-
tischem Boden und können mit hier und dort aufgelesenen Par-
allelen «beweisen», was wir wollen: dass die ö, ö der betreffen-
den Primärsprachen (s. oben S. 152) nicht später aufgekommen
sind (wie sie entstanden sind, erklärt der Verf. nicht, sie sind mit
einmal da), sondern schon in den Vorursprachen vorhanden wa-
ren, in den Ursprachen verschwanden, aber sich in jenen Primär-
sprachen erhielten, und so in allen vom Verf. berührten lautlichen
Fragen, den meisten grammatischen und den syntaktischen. Ob
die Rätsel zu lösen sind, wenn man, wie der Verf, vom heutigen
Bestand ausgeht und durch Vergleichung rückwärts zu dringen
versucht? Eine Strecke weit sind da wohl Wege zu finden, wenn
alte Schriftsprachen oder zahlreiche Mundarten verschiedener Ent-
wicklungsstufen vorhanden sind. Sonst aber verfällt man nur zu
leicht dem Vorwurf, den der Verf. S. 37 gegen A. Trombetti in
dessen Frühwerken richtet: dass man es für möglich halte, gestützt
auf den jetzigen Gleichklang einer Anzahl von Wörtern, die den
verschiedensten Entwicklungsstufen und Sprachgruppen angehören
können, auf empirische Weise ein Dunkel aufzuhellen, das mit
a de
Ö an a u
Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 157
diesen Mitteln nicht zu durchleuchten ist; noch leichter, wenn es sich
bei der Vergleichung nicht um Wörter, Formantien und Laute han-
delt, sondern um Bildungsprinzipien, deren Werden und Wand-
lung aufs engste an ihren konkreten Ausdruck gebunden ist und
nur durch eine gleichzeitige geschichtliche Erforschung desselben
aufgeklärt werden kann. Wieweit es dem Verf: gelungen ist, sei
es auf dem Wege geduldiger Durcharbeitung, sei es auf dem der
Institution, das Richtige zu treffen, muss die Einzelkritik feststellen.
Indem ich nun zu der japhetitischen Sprachfamilie übergehe,
weise ich nochmals auf das oben S. 151 Gesagte hin. Als ge-
sichert darf durch die bisherigen Forschungen gelten, dass das
Hethitische in seinem Bau eine indogermanische Sprache ist (].
Friedrich in Festschrift für Wilhelm Streitberg, S. 304 ff.), und -
dass die gelegentlichen Anknüpfungsversuche zwischen dieser
Sprache und einzelnen kaukasischen Sprachen des sicheren Grun-
des entbehren. Der Schlüssel Grünwedels zum Etruskischen hat
sich als trügerisch erwiesen, und was die Zugehörigkeit des Ela-
mischen, Sumerischen und Baskischen sowie der anderen vom
Verf. erwähnten vorderasiatischen Sprachen zu einer japhetitischen
Familie betrifft, ist alles so sehr auf lockere Vermutungen gestellt,
dass die Existenz einer solchen Familie zur Glaubenssache wird.
(Über die Literatur zur Japhetitologie ist jetzt zu vergleichen die Bi-
bliographie von N. J. Marr, Klassificirovannyj perecen pecatnych
rabot po jafetitologii, Leningrad 1926. In einem Aufsatz in den
Izvestija der Russischen Akademie der Wissenschaften, 1927, S. 405
ff, zieht dieser Forscher auch das Nama in den Kreis der «mit-
telmeerischen» Sprachen). Es bleibt als wenigstens geographisch
gut umzirkte Gruppe die der kaukasischen Sprachen, die ausser-
dem durch ein in wichtigen Punkten gleichartiges Lautsystem zu-
sammengehalten werden (das Schwerwiegendste darin das Neben-
einander labialisierter und nichtlabialisierter Konsonantenreihen). —
In der Tabelle des Verf. S. 71: «Kaukasische (japhetitische) Sprachen »
sind Abchasisch einer-- und Adigeisch (Tscherkessisch) nebst
Übychisch andererseits als eine Gruppe, die westkaukasische,
zusammenzufassen; mit dieser Einschränkung bleibt die nordkau-
kasische Gruppe bestehen. Doch ist zu beachten, dass im Il.
Teil des Werkes die Ostsprachen ba!d als Nord- bald als Ost-
kaukasisch bezeichnet sind. Ich verstehe hier unter Nordkaukasisch
die Nordost- und unter Ostkaukasisch die Südost-Sprachen der
Tabelle. Zu dem Südkaukasischen pflegt das Swanetische (im II.
Teil Swanisch) gestellt zu werden.
Ich sehe hiernach die Ausführungen des Verf. über Kauka-
sisches im II. Teil seines Werkes durch. Von den «anormalen»
158 Besprechungen. Gustav Schmidt,
Vokalen ö, ä heisst es $. 276, dass die kaukasischen Sprachen
diese Vokale nicht kennen; «wo sie im Udischen und ö im Kü-
nnischen vorkommen, gehen sie auf Beeinflussung durch turko-
tatarische Sprachen zurück». Von dieser Behauptung ist der er-
ste, wesentliche Teil in dem Sinne richtig, dass ö, ö jenen Sprachen
ursprünglich offenbar fremd sind. Doch findet sich im Kürini-
schen nicht ö, sondern nur ü. Beide Vokale besitzen ausserdem
mehrere Verwandte dieser Sprachen, dialektweise das Tschetche-
nische und InguSische und innerhalb des Südkaukasischen ein
georgischer Dialekt, das Ingiloische. In allen diesen Sprachen
und Mundarten sind ö, ö aus vi, ve (uf, ve) u.ä. spontan enistan-
den, und wenn auch turkotatarische Lehnwörter derselben mit ö, äö
auftreten, beruht das darauf, dass diese Laute zur Zeit der Entleh-
nung bereits vorhanden waren; das sonstige Südkaukasische, die
westkauk. und ein Teil der ostkauk. Sprachen, die ö, ä nicht
spontan entwickelt haben, geben turkotat. ö, ä durch o, u
wieder. Jedenfalls ist hierdurch ein junger Entwicklungsprozess
konstatiert.
Für den Anlaut des Wortes bieten die kauk. Sprachen die
reichste Skala: vokalischen, bedingt vokalischen — eine in den
nord- und ostkaukasischen Sprachen alte Erscheinung, durch die
mittels Vortritts der «Genuscharaktere» die Herstellung der Kon-
kordanz ermöglicht wird (vom Verf. 5. 291 nicht berücksichtigt),
— einfach konsonantischen und mehrfach konsonantischen. Am
weitesten geht das Cieorgische mit seinen Mundarten in anl. Kon-
sonantenhäufungen (z. B. altgeorg. ymerti "Gott! — Genit. yrartisa,
nach Ausweis der Entlehnung in das Swanische: ( yvrerti = yvrartisa,
woher wohl das heutige georg. Paradigma ymerti _ Genit. yv/isa).
Diese Erscheinung ist, wie die anderen südkauk. Sprachen zei-
gen, relativ jung (doch beim Auftreten der georg. Literatur im 7.
Jh. voll entwickelt), durch Akzentverhältnisse bedingt. Sie kann
also nicht etwa in eine arktische Zeit zurückdatiert werden, in
die nach dem Verf. gerade die kompliziertesten und schwierigsten
Anlaute gehören (s. oben $S. 153).
Wie der Verf. zu seinen Erhebungen über den Auslaut der
kauk. Sprachen (S. 300) gelangt ist, bleibt mir ungewiss. Jeden-
falls sind die Angaben für irgendwelche Schlussfolgerungen nicht
zu verwerten. Mag man Texte der verschiedenen Sprachen oder
grammatische Paradigmen oder Wörterbücher durchsehen, überall
wird man sehen, dass reinvokalischer Auslaut nicht nur nicht fehlt,
sondern in manchen der Sprachen, so auch in den südkauk,.,
in üppigster Weise entfaltet ist. Andererseits wird man auch für
den konsonantischen Auslaut schwerlich zu irgendwelchen Regeln
Die Sprachfamilien und Sprachenkreise. 159
kommen, die Entwicklungsstufen sind selbst in den einzelnen
Gruppen zu verschiedenartig.
Unter den grammatischen Erscheinungen bedarf zunächst der
Unterschied von inklusiver und exklusiver Form in der I. Pers. Plur.
(S. 329) einiger Zusätze. Von diesen Formen weisen nach dem Verf.
die kauk. (japh.) Sprachen nichts auf ausser dem Awarischen, Tsche-
tschenischen und Swanischen. Zu diesen Sprachen sind jedoch
hinzuzufügen InguSisch und Thusch (also alle nordkauk. gehören
hierher), ferner Andisch, das andodidoische Tindi und die ostda-
ghestanischen Agulisch und Tabassaranisch. Aber die Sache er-
schöpft sich hiermit nicht. Sehen wir uns die Entprechungen
des Wortes für ’'wir' in den übrigen ostkauk. Sprachen an, die
an sich keinen Inklusiv und Exklusiv unterscheiden, so finden wir,
dass die einen eine Form zeigen, die dem inklusiven, und andere
eine solche, die dem exklusiven Pronomen der anderen Sprachen
etymologisch entspricht. Es dürfte mithin nicht zu kühn sein zu
schliessen, dass die nord- und ostkauk. Sprachen überhaupt ursprüng-
lich beide Formen besitzen. Das Bild von dem Unterschied
zwischen Inklusiv und Exklusiv ändert sich also wesentlich.
Wie verschieden die Genusbildung in den kauk. Sprachen
ausgestaltet ist, zeigt der Verf. S. 336. In der Täbelle sind in
der letzten Spalte die Klammern soweit herunterzuziehen, dass I
das Nichtgeschlechtsreife und Il das Unbelebte umfasst. Im Hür-
kanischen sind Spuren eines IV. Genus, von der Art wie im Lakischen
(das in der Tabelle vermisst wird), zu finden, was auf eine Re-
duktion der Genuszahl in anderen ostkauk. Sprachen deutet, wo-
für auch in den jetzt ohne Genera auskommenden Sprachen die-
ser Gruppe Hinweise (erstarrte Genuscharaktere in Einzelwörtern)
vorhanden sind. In den nordkauk. Sprachen scheint eine Ge-
nushypertrophie vorzuliegen, dafür spricht, dass die Konkordanz
bei den dort angewandten 6 Genera durch insgesamt nur 4
Genuscharaktere bestritten werden muss.
Die Zählweise der kauk. Sprachen ist entweder dezimal oder
vigesimal (S. 365). Wodurch der Verf. (S. 376) beweisen will,
dass hier ursprünglich eine quinare Teilung vorhanden war, ist
mir nicht ersichtlich. Die Wörter für I—10 und 20 sind in
allen nord- und ostkauk. Sprachen etymologisch identisch; sie
sind zugleich grundverschieden von denen der westkaukasischen
einer- und der südkaukasischen Sprachen andererseits, und weder
hier noch dort findet sich etwas, das auf eine quinare Zählweise
deutete. — Die Ursachen des Übergangs vom Vigesimal- zum De-
zimalsystem, wo ein solcher tatsächlich stattgefunden hat, sind oft
schwer zu verstehen. Dass die leichtere Handhabung des Zehnersys=
160 Besprechungen. Gustav Schmidt,
tems mitsprechen kann, ist wohl nicht zu leugnen, doch geschieht der
Übergang im allgemeinen wohl nur, wenn diese grössere Leich-
tigkeit durch Berührung mit einer Sprache mit dezimalem Zahl-
system zum Bewusstsein gebracht wird!. Das mag für mehrere
der kaukasischen Sprachen gelten (doch hat die einzige alte Kul-
tursprache des Gebietes, das Georgische, zäh an seinem Vigesi-
malsystem festgehalten, ebenso die Lingua franca Daghestans,
das Awarische). Verständlicher ist der Übergang von niederen
Zahlwörtern zu höheren Zahlwerten, für den Verf. (s. oben S$.
153—4) sehr ansprechend bestimmte wirtschaftliche Vorausset-
zungen verantwortlich macht.
Ich komme schliesslich zu den syntaktischen Erscheinungen
der kaukasischen Sprachen ?. Die Verhältnisse sind S. 391—392
zusammengefasst. «In den west- und ostkaukasischen [= nord- und
ostkauk.] Sprachen», heisst es zunächst, «steht der (meist mit Kasus-
suffix versehene) Genitiv vor, im Altgeorgischen nach, im Mo-
dern-Georgischen vor und nach, ebenso im Swanischen». Diese
Angabe bedarf mehrerer Berichtigungen. Im Altgeorgischen ist
seit den ältesten Zeiten die Genitivvoranstellung der Genitivnach-
stellung gleichberechtigt, und die erstere ist im Modern-Georgi-
schen (ebenso wie im Mingrelischen und Lazischen) und Swa-
nischen die gewöhnliche. Der Genitiv ist im ganzen Gebiet der
Kaukasussprachen (mit Ausnahme des Abchasischen, das kein
Genitivzeichen hat) stets mit Suffix versehen; ist er suffixlos,
haben wir mit anderen Worten nominale Komposita, so steht
das bestimmende Glied immer voran. Bei dem nachgestellten
Genitiv des Altgeorgischen ist zu beachten, dass er mit dem
ı Ein Beispiel hierfür ist die in den allerletzten Jahren erfolgte
Ersetzung des ossetischen Vigesimalsystems durch das Dezimalsystem
— vorläufig wenigstens in der Literatur. Die Zehner, dıe dabei in
Aufnahme gekommen sind, gehörten der Zählweise der we&stossetischen
Hirten an, die ihre Herden in das Gebiet der bergtatarischen Balkaren
zu treiben pflegten, und waren bereits im Begrıft, der Vergessenheit
anheimzufallen. Da dıe Formen dieser Zahlen offenbar, wenigstens
zum Teil, altiranische Zehnerformen fortsetzen, haben wir hier einen
Fall zweimalıgen Tausches des Zahlsystems vor uns. Vgl. zu der
Sache Gr. A. Dzagurov, Ösetinskij pastuSeskij stet, Izvestija osetinskogo
instituta kraevedenija I, Wladikawkaz 1925, S. 127—150.
2 Nur im Elamischen findet der Verf. unter den japhetitischen
Sprachen die Genitivnachstellung als die Regel. Die Inschriften, sowohl
die alt- als die neuelamitischen, zeigen jedoch, dass Oenitivvor-
anstellung mindestens gleich häufig, im Neuelamitischen entschieden
häufiger als Genitivnachstellung geübt wurde.
* Eine Probe, die ich aufs Geratewohl herausgreife: I. Kipäidze,
Gruzinskaja drevneliteraturnaja chrestomatija, Petrograd, 1918, S. 1—
22 (Text aus dem Jahre 864,.
Die Sprachfamilien und Sprachenkreice 161
Nomen, das er bestimmt, dadurch zu einem Ganzen ver-
schmilzt, dass das Kasussuffix des Nomens und ein eventuelles
Pluralsuffix desselben an dem Genitiv wiederholt werden (double
rapport’ nach M. Brosset, Elements de la langue georgienne, S.
231; N. Marr, Grammatika drevneliteraturnogo gruzinskogo jazy-
ka, Leningrad 1925, S. 64). Diese Erscheinung findet sich spo-
radisch auch im Mingrelischen (l. KipSidze, Grammatika mingrel-
skago jazyka, S. 0135) und, durch Übersetzung aus dem Georgi-
schen, im Thusch (A. Schiefner, Versuch über die Thusch-Spra-
che, $ 235). Durch die Nachstellung des Genitivs wird dieser
zu einem Adjektiv und wie ein nachgestelltes Adjektiv behandelt.
Von diesem Gesichtspunkt aus ist die Genitivnachstellung des
Altgeorgischen zu bewerten. An sich kennen die kauk. Sprachen
. nur Genitivvoranstellung, und was sich uns als Genitivnachstel-
lung darbietet, ist eine Umdeutung einer ganz andersartigen For-
mation. Für die Stellung des Possessivpronomens gilt ähnliches.
Ein Irrtum ıst es, wenn der Verfasser dieses im Westkaukasischen
(Abchasisch, Ubychisch und Tscherkessisch) nachtreten lässt (S.
391): es ist hier ein Präfix, das nicht von seinem Nomen ge-
trennt werden kann. — Die Stellungsverhältnisse des Subjektpro-
nomens sind S. 392 stark vereinfacht zusammengefasst. Der Zu-
stand in den nord- und ostkauk. Sprachen ist sehr verwickelt und
lässt sich nicht auf eine glatte Formel bringen, sogar Nachstellung
und Verschmelzung des Subjektpronomens mit der Verbalform
kommt vor und führt in einigen Sprachen zu einer Konju-
gation mit Personalsuffixen, die sonst den kauk. Sprachen
abgeht. Was in den südkauk. Sprachen vom Verf. als Sub-
jektpronomen der 3. Person angesehen wird, ist nach allge-
meiner Anschauung ein Rest des Verbum substantivum, nichts
Pronominales, und das entsprechende Element der 2. Pers. Plur.,
das nach dem Verf. fehlt, steht immer genau wie in der 1. Pers.
Plur., ist aber ebenfalls kein Ausdruck für ’ihr’ (bzw. ’'wir). —
Die Formulierung der folgenden Regel: «Der Akkusativ steht ge-
wöhnlich nach», ist wohl haltbar, nur muss man sich erinnern,
dass die kauk. Sprachen infolge des passiven Charakters ihrer
transitiven Verben keinen Akkusativ in unserem Sinn kennen.
Und schliesslich ist zu der Stellung des attributiven Adjektivs
für das Altgeorgische das Obige beim Genitiv zu vergleichen
(Adjektiv bald vor bald nach) und ein Druckfehler zu verbessern:
— m
ı Auf eine ähnliche Erscheinung im Elamischen weist C. Autran
in Les langues du monde (A. Meillet et Marcel Cohen), Paris 1924, S.
290, Fussnote, hin.
11
162 Besprechungen. Gustav Schmidt, Sprachfamilien.
«Das Adjektiv wird im Ostkaukasischen — — —» lies: West-
kaukasischen (ebenso in der Tabelle S. 484).
| In den zusammenfassenden Darlegungen über die verschie-
denen Stellungsverhältnisse finden wir dieselben Regeln wieder, die
oben besprochen worden sind, in einigen Kapiteln noch schroffer ge-
fasst. Die Genitivnachstellung erscheint da als ein Spezifikum
der japhetitischen Sprachfamilie, sie hat nach dem Verf. auf die
ursprüngliche Genitivvoranstellung der semitohamitischen Spra-
chen eingewirkt (S. 435, 456) und, wie oben bereits hervorge-
hoben wurde, auch die «analytische» Genitivnachstellung der ro-
manischen Sprachen veranlasst. Diese Beeinflussungen ‘müssen
nach dem Gesagten als ausgeschlossen gelten. Ebenso wie bei
den ö, ä der kauk. Sprachen späte spontane Entwicklung vorliegt,
muss in den romanischen Sprachen bei der Genitivstellung mit
einer solchen gerechnet werden, dies um so mehr, als die Heraus-
bildung jener «analytischen» Stellung gut zu verfolgen ist; wird
doch auch niemand etwa für die pronominalen Umschreibungen
des Genitivausdrucks in deutschen Dialekten türkische oder west-
kaukasische Einflüsse geltend machen wollen, da die spontane
Entwicklung (Umdeutung einer andersartigen syntaktischen Fügung)
klar zutage liegt.
Ich kann zum Schluss nicht umhin, einen Zweifel an der
Wahrscheinlichkeit der Erklärung für den Übergang der älteren
Genitivvoranstellung zu der jüngeren Genitivnachstellung im all-
gemeinen auszusprechen. Dieser würde (s. oben S. 154—5) durch
ein psychologisches, von den soziologischen Verhältnissen einer
bestimmten Kulturperiode ausgelöstes psychologisches Moment
verursacht sein. Es bleibt dabei ganz in Dunkel gehüllt, wie es
kam, dass die in den fremden Stamm einheiratenden, die Spra-
che der Frau erlernenden Männer ihre männliche Individualität
nicht schon in ihrer eigenen Sprache durch die Genitivnachstel-
lung äusserten. Bei der Erlernung einer fremden Sprache (ich
denke natürlich nicht an Erlernung aus gedruckten Büchern)
dürfte wohl zu allen Zeiten das Klischee, die Denkform, von der
eigenen Sprache geliefert worden sein, das massgebend blieb,
bis durch die Gewohnheit die Typen der fremden Sprache an-
geeignet waren. Im vorliegenden Fall würde das für die ursprüng-
liche Sprache der Männer die Genitivnachstellung ergeben, womit
die Entwicklung auf den Kopf gestellt wäre.
ı 5. 443 unten begegnet ein selisamer Widerspruch, wenn der
Verf. sagt, dass dıe Genitivnachstellung beim Nomen im Südkaukasi-
schen nıcht vorhanden sei Vgl daselbst auch die Angabe über das
Protochattische mit der Feststellung über dieselbe Sprache S. 392.
H. Suolahti, Festschrift Fr. Kluge z. 70. Geburtstage. 163
Die Bemerkungen, die oben über die japhetitisch-kaukasische
Seite des Werkes von P. W. Schmidt gemacht worden sind,
greifen in einigen Punkten nicht unwesentlich in den Gesamtbau
des Systems ein. Es wäre wohl, scheint mir, am Platze, den
betreffenden Teil des Fundaments einer Neubearbeitung und die
Befunde einer Neuwertung zu unterziehen, wenn der Verf. seine
Pionierarbeit, wie er seine Untersuchung nennt, einmal weiterführt
oder wenn dies, von den weitausschauenden Darlegungen ange-
regt, von Anderen unternommen wird!.
Gustav Schmidt.
Festschrift Friedrich Kluge zum 70. Geburtstage am 21. Juni 1926
dargebracht von OD. Behaghel, Giessen; K. Bohnenberger,
Tübingen, OÖ. Dammann, Heidelberg; E. Eckhardt, Freiburg
i. Br; W. Franz, Tübingen; G. Goetz, Jena; A. Götze, Gies-
sen; E. Hoffmann-Krayer, Basel; M. H. Jellinek, Wien; T. E.
Karsten, Helsingfors; E. Kieckers, Dorpat; E. A. Kock, Lund;
E. Leumann, Freiburg i. Br.; E. Noreen, Stockholm; F. Pan-
zer, Heidelberg; R. Priebsch, London; J. Schatz, Innsbruck;
A. Schröer, Köln; W. Stammler, Greifswald; H. Suolahti,
Helsingfors; H. Teuchert, Rostock; A. Wrede, Köln. —
Tübingen, Verlag des Englischen Seminars in Tübingen,
1926. V--164 S. nebst einem Bild Friedrich Kluges.
Die Festschrift wird eingeleitet durch Behaghels Aufsatz
«Zur Dauer der nhd. Endsilbenvokale», worin zunächst festgestellt
wird, dass die Regel von der Länge der vollen Vokale im Wortaus-
gang allgemeine Gültigkeit hat. Die Beibehaltung der Länge oder
Längung ursprünglicher Kürzen im Nhd. wird von B. damit in
Zusammenhang gebracht, dass die vollen Endvokale in nor-
maler Entwicklung verschwunden und uns daher fremdartig ge-
worden sind. — Unter der Rubrik «Zwischenformen» bespricht
Bohnenberger solche Übergangsformen in den lebenden Mund-
arten, welche als schmale Streifen zweier Aussprachen eines ehe-
mals einheitlich gesprochenen Lautes zu beobachten sind. Diese
könne man zwar gelegentlich als Überreste einer sonst aufgege-
ı Ein paar Berichtigungen zu der Bibliographie über die japhe-
titischen Sprachen: S. 66, Z. 10 Grosset, lies Brosseı; die Titel der rus-
sischen Bücher S. 67 und 68 sind teilweise entstellt; S. 77, Z. 16 v.u.
Th. Klug, lies Th. Kluge; H. Winkler und H. Wınckler sind zu einer
Person gemacht, der letztere ist S. 73, Z. 6 gemeint.
.
164 Besprechungen. Hugo Suolahti,
benen Übergangsstufe auffassen, aber ausreichend könne ihr streifen-
artiges Auftreten nur durch die Herleitung aus nachträglicher
Ausgleichung zwischen den beiden stark voneinander abweichen-
den Hauptformen erklärt werden. — Dammann hat ein Ver-
zeichnis der Schriften Friedrich Kluges zusammengestellt, welches
einen ganzen Druckbogen umfasst und somit die Reichhaltigkeit
von Kluges Produktion illustriert. — Im folgenden Artikel beant-
wortet Eckhardt die Frage «Gehört Shakespeare zur Renais-
sance oder zum Barock?» Er bekämpft die Anschauung, dass S.
zum Barock gehöre, und behauptet, dass sie auf einer Verken-
nung des Begriffs Renaissance beruhe. Was bei S. für Barock
gehalten wird, das Unregelmässige, Romantische, das seien weiter
nichts als mittelalterliche, wenn man will gotische Bestandteile
innerhalb der englischen Renaissance. — In dem Aufsatz «Ame-
rikanisches und britisches Englisch» zeigt Franz, dass die ame-
rikanische Volkssprache ein viel weniger originales Gepräge hat,
als Menckens Darstellung in dem Buch ‘The American Language’
erkennen lässt. Die allermeisten von den Einzelzügen des Ame-
rikanischen liessen sich nämlich, wenn auch nicht immer in der
älteren britischen Schriftsprache, so doch in den britischen Mund-
arten nachweisen; in diesen werde neubildendes Leben von den-
selben sprachlichen Gesetzen beherrscht, wie in der amerikani-
schen Volkssprache, wenn auch die Entwicklungsneigungen ver-
schieden sein können. — «Aus lateinischen Glossaren» bringt
Goetz eine Menge Beispiele für den Wechsel von 5 (oder »v)
und m (scamillum — scabillum u.a.), von denen einige noch der
lateinischen Periode angehören, während eine grössere Anzahl
derselben in das 7.—9. Jh. fallen. Auf Grund dieser ortho-
eraphischen Varianten ist G. geneigt, einen Übertritt von 5 (bzw. v)
zu m anzunehmen. — Götze bespricht in seinem «Alemanische
Namenrätsel» betitelten Artikel den Familiennamen S/ehle, den er
als «der Stählerne» deutet, und behandelt darauf die in jedem
badischen Dorf vorkommende Erscheinung, dass mehrere Kurz-
formen von gangbaren Taufnamen nebeneinander gebraucht
werden. Diese Erscheinung sei dadurch zu erklären, dass die
Geschlechter auf bestimmte Taufnamen geschworen sind (der
Grossvater Jakob, der Vater Köbes, dessen ältester Sohn Jöd, der
zweite Sohn Köbes und der dritte Köbesje). — Unter der Rubrik
«Präterital-passivische Zusammensetzungen im Deutschen» unter-
sucht Hoffmann-Krayer Bildungen vom Typus Bratkartof-
feln, Schneidebohnen. Diese Bildungen, welche offenbar von
Norddeutschland ausgegangen sind, seien erst in nhd. Zeit ent-
standen. Die ältesten von ihnen seien solche gewesen, welche
Festschrift Fr. Kluge zum 70. Geburtstage. 165
sich in Form und Bedeutung an die alten Nominalzusammen-
setzungen oder die in grosser Zahl vorkommenden gerundivischen
Verbalzusammensetzungen anlehnen konnten. Schliesslich sei man
von den Zusammensetzungen, in denen der Vokal mit dem des
Infinitivs übereinstimmte (Bratkartoffeln), auch zu Bildungen über-
gegangen, die vokalisch von dem Part. Prät. abweichen und
denen kein gleichlautendes Nomen zur Seite steht (Schneideboh-
nen). — In dem Aufsatz «Die angeblichen Beziehungen der go-
tischen und kappadokischen Kirche» lehnt Jellinek diese Bezie-
hungen ab, die man auf Grund eines Berichtes über den im
Jahre 372 erfolgten Märtyrertod des Goten Sabas angenommen
hat. Dieser Bericht, der sich in Eingang und Schluss als Brief
von Gotthia an die Kirche von Kappadokien gibt, sei kein Brief
von Kirche an Kirche, sondern enthalte in Wahrheit nur eine
Mitteilung des dux Scythiae an einen kappadokischen Bischof. Es
handle sich da um eine Angelegenheit, die sich zwischen den
Behörden der römischen Provinz Scythia und dem Bischof von
Caesarea abspielt. -- Karstens Aufsatz «Fi. /aika ‘Vorzeichen,
Wahrsagung’ und die Etymologie des Wortes Zeichen» knüpft
an die von Noreen herrührende Zusammenstellung von fi. faika
mit aisl. Zeikns an. Auf Grund einer als *daigna () taikna)
angesetzten Grundform des finnischen Wortes wird die Urform
des germanischen Wortes von K. als *deig- : "dig- angesetzt. —
Kieckers Artikel «Zum Dativus sympatheticus im Neuhoch-
deutschen» enthält Belege für diesen Dativ aus einem Roman
Ganghofers. — Unter der Rubrik «Dorthin, dort, von dort» führt _
Kock aus der altnordischen Literatur einige Beispiele von einer
auffälligen Bezeichnung lokaler Verhältnisse an. — Leumanns
Aufsatz «Eine Dissimilationsregel» fällt ausserhalb des Rahmens
germanistischen Forschungsgebietes. Die betreffende Dissimilations-
regel gilt dem indischen Pronomen ima- dieser: wo der m-halti-
gen Silbe im Satzzusammenhang eine neue m-haltige folgt oder
eine ebensolche vorangeht, wird das m zu n, also ima- > ina-.
Die Regel, für die zahlreiche Beispiele angeführt werden, wird
auf Grund einiger Ausnahmen folgendermassen ergänzt: Die
gesetzmässige Umnasalierung. von ima- zu ina- kann streng ge-
nommen bloss unterbleiben, wenn etwa die darnach erforderliche
Nasalsilbe za wegen einer gleichlautend vorangehenden Silbe
unbequem wäre. — Noreen versucht in seinem Aufsatz «Einige
Bemerkungen über den Ursprung des Stabreinıs in der altgerma-
nischen Dichtung» die Annahme zu erhärten, dass der Stabreim
aus der Wortwiederholung erwachsen ist. -- Panzer setzt für
«eBemme», welches ‘beschmierte oder belegte Brotschnitte‘ bedeu-
166 Besprechungen. Hugo Suolahti,
tet und dessen geographisches Verbreitungsgebiet sich auf Sach-
sen und einen Teil von Thüringen beschränkt, ein wendisches
Etymon pomazka ‘beschmierte Bemme, Butter-QJuarkschnitte’ an.
— Priebsch veröffentlicht «Bruchstücke einer mittelhochdeut-
schen Ritternovelle», Textfragmente aus dem 13./14. Jh. mit er-
klärenden Bemerkungen, welche sich auf die Handschrift sowie
auf Sprache und Inhalt des Textes beziehen. — Schatz erörtert
in seinem Artikel «Berg und deutsche Bergnamen in den Alpen-
die verschiedenen Bedeutungen des Wortes Berg in den Alpen
und gibt ein zahlreiches Material von Bergnamen. — Schröer
stellt die exakte Bedeutung des Wortes «Eventually» fest. —
Stammler weist in seinem Artikel «Popularjurisprudenz und
Sprachgeschichte im XV. Jh.» auf die Bedeutung hin, welche die
popularjuristischen Schriften als eine in allen Schichten verbreitete
belehrende Lektüre seit dem 15. Jh. für die deutsche Sprach-
geschichte haben, und teilt zwei Proben aus solchen Schriften mit,
aus denen hervorgeht, dass diese juristische Literatur sich nicht
an die Kanzlei anlehnt, dass sie die Fremdwörter möglichst ver-
meidet, und dass da alles Gewicht auf sprachlich plane und fass-
liche Herausarbeitung des lateinischen Textes und seines Inhaltes
gelegt wird. — Suolahti gibt ’Textkritische Bemerkungen zum
König Rother». — Unter der Rubrik «Niederfränkisches Sprach-
gut in der Mark Brandenburg» bespricht Teuchert die Aus-
drücke Zise ‘Erle’, Besinge ‘Heidelbeere', Benne ‘Raufe’, Erpel
‘Enterich’, Liesen ‘Fettschichten an den Rippen der Schweine und
Gänse‘, Fliese ‘die Haut um das innere Fett’, welche er alle als
niederländische Worte bezeichnet. — Die Festschrift wird abge-
schlossen durch den Artikel Wredes «Zur Geschichte des
Sprachenkampfes in Köln um die Wende des 15. Jhs.», worin die
Sprache einer bisher ungedruckten umfangreichen Urkunde vom .
Jahre 1493 bzw. 1494 analysiert wird. Es zeigt sich da das
Streben der im amtlichen Leben führenden Kölner Kreise zu Ende
des 15. Jh., die altüberlieferte ripuarisch-niederfränkische Schrift-
sprache der oberländischen anzugleichen, und die betreffende Ur-
kunde wird daher von W. als ein Beweis dafür bezeichnet, wie
am Rhein unabhängig von Luthers Spracheinfluss sich die Hin-
wendung zum Hochdeutschen anbahnte.
Der verhältnismässig bescheidene Umfang der Festschrift hat
natürlich auch den Umfang der gelieferten Beiträge bestimmt;
manche von ihnen umfassen nur ein paar Seiten. Aber abgese-
hen von einigen wenigen unbedeutenderen Artikeln sind die Auf-
sätze durchaus beachtenswert, und mehrere von ihnen berühren
wichtige sprachgeschichtliche Probleme. Die Schrift ist somit zu
Festschrift Fr. Kluge 2.70. Geburtstage. C.v. Kraus, Mhd. Übungsbuch 167
einer würdigen Huldigung Kluges geworden. Den 70. Geburts-
tag, der diese Huldigung veranlasste, hat Kluge zwar nicht erlebt,
aber die Festschrift konnte, wie eine kurze Note auf dem Widmungs-
blatt besagt, ihm vor seinem Hingang noch überreicht werden.
Die warme Widmung, die in kurzen Worten die Bedeutung
des Lebenswerkes des verstorbenen Meisters schildert, ist von
W. Franz geschrieben. Hugo Suolahti.
Carl von Kraus, Mittelhochdeutsches Übungsbuch (= Germani-
sche Bibliothek, hrsg. v. W. Streitberg }, 1. Sammlung ger-
manischer Elementar- und Handbücher, Ill. Reihe: Lese-
bücher. 2). 2. vermehrte und geänderte Auflage. Heidel-
berg, 1926. Carl Winter’s Universitätsbuchhandlung. XI +
297 S. Preis: Mk. 6.50.
In der Vorrede zur ersten Auflage betont v. Kraus die Be-
zeichnung seines Buches als Übungsbuch im Gegensatz zu einem
Lesebuch: es ist bestimmt, «dem Anfänger eine Reihe von Tex-
ten zu bieten, die ihm Gelegenheit geben, zu lernen, wie mannig-
fach die philologischen Aufgaben sind, die die Literatur der mittel-
hochdeutschen Zeit dem Forscher stellt, und die Methoden zu
üben, mit denen man diese Aufgaben zu fördern oder zu lösen
vermag». Mit dem Anfänger ist nicht der ganz junge Student
gemeint, der im Begriff ist, mit dem Studium des Mittelhochdeutschen
zu beginnen. In seiner Hand ist ein Lesebuch mit normalisier-
tem Text das geeignetste Hilfsmittel. Aber sobald er die erste
Stufe des Studiums verlassen hat und im höheren Seminar mit
den Problemen und Methoden seiner Wissenschaft bekannt wer-
den soll, versagt das Lesebuch als Hilfsmittel; da müssen schon
die Texte in ihrer handschriftlichen Überlieferung unter die Augen
des künftigen Forschers kommen.
Den angegebenen Zweck erfüllt gerade das vorliegende
Übungsbuch. Mit den zuverlässigen Textabdrücken, den zu die-
sen gehörigen kurzen andeutenden Bemerkungen und Hinweisen
auf die einschlägige Literatur eignet sich v. Kraus’ Übungsbuch
ganz vortrefflich für die Übungen im deutschen Seminar. Dazu
trägt auch besonders die Auswahl von bloss solchen Texten bei,
welche der Forschung noch Neues bieten können.
In die zweite Auflage sind aus dem letztgenannten Grunde
die Nummern 4. Graf Rudolf, 6. Flecks Floire und 9. Der Sper-
ber nicht mehr herübergenommen worden; bei Nr. 1 sind jetzt
die beiden Nummern 1 und 2 der ersten Auflage unter der Rub-
rik «Mittelfränkische Reimbibel» vereinigt; bei Nummer 8 wird
y
168 Besprechungen. Hugo Suolahti,
die ganze uns bekannte Überlieferung der Iyrischen Dichter Boten-
lauben, Hohenburg und Rotenburg mitgeteilt; und unter Num-
mer 4 hat Zwierzina aus seinen Sammlungen fünf Beispielsreden
und Spruchgedichte beigesteuert. — In den Anmerkungen, in de-
nen in äusserst knapper Form viel wertvolle Detailarbeit steckt,
ist natürlich auch alles das nachgetragen worden, was die For-
schung seit dem Erscheinen der ersten Auflage zu verzeichnen hat.
Hugo Suolahti.
Hans-Friedrich Rosenfeld, Mittelhochdeutsche Novellenstudien.
I. Der Hellerwertwitz. II. Der Schüler von Paris. (= Pa-
laestra 153, Untersuchungen und Texte aus der deutschen
und englischen Philologie, begründet von Alois Brandl und
Erich Schmidt, hrsg. von Alois Brandl und Gustav Roethe).
Leipzig, Mayer & Müller, 1927. X-541 S.
Der Verfasser hat die beiden auf dem Titelblatt genannten
Novellen einer Untersuchung unterzogen, wie man sie nicht gründ-
licher verlangen kann. Die Texte der Novellengruppen sind ab-
gedruckt und mit Varianten der Handschriften sowie mit ausführ-
lichen erläuternden Anmerkungen versehen. jedem Text geht eine
Beschreibung der Überlieferung und eine sprachliche, metrische
und stilistische Analyse voran, ferner noch eine Erörterung des
Aufbaus, der Quellen und der literarischen Stellung der Gedichte.
Die Stoffgeschichte der beiden Novellengruppen wird ebenfalls
ausführlich behandelt.
Für den «Hellerwertwitz» ergibt sich als Entstehungszeit das
vorgeschrittene 14. Jh., wenigstens das zweite Viertel dieses Jh.;
der Verfasser des Gedichts, der sich Fressant nennt, wird mit
einem Uimer Stadtschreiber Herman Fressant identifiziert. Die
zweite Bearbeitung «Der Pfennigwertwitz» umfasst nur 100 Verse.
Die Sprache gewährt wegen des geringen Umfangs des Textes
keine sicheren Anhaltspunkte für die Feststellung der Entstehungs-
zeit und der Heimat des Dichters; auf Grund der Metrik wird
oberdeutsche Herkunft angenommen und die Entstehung in die
vorgerückte zweite Hälfte des 14. Jh. verlegt. Für die dritte Be-
arbeitung desselben Stoffes «Das Säcklein Witz» wird als Ent-
stehungszeit das beginnende 15. Jh. angesetzt und die Heimat des
Dichters in das hochalemannische Dialektgebiet verlegt. |
Die Novellengruppe vom Schüler von Paris ist in zwei Fas-
sungen, der Münchener und der Wiener Fassung, überliefert. Aus
der sprachlichen Untersuchung ergibt sich für beide als Entste-
hungszeit das Ende des 13. oder der Anfang des 14. Jh.; die |
Sprache der ersteren erweist sich als thüringisch, die der letzteren
=
Hans-Friedrich Rosenfeld, Mittelhochdeutsche Novellenstudien. 169
als rheinfränkisch, wahrscheinlich hessisch. Eine besondere Be-
handlung des Stoffes liegt vor in der Gesamtabenteuerfassung des
«Schülers von Paris», die in zwei verschiedenen Redaktionen, ei-
ner mitteldeutschen und‘ einer oberdeutschen, überliefert ist. Jene
gehört nach Rosenfeld noch dem ausgehenden 13. Jh. an, diese
erweist sich als die jüngere Redaktion.
Die Untersuchung der Stoffgeschichte der Novellen vom
Hellerwertwitz, in welcher alle Varianten der betreffenden Erzäh-
lung besprochen werden, führt zu dem Ergebnis, dass die gemein-
same (Quelle nicht nur der deutschen, sondern auch der franzö-
sischen (bzw. italienischen) und der englischen (und einer russi-
schen) Versionen das Fabliau des Jean le Galois ist. Nur in bezug
auf die französische Prosanovelle «De Symmonet Piquet qui acheta
pour un denier de sens» aus dem 15. Jh. bleibt es unsicher, ob
sie auf das Fabliau oder auf eine noch ältere Urfassing zurück-
geht. Von den deutschen Fassungen wird Fressants Gedicht di-
rekt aus dem französischen Fabliau abgeleitet, während die zwei
übrigen Fassungen «Der Pfennigwertwitz» und «Das Säcklein
Witz» durch Zwischenstufen, welche in der Exempelliteratur teil-
weise erhalten sind, auf dieselbe Quelle zurückgeführt werden.
Das Ergebnis der kurzen Erörterung der Stoffgeschichte vom
Schüler von Paris ist folgendes: Das Original ist ein französisches
Fabliau, von dem einerseits eine Novelle des Heptameron der
Margareta von Navarra und eine Novelle des Bandello, anderer-
seits auch eine Novelle Boccacios direkt herstammen. Die deut-
schen Fassungen werden aus demselben Original durch Zwischen-
stufen hergeleitet, und zwar erweist sich die Münchener Fassung
als die dem Original am nächsten stehende, während die zwei
übrigen zwei Zwischenstufen voraussetzen.
Weiter werden noch die einzelnen Motive der behandel-
ten beiden Novellengruppen näher analysiert.
Die Arbeit Rosenfelds zeugt nicht nur von grosser Gelehr-
samkeit und philologischer Akribie, sondern auch von bedeutendem
Scharfsinn. Die Untersuchung ist sowohl auf dem sprach-
lichen wie auf dem sagengeschichtlichen Gebiet mit sicherem
Griff durchgeführt, was um so anerkennenswerter ist, als sie eine
Menge schwieriger Probleme aufwirf. Dass das Resultat der
Stoffgeschichte trotz der gewissenlaften Prüfung doch hypothe-
tisch bleibt, beruht auf der Art des in Betracht kommenden Ma-
terials; und wenn der Verfasser bei der sprachlichen Analyse nicht
alle Einzelheiten befriedigend erklären kann, so beruht das meis-
tens auf der Schwierigkeit der zu lösenden Probleme. In den
allermeisten Punkten kann ich seinen Erklärungen und Emenda-
170 Besprechungen. Hugo Suolahti,
tionen, durch welche er die Kenntnis der Texte erheblich: geför-
dert hat, beistimmen. _
In der Münchener Fassung des Schülers von Paris ändert
der Verf. V. 425 die Lesart der Hs. ain muscaten plumen in eine
muscalphlumen und verwendet die Form pAlümen, welche im
Reim mit gumen steht, als Beweis dafür, dass @ mit ao reimt.
Aber plume ist doch gar nicht als phläme ‘Pflaume’ aufzufassen,
sondern als dlüme (= bluome), welches der bairische Schreiber
seiner Mundart gemäss mit anlautendem » wiedergibt. Es han-
delt sich ja hier um den in mehreren Sprachen geläufigen Aus-
druck Muskatblume (bzw. Muskatenblume),. — \V. 427 ist zwivel-
haft auffällig, denn — wie der Verf. in der Anmerkung hervor-
hebt — ist das Wort in der Bedeutung «ohnmächtig» sonst nicht
belegt. Ich vermute, dass zwivelhafft aus swimelhaft ver-
derbt ist. — V. 657 würde ich an Stelle der Konjektur Rosen-
felds (si kan sanfte und harte twingen) lesen: si kan sanften
unde twingen.
Die Wiener Fassung des «Schülers von Paris» setzt Rosen-
feld (S. 251) frühestens Ende des 13. oder Anfang des 14. Jh.
an. Ich glaube, dass man das 13. Jh. ganz ausser Betracht
lassen kann. Der Stil und der Wortschatz sprechen eher
für eine etwas spätere Datierung. S. 262 bemerkt der Verf., dass
der Dichter dieser Fassung in den Bildern und Vergleichen dem
Stile der Blümer besonders nahe rückt, und er gibt mehrere Bei-
spiele für dergleichen geschraubte Bilder. Als besonders abson-
derlich hebt er hervor V. 309 ff. reht als ein grüenez zesper, daz
den anehanc verbirt und erwähnt auch V. 303 ff. nu lief ez allez
widerker, aller liebe ein vesper. Der Reim zesper : vesper kommt
sonst nur — wie in der Anmerkung zu V. 308 auch bemerkt
wird — bei Wilh. v. Holland und Frauenlob vor. Es wundert
mich daher, dass Rosenfeld unter den literarischen Beziehungen
(S. 268) Frauenlob nicht in Betracht zieht. Der erwähnte Reim
sowie mehrere andere Ausdrücke wie phantasie (nur bei unserem
Dichter und Frauenlob), firmen, virmen, virme deuten doch wohl
auf Bekanntschaft mit Frauenlob. — V. 86 ff. erklärt Rosen-
feld auf eine Weise, die mich nicht überzeugt. Auch die Erklä-
rung der verderbten Verse 610 ff. befriedigt nicht ganz. Die
Anmerkungen zu V. 69, 75, 183, 257 und einige andere schei-
nen mir überflüssig.
Im Register sind die Worte firiac und zahei mit einem Stern
versehen, um anzugeben, dass sie in Lexers Mhd. Wb. nicht in
dieser Form vorkommen. Aber zähi findet sich bei Lexer, und
zahei gibt ja nur die spätere Diphthongierung der Handschrift
H.sFr. Rosenfeld, Novellenstudien. E. Nickel, Studien. 171
wieder. Was firiac betrifft, fehlt es bei Lexer, ist aber als Zyriacke
ın Manuel und Amande (ZsfdA. 26, 297) schon früh belegt.
An Druckfehlern hebe ich hervor S. 89, Z. 1 v.o.: 637 statt
639; S. 127, Z. 13 v.u.: S. 173 statt S. 170; S. 164, Z. 14 v.o.:
685 statt 687; S. 244, Z. 16 v.u.: 567 statt 657; S. 298, Z. 18
v.0.: 277 stait 280.
Da der Verf. seine Untersuchung auf breiter Grundlage aus-
geführt hat und eine erschöpfende Darstellung des Themas gibt,
so hätte er auch die Version +Das Säcklein Witz» abdrucken
sollen. Der Umstand, «dass die handschriftliche Überlieferung
keine ernstlichen Schwierigkeiten bietet», ist kaum ein genügender
Grund für den Verzicht auf den Text. Gerade in der Darstellung
des ersten Teils, des «Hellerwertwitzes>, setzt der Verf. auch sonst
beim Leser Kenntnisse voraus, die er von der Disposition des
Buches aus betrachtet nicht voraussetzen dürfte. So wird vom
«Fabliau» gesprochen, ohne dass der Leser darüber orientiert
worden ist. s
Die Methode, nach welcher Rosenfeld seine Untersuchung
ausgeführt hat, ist uns durch ähnliche Abhandlungen von ande-
ren Schülern Roethes, vor allem die in der Palaestra erschienenen
Novellenstudien von Pfannmüller, Stehmann u. a. bekannt. Diesen
nützlichen Arbeiten reiht sich die von Rosenfeld in würdiger
Weise an. Hugo Suolahti.
Emil Nickel, Studien zum Liebesproblem bei Gottfried von Strass-
burg (= Königsberger Deutsche Forschungen, hrsg. von Josef
Nadler, Friedrich Ranke, Walter Ziesemer, Heft 1). Königsberg
i. Pr., Gräfe und Unzer, 1927. Preis: kartoniert Mk. 3.—.
Das mittelalterliche Liebesproblem ist schon öfters zum Gegen-
stand der Forschung gemacht worden, und die Auffassung der
Liebe in der Gesellschaft, für welche Gottfried von Strassburg
und seine Zeitgenossen schrieben, hat wiederholt das Interesse der
Literarhistoriker auf sich gelenkt. So bietet denn der Verf. der
vorliegenden Studien eigentlich nichts Neues, wenn er z.B. die
Auffassung der Liebe als Krankheit oder die gesellschaftliche Stel-
lung der Frau im Mittelalter erörtert. Aber trotzdem haben die
geistreich geschriebenen Studien als Beitrag zum Verständnis des
mittelalterlichen Geisteslebehs ihren Wert, denn die Betrachtungs-
weise ist in manchen Punkten recht originell und steht teilweise in
bewusstem Gegensatz zu derjenigen der Vorgänger. Der nächste
Zweck der Arbeit Nickels beschränkt sich auf das Studium Gott-
frieds von Strassburg: sie will einen Beitrag zu einer künftigen
t
172 Besprechungen. Hugo Suolahti,
Gottfried-Monographie liefern. Auch in dieser Beziehung wirkt
sie fördernd. Die vergleichende Darstellung der künstlerischen
Absichten von Thomas und Gottfried und die Analyse von Oott-
frieds Anschauungen enthalten manche interessante Bemerkungen.
Die Arbeitsmethode des Verfassers ist die der jetzt Mode
gewordenen «geisteswissenschaftlichen» Richtung, und sie ist nicht
ganz frei von den Auswüchsen derselben. Der Versuch, in das
Geistesleben vergangener Zeiten einzudringen, lockt den Verfasser
zu weit auf das unsichere Feld der Hypothesen; auch da, wo
die Voraussetzungen für das Weiterdringen ganz minimal sind,
wird versucht, Schlüsse herauszupressen. Die Darstellungsweise
erhält dadurch, oft einen spekulativ-abstrakten Charakter, welcher
auch äusserlich in den langen schweren Perioden des Stils zum
Ausdruck kommt. In höherem Grade störend wirkt dies jedoch
nicht, denn das Interesse des Verfassers und der Ernst, mit dem
er sich in seinen Stoff vertieft, stecken auch den Leser an.
Hugo Suolahti.
Sp. Wukadinovic, Goethe-Probleme. Halle (Saale), Max Nie-
meyer, 1926. 97 S. Preis: Mk. 3.60.
Die interessante kleine Schrift enthält drei Aufsätze. In dem
ersten «Das Weimarer Mondlied und Frau von Stein» bekämpft
der Verfasser die Auffassung Julius Petersens, nach welcher die
endgültige Fassung des Mondliedes durch die von Charlotte von
Stein verfasste Version veranlasst worden sei und einige Verse
derselben direkt entlehnt "habe. Die Gründe, die Wukadinovic
gegen Petersens Theorie ins Feld führt, sind sehr beachtenswert,
und überhaupt ist der von ihm in dieser Streitfrage eingenom-
mene Standpunkt offenbar der richtige. Allerdings bleiben, trotz
der gegebenen Erklärungen über das gegenseitige Verhältnis der
- beiden Fassungen des Liedes, noch einige dunkle Punkte, welche
auch Walzel in seiner später erschienenen Abhandlung über das
Mondlied (ZsfdA 54, 191 — 210) nicht ganz hat beseitigen können.
— Der zweite Aufsatz «Das Märchen» enthält eine eingehende
Analyse dieses merkwürdigen Produktes von Goethe. Wukadi-
novic versucht hier zu zeigen, dass die alchimistischen Motive den
Grundton angeben, und stellt die verschiedenen Motive und Figu-
ren zusammen, die sich auf Goethes alchimistische Studien zurück-
führen lassen; zusammengehalten werden diese «alchimistischen
Hieroglyphen» durch reine Märchenelemente. Ausserdem findet
W. im «Märchen» solches, was auf persönlich Erlebtes deutet;
auch die naturwissenschaftlichen Studien Goethes seien hier von
Sp. Wukadinovic, Goethe»Probleme; Fr. von Sonnenberg. 173
Bedeutung gewesen. Ein besonderes Leitmotiv solle man in
«diesen Bildern der holden Phantasie» nicht suchen. — Im letz-
ten Artikel «Die Christianer» polemisiert der Verfasser gegen die
allgemeine Annahme, nach welcher dieses Bruchstück einer Tra-
gödie, das in Goethes Nachlass gefunden wurde, aus seiner Be-
schäftigung mit Calderons Dramen zu erklären sei, und führt
die Entstehung desselben auf die Bekanntschaft Goethes mit Za-
charias Werner und dessen christlichen Ideen zurück. |
Hugo Suolahti.
Spiridion Wukadinovic, Franz von Sonnenberg. Halle (Saale),
Max Niemeyer, 1927.
Das Buch ist eine «Ehrenrettung. Sonnenbergs, des im Jahre
1805 jung verstorbenen Dichters, dem die Literarhistoriker geringe,
meistens gar keine” Beachtung geschenkt haben. Der Verfasser
will in seiner Biographie, in welcher die Analyse und Wertschät-
zung von Sonnenbergs Hauptwerk «Donatoa» einen breiten Raum
einnimmt, zeigen, dass der Dichter keineswegs — wie man an-
genommen hat — ein bloss sklavischer Nachahmer Klopstocks
war, sondern dass es ihm mit dem gross angelegten Epos vom
Weltende heiliger Ernst war und dass sein Werk mit den tragi-
schen Schicksalen seines Lebens in naher Verbindung steht. Franz
von Sonnenberg erscheint in der Darstellung von Wukadinovic
als ein edler, überschwänglich gefühlvoller, idealistischer Jüngling,
der stets nach den höchsten übersinnlichen Idealen strebt. Er
ist wie ein straff gespannter Bogen, dessen Zerspringen man schon
im voraus ahnt. |
Wukadinovic scheint von den moralischen Anschauungen
der Zeitgenossen Sonnenbergs etwas beeinflusst worden zu sein,
wenn er sich bemüht, zu beweisen, dass der Dichter sich nicht
im Wahnsinn das Leben nahm, sondern dass der Todessprung
durch den Fiebertraum eines Nervenkrarmken veranlasst wurde.
Ob die Veranlassung dazu «Nervenfieber» oder «Wahnsinn»
war, das können die Ärzte von heute vielleicht noch entscheiden,
dem modernen Menschen, der diese Dinge nicht mehr vom Stand-
punkt einer veralteten Moral beurteilt, ist es aber ziemlich gleich-
gültig, ob man den Tod Sonnenbergs «Selbstmord» nennt oder
nicht. _ Jedenfalls war die Veranlagung des Dichters pathologisch,
und Sprickmann trifft in der Charakteristik, die er von seinem
verstorbenen jungen Freund gibt und über deren letzte Worte
Wukadinovic doch wohl gar zu leicht hinweggleitet, das Rich-
tige: «Seine Organisation war für seinen Geist zu schwach; bei
174 Besprechungen. Hugo Suolahti,
einer vielleicht schon angebornen Zerrüttung konnte sie dem ewi-
gen Anstürmen nicht ausdauern (ich weiss nicht, ob es Ihnen
bekannt ist, dass seine mütterliche noch lebende Grossmutter an
einem Wahnsinn leidet, der oft in Wuth ausbricht).» Der Leser
gewinnt bisweilen den Eindruck, dass der Verfasser in der Bio-
graphie die «Ehrenrettung» des Dichters sich fast zu sehr ange-
legen sein lässt. Es ist ihm aber gelungen, von dem unglückli-
chen Dichter ein sympathisches und im wesentlichen doch wohl
auch wahres Bild zu geben.
Allerdings ist das Material, aus dem Wukadinovic die Schil-
derung des kurzen Dichterlebens aufbaut, äusserst spröde. Ausser
der Beschreibung, die Gruber von dem Leben seines Freundes
gegeben und die auch für den neuen Biographen die Haupt-
quelle ausgemacht hat, kommen als Quellen nur einige Briefe und
die Dichtung selbst in Betracht. Es ist daher ganz natürlich, dass
die äusseren Züge von Sonnenbergs Person und Leben nach wie
vor etwas nebelhaft bleiben.
Der Hauptwert des Buches besteht in der wissenschaftlichen
Analyse und Wertschätzung der Werke des Dichters, besonders
der des «Donatoa». Nach Wukadinovid war Sonnenberg «weit
davon entfernt, im «Donatoa» die überlebte Kunst eines Klop-
stock eigensinnig zu galvanisieren»; «er hat so gedichtet, wie
Klopstock vielleicht gedichtet hätte, wenn seine Laufbahn ins Zeit-
alter der Romantik gefallen wäre». Die Tragik, die ihm als Dich-
ter und Denker überhaupt anhaftet, wird folgendermassen charak-
terisiert: «Als Dichter war er zu spät gekommen, als Politiker
kam er zu früh. Als Dichter huldigte er einer Richtung und
einer Form, die bereits überwunden waren, als Politiker vertrat
er Ansichten, zu denen die grosse Menge und damals wohl auch
noch der überwiegende Teil der Gebildeten erst durch das Un-
glück langsam bekehrt wurden. Sonnenbergs Vaterlandsbegriff
ist eine Antizipation, die in seinem ganzen Wesen und Denken
ihre Begründung findet. Wie sein Liebesbegriff, wie sein Lebens-
begriff überhaupt ist er fest verankert in der Vorzeit und in der
Zukunft, — die Gegenwart bleibt ausgeschaltet.»
Wir kennen Sonnenberg als politischen Denker zu wenig,
um sagen zu können, ob seine Art zu denken neue und origi-
nelle Momente bietet. Aber als Dichter steht er im Banne seiner
Vorgänger Klopstock und Milton und ist von diesen in hohem
Grade abhängig. Es kann nicht bestritten werden, dass er ein
Nachahmer war; das wird auch durch die obige Charakteristik
bestätigt. Aber dass er kein «gedankenloser» Nachahmer war,
darın hat der Verfasser seiner «Ehrenrettung> entschieden recht.
Sp.W’ukadinovic, F.v.Sonnenberg. H. Schulz, Deutsch. Fremdwörterbuch. 175
Ein grösseres Interesse für das Hauptwerk Sonnenbergs kann sein
Biograph dem modernen Leser nicht abgewinnen, aber es ist ihm
gelungen, durch sein feinsinnig und liebevoll geschriebenes Buch
das Interesse für den Dichter als einen nicht gewöhnlichen Ver-
treter jener idealistisch-gefühlsseligen Zeit zu erwecken.
Um sein Buch einem möglichst grossen Leserkreis zugäng-
lich zu machen, hat: der Verfasser einen beträchtlichen Teil des
wissenschaftlichen Apparats (Beweise und Belege) in die Anmer-
kungen verwiesen. Manchmal sind aber dadurch in der Darstellung
kleine Lücken entstanden, und auch auf die Disposition des Stof-
fes hat dies Verfahren hie und da nachteilig gewirkt. Doch gilt
dies nur von Einzelheiten. — Die Briefe sind in der biographi-
schen Darstellung so ausgiebig exzerpiert, dass ihr Abdruck in
extenso überflüssig scheint. Hugo Suolahti.
Hans Schulz, Deutsches Fremdwörterbuch, fortgeführt von Otto
Basler. Zweiter Band. 1. Lieferung L- M. Berlin, Wal-
ter de Gruyter & C:o, 1926. 168 S..
Nachdem das Erscheinen des bekannten Fremdwörterbuchs
durch den Tod des im Kriege gefallenen jungen Verfassers ins
Stocken geraten war, erscheint nun endlich nach einer Unter-
brechung von 13 Jahren das erste Heft der Fortsetzung. Die
ausführlichen Materialsammlungen, die Schulz mehr oder minder
ausgearbeitet hinterlassen, hat Basler durch eigene Sammlungen
bereichert; ausserdem haben ihm die Beiträge Müller-Fraureuths,
der inzwischen die Artikel der Buchstaben L—M überarbeitet und
die Buchstaben N—O behandelt hatte, zur Verfügung gestanden.
Selbstverständlich ist die Darstellungsweise in der Fortsetzung
im grossen ganzen dieselbe geblieben wie in dem von Schulz
selbst bearbeiteten ersten Teil A--K. Nur insofern hat Basler
sich eine Abweichung erlaubt, als er im Gegensatz zu Schulz,
der absichtlich auf die Erörterung der Vorgeschichte der behan-
delten Wörter verzichtet hatte, auch die Etymologien der Fremd-
wörter mitteilt. Es kann in Frage gestellt werden, ob diese Än-
derung des ursprünglichen Verfahrens, welches Schulz in der
Zs. f. d. Wf. Xll, 311 begründet hatte, mitten in der Arbeit ge-
rade notwendig war; jedenfalls wirkt sie nicht störend. Natür-
lich hat der neue Bearbeiter der Materialien bei der Ausarbeitung
der Artikel die neuere wortgeschichtliche Fachliteratur herangezo-
gen. Wie grosse Dienste die inzwischen leider eingegangene
Zeitschrift Kluges jetzt Basler ebenso wie früher Schulz geleistet
hat, geht aus den zahlreichen Zitaten hervor.
176 Bespr. H.Suolahti, FH. Schulz, Deutsch. Fremdwörterb. |
Mehr als Schulz scheint ‚Basler das erste Auftreten des be-
treffenden Fremdworts, auch wenn dieses nicht die Einbürgerung
desselben bezeichnet, zu beachten. So wird denn auch auf das
Vorkommen des Wortes in den älteren Sprachperioden Bedacht
genommen. Bei dem Worte Laterne, welches als Kunstausdruck
der Baukunst aus dem Jahre 1712 belegt wird, fehlt jedoch
der Hinweis auf das häufige frühere Vorkommen des Wortes in
der ursprünglichen Bedeutung. -— Bei denı Worte Lineal (aus
mittellat. */ineale) wird auch die Nebenform linearium aus dem
Jahre 1468 belegt. Eine noch früher belegte Form ist aber
liniere bei Friedrich von Sonnenburg (13. Jh... — Das Wort me-
ditieren, das Basler zufrühst aus dem 14. Jh. belegt, erscheint
bereits im 13. Jh. (Mönch von Heilsbronn, Tochter Syon, Elisa-
beth). — Auffällig formuliert ist die Angabe, dass Manteau aus
ital. manto stamme. In dieser Form ist das Wort natürlich aus
dem Französischen übernommen worden, mag nun auch der äl-
teste Beleg manto bei Abraham a S$. Clara eine italienische Form
vertreten oder nicht. — Überflüssig ist die Bemerkung s.v. La-
zarett, dass afrz. maladrerie auf den Namen Lazarus zurückgeht.
— Bei dem Worte Menage, wo die verschiedenen Bedeutungen
des Wortes behandelt werden, ist die Bedeutung '"Tischgestell’
unbeachtet geblieben. — Dass das Wort Promemoria unter dem
Stichwort Memorial behandelt wird, ist vom Gesichtspunkt der
allvemeinen Anordnung aus betrachtet kaum motiviert. — Der
Hinweis auf Pauls Grammatik, der sich unter dem Wort Lakritze
findet, enthält einen Druckfehler: statt 11 sollte es I heissen. — In
bezug auf die Wahl der aufgenommenen Stichwörter kann man
natürlich bisweilen anderer Meinung sein als der Verfasser, aber
im allgemeinen ist sie ohne Zweifel mit gutem Urteil und nach
festen Prinzipien getroffen.
Überhaupt hat man gegen die Art, auf welche Basler seine
Aufgabe als Fortsetzer der Schulzschen Arbeit gelöst hat, nicht
viel einzuwenden. Das von ihm herausgegebene neue Heft macht
einen durchaus guten Eindruck, und wir haben alle Veranlassung,
ıhm dafür dankbar zu sein, dass er die Fortsetzung des wichtigen
Wörterbuchs übernommen hat. Hugo Suolahti.
Natan Lindgqvist, Bjärka-Säby ortnamn. Förra delen. Stock-
holm, Svenska kyrkans diakonstyrelse, 1926. 488 S. 4:0.
Mit zahlreichen Abbildungen und einer Karte.
Diese umfangreiche und ihrer äusseren Ausstattung, nach
ausserordentlich stattliche Ortsnamenmonographie des reichsschwe-
T. E. Karsten, N. Lindgvist, Bjärka-Säby ortnamn. 177
dischen Sprachforschers — er hat bisher als Dozent für nordische
Sprachen in Uppsala gewirkt — bildet einen Teil einer gross-
angelegten, «Bjärka-Säby i monografier» benannten, durch den
Gutbesitzer Oscar Ekman herausgegebenen Beschreibung des
grossen, den Hauptteil des Kirchspiels Vist umfassenden Gutes
Bjärka-Säby in Ostergötland, Hanekinds Harde (1', Meilen süd-
lich von Linköping). Die Arbeit hat sich zur Aufgabe gestellt,
ein vollständiges Verzeichnis der auf dem Gebiete dieses Gutes
vorkommenden älteren und jüngeren Ortsnamen aller Art zu lie-
fern, ihre wichtigsten Schrift- und Ausspracheformen mitzuteilen,
eine sprachlich und sachlich begründete Darstellung der Geschichte
und der wahrscheinlichen Herleitung jedes Namens zu geben,
demnächst aber auch über Bildungsweise und Alter der Namen
zu berichten. Was sowohl das alphabetisch geordnete Namen-
material selbst als seine sprachwissenschaftliche Behandlung an-
betrifft, entspricht die Arbeit recht hohen methodischen Anforde-
rungen, wie man von einem aus der ausgezeichneten Uppsalenser
Schule hervorgegangenen Ortsnamenforscher erwarten kann. Da
das Buch für einen weiteren Leserkreis, nicht bloss für Philolo-
gen geschrieben ist, bringen die Namendeutungen öfters Dinge,
die den Fachleuten seit alters bekannt sind, aber nicht selten -
treten hier ältere Erklärungsversuche in neuer, kritischer Beleuch-
tung auf oder werden ganz neue Eiymologien vorgeführt. Einige
Beispiele dafür:
Das sowohl nordisch als westgermanisch bezeugte Subst. surd
‘Meerenge' — vgl. mndd. sunt (sund-), engl. sound (ags. sund
‘See, Meer’) — weist auf eine germanische Grundform *sumda-
(woraus sunda-) zum Verbum simma ‘schwimmen’ hin. Nach
den etymologischen Wörterbüchern, auch den neuesten (Hellquist,
Et. sv. Ordb., und Torp, Ny norsk Et. Ordb.), bedeutet das Wort
also eigentlich ‘Stelle die nıan überschwimmen kann’, etwa wie
vaod ‘Furt’ zum Verbum vada ‘(durch das Wasser) gehen’ gehört. Nun
gibt es aber ‘Sunde‘, die wegen ihrer grossen Breite unmöglich
schwimmend zu durchmessen sind. In der Tat hat schon Fick in
seinem Vergl. Wörterbuche der indog. Sprachen S. 548 dem
Wortstamme swern-, woraus sinma und sund, eine allgemeinere
Bedeutung ‘bewegen’ zugeschrieben. Nur diese kann im Worte
sund vorliegen. Die Bedeutung ‘schwimmen’ in sund bezieht
sich auf das Wasser, nicht auf eine hinüberschwimmende Person.
Vgl. das Kausativum überschwernmen.
Wie in dem angeführten Falle haben die gegebenen Namen-
deutungen manchmal nicht bloss ein intern nordisches, sondern
ein allgemein germanisches Interesse. Unter diesen möchte ich
12
178 Bespr. Karsten, N. Lindgvist, Bjärka. Wallensköld, F. Brunot, Histoire.
die Behandlung der in Skandinavien und Finnland reich ent-
wickelten Ortsnamengruppe auf wisf “Aufenthalt' hier besonders
hervorheben. Sie bildet eine kleine wortgeschichtliche Namen-
monographie von im ganzen 70 Seiten in 4:0. Das ganze, über-
aus reichhaltige germanische und aussergermanische Wortzubehör
ist mit interessanten semasiologischen Exkursen herangezogen
worden, u.a. die deutschen Flussnamen Weser (ahd. Visurgis)
und Weichsel (ahd. Vistula). Die abweichenden Deutungen wer-
den mit guter Kritik auseinandergesetzt. Einen etymologisch und
vor allem semasiologisch belangvollen Abschnitt bildet auch die
eingehende Untersuchung des Seenamens Juten. Zu derselben
Bedeutungsklasse, eig. = ‘Wasser’, gehört in Deutschland nach
Hellquist der wahrscheinlich slawische Flussname Oder (vgl. den
lit. Flussnamen Audra ( Wz. eud- ‘Wasser‘). Lindgvist hat aber
für /ufen eine viel näherliegende Erklärung: jute hier = schwed.
dial. fisk-gjute ‘Flussadler', obwohl er mit Recht auch diese nicht
für ganz sicher zu halten scheint. In allen Einzelheiten kann ich
dem Verfasser nicht beistimmen. So glaube ich nicht, dass die
verschiedenen europäischen Formen des Namens Weichsel: alt-
germ. (klass.) Vistfula, Bisula, Visculus, Vistila, Vistla, slaw. Visla,
lit. Wisna auf verschiedene indogermanische Erweiterungen ein
und desselben indogermanischen Flussnamenstammes weis-, uis-
(+ -k, -t, -n, -I) zurückzuführen sind. Spätere Umbildung eines
auf verschiedene Völker übertragenen, ursprünglich einheitlichen
Namens ist wahrscheinlicher. Wie Fierlinger und H. Petersson
annehmen, war der Name in einer idg. Form *ueikslä anfangs
nur den Germanen und Slawen gemeinsam. Die Litauer sind
nachweislich erst später an die Weichsel gerückt.
T. E. Karsten.
Ferdinand Brunot, Histoire de la langue frangaise des origi-
nes a 1900. Tome IV: La Langue cassique (1660 —-1715).
Deuxieme partie Paris, Armand Colin, 1924. VII p. -
p. 657—1215. -- Tome IX: La Revolution et PEmpire.
Premiere partie: Le frangais langue nationale. 1927. XV +
616 p. in-8° raisin (avec vingt cartes dans le texte). Prix:
br. 75 fr, rel. 110 fr.
Le volume qui se rattache directement (voyez la pagination)
a la premiere partie du tome IV, dont nous avons brievement
rendu compte dans cette revue (annee 1914, p. 215 et suiv.),
traite en detail des formes grammaticales et de la syntaxe du
frangais de la seconde moitie du XVIlE siecle. L’auteur dit lui-
meme dars son Avertissement que ce volume est «a peine lisible»,
4. Wallensköld, F. Brunot, Histoire de la langue frang. 179
et il est vrai que, si on essaie de lire le volume tout d’une
traite, on se sent un peu surmene. Mais le volume contient des
richesses inepuisables d’information pour qui cherche a connaitre
les differents aspects des formes grammaticales et des tournures
syntaxiques du francais classique, telles qu’elles ont ete decrites
par les grammairiens de l’Epoque ou se retrouvent dans les ou-
vrages publies entre 1660 et 1715. En general, l’auteur s’abstient
de toute critique; il se contente d’enregistrer les faits constates.
Quelquefois cependant il emet une opinion personnelle, comme
lorsqu’il explique (p. 745) les adverbes en -ement (du type con-
formement) comme dus ä l’analogie des adverbes du type assu-
reement;, en quoi il a certainement raison. Par ci par la on vou-
drait que l’auteur eüt mis un peu d’ordre dans les assertions
desordonnees des grammairiens. Ainsi le passage concernant l’emploi
de l’adverbe pronominal en en fonction possessive (pp. 854 — 856)
est tres embrouille. Il est evident que en n’a jamais ete employe
comme adverbe pronominal reflechi; donc, dans l’exemple elle a
ses beautes, ses agrements, ses commodites, ses defauts (p. 856)
l’emploi de en aurait de tout temps et€E impossible.. De meme,
si l’objet possede est precede d’une preposition (p. ex. Tous ceux
qui dlaient la doivent venir a sa premiere representation, p. 855).
Ce qui caracterise l’emploi de en a cette epoque, c’est qu’il se
rapporte souvent a des noms de personne (/e connois le tyran,
j’en vois le stratageme). Au contraire, l’adjectif possessif se ren-
contre parfois la oü aujourd’hui er serait plus a sa place (Cefte
lecon est courle, mais son sens est bien etendu).
En somme, ce volume est digne des volumes precedents et
de ceux qui ont paru depuis.
% %
*
Tout en preparant le tome VIII de sa monumenta‘e istorre
de la langue frangaise, oü il traitera de l’expansion du fran-
cais en Europe, M. Brunot nous donne ici la premiere partie du
tome IX, oü il est question de la propagation du frangais comme
langue nationale sous la Grande Revolution et le Premier Em-
pire, et qui fait ainsi directement suite au tome VII, qui traite de
la propagpation du frangais jusqu’a la fin de Pancien regime.!
C'est toujours la lutte entre le frangais, d’une part, et les
«dialectes» (patois) et les «idiomes (breton, flamand, allemand,
ı Voir, sur le t. VII, Meuph. Mitt, 1927, p. 115.
180 Besprechungen. A. W’allensköld,
basque, etc.), de Pautre. En outre, il y a, dans l’enseignement
secondaire et le culte, la rivalite entre le latin et le francais.
Au debut de l’Epoque revolutionnaire, a partir de la reunion
des Etats generaux jusqu’a la r&union de la Convention, il y a
un mouvement national tres marque en faveur du francais au
detriment des parlers locaux. C’est qu’on se disait qu’a l’unite
politique et sociale, a l’unite des sentiments de fraternite et d’ega-
lite, devrait correspondre l’unit& linguistigque. M. Brunot cite a
ce propos (p. 7) les paroles d’un prefet du Bas-Rhin, Laumond,
qui Ecrit en 1800: «Au commencement de la Revolution, l’usage
du frangais avait pris, en quelque sorte, un caractere de devoue-
ment & la patrie et par cela seul etait devenu plus commun.»
Le frangais etait meme appel& «la langue de la liberte» (p. 9).
Les autorites favorisaient l’extension du francais dans les commu-
nes, surtout celles oü les habitants parlaient une langue etrangere
(«idiomev). Et les citoyens, guides par des sentiments patrioti-
ques de solidaritE nationale, ne s’opposaient guere au travail d’uni-
fication linguistique. On publiait en frangais des Ecrits populaires
de toute espece: journaux, brochures, pamphlets, etc. Le frangais
se repandait egalement par les fetes revolutionnaires, les lectures
publiques, les societes populaires, et m&me par des couplets et
des chansons (dont la Marseillaise).. La nouvelle division du
territoire en departements contribua de son cöte a donner plus
d’importance au frangais, langue de l’administration, au detriment
des dialectes et des idiomes. On voulut m&me, dans l’Assemblce
Constituante, mettre fin au probleme epineux de la langue natio-
nale en imposant l’enseignement du frangais dans /outes les &co-
les primaires, de sorte que l’instituteur rural deviendrait une sorte
de professeur de frangais. Ce projet hardi, dü a lancien Ev&que
WAutun, le fameux Talleyrand-Perigord, ne put cependant pas
etre realise, bien qu’approuve en principe par le Comite de I’In-
struction Publique, vu le grand nombre de difficultes d’ordre
pratique qui s’y opposaient. D’autre part, pour que les commu-
nes a langue dialectale ou Etrangere pussent vraiment comprendre
le contenu des actes officiels, ’Assemblee vota en 1790 une loi
sur la traduction des decrets, loi que le Roi ne sanctionna d’ail-
leurs pas, mais qui fut cependant appliquee, dans beaucoup de
communes, par des personnes de bonne volonte. Bref, pendant
cette premiere periode de l’ere revolutionnaire, il y eut une lutte
incessante entre l’emploi du francais, langage centralisateur, favo-
rise par les autorites, et celui* des dialecies, reste necessaire, mal-
gre tout, pour la compre&hension de ce que l’Etat demandait aux
citoyens. Les reformateurs zeles durent comprendre que l’unite
N
F. Brunot, Histoire de la langue frangaise 181
linguistique, si desirable au point de vue politique, ne pourrait
pas &tre realisee en un tour de main. Voilä pourquoi tout ce
travail d’unification linguistique echoua. Et pourtant, par la force
meme des evenements politiques, par le melange continuel d’ele-
ments heterogenes, cause notamment par l’etat de guerre, le fran-
gais devint de plus en plus la langue commune de tous, la lan-
gue nationale par excellence. — Dans l’enseignement secondaire
et le service religieux, le latin commenga, pendant cette meme
periode, a reculer devant le frangais. II y eut des declarations
de principe fort nettes, comme celle de Barruel (p. 113): «Il est
absurde de faire des langues anciennes le principal objet de l’edu-
cation; elles n’en doivent etre qu’un accessoire, et il ne faut les
considerer que comme des instrumens propres a acquerir de
veritables connoissances, et & rendre, pour ainsi dire, indigenes
les productious d’un sol etranger.» Ou, pour le culte, celle d’un
professeur de rhetorique du College de Lisieux, nomme Couture,
qui en l’an IV ecrivait aux representants du peuple (p. 133):
«Lorsque j’entre dans un de ces temples consacres a chanter les
louanges de l’Eternel, j’entends le peuple celebrer ses merveilles
dans une langue qu’il ne comprend pas... Representants, ne
touchez pas encore au dogme, vos ennemis en profiteraient,
ordonnez seulement une traduction litterale. Que les Latins prient
dans la langue qui leur est propre; mais nous, soyons en tout
Frangais.» L’Assemblee n’osa cependant rien decreter; on s’en
tint a des approbations en principe de toute tentative de supplan-
ter le latin par le frangaıs.
La deuxieme periode de l’epoque revolutionnaire, celle de
la Terreur (jusqu’au 9 thermidor an 11, 27 juillet 1794), fut, pour
l’extension du frangais, d’une certaine importance, moins par les
moyens violents dont on commenga & user, que par la suite
naturelle des evenements politiques, qui favoriserent une fusion
des langages. On fit, en principe, une difference entre les dia-
lecies (patois), qu’on voulait supprimer, et les idiomes etrangers,
qu’il fallait tolerer dans une certaine mesure. De cette periode
date la fameuse loi du 30 vendemiaire an II (21 octobre 1793)
qui institua en principe des Ecoles primaires d’Etat, dans lesquel-
les, dans quelle partie de la Republique qu’elles fussent, Pensei-
gnement se ferait en francais. Cette loi fut cependant revisee et
modifiee, de telle facon qu’aucune mention expresse de la langue
ne fut definitivement conservee. On laissa donc dorenavant aux
maitres d’ecole la liberte du choix, en tant que les livres scolai-
res le permettaient. Mais en meme temps l’idee d’une langue
nationale, commune a fous les citoyens francais, poussa la Con-
182 Besprechungen. A. Wallensköld,
vention a des mesures de violence, ce qui fait qu’on peut par-
ler de «terreur linguistique», surtout en Alsace. La realisation
de l’enseignement primaire en frangais fut cependant rendue dif-
ficile par le manque de maitres competents, possedant a un degre
suffisant les deux langues. Alors naquit l’idee des «ecoles nor-
males», pepinieres de maitres d’ecoles capables d’enseigner en
francais, tout en sachant le patois ou l’idiome en question. Mais
l’effet de toutes ces tentatives fut mediocre sur l’usage linguisti-
que. Si le francais se repandit de plus en plus, ce fut plutöt
par le contact naturel entre individus de langue differente. —
Quant au latin, sa place dans l’enseignement et ailleurs fut con-
siderablement diminuee, le latin etant considere comme un reste
regrettable de l’eEpoque de la «tyrannie».
Pendant la troisieme periode revolutionnaire, qui va jusqu'au
coup d’Etat du 18 brumaire an VII (9 nov. 1799), il ya,
non pas un recul de l’idee d’unification, mais un changement de
methodes. On renonca aux mesures violentes, mais on tächa
pourtant, de facons diverses, de faire avancer la francisation.
L’idee des Ecoles normales fut reprise, mais ne donna pas, faute
d’eleves, de resultats positifs; il fallut abandonner cette politique
scolaire. II y eut cependant une compensation, en ce que le
francais prit definitivement possession du haut et du moyen en-
seignement, ou le latin cessa de se faire valoir. La grammaire
francaise commenca & empieter sur la grammaire generale, qui
jusque-la avait joui d’une grande faveur dans cette Epoque d’ideo-
logie a outrance. Les ecoles privees eurent alors un developpe-
ment remarquable et furent, par leur organisation plus libre, favo-
rables a l’emancipation du francais. — Enfin, le frangais s’intro-
duisit peu a peu dans le culte frangais, car un des griefs qu’on
faisait a l’Eglise etait qu’elle parlait une langue etrangere.
La quatrieme periode, enfin, embrassant le Consulat et l’Eın-
pire, marque une reaction dans lextension du francais. La ques-
tion d’unite d’idiome fut releguce a l’arriere-plan, et, du cöte de
l’enseignement secondaire et du culte, le latin reprit plus ou moins
son ancienne position privilegiee. L’instruction primaire fut entie-
rement abandonnee aux communes. Les Ecoles Centrales a langue
francaise, qui n’avaient pas donne ce qu’on esperait, furent con-
damnees. Dans l’enseignement secondaire et sup£erieur, on retour-
nait au pur humanisme; le francais etait sacrifie. Et la creation
de P’Universit€ imperiale en 1806—1808 ne fit qu aggraver le
latinisme. L’Ecole Normale d’enseignement secondaire, qui s’ourrit
en 1809, ne negligea cependant pas completement le francais.
On peut dire que, malgre toutes ces tendances reactionnaires,
De 7
F. Brunot, Histoire. E. S. Murrell, «aGirart de Roussillon». 183
’ernploi du francais se fit de plus en plus general en France.
L’oeuvre de centralisation du regime napol&onien y contribua
beaucoup, et les guerres continuelles rapprocherent inevitablement
les paysans des differentes parties de la France, qui, pour s’en-
tendre, durent se servir du francais commun. Voici, d’apres
M. Brunot (p. 524), quelques mois significatifs d’un observateur
qui ecrit presque au lendemain de Waterloo: «Depuis vingt-cing
ans, il (le patois poitevin) a subi des alterations sensibles; on ne
le parle plus dans les villes, et les deplacemens multiplies qu’ont
subis les villageois, leurs rapports forces et si frequens avec les
gens d’affaires, les enrölemens, les flux et reflux des levees en
masse, ont tendu sans cesse & effacer toutes les nuances et a
donner une teinte uniforme aux habitudes et au langage de tou-
tes nos provinces.»
Dans un Appendice de soixante-quinze pages, M. Brunot
donne, avec des cartes a l’appui, des indications precises sur la
limite de la langue frangaise sous le Premier Empire.
Ce nouveau volume de l’Alistoire de la langue frangaise du
venere doyen de la Faculte des Lettres de Paris est un ouvrage
d’une importance capitale pour notre connaissance de la propa-
gation du francais A l’interieur de la France pendant la periode
si mouvementee de la Grande Revolution et du Premier Empire.
Abondant en details inconnus jusqu’ici des philologues, il mon-
tre quels tresors d’information l’erudit infatigable et conscien-
cieux qu’est M. Brunot a su tirer des cachettes negligees des
archives et des bibliotheques. A. Wallensköld.
E. S. Murrell, «Girart de Roussillon» and the s Tristan» Poems.
Chesterfield, Bales & Wilde, 1926. 208 p. 8:0.
Ainsi que l’annonce le titre de cet ouvrage, l’auteur veut
elucider les rapports litteraires entre la «chanson de geste» pro-
vencale-francaise de Girart de Roussillon et les romans francais
dont P’histoire amoureuse de Tristan et d’Yseut constitue le sujet.
Comme ces rapports, ainsi que les formes primitıves supposees
des deux legendes, ont deja ete etudies par beaucoup de savants,
M. Murreli, dans son ouvrage solidement documente et fort bien
compose, soumet leurs theories a un examen critique conscien-
cieux, qui le conduit a Emettre une theorie a lui. Ne pouvant
pas reproduire ici l’argumentation souvent assez compliquee de
’auteur, nous nous bornons A consigner les conclusions genera-
les auxquelles il arrive, laissant aux specialistes le soin d’en exa-
miner en detail la solidite, qui cependant nous semble bien fondee.
Voici les conclusions de M. Murrell. Il y a des ressem-
184 Besprechungen. A. Wallensköld,
blances evidentes entre la chanson de Girart de Roussillon et la
legende de Tristan, telle qu’elle est donnde par les differentes
versions conservees. Ces ressemblances se retrouvent non seule-
ment dans le paralllisme frappant de la conception generale de
l’intrigue amoureuse, mais aussi dans la concordance speciale de
deux Episodes: celui de l’anneau donne par l’heroine et celui de
la vie penible du heros dans la foret. Girart de Roussillon et
les versions de Tristan ont donc une source commune (Chap. Il).
—- La chanson de geste de Girart de Roussillon a probablement
ete composee dans la seconde moitie du XIl°® siecle (entre 1155
et 1165) a la cour des comtes de Ventadour, dans le Limousin.
Mais elle n’est que le remaniement d’une chanson anterieure per-
“ due, composee a Vezelay, en Bourgogne. De ce poeme primi-
tif derive aussi une Vita latine du debut du XIl® siecle (1100—
1120). Les autres versions de Girart de Roussillon proviennent
ou de la chanson de geste ou de la Vita (Chap. Ill). — Le
poeme primitif date de la fin du Xl® siecle ou des premieres
annees du Xll®. La chanson de geste conservee y a ajoute les
scenes oü l’anneau donne joue un röle, ainsi que tout l’esprit
d’amour non-conjugal (Chap. IV). — D’autre part, les cing plus
anciennes versions conservees de la legende de Tristan, celles de
Thomas (7) et de Beroul (2), la Folie Tristan (F), la version
allemande d’Eilhart von Oberge (O) et le roman en prose (R),
remontent A une source commune, un Tristan compose en Poi-
tou entre 1137 et 1154 (Chap. V). — Ce Tristan poitevin a ete
inspire, pour l’esprit general et certains Episodes, par le Girart
de Roussillon bourguignon (Chap. VI). — D’autre part, la chan-
son de Girart de Roussillon conservee a utilise le Tristan primi-
tif (Chap. VII). -—- L’auteur etablit graphiquement la filiation des
versions dans le tableau suivant (p. 98), oü G/J represente le
Girart de Roussillon primitif, L = la Vita latine, G2 = la chan-
son de geste conservee de Girart de Roussillon, et X = le
Tristan primitif suppose:
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E. S. Murrell, «Girart»; G. Cohen, Histoire: M. Walter, Unterricht. 185
Un Appendice de 62 pages, contenant une excellente biblio-
graphie critique de Girart de Roussillon (238 numeros), fait suite
au corps de l’ouvrage, qui se termine par un Index, tres utile,
de 26 pages. A. Wallensköld.
Gustave Cohen, Histoire de la mise en scene dans le theätre
religieux frangais du moyen äge. Nouvelle edition, revue et
augmentee. Paris, H. Champion, 1926. LVI- 332 p. gr.
in-8°, avec 6 planches hors texte. Prix: 50 fr.
La premiere edition de cet ouvrage remarquable ayant ete
saluee, des son apparition en 1906, d’eloges unanimes (voir no-
tamment ce qu’en ecrit Marius Sepet dans la Romania, XXXV,
614—6), on comprend a priori que cette nouvelle edition, sur-
tout apres la publication du ZLivre de Conduite du Regisseur ...
pour le Mystere de la Passion ... (1925), ouvrage couronne par
’Academie des Inscriptions et Belles Lettres, doive nous donner
les renseignements les plus exacts et les plus minutieux sur tout
ce qui se rapporte au theätre religieux francais du moyen äge.
Pour sa nouvelle Edition l’auteur a choisi la forme la plus
commode et la moins coüteuse: la reproduction anastatique de
la premiere Edition (procede qui permet certaines corrections de
detail), en ajoutant, dans un Avant-propos de 56 pages, les addi-
tions et rectifications necessitees par des recherches ulterieures.
Un Index analytigue, lirguistigue et onomastique, de 28 pages,
complete les concordances. Bien quil n’y ait rien a dire, au
point de vue scientifique, contre un tel procede de publication,
qui permet facilement de trouver le renseignement qu’on cherche,
il ne laisse cependant pas d’ennuyer singulierement un lecteur
qui lit Pouvrage d’un bout a l’autre. J'aurais donc prefere, pour
ma part, une nouvelle Edition entierement refondue.
Cette reserve faite, il n’y a qu’a repeter les Eloges adresses
a l’edition de 1906. L’ouvrage de M. Cohen se distingue d’un
bout a l’autre par son style vif et agreable et sa grande richesse
d’information, completee, dans la seconde edition, par les addi-
tions abondantes et consciencieuses de l’Avanf-propos. On pos-
sede ainsi un veritable standard-work sur le thäätre religieux fran-
cais au moyen äge. A. Wallensköld.
Max Walter, Französisches Unterrichtswerk für höhere Schulen.
Il. Teil: Grundbuch für Sexta. Frankfurt am Main, Moritz
Diesterweg, 1927. VIII +117 S. gr. 80. RM. 2.80. Nebst
einer «Begleitschrift» (16 S.).
Der Herausgeber dieses Werkes, Geheimrat Max Walter, der
156 Besprechungen. A. Wallensköld,
Direktor der Musterschule zu Frankfurt am Main, ist unseren
Sprachpädagogen wohlbekannt. Im Jahre 1923 war er in Finn-
land, hielt Vorträge über seine simitative» Methode und gab in
mehreren Schulen ausserordentlich interessante und lehrreiche
deutsche Musterstunden.
Jetzt hat er in Gemeinschaft mit den Herren Paul Olbrich,
Arnold Sander und Theodor Zeiger und unter literarischer Mitwir-
kung eines Franzosen, des Herrn Charles Robert-Dumas, ein gross-
anpeleptes «Französisches Unterrichtswerk für höhere Schulen»
angegriffen, von dem der erste, das Anfangsstadium betreffende
Teil fertig vorlieet. Wir können hier seiner Methode auf Schritt
und Tritt folgen und erfahren aus seiner sehr lesenswerten «Be-
gleitschrift> in allen Einzelheiten, wie und warum er so zu Wege
geht, wie er es tut.
Der vorliegende erste Teil des grossen Uhnterrichtswerkes
fängt mit 7 Seiten «Hörübungen» an. Die Schüler sollen durch
Anhörung der Befehle des Lehrers die gewöhnlichsten fremden
Ausdrücke erst verstehen lernen, ehe sie selbst zu sprechen be-
ginnen. Es folgen 10 Seiten in Lautschrift, wobei die Intonation
nur durch die zwei Zeichen und }) am Ende jedes Sprech-
taktes angegeben wird. Die darauf folgenden, in zwölf Lektionen
eingeteilten Texte und Übungen sind teilweise mit die volkstüm-
lichen Kinderlieder begleitenden Musiknoten und mit hübschen
Illustrationen versehen. Der Inhalt ist im allgemeinen für ganz
junge Kinder bestimmt. Eine kurze, praktisch eingerichtete, in 75
Paragraphen eingeteilte Grammatik und ein «Vocabulaire» zu den
zwölf Lektionen, wobei die Aussprache, wo nötig, in Lautschrift
gegeben wird, schliessen das bestens zu empfehlende Lehrbuch ab.
Von Druckfehlern habe ich folgende bemerkt: S. 6, Z. 11
und 13 v. u.: Zerivez statt Ecrivez (so öfters!); S. 8, Z. 6: raagrde
statt vogarde; 5.95, Z. 12: quafre-vingt-un eleve stati quatre-vingt-un
eleves (vgl. auf derselben Zeile /rois cent un eleves); S. 98, Sp. 2,
Z. 8 v. u: Zeigefinger statt Mittelfinger; 5. 105, Sp. 1, Z. 2:
[vatr] statt [v@:tr]. A. Wallensköld.
Dietrich Behrens, Über englisches Sprachgut im Französischen
(= Giessener Beiträge zur Romanischen Philologie, hrsg. von
D. Behrens. IV. Zusatzheft). Giessen, Selbstverlag des Ro-
manischen Seminars, 1927. 264 S. gr. 8:0. Preis: RM. 10.50.
In den Neuphilologischen Mitteilungen, 1924, S. 240 f. wurde
das erste der Zusatzhefte zu den Giessener Beiträgen zur Roma-
nischen Philologie, worin Professor Behrens das deutsche Sprach-
gut im Französischen bespricht, kurz angekündigt. Seitdem sind
D. Behrens, Über englisches Sprachgut. 187
drei weitere «Zusatzhefte» erschienen: Il. D. Behrens und M. Kar-
stien, Geschütz- und Geschosslaute im Weltkrieg (1925); Ill. E. Kre-
del, Hundert französische Schlagworte und Modewörter (1926);
IV. Die vorliegende Arbeit. |
In derselben musterhaften Weise, wie Behrens das deutsche
Sprachgut im Französischen behandelte, gibt er uns jetzt eine
Zusammenstellung des ins Französische aufgenommenen engli-
schen Wortmaterials. In den verschiedenen Kapiteln (l. Intellektuelle
oder freie Berufe. — Il. Heer- und Kriegswesen. — Ill. Handel,
Verkehr und Transport. — IV. Industrie und Handwerk; Boden-
bewirtschaftung, Tierzucht. - V. Berufslose und Allgemeines)
wird zuerst jedesmal ein allgemeiner Bericht über die betreffenden
kulturellen Berührungen zwischen England (Amerika) und Frank-
reich gegeben, welche die Entlehnungen veranlasst haben, wonach
die einzelnen Wörter mit Angabe ihres ersten bekannten Auftre-
tens in der Literatur angeführt werden. Das Ganze bildet eine
ausserordentlich wertvolle Zusammenstellung dessen, was wir
vorläufig über die englischen Lehnwörter im Französischen wis-
sen können. Was man etwa vermisst, ist eine systematische Schei-
dung zwischen vollständig eingebürgerten Wörtern und offenbaren
Fremdwörtern, aber eben diese Scheidung ist in den meisten Fällen
eine sehr schwierige Sache, besonders wenn die Aussprache des
betr. Wortes nicht angegeben werden kann. Jedenfalls werden
in dem gewissenhaften «Wortregister» die in der neuesten Auf-
lage des Wörterbuchs der Academie Francaise begegnenden Wör-
ter englischen oder angloamerikanischen Ursprungs (wie adresse,
agitateur, ajournement, ajourner, albatros, alderman, allegeance,
alligator, antilope, appartement, usw.) durch ein Sternchen ge-
kennzeichnet.
Alles in allen ist das Werk des geschätzten Giessener
Romanisten eine vortreffliche Leistung.
A. Wallensköld.
Eckhardt Sändor, A /rancia forradalom eszmei Magyarorszü-
gon. Budapest, Franklin Tärsulat, 1924. 2231. (Alexandre
Eckhardt, Les idees de la revolution frangaise en Hongrie).
Quand les portes des archives secretes de la cour imperiale
de Vienne s’ouvrirent apres la guerre mondiale, les historiens
hongrois se häterent de profiter de l’aubaine. Dans l’histoire
politique aussi bien que dans toute la vie intellectuelle de la
Hongrie, il y avait bien des cötes obscurs qui sont maintenant
eclaircis. Les actes restes secrets de la conjuration hongroise de
188 Besprechungen. Gyula Weöres. A. Wallensköld,
Martinovich, dont les cing chefs furent exe&cutes en 1795, sont,
entre autres, mis en lumiere.
C'est de ce mouvement revolutionnaire que s’occupe l’ouvrage
de M. Eckhardt, professeur de litterature frangaise a l’Universite
de Budapest et organisateur zele des rapports scientifiques franco-
hongrois. II etudie en particulier l’histoire du rationalisme hon-
grois, sa provenance, surtout de sources frangaises, l’acclimatation
des idees francaises dans le milieu hongrois et les causes de la
premiere decheance, c.-a-d. la reaction contre le rationalisme. Les
principaux transports des idees revolutionnaires arrivent en Hon-
grie par l’intermediaire des journaux et livres francais, tels que
le Moniteur, les ouvrages de Thomas Payne, Rabaut de Saint-
Etienne, Volney, Raynal, G. Naude, etc. Ensuite, quelques avan-
turiers internationaux et instituteurs francais (comme le fameux
Frederic Trenck, un certain Le Page, professeur de langue, etc.) reus-
sirent aussi d semer l’enthousiasme pour la revolution frangaise
dans les cceurs disposes des Hongrois. D’autre part, les aristo-
crates hongrois et leurs secretaires, eleves pour la plupart dans
le milieu de la cour tout & fait francisee de Marie-Therese a
Vienne, puis les fonctionnaires publics et les ecrivains, donc la
classe la plus intelligente, favorisaient les idees avancees. Mais ils
les consideraient comme le fondement rationaliste de leurs droits
et privileges historiques. Ils ne songent point aux serfs et aux
bourgeois, leur revolution est limitee a leurs propres interets et
a la resistance contre l’absolutisme de Joseph II. C’etait quand
meme le premier reveil de la democratie hongroise: le droit his-
torıque de la noblesse commence a chanceler sur ses bases,
qu’il faut remplacer par des appuis plus reels, mais qu’on ne trouve
pas encore au XVIIl® siecle. La renaissance de la nation hon-
groise, la transition du feodalisme a l’etat constitutionnel moderne
ne s’accomplira que dans le cours du siecle suivant. C’est en
vaın que la reaction officielle, les autorites antinationalistes, le
clerge s’efforgaient d’empecher cette evolution: rien ne peut refouler
la force croissante du peuple.
L’ouvrage de M. Eckhardt contient, avec des analyses fines,
et malgre son theme abstrait, des tableaux pittoresques et des
observations vivantes sur l’esprit de la premiere revolution hon-
groise. Gyula Weöres.
Vincenzo Crescini, Manuale per l’avviamento agli studi pro-
venzali. Introduzione grammaticale, crestomazia e glossario.
Terza edizione migliorata. Milano, Ulrico Hoepli, 1926.
XXI -- 493 p. gr. in-8°.
Vincenzo Crescini, Manuale provenzale. 189
Aupres des chrestomathies de Bartsch-Koschwitz et d’Appel,
dont les parties grammaticales sont purement descriptives, le
Manuel de M. Crescini a le grand avantage de donner, dans son
Introduction grammaticale, une excellente esquisse des rapports
historiques entre le latin et l’ancien provengal pour ce qui con-
cerne la phonologie et la morphologie de cette derniere langue.
Devant les nombreuses difficultes de sa täche, M. Crescini fait
montre d’une prudence louable. Il hasarde rarement des asser-
tions incertaines et se borne le plus souvent a consigner, dans
des notes toujours up to date, les opinions divergentes des savants.
Aussi cette partie du Manuel produit-elle une impression des plus
favorables. Non que je sois toujours de l’avis du savant profes-
seur italien, mais je m’incline avec respect devant sa competence
incontestable. Voici cependant quelques menues observations que
m’a suggerees la lecture de son Introduction.
P. 13. Il me semble qu’en parlant de la diphtongaison de
l’e et de l’o latins ouverts, M. C. n’aurait pas dü meler ensemble
les voyelles libres et les voyelles entravees, puisque celles-ci ne
se diphtonguent qu’en espagnol (e aussi en roumain). Ainsi, sef
(septe) parait singulierement depayse au milieu de pe (pede),
fel (tele), neps (nepos), febre (febre), obs (opus), poble
(populu) — P.14,1. 2: puois (pueis) a a coup sür pour ety-
mon *postius (-ius est la desinence reguliere du comparatif
neutre), et non pas *postiu, dont on ne comprend pas la for-
mation. — P. 37, dern. ligne. L’etymologie de plassa n'est pro-
pablement pas platea, mais *plattea (contamination de platea
et de plattus), comme le semble prouver l’accord des autres
langues romanes (fr. place, a. esp. plaga). -—- P. 47,1. 12. Lire
espalle, espaule au lieu de espalle, espaule. — P. 48,1. 12. Ainsi
que le provencal, les autres langues romanes demandent com-
perare, etnon pass comparare (voy.a.fr. comprer, it. comprare,
esp. comprar). — P. 56, I. 2 et 3 d’en bas. Il est tres douteux
que z soit la representation normale d’une s latine apres un / et
un z simples. Pour l’ancien provencal il y a sans doute eu un
developpement analogue a celui de l’ancien francais. La substi-
tution de s par z date d’une Eepoque oü le z avait deja perdu
son element occlusif. — P. 73, 1.4 d’en bas.. Comme gen (ad|.)
ne saurait provenir que de genitu, la forme feminine genta est
reguliere. — P. 127, I. 12. La preposition du frangais moderne
sans a en ancien francais la forme senz (avec z), qui seexpli-
que par une contamination de sine avec (ab)sentia (cf. it.
senza).
La partie des /extes, munis de leur varia lectio, comprend
190 Besprechungen. A. Wallensköld,
192 pages. Elle commence par le venerable Boecis et se termine
par un extrait des Zeys d’Amors, en tout 67 numeros. Un Glos-
saire, etabli tres consciencieusement, clöt le beau volume.
A. Wallensköld.
Kr. Sandfeld, Balkanfilologien. En oversigt over dens resulta-
fer og problemer. Kobenliavn, Bianco Lunos bogtrykkeri,
1926. 118 p. gr. in-S°.
Cet ouvrage, publi& par les soins de }’Universite de Copen-
hague a l’occasion de sa fete annuelle en novembre 1926, est
d’une importance capitale L’auteur, le linguiste danois bien connu
Kr. Sandfeld (Jensen), a reussi a nous donner, sous une forme
attrayante, un apergu critique presque complet de tout ce que la
science nous a enseigne jusqu’ici sur les rapports mutuels des
langues de la peninsule balkanique. Si ce n’est pas un «Grund-
riss der Balkanphilologie» absolument complet, c’est, dit P’auteur
dans la Preface, qu’il n’a pas eu le temps et l’espace necessaires
a sa disposition.
Les langues balkaniques dont il s’agit ici sont le grec, l’al-
banais, le bulgare, le serbe, le roumain et le turc (en laissant de
cöte des langues importees de moindre extension: l’armenien, la
langue des bohemiens, V’italien, ’espagnol, etc... C'est l’enche-
vetrement curieux de ces langues de provenance diverse, dont
seul le roumain appartient a notre domaine, qui offre un pro-
bleme des plus interessants aux recherches des linguistes. Comme
M. Sandfeld laisse les fleuves Kulpa, Save et Danube former la
limite septentrionale de la peninsule des Balkans, le daco-roumain
n’est inclus dans ces langues qu’a cause de sa parente etroite
avec les autres parlers roumains (istro-roumain, megl£enite, aro-
mounien).. Dans les domaines du folklore et de P’ethnographie
se montre egalement cette commmunaute intime entre les differen-
tes parties de la peninsule.
L’affinite des langues balkaniques (le turc le plus souvent
mis & part) apparait avant tout dans la phras£ologie, la syntaxe,
l’expression generale des idees, tandis que le vocabulaire et la
morphologie presentent en regle generale des differences geneti-
ques fondamentales. Mais aussi dans le vocabulaire il y a une
grande commmunaute, due avant tout A des emprunts mutuels.
Dans le chap. Il, Y’auteur traite en detail de ces emprunts: grecs,
latino-romans, albanais, slaves et turcs. C'est un releve critique
tres instructif, ou Pauteur rend toujours compte des conditions
historiques et geographiques des eimprunts reconnus. Les deux
_— —. BERBEN
Kr. Sandfeld, Balkanfılologien; G. Camerlynck, A. Handbook. 191
derniers chapitres (Ill et IV) s’occupent des traits communs ä&
deux ou plusieurs des langues balkaniques en dehors du domaine
lexicologique. Ici la difficult€ de faire la distinction entre prets
et emprunts est encore plus grande que pour le vocabulaire En
ce qui concerne la grande masse de traits communs entre l’alba-
nais et le daco-roumain, M. Sandfeld explique cette communaute
en supposant, avec beaucoup d’autres savants, un contact geo-
graphique direct et ancien entre les Daco-ıoumains et les Alba-
nais. Selon M. Sandfeld (p. 85), qui suit ici M. Jokl, les anciens
Albanais auraient habite l’ancienne Dardanie, a l’Est du Monte-
negro actuel, et auraient ainsi ete voisins des anciens Daco-
roumains. Et le fait que le dialecte Sud de l’albanais actuel, le
tosque, s’accorde, a plusieurs points de vue, mieux avec le daco-
roumain qu’avec l’aromounien, maintenant geographiquement voi-
sin du tosque, trouve son explication, si l’on admet que les
Tosques demeuraient anciennement a l’Est des Albanais septen-
trionaux actuels, les Ghegues, d’ou ils auraient emigre vers le Sud.
En effet, cette hypothese aide beaucoup a soulever le voile qui
entoure encore les anciens rapports entre Albanais et Roumains.
Enfin, la question tant discutee de savoir s’il faut chercher
l’origine des nombreux traits communs de toutes les langues
balkaniques (ä l’exception du turc) dans un sudsfraf ancien, illy-
rien, thrace, touranien ou autre, est resolue par M. Sandfeld dans
le sens d’une ancienne influence grecgue, due au haut niveau de
civilisation des Grecs. Il nous est impossible de citer ici les
exemples allegues par M. Sandfeld en faveur de son opinion.
S’ils ne prouvent pas absolument la theorie du swudsfraf grec, ils
temoignent en tout cas de la forte influence du grec sur les
autres langues de la peninsule.
A. Wallensköld.
Ä
G. Camerlynck, A Handbook of English Composition for the
Use of Continental Pupils. Eighth Edition. Leipzig, Friedrich
Brandstetter, 1926. 192 p. 8:0. Preis: geb. M. 3. —.
The present book is in reality a handbook of English exercises,
preparatory to composition. It is intended for the second and
third years of English, and, being entirely composed in English,
serves the requirements of any schools, whatever may be the
textbooks previousiy adopted, always supposing, however, that the
pupils are taught according to the direct method. Grammatical
notes at the foot of every piece regulate the repetition of gram-
mar in connection with the exercises. — The choice of subjects
192 | Besprechungen. A. Bohnhof,
is varied, information concerning England standing foremost. —
An English Schoolboy’s Letter, of which the form and display as
well as the lettering are genuinely English, is to be copied and
a reply written. There is an Advertisement of a Boardinghouse
in London; task: an application for a room and a reply from
the proprietor. There is an /nvoice in connection with Shopping.
There are pieces like Touring in England and Scotland and
numerous others about life in Great Britain as well as all manner
of anecdotes and tales. Facts are stated and the pupil has to
expand them into narratives or descriptions. The text of a tale
is to be turned into the direct style or a change of tense is to
be made or poems are to be turned into prose. — The book is
richly illustrated, which supplies material for object lessons. —-
There is no glossary attached to the work. — The book can be
warmily recommended to teachers, who desire to avoid transla-
tion exercises.
lt is to be regretted that the rule about capitals in headings
has not been regularly observed, and that there are a few expres-
sions like «take care» and others which are not correctly applied.
A. Bohnhof.
Uno Cronwall, Engelsk Grammatik för skola och självstudium
(Skrifter utgivna av Högre Svenska Handelsläroverket). Hel-
singfors, 1926. X11-+236 5. 8:0.
As its title indicates, this book is intended both for schools
and for selfstudy. If we say that, even for the purpose of self-
study, it answers the highest claims one can have on a book
of this kind, that is the best judgement that could be given upon it.
The part dealing with the English sounds and the pronun-
ciation of the letters is very clear and concise. In giving rules
of pronunciation the author shows much reservedness. The centre
of gravity lies in the vowel- and consonant-tables illustrating,
by a sufficient number of instances, well chosen and lucidly ar-
ranged, the pronunciation of the letters in different cases. These
tables — obviously the result of a long and conscientious work
— together with their explanatory notes, are unvaluable to the
beginner, who, by means of them, without the loss of time cau-
- sed by the traditional rules with their exceptions and exceptions
of exceptions, will no doubt relatively soon find his way out of
the chaos.
The same clearness and instructiveness characterizes the treat-
ment of those parts of grammar which as far as English is con-
ı
U. Cronwall, Engelsk Grammatik. 193
cerned, are generally a test of a grammarian’s mastering his task:
the use of the articles, the pronouns, and the verb. In the
chapter of the verb, an excellent piece of work, and: filling
a third part of the whole volume, I wish to hold out particu-
larly the treatment of the auxiliary verb, the progressive forms,
the infinitive and the -ing-forms.. A broader place than usual
has been given to the chapter treating of the order of words
and above all to that on the prepositions, a fact which consider-
rably adds to the value of the book.
Throughout the whole work there goes a tendency towards
treating everything exhaustively, and fully clearing up every point
that might possibly cause any difficulty. And its abundance of
details to a certain extent gives to the book the character of a
book of reference.
The author has not followed the usual scheme in arranging
the instances and the rules, they having been printed, as far as
possible, parallely on different pages. This arrangement of course
makes the whole much clearer and will facilitate the use of the book.
In a work as extensive as this misprints are of course un-
evitable, but, as far as I have been able to see, they are very
few here.
When, after some time, English will get a position in our
schools that corresponds to its great importance as the actual
world-language, we shall have the advantage of having in the
present work at our disposal a most complete and instructive
grammar, which more than well answers its purpose.
By the arrangement of the materials, however, all that is
intended only for more extensive study having been printed in
small types, the book will be fit also for schools with a less
number of lessons devoted to the language.
This book, as far as I know, is the most extensive English
grammar that has ever been written in Finland. In Sweden,
where the English language has long enjoyed a prominent po-
sition in the schools, there are several excellent English grammars,
e. g. that of Afzelius, to which the author of the present book
owes no doubt a good deal. Nevertheless, it is worthy of be-
ing put to the side of the best books of the kind written in
Sweden. And perhaps I am not wrong in saying that in abun-
dance of details and, at the same time, in lucidness, it surpas-
ses them.
Äke Furuhjelm.
194 Eingesandte Literatur.
Eingesandte Literatur.
Altdeutsche Textbibliothek, Nr. 25: Die Gandersheimer
Reimchronik des Priesters Eberhard, hrsg. v. Ludwig Wolf. XLII+
79 S. Preis: geh. M. 3.—. — Nr. 26: Priester Wernhers Maria, Bruch»
stücke und Umarbeitungen, hrsg. v. Carl Wesle. XVIl+252 S. Preis:
geh. M. 5.—. Halle (Saale), Max Niemeyer, 1927. 8:0.
Altnordische Saga»Bibliothek, Nr. 17: Drei Lygisogur,
Egils Saga, einhenda ok Asmundar Berserkjabana, Ala Flekks Saga,
Flöres Saga Konungs ok Sona hans, herausgegeben von Äke Lagerholm.
Halle (Saale), Max Niemeyer, 1927.. LXXXIV-+189 S. 8:0. Preis: geh.
M. 13.—.
Annuaire de l’Universit& d’Aix-Marseille. 1927-1928. Livret de
l’Etudiant. Programme des cours et Renseignements scolaires. Aix,
Imprimerie d’Edition Paul Roubaud, 1927. 348 p. 16:0. Prix: broche 3 fr.
Ph. Aug. Becker, Gottsched, Bayle und die Encyklopädie. Vor;
trag in der Deutschen Gesellschaft. Sonderabdruck aus Beiträge
zur Deutschen Bildungsgeschichte. Festschrift zur Zweihuns
dertjahrfeier der Deutschen Gesellschaft in Leipzig, 1727-1927 (Mit«
teilungen der Deutschen Gesellschaft zur Erforschung
Vaterländischer Sprache und AÄltertümer in Leipzig. 12.
Band). 1927. Kommissionsverlag von Alfred Lorenz. S. 94—108. 8:0.
La Chätelaine de Vergy. Conte du XIlle siöcle, publie et traduit
par Joseph Bedier, de l’Academie frangaise. Paris, L’Edition d’art H.
Piazza, 1927. 115 p. 16:0. — La Chätelaine de Vergy, dont j’ai signale
ici m&me (XIIl, 1911, p. 34) l’edition, par Gaston Raynaud, qui inaus
gurait, il y a dixshuit ans, la collection de Classiques frangais du
moyen äge, et dont il a paru depuis, dans la m&me collection, deux
nouvelles editions, dues & M. Lucien Foulet, vient de paraitre dans
une edition luxueuse, accompagne&e d’une traduction en francais mo-
derne par M. Joseph Bedier. Outre l'edition ordinaire, dont j’ai entre
les mains un exemplaire portant la mention «cinquieme &€dition», il a
ete tire 100 exemplaires nume£rotes sur Japon contenant une suite des
bois sur velin et 301 exemplaires num&rotes sur verge d’Arches. Les
bandeaux decoratifs avec illustrations et l’ornementation de l’ouvrage
ont &t& dessines par Pierre Courtois et graves sur bois par E. Gaspe»
rini. Le texte ancien est celui du ms. fr. 837, qui avait deja &t& choisi
comme base par G. Raynaud et conserv& par L. Foulet. M. B. a pousse
«jusqu’a ses limites extr&mes le souci de ne recourir aux lecons des
autres manuscrits qu’en cas d’extröme necessite». Il est utile de signar
ler ici aussi ce que dit le nouvel Editeur de la langue de l’auteur: «Si,
pour discerner en quelle region il a pu vivre, on cherche des indices
d’ordre linguistique, on est desu. C’est qu’au XIIle siecle la France
Eingesandte Literatur. 195
avait des longtemps reussi & constituer en dignite, par dessus la diver;
site et la rusticite de ses dialectes et de ses patois, cette chose merveil-
leuse, une langue litt&raire, dont usaient pareillement les &crivains et
les copistes de toutes ses provinces, encore que plusieurs l’aient plus
ou moins teintee de nuances dialectales. De telles particularites, tantöt
lorraines, tantöt champenoises ou picardes, se remarquent dans les an»
ciennes copies de la Chätelaine de Vergy; mais elles sont fugitives, elles
varient d'un manuscrit & l’autre et repr&sentent l’usage des scribes, non
necessairement l’usage du po£te.» Je n’ai pas besoin de dire, car
cela va de soi, que la traduction de M. Bedier est d’une Elegance
parfaite et la preface une contribution precieuse A l’&tude 'de l'esprit
courtois. — A. Längfors.
Viggo Brendal, L’Ouvre de Vilhelm Thomsen. Szxrtryk af Acta
Philologica Scandinavica. Tidsskrift for nordisk Sprogforskning,
S. 289-318. Kobenhavn, Gyldendalske Boghandel, 1927. [P. 305: «La
philologie romane doit A Thomsen l’explication definitive de mots aussi
importants que l’adjectif vide, anciennement vuide (d’oü l’angl. void),
ital. vuoto, du lat. vocitus qui semploie pour vacuus dans certaines
inscriptions, et le verbe aller (ital. andare, etc., dambulare, tr&s em»
ploy&e dans le latin populaire), — &tymologie &vidente qui, pr&sentee
en 1879, fut ensuite adoptee par des romanistes de marque comme
Schuchardt, Foerster et Cornu, et commenga lentement, vers 1900, &
simposer. Ceux qui ont suivi les lecons substantielles de Vilh. Thom:
sen sur la linguistique romane auront remarqu& que malgre des hypos
theses nouvelles il maintenait l’ancienne interpretation du fr. gene
(anciennement geene, «torturee) comme provenant du latin d’Eglise
gehenna, «l’enfer hebraique»; il continuait A voir dans le fr. coussin
(d’oü angl. cushion, all. Küssen, Kissen) un lat. *culcit:inum, dimis
nutif du lat. culcita»].
Ferdinand Brunot, Histoire de la langue frangaise des origines &
1900. Tome IV: La langue classique (1660-1715). Deuxieme partie.
Paris, Armand Colin, 1924. VII p. + pp. 657-1215, 8:0.
Konrad Burdach, Namen» und Sachregister zu Vorspiel Iı.2 und
ll. Halle (Saale), Max Niemeyer, 1927. 76 S. 8:0. Preis: geh. M. 5.—,
geb. M. 6.—.
V. Chichmaref, Quelques traces de la «slibrairiev du roi Rene dans
le fonds manuscrit de la Bibliotheque Publique. Notices et extraits
des mss: romans de la Bibliotheque de Leningrad. Extrait, s.l. ni d.
P. 143-192. [En russe, resume en francais].
Karl Christ, La Regle des Fins Amans. Eine Beginenregel aus
dem Ende des XIII. Jahrhunderts. Sonderabdruck aus: Voretzschs
Festschrift, 1927. S. 173-213. 8:o.
Les Classiques frangais du moyen äge, publies sous la
‘
196 Eingesandte Literatur.
direction de Mario Roques, n° 9*: Les Chansons de Guillaume IX, duc
d’Aquitaine (1071-1127), editees par Alfred Jeanroy. Deuxitme Edition
revue. Paris, Champion, 1927. XXI+48 p. 16:0. Prix:_broche, fr. 6.—.
Estudis filologics (extrets del Butlleti del Club Pirenenc,
nos 21, 22 i 23): A. Griera, El catalä &s un dialecte de la Ilengua d’oc?
— Utzet. — Olot. — R. Pifas, Vocabulari de Pobeleda. — E. Roig i
Raventös, Petit Vocabulari del Corder. — 11 p. 8:0. [1927]. — Il faut
retenir de la premiere note de M. Griera le fait que voici. Le catalan
n'est pas une langue d’oc, car en domaine catalan on ne trouve oc
(och) comme particule affirmative que sur un seul point, A Val d’Aran.
S’il est vrai qu’on trouve assez souvent och, hoch en catalan ancien,
cela ne prouve pas que ce mot ait &t€ un mot populaire: c'est plutöt un
emprunt litteraire fait au provengal, comme on en trouve beaucoup
d’autres. — «Langue d’oc, &crit M. Griera, langue imaginaire qui n'a
jamais existe... De m&me que nous ne pouvons trouver aucun texte
oü on parle d'une langue limousine tant vantee par les Valenciens de
l’epoque de la decadence, de m&me nous n’avons pas pu trouver non
plus de textes faisant mention d’une langue occitane dont le catalan
serait un dialecte... Dans le Provenzalisches Supplement: Wörterbuch
de Levy il.n’y a pas un seul exemple de lenga occitana; bien mieux,
le mot occifan n'y figure m&me pas.» Entendonssnous. Ce n'est d’abord
pas dans les dictionnaires provengaux qu’il faut chercher le mot occi-
tan. M. Antoine Thomas &crit (La langue frangaise au moyen äge, dans
La Revue des Idees, 194, p. 326-8): «Cette facon de caracteriser un
. idiome par sa particule affirmative n'est pas, comme on pourrait le
croire, une idee ou une expression personnelle du potte [Dante]...
En effet, peu de temps apr&s que les dernieres possessions de la maison
de Toulouse eurent &ti& reunies au domaine royal (en 1271), la chan>
cellerie du roi de France trouva commode de designer l’ensemble de
ces possessions par le terme de sterre de la langue d’oc» que l'on lati-
nisa en lingua occitana. Ce terme a fait une brillante fortune dans
l'administration et la geographie ... et il faut rappeler que le latin
barbare occitanus a engendr& un deriv& plus barbare encore (et qu’on
ose & peine qualifier de frangais), A savoir l’adjectif occitanien, que le
contresamiral de Rochegude ... inscrivit hardiment en täte d'un Par:
nasse occitanien et d’un Lexique occitanien publies a Toulouse en 1819.»
Le sens exact du terme lenga lemosina peut, lui aussi, &tre pr&cise par
une citation de l’article de' M. Thomas: «Je reviens A la langue du
midi, car je n'’ai pas Epuise la liste des noms qu'on lui a donn&s au
moyen äge. On l’a appelee lenga lemosina, du nom de la province de
Lemosi (Limousin): cette appellation repose bien moins sur une idee
linguistique d’apres laquelle le dialecte de cette province serait consis
dere comme le type le plus pur de la langue du midi que sur une
Eingesandte Literatur. 197
idee litteraire, celle de la superiorit€ po&tique du groupe trös impor;
tant des troubadours limousins, parmi lesquels je citerai Bernard de
Ventadour, Arnaut Daniel, Bertran de Born, Jaucelm Faidit. Les Cata»
lans ont particulitrement affectionn& ce terme de lenga lemosina si bien
qu’ils l’ont specialist & leur profit pour designer le catalan litteraire,
circonstance qui le rend impropre aujourd’hui au röle plus general
qu’on lui avait donn& d’abord.» — A. Längfors.
Festskrift til Hjalmar Falk, 30. desember 1927, fra elever, venner
og kolleger. Oslo, H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), 1927. 477 S. 8:0.
Lucien Foulet, Villon et Charles d’Orl&ans (Extract from Medie;
val Studies in Memory of Gertrude Schoepperle Loomis).
Paris, Honor& Champion, New York, Columbia University Press, 1927.
26 p. 8:0.
Französische und englische Schulbibliothek, Reihe A,
Band 229: Texte zur französischen Kulturkunde, hrsg. von U. Molsen.
83 S. — Band 230: Sunny and Funny. A Book for Beginners. Auss
gewählt und erklärt von H. Gade. VI+50S. 8:0. — Reihe B, Band 39:
La Farce de Maitre Pathelin, arrangee et mise en nouveau langage par
G. Gassies des Brulies, hrsg. von E. Gülzow. Mit 16 Abbildungen.
Leipzig, Rengersche Buchhandlung, 1928. VIII+45 S. 8:0. Kart.
Germanische Bibliothek, Sammlung germanischer Elemen»
tar-e und Handbücher, 1. Reihe, Nr. 10: O. Behaghel, Deutsche Syntax.
Eine geschichtliche Darstellung, Band Ill: Die Satzgebilde. Heidelberg,
Carl Winter’s Universitätsbuchhandlung, 1928. X11+823 S. 8:0. Preis:
geh. RM. 26.—, geb. RM. 29.50.
H. Hatzfeld, Leitfaden der vergleichenden Bedeutungslehre. Eine
Zusammenstellung charakteristischen semasiologischen Beispielsmaterials
aus den bekanntesten Sprachen. Zweite vollständig umgearbeitete und
vermehrte Auflagee München, Max Hueber, 1928. XII+170 S. 8:0.
Preis: geh. M. 4.80, Leinen M. 6.70. — Die zweite Auflage der Vers
gleichenden Bedeutungslehre versucht, mehr noch als es die erste tat,
ähnlich gelagerte Beispiele von Bedeutungswandel in den bekannteren
europäischen Sprachen zu verknüpfen und damit den Lehrer, und ins
direkt auch den Schüler, erste Blicke in das so interessante Leben der
Wörter tun zu lassen. Die Einleitung der ersten Auflage wurde radis
kal gekürzt, damit Raum für eine wesentlich grössere Menge von Beis
spielen gewonnen werden konnte. Viel reichlicher ist diesmal die
herangezogene wissenschaftliche Literatur, wovon das Literaturverzeichs
nis überzeugen kann. Der Index ist so gestaltet, dass den einzelnen
Wortformen gleich die Anfangs» und Endbedeutung ihrer Entwicklung
beigegeben sind, so dass der Nachschlagende auf den ersten Blick das
Problem überblickt, von dem das Wort erzählen soll. Schlägt er dann
die hinter dem einzelnen Wort angegebene Seitenzahl nach, so findet
198 Eingesandte Literatur.
er alles genau ausgeführt, für seltenere Bedeutungen Beispiele, neben
den usuellen okkasionelle Fälle, endlich den grossen Zusammenhang
mit anderssprachigen Beispielen derselben Erscheinungen. Es kam dem
Autor darauf an, eklatante Paradigmata landläufiger Art mit solchen
selbst gefundenen zu kombinieren, die eine möglichst eindringliche
Sprache reden. Wenn man die meisten französischen Beispiele natür»
lich auch bei Nyrop, die meisten deutschen bei Waag finden mag, so
sind sie hier mit lateinischen, griechischen, englischen und — sonst fast
überhaupt nicht zu findenden — italienischen und spanischen zusam»
mengestellt. Auf Theorie ist verzichtet, da der praktische Zweck die:
ses Buches ein Eingreifen in fliessende wissenschaftliche Diskussionen
verbietet.
Fr. Hiller, Tydorel, ein Lai der Marie de France. Diss. Rostock,
1927. 76 S. 8:0.
Idealistische Philologie, Jahrbuch in sechs zweimonatlis
chen Heften herausgegeben von V. Klemperer & E. Lerch. Band Ill
(1928), 6. Heft. München, Max Hueber. Das einzelne Heft RM. 3.—
im Abonnement RM. 2.—.
Indogermanische Bibliothek, Nr. 10: Jörgen Forchhammer,
Kurze Einführung in die deutsche und allgemeine Sprachlautlehre
(Phonetik). Heidelberg, Carl Winter’s Universitätsbuchhandlung, 1928.
124 S. 8:0. Preis: kart. RM. 2.90. — Der Verfasser gibt hier in Kürze
das Notwendigste wieder, was jeder, der sich mit Phonetik befasst,
wissen muss. Im ersten, sprachphysiologischen Teil finden wir eine
kurze Beschreibung der Sprachwerkzeuge. Im zweiten, eigentlich phos
netischen Teil werden wir in die neue Phonetik eingeführt. Wir sehen,
wie die Sprachlaute sich zwanglos in ein übersichtliches System eins
ordnen lassen. Zugleich lernen wir die wichtigsten phonetischen Er:>
scheinungen kennen. Der dritte Teil führt uns in die eigentliche
Werkstätte des praktischen Phonetikers. Es werden hier eine Reihe
von Artikulationsüubungen angegeben, die dazu dienen, die Sprach»
werkzeuge der Herrschaft unseres Willens zu unterwerfen, damit sie
späterhin bei den phonetischen Studien unseren Intentionen gehorchen.
Am Ende des Buches befindet sich ein Anhang, in dem die gebräuch»
lichsten phonetischen Erscheinungen, sowohl die der alten, wie die der
neuen Phonetik erklärt werden. Das Buch ist, wie aus dem Titel her>
vorgeht, für Anfänger bestimmt, also in erster Linie für die Philologie»
studierenden an den Universitäten.
Th. Kalepky, Neuaufbau der Grammatik als Grundlegung zu ei-
nem wissenschaftlichen System der Sprachbeschreibung. Leipzig—-Berlin,
B. G. Teubner, 1928. 105 S. 8:0. Preis: geh. RM. 3.20, geb. RM. 4.-.
Alfred Knopf, Jules Lemaitre als Dramatiker. Diss. Leipzig, Richard
Pries, 1926. 133 S. 8:0. Preis: geh. M. 3.—, geb. M. 4.—.
Eingesandte Literatur. 199
Adolf Kolsen, Zwei provenzalische Streitgedichte (B. Gr. 461, 16,
u. 424, 1) (aus der Zeitschrift für romanische Philologie,
Festschrift Prof. C. Appel dargebracht, 1927, S. 242-8).
Königsberger Deutsche Forschungen, hrsg. v. J. Nadler,
Fr. Ranke, W. Ziesemer, Heft 1: E. Nickel, Studien zum Liebesproblem
bei Gottfried von Strassburg. Königsberg (Pr.), Gräfe und Unzer, 1927.
VU+87 S. 8:0. Preis: kart. M. 3.—.
Lemosi, revue mensuelle regionaliste et felibreenne, XXXVlI
(1927), 266. — Ce numero est entierement consacre & la m&moire du
provengaliste Jean Audiau, mort ä Paris le 10 octobre 1927, & l’äge de
vingt:neuf ans. Ses travaux les plus importants sont Les Poesies des
quatre troubadours d’Ussel (1922) et La Pastourelle dans la poesie occi:
fane du moyen äge, textes annotes et fraduits (1923). On a signale ici
(XXVl, 259, et XXVIII, 121) deux autres de ses publications.
Natan Lindqvist, Stort och Smätt i Spräkets Spegel. Uppsala &
Stockholm, Almqvist & Wicksell, 1927. 97 S. 8:0. Preis: Schw. Kr. 2.50.
Alf Lombard, Europas och den vita rasens spräk. En systematisk
översikt. Uppsala & Stockholm, Almgqvist & Wicksells Boktryckeris
A.«B., 1926. 173 S. 8:0. Preis: Schw. Kr. 4.—.
E. Maddalena, Goldoni (prefazione). Bari, Gius. Laterza & Figli,
1927. 15 p. 8:0.
— — Per la fortuna del «Bourru bienfaisant». Estratto dal vos
lume XXIX, dispensa 92-124, della Bibliofilia. Firenze, Leo S.
Olschki, 1928. 20 p. 4:0.
Karl Michaelsson, Etudes sur les noms de personne d’apres les
röles de taille parisiens (Röles de 1292, 1296-1300, 1313). These pour
le doctorat. I. 193 p. 8:0. Prix: Cour. sued. 6.-—. (Uppsala Universi»
tets Ärsskrift 1927. Filosofi, Spräkvetenskap och Historiska Vetenska»
per 4). Uppsala, A.-B. Lundequistska Bokhandeln, 1927.
Frederi Mistral, Mireio. Extraits du po&me provengal publies avec
une introduction phonetique par Gerhard Rohlfs. Marburg (Lahn),
Elwert’sche Verlagsbuchhandlung (G. Braun), 1927. Prix: broche M. 1.60. _
Moderna franska författare för goss» och flickskolornas
högsta klasser. Band X: Prosper Merimee, Colomba. Skolupplaga med
kommentar av Hugo Hultenberg och Christer Thorn. 125 Ss. — Ans
märkningar. 31 S. — Stockholm, Albert Bonniers förlag, 1928. 16:0.
Preis: kart. Schw. Kr. 1.75 -+0.75.
J. Morawski, La Flours d’Amours (Romania, LIII, 1927, p. 187-97).
— — Les formules rimees de la langue espanole. De la Revista
de Filologia Espaüola, XIV, 1927, p. 1035-33.
Neujahrsblätter der Literarischen Gesellschaft
Bern. Der neuen Folge 6. Heft: O. Funke, Studien zur Geschichte
der Sprachphilosophie. Bern, A. Francke A.G., 1927. 140 $S. 8:0.
200 Eingesandte Literatur.
Preis: geh. Schw. Fr. 4.80. — Die Schrift behandelt im ersten Teil einen
heute nahezu vergessenen, jedoch hochbedeutenden Sprachphilosopben
Englands, J. Harris (18. Jahrh.), dessen sprachlicher Formbegriff in der
romantischen Sprachphilosophie Deutschlands eine starke Nachwirkung
zeigt. Der zweite Teil hat die Sprachphilosophie der Gegenwart zum
Gegenstand. Der Verfasser setzt sich mit den sprachphilosophischen
«Neuromantikern», mit Vosslers «Idealismus» auseinander und sieht in
der empirisch»psychologischen Forschung das eigentliche Fundament
wissenschaftlicher Sprachbetrachtvng. Im Rahmen dieser Problemstel»
lung werden fundamentale Fragen der Sprachwissenschaft in einer kl
ren, übersichtlichen Art behandelt, die auch dem Laien wertvolle Ein»
blicke in das Wesen des Gegenstands verschaffen.
Nordisk Filologi. Undersökningar och Handböcker utgivna
av Ivar Lindgvist och Jöran Sahlgren. Band 1: Eddica et Scaldica.
Fornvästnordiska Studier, I. Lund, C. W. K. Gleerup, 1927. VIII+
157 S. 8:0. Preis: Schw. Kr. 5.50.
Palaestra, Nr. 153: A.-Fr. Rosenfeld, Mittelhochdeutsche No»
vellenstudien. I. Der Hellerwertwitz; II. Der Schüler von Paris. Leips
zig, Akademische Verlagsgesellschaft, m. b.H., 1927. X+541 S. 8:0.
Preis: RM. 34.—.
H.E. Palmer, Everyday Sentences in Spoken English. With Phos
netic Iranscription & Intonation Marks (For the use of Foreign Stud»
ents). Revised and enlarged by F. G. Blandford.. Cambridge, W.
Heffer & Sons Ltd., Leipzig and Berlin, B. G. Teubner, 197. XI+
128 p. 8:0. Preis: geb. M. 5.60.
Philologische Studien aus dem romanisch»germanischen Kultur:
kreise, Karl Voretzsch zum 60. Geburtstage und zum Gedenken an
seine erste akademische Berufung vor 35 Jahren dargebracht von
M. Artigas, G. Baesecke, P. Barnils, Ph. A. Becker, J. Brüch, K. Christ,
A. Griera, F. Krüger, G. Moldenhauer, W. Mulertt, K. Pietsch, G. Rohlfs,
F. Saran, D. Scheludko, O. Schultz-Gora, E. Sievers, F. Specht, W. Suchier,
A. Wallensköld, K. Warnke, K. Weber, B. Wiese, E. Winkler, heraus:
gegeben von B. Schädel + und W. Mulertt. Halle a. d. Saale, Max
Niemeyer, MCMXXVII. 543 S. 8:0. Preis: geh. M. 34.—, geb. M. 37.-.
Pologne Litteraire, Ile annee (1927), 11—12.
El. Pradez, Dictionnaire des gallicismes expliques brievement,
illustres par des exemples et accompagn&s de leurs &quivalents anglais
et allemands. Paris, Payot, 1927. 387 p. 16:0. Prix: cartonne fr. 20.-,
broche fr. 15.—. ’
Publications of the Institut des Etudes francaises
G. L. Van Roosbroeck, The Legend of the Decadents. — Contents: Are
the Modern Pocts Decadent? — Decadence and Rimbaud’s Sonnet of
the Vowels. — Huysmans the Sphinx: The Riddle of A rebours. — The
Eingesandte Literatur. 201
Tragic Story of Ador& Floupette, or How One Becomes a Decadent. —
With J. W. Beach: Albert Samain, a French Love Poet of the 'Nineties.
— Francis Jammes, Primitive. Columbia University, 1927. 126 p. 8:0.
Price: $ 1.50. — A. H. Krappe, Balor with the Evil Eye. Studies in
Celtic and French Literature. Columbia University, 1927. 227 p. 8:0.
Fr. Rausch, Lauttafeln für den deutschen und fremdsprachlichen
Unterricht nach den Grundsätzen der Lautlehre. Handausgabe, 27
Abbildungen mit der Beschreibung der Mundstellungen und vielen
Übungsbeispielen. 4. vermehrte und verbesserte Auflage. Marburg,
N. G. Elwertsche Verlagsbuchhandlung (G. Braun), 1927. Preis: bro»
schiert M. 3.—.
Gerhard Rohlfs, Sprache und Kultur. Vortrag gehalten anlässlich
der 56. Versammlung deutscher Philologen und Schulmänner zu Göts
tingen. Braunschweig, Georg Westermann, 1928. 34 S. 8:0. Preis: geh.
M. —.90. — In diesem Vortrag sucht der Tübinger Romanist zu zeigen,
wie die von den preussischen Richtlinien geforderte Behandlung sprach»
geschichtlicher Probleme im Zusammenhang mit der Kulturgeschichte
in einer für die Schule fruchtbaren Weise zu erzielen ist, ohne dass
man Gefahr läuft, sich in phantastische Spekulationen zu verlieren.
Nicht auf dem Gebiet der Lautlehre und der Syntax, sondern inner;
halb der Wortgeschichte liegt der Schwerpunkt sprachkultureller Be>
trachtung. Daher müssen auch dem Schulunterricht die Ergebnisse
dieser Forschung zugeführt werden. Die Wichtigkeit von Lehrwort
und Reliktwort, die Ergebnisse der Ortsnamenforschung und der Bes
deutungslehre, die Beziehungen zwischen Sprachwissenschaft und Ethno»
graphie, zwischen Sprachwissenschaft und Volkskunde: das alles wird
an knappen, anschaulichen Beispielen illustriert. So dient die Bros
schüre, ein Wegweiser für den werdenden und im Beruf stehenden
Lehrer, als Verbindungsglied zwischen Praxis und Wissenschaft. Inhalt:
Positivismus und Idealismus. Ergebnisse der idealistischen Sprach»
betrachtung in der syntaktischen Forschung. Bedeutung des Lehnwors
tes für die Erkennung kultureller Zusammenhänge. Lateinische Lehn»
wörter im Deutschen. Fränkisches Lehngut im Französischen. Keltische
Relikte. Mundartliche Einflüsse auf die französische Schriftsprache.
Ortsnamenforschung. Bedeutungslehre. Metapher. Animalisierungen.
Sexuelle Vorstellungsbilder. Wortgeschichte und Sachforschung. Wort»
geographie. Sprachwissenschaftund Volkskunde. Abergläubische Anschaus»
ungen im Spiegel der Sprache. Seelentiere. Kinderreime und Beschwörungs»
formeln. Bedeutung der Wortgeschichte für Schule und Universität.
Mario Roques, sEntamer le cuer» (Romania, LIII, p. 374-80).
— Cette expression, frequente en ancien frangais, se rattache au sens
de «porter une premi£tre atteinte» qu’a le verbe entamer dans la langue
moderne.
202 Eingesandte Literatur.
Aus der Oschatzer Pergamenthandschrift des Sachsenspiegels von
1382. Farbige Nachbildungen des ersten und des letzten Blattes in
natürlicher Grösse, nebst einer kurzen Einleitung und Erläuterung.
Oschatz, 1925. Verlag von Alfred Lorentz, Leipzig. 18 Sp. in-fol.
Preis: geh. M. 3.—.
Sächsische Forschungsinstitute in Leipzig. IV. Ror
manistische Abteilung, Heft II: Ph. Aug. Becker, Aus Frankreichs Früh-
renaissance. Kritische Skizzen. München, Max Kellerer’s Verlag, 1927.
208 S. 8:0. Preis: geh. M. 12.—.
Jöran Sahlgren, Nordiska ortnamn i spräklig och saklig belysning,
7-9. Särtryck i 200 exemplar ur Namn och Bygd. Lund, C.W.K.
Gleerup, 1927. 160 S. 8:0. Preis: Schw. Kr. 6.—.
Sammlung romanischer Elementars und Handbücher,
hrsg. von W. Meyer-Lübke, Il. Reihe, Literaturgeschichte, Nr. 5:
O. Antscherl, J. B. de Almeida Garrett und seine Beziehungen zur
Romantik. Heidelberg, Carl Winter's Universitätsbuchhandlung. XII+
218 S. 8:0. Preis: geh. M. 14.50, geb. M. 17.—. — Nr. 6: W. Gottschalk,
Die humoristische Gestalt in der französischen Literatur. Heidelberg,
Carl Winter's Universitätsbuchhandlung, 1928. 391 S. 8:0. Preis: geh.
M. 16.—-, geb. M. 18.50.
Friedrich Schürr, Barock, Klassizismus und Rokoko in der fran;»
zösischen Literatur. Eine prinzipielle Stilbetrachtung. Leipzig-Berlin,
B. G. Teubner, 1928. 44 S. 8:0. Preis: kart. RM. 3.—.
Heinrich Spies, Kultur und Sprache im neuen England. Zweite
ergänzte Auflage. Leipzig-Berlin, B. G. Teubner, 1928. XVI+222 S.
8:0. Preis: geh. M. 6.-, geb. M. 8.—.
Sprache und Volkstum. Arbeiten zur niederdeutschen Sprach»
geschichte und Volkskunde, hrsg. von C. Borchling, Agathe Lasch und
O. Mensing, 1: Die Sprache des niederdeutschen Zimmermanns, dar-
gestellt auf Grund der Mundart von Blankenese (Holstein) von Johan»
nes Sass. Hamburg, Hamburger Verlagsanstalt Karl Wachholtz, 1927.
XIX +148 S. 8:0.
Cmenan Camans-Cmoybruü, POoZzBHTOK MorialiB MPO Cem C.10-
BaHchbkuX MoB i iX BaaimHme crnopiineuna. „‚Ipyre AonoBHeHe Bit-
nanna. Ilpara, 1927, Nxpaincrkuh rPpomamceııi BATABHM4RANM don.
91 S. 8:0.
H. Teske, Das Eindringen der hochdeutschen Schriftsprache in
Lüneburg. Halle (Saale), Max Niemeyer, 1927. XV+179S. 8:0. Preis:
geh. M. 9.-.
Gunnar Tilander, Le sens et l'origine du v. fr. plaissier, plaisseis
(Zeitschrift für romanische Philologie, 1927, p. 523—-40).
Ernst G. Wahlgren, Le nom de la ville de Marseille (Studier i
Modern Spräkvetenskap, utg. av Nyfilologiska Sällskapet i Stockholm, X).
Schriftenaustausch. 203
Uppsala, Almgvist & Wicksell, 1927. 40 p. 8:0. — La ville que les
auteurs grecs appelaient Maooalia et qui chez les Romains prit la
forme de Massalia est, des 950, appel&e sporadiquement Marsilia, et, peu
apres, Marcelie (en 1136), Marcellie (1152), Marseille (1236). M. W.
estime que l'introduction de I’r est sans doute un ph&änomene roman,
non pas d’ordre phonettique, mais d’ordre analogique, et due & l’influ-
ence du nom de Marcellus et ses derives; d’autres rapprochements,
surtout avec le nom de Mars, et peut-etre avec le mot mare, ont pu
contribuer & produire ce changement ou tout au moins & maintenir !’r
non &tymologique. — A. Längfors.
Per Wieselgren, Författarskapet till Eigla. Diss. Lund, Carl Bloms
boktryckeri, 1927. 275 $. 8:0.
S. Wukadinovid, Franz von Sonnenberg. Halle (Saale), Max Nie»
meyer, 1927. X1+263 S. mit einem Porträt, 8:0. Preis: geh. M. 10.—,
Leinwand geb. M. 12.—.
Schriftenaustausch.
Bijdragen voor WVaderlandsche Geschiedenis en
Oudheidkunde, Vle Reeks Deel VI (1927), Afl. I en 2.
«Ce fastu?», III (1927), 11—12, IV (1928), 1—2.— Supplemento al
«Ce fastu?»: Il Strolic Furlan pal 1928. |
Anneliese Eilers, Die sozialen Beziehungen des Kindes bei den
Bantunegern. Diss. Hamburg, 1927. 123 S. 8:0.
Giessener Beiträge zur Erforschung der Sprache
und Kultur Englands und Nordamerikas, herausgegeben von
Wilhelm Horn: Band Ill, Heft 2: A. Heldmann, Lautlehre der schot-
tischen Mundart im südöstlichen Perthshire; J. A. Heil, Die Volks;
sprache im Nordosten der Vereinigten Staaten von Amerika. — Bres’
lau, im Verlag des Englischen Seminars der Universität, 1927.
Institut d’Estudis Catalans. Secci6 Filologica. Memöries,
vol. I, fasc. II: Las Flors del Gay Saber, publices par Joseph Anglade.
Barcelona, 1926. 91 p. 4:0. — Clest la redaction en vers des Leys
d’Amors de Guilhem Molinier, publiee d’apres l'unique manuscrit, das
tant de la fin du XIVe siecle et conserv& & l’Institut d’Estudis Catas
lans de Barcelone.
The Journal of English and Germanic Philology,
XXVI (1927), 2-4.
Fr. W. Kaiser, Der niedersächsische Kreis nach dem Westfälischen
. Frieden (1651-1673). Diss. Hamburg, 1927. 135 S. 8:0.
Ernst A. Kock, Notationes Norr&nz. Anteckningar till Edda
och Skaldediktning. Tionde delen (Lunds Universitets Ärs
204 Schriftenaustausch.
skrift. N. F. Avd. I. Bd. 24. Nr. 3). Lund, C. W. K. Gleerup,
Leipzig, Otto Harrassowitz, 1927. 48 S. 8:0. Preis: geh. Schw. Kr. 1.50.
Ernst Koethke, Clemens Brentanos religiöser Werdegang. Diss.
Hamburg, 1927. 86 S. 8:0.
Les Langues Modernes, XXV (1927), 8.
Leuwensche Bijdragen, XIX (1927), 2.
Literis, IV (1927), 3.
Mnemosyne, Bibliotheca philologica Batava, LV (1927), 14.
Modern Language Notes, ÄLII (1927), 7-8 [Contient,
p. 527-8, une note de M.T. Atkinson Jenkins, Deschamps and Eustace,
qui se rapporte au m&me sujet que celle de M. H. Petersen, Neuphil.
Mitt., XXVII, 95]. — XLIII (1928), 1-2 [P. 51-4, dans un compte
rendu de Ballads and Songs of the Shanty-Boy recueillis par Franz
Rickaby, M. Martin R. Ruud cite ces deux vers d’une rengaine apellee
Ole from Norway:
They say I'm a Norsk from Norway
Som lever po Lutfisk og sil.
L’editeur et son critique ont pense que le second vers est en norv&
gien. Il n’en est rien. C'est, malgr& la graphie quelque peu fantaisiste,
du suedois. Les amenites de cette sorte, &changees entre voisins, ne
sont pas rares].
Modern Languages, IX (1927), 1—2.
Moderna Spräk, XXI (1927), 9, XXII (1928), 1—2.
Museum, XXXV (1927-1928), 3-5.
Die Neueren Sprachen, XXXV (1927), 7-8, XXXVlI (1928), 1.
Nysvenska Studier, VII (1927), 5.
Pankos, a Quarterly devoted to the Study of Yiddish Literature,
Language, Folklore and Bibliography, I (1927), 1-2. New York.
Publications of the Modern Language ÄAssoci»
tionofAmerica, XLII, 4.
Publications of the Yiddish Scientific Institute, Il:
Studies in Philology. Second Volume. Vilno, Vilner Farlag B. Klet-
skin, 1928.
Reale Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti.
Atti. Anno Accademico 1926-27. Tomo LXXXVlI. Scienze morali
e Lettere. Contient entre autres: V. Crescini, Le caricature trobado:
riche di Pietro d’Alvernia. Notaseconda. 24 p. Terza e ultima nota. 56 p.
Revista de Filologia Espaüola, XIV (1927), 2—3.
Revue belge de philologie et d’histoire, VI (1927), 3-4.
Revue des Etudes Hongroises et FinnosOugriennes
V (1927), 3-4. — P. 346-57, article de M. Joseph Castagne& (Paris),
Le Reveil national carelien.
Schriftenaustausch. 205
A.W. Roeder, John Drinkwater als Dramatiker. Giessen, im Ver:
lag des Englischen Seminars der Universität, 1927. 58 S. 8:0.
Romanische Forschungen, XLl (1927), 1: M. Golde, Die
altfranzösischen Diminutiva.
Hans Schmidt, Die SteinbildersTypen der Osterinsel und ihre
Chronologie. Diss. Hamburg, 1927. 59 S. 8:0. |
Slavia, VI (1927), 2-3.
Studier fra Sprog och Oldtidsforskning, Nr. 144: Paul
V. Rubow, Georg Brandes og hans Lxrere. 52 S. — Nr. 145: Hans
Raeder, Platon og Syrakus. 30 S. — Nr. 146: Gudmund Schütte, Danske
Stednavne fra Arilds tid. 100 S. — Nr. 147: Carsten Hoeg, En Grxsk
Forretningsmand i Ill Aarhundrede f. Chr. 42 S. 8:0. Kobenhavn,
V. Pios Boghandel, 1927.
University of Illinois Studies in Language and Lite
rature, Vol. XI (1926), No. 3: Arthur Hamilton, A Study of Spanish
Manners 1750-1800 from the Plays of Ramön de la Cruz. 72 p. Price:
$ 100. — No. 4%: Charles Allyn Williams, Oriental Affınities of the
Legend of the Hairy Anchorite. The Theme of the Hairy Solitary in
its early Forms with Reference to Die Lügend von Sanct Johanne
Chrysostomo (reprinted by Luther, 1537) and to other European Variants.
Part II: Christian. 139 p. Price: $ 1.00. — Vol. XII (1927), No. 1:
John Van Horne, El Bernardo of Bernardo de Balbuena. A Study of
the Poem with Particular Attention to its Relations to the Epics of
Boiardo and Ariosto and to its Significance in the Spanish Renaissance.
182 p. 8:0. Price: $ 1.50.
Uppsala Universitets Ärsskrift, i927. Filosofi. spräks
vetenskap och historiska vetenskaper, 6: Spräkvetenskapliga Sällskapets
i Uppsala Förhandlingar, Jan. 1925—-Dec. 1927. Uppsala, A.»B. Lundes
quistska Bokhandeln, 1927. 119 S. 8:0. — S. 35-53. R. E. Zachrisson,
Some Yorkshire Place-Names. Ilkley, Gilling, Ingetlingum. — S. 55—94.
A. Nordfelt, Om det äldre Hamletproblemet. Namnet och typen.
Virittäjä, XXXI (1927), 8, XXXII (1928), 1—2.
Nicolaus van Warmelo, Die Gliederung der südafrikanischen Bantu=
sprachen. Diss. Hamburg, 1927. 107 S. 8:0.
206 Mitteilungen.
Mitteilungen.
Alexis von Kraemer, lecteur de francais & l’Universite de Helsing-
fors, est mort le 24 d&cembre 1927 A l’äge de 57 ans. N& & P&tersbourg
dans un milieu oü le francais etait la langue la plus usitee, il publia
une &tude sur Villiers de l’IsleeAdam (sa th&se), une &l&gante plaquette
sur les freres Goncourt, de nombreux articles de revue traitant de la
litterature francaise moderne et des comptes rendus dans les Neuphilo:
logische Mitteilungen, des la fondation de cette revue. Sa disparition
est suivie des regrets unanimes de ses collöägues et de ses &l&ves.
Dozent Dr. O. J. Tallgren ist zum ao. Professor der südromanis»
schen Sprachen an der Universität Helsingfors ernannt worden.
Rektor, mag. phil. Oskari Kajava wird am 31. März eine Disser-
tation Etudes sur deux poemes frangais relatifs A l’abbaye de Fecamp
zur Erlangung der Doktorwürde ander Universität Helsingfors öffent.
lich verteidigen.
Einheimische Veröffentlichungen im Auslande:
A. Längfors, Le Vair Palefroi avec deux versions de la Male Honte
par Huon de Cambrai et par Guillaume, fabliaux du XIlle si&cle. Trois
sieme €dition revue, XVI+68 p. 8:0 (Classiques francais du moyen äge,
no 8). — U. Lindelöf, Grundzüge der Geschichte der englischen Sprache.
Zweite erweiterte und verbesserte Auflage. 160 S. Leipzig u. Berlin,
Teubner, 1928. — Rituale Ecclesiae Dunelmensis. The Durham Col;
lectar. A new and revised edition of the Latin text with the interlinear
Anglo-Saxon version. Introduction by A. Hamilton Thompson and
U. Lindelöf. Text and Notes by U. Lindelöf. LXXVI + 221 p. (Publi-
cations of the Surtees Society. Vol. 140. Durham & London, 1927).
Einheimische Beiträge zu ausländischen Publika
tionen: A. Längfors, Besprechung von Tobler-Lommatzsch, Altfran»
zösisches Wörterbuch, 10-11, in Romania, LIII, 398-401. — Emil Öh:
mann, Sprachentwicklung und soziale Schichten, in Aus den Forschungs
arbeiten der Mitglieder des Ungarischen Instituts und des Collegium
Hungaricum in Berlin. Dem Andenken Robert Graggers gewidmet.
Berlin, 1927 (In den N. M. unter dem Titel «Sprachentwicklung und
Milieu» erschienen). — A. Wallensköld, Les Serments de Strasbourg, in
Festschrift Prof. K. Voretzsch dargebracht, S. 87—104.
Ausländische Besprechungen einheimischer Publ;
kationen: Emil Öhmann, Sprachentwicklung und soziale Schichten
(Aus den Forschungsarbeiten des Ungarischen Instituts und des Colle»
gium Hungaricum in Berlin; Berlin, 1927), bespr. in Revue Germanis»
que, 1928, S. 99-100. — Holger Petersen, Deux versions de la Vie de
saint Eustache und Les origines de la legende de saint Eustache, be:
sprochen von P. Fouche in Revue des langues romanes, LXIII, 39354;
Mitteilungen. 207
von C. Brunel in Le Moyen Age, 1927, S. 341-2; von P. Groult in
Revue belge de philologie et d’histoire, VI, 811. — O. J. Tallgren, Los
nombres ärabes de las estrellas (in Homenaje ofrecido a Menendez
Pidal, Madrid, 1925), bespr. von E. Wiedemann in Deutsche Literatur,
zeitung, 1927, 51. Heft, Sp. 2516-18; von K. V. Zettersteen in Le
Monde Oriental, t. XIII, S. 248-9.
Ferienkurse im Auslande. Deutschland: Hamburg, 6. bis
25. August. — Heidelberg, 25. Juni bis 4. August. — England:
Exeter, University College of the South West of England, 23. Aptil bis 30.
Juni. — London, University College, 16. bis 28. Juli, 31. Juli bis 14.
August. — Frankreich: Grenoble, 1. Juli bis 3l. Oktober. —
Lille (Boulogne=sur-mer, Calais, Dunkerque-Malosles-Bains), 23. Juli
bis 1. September. — Paris, Facult& des lettres. Institut de Phon&
tique (& la Sorbonne). Cours de vacances de 1928. Ces cours
s'adressent de preference, mais non exclusivement, aux professeurs
etrangers et aux professeurs francais enseignant A l’etranger. Ils
ne portent que sur la phonetique du francais. La presen»
tation d’aucun diplöme n'est exigee.e On s’efforce de donner aux
auditeurs une methode d’enseignement de cette phonetique et de cors
riger leurs defauts individuels de prononciation. On les initie aussi
aux principes generaux de la phon£tique experimentale. Une attention
particuliere est accordee A l'intonation. Des lecgons de diction font
partie du programme. L’enseignement comprend deux series: 1° du
lundi 16 juillet au samedi 4 aoüt, 2° du lundi 6 aoüt au samedi 25
aoüt. La deuxitme serie est la repetition de la premiere. Les heures
de cours et exercices sont au minimum de 2 et au maximum de 3 par
jour. Elles ont lieu de preference, mais non necessairement, dans
l’apres-midi, samedis exceptes. Droits & acquitter: 200 francs. Frais de
correspondance: 5 francs. Les versements ne sont acceptes qu’apres
l’arrivee de l’&tudiant. Par arrete ministeriel en date du Il aoüt 1927,
un Certificat d’etudes pratiques de prononciation frangaise a ete instis
tu& comme sanction de ces cours. Les matieres de l’examen sont:
1° une interrogation de phonetique frangaise elEmentaire, comprenant
a) la terminologie, les principaux phenome£nes phonetiques, la descrips
tion et le mode d’emploi des appareils de phonetique experimentale
les plus usites, b) une transcription phonetique au tableau; 2° la lec»
ture d’un texte en prose; 3° la lecture d’un texte en vers; 4° une cons
versation destinee aA prouver que le candidat possede une bonne pro»
nonciation courante. Les sessions ont lieu immediatement apres chaque
serie de cours. Un certificat d’assiduite est delivre aux personnes qui
ne desirent pas subir cet examen et dont la presence a &t& reguliere.
— Strassburg, 1. Juli bis Ende September. — Toulouse, 20. Juli bis 19.
September. — Italien: Firenze, 15. Juli bis 3l. August. — Pavia,
208 Mitteilungen.
15. Sept. bis 15. Okt. — Perugia, 1. Juli bis 30. Sept. — Siena, 1. Au
gust bis 15. Sept. — Venezia, 1. bis 30. Sept. — Schweiz: Geneve,
4. Juli bis 28. August. — Lausanne, 12. Juli bis 22. August. — Spanien:
Madrid, 9. Juli bis 4. August. — Auskunft bei der Redaktion.
Revue de philologie frangaise. — Nous apprenons que M. Henri
Yvon est associe dor&navant A la direction de la Revue de philologie
frangaise. La direction est d’avis qu'ıl y aurait avantage & specialiser
les differentes revues frangaises qui s’occupent d’&tudes romanes; et,
pour entrer sans plus tarder dans cette voie, la Revue de philologie
frangaise se propose d’&tudier tout particulitrement le frangais moderne
dans ses differentes manifestations depuis l’annde 1500. Elle fait appel
a tous ceux qu'interesse, comme lecteurs ou comme travailleurs, l’&tude
de la langue frangaise, Ecrite ou parlee, envisagee dans toutes ses for:
mes et sous tous ses aspects: vocabulaire, sons, morphologie, syntaxe.
style, recherches artistiques des ecrivains. Elle se limite au frangais
commun, laissant & d’autres periodiques l’&tude du provengal litteraire
et de tous les parlers locaux du Nord comme du Midi, mais en accor
dant aux formes regionales du francais commun une attention parti»
culiere. Priere de vouloir bien adresser les communications ou propos
sitions d’articlessoit A M. Cledat, 29, rue Molitre, Lyon, soit A M. Yvon,
Il, rue GaysLussac, Paris (Ve).
m
AXIV (1923). H. 114, 5j6, 78. — 206 S. Fmk. 25. — A. H. Krappe, Origin of the Geste
Rainouart; j. Vising, Perf. u. Imperf. in den rom. Spr; O. J. allgren, Ms. gascon
trouv& en Finlande; ders. La er ling. et le dioc. de Bazas; G. ee „Mme
a et „O Primo Basilio“ de E. de Queiroz; F. Kluge, Nachlese zum Et. Wb,;
H. Gürtler, Die Abstraktbild, des Ahd.; H. Pipping, Prof. E. Sievers u. die Metrik der
Eddalieder; L. Spitzer, Etym. Miszellen; E.EOhmann, Das Suff, -sät im D. — Bespr. v.
J- N. Reuter (Paul, Prinz.*, Schrijnen, Einf. in das St. der idg. Sprachwiss.); A. Wallen-
sköld (Vie de s. Thomas le Martyr par G. de Pont-Sainte-Maxence, p.p. BE DTEN T.Haa-
BT EUER (Levi, Piccarda e Gentucca); O. J. Tallgren (Pfandl, Itin. Hisp.
ier. Monetarii); G. Schmidt (Lorck, Die „erlebte Rede“); G. Biller (Tilander, Rem.
sur le Rom. de Renart); E. Revert (Cahen, Et. sur le vocab. rel. du vieux-scand.; Le mot
Dieu* en v.-scand.); A. Wallensköld (Aitken, Et. sur le Miroir de R. de Gretham);
L. Karl (Auerbach, Zur Technik der Frührenaissancenov. in Italien und Frankreich);
V. Tarkiainen (Pfandl, Span. Literaturgesch. |).
XXV (1924). H. 1—2, 3, 4—8 (H. Suolahti dargebracht). — 256 S. Fmk. 25. — E. Öh-
mann, Zu den finn.-germ. Lehnbeziehungen; A. Anttila, Une r&miniscence bordelaise
dans la langue finn.; L. Spitzer, Nochmals frz. biffe, schweizerfrz, jaffer; A. H. Krappe,
The Cantar de los Inf. de Lara and the Ch.de Rol.; )] Vising, Frz. viste,vite, G. Tilan-
der, Rep. a M. G. Biller aA propos de son c.-r. des Rem. sur le Rom. de Ren., avec une
Repl. de G. Biller; E. Walberg, Raimon-Jordan, Ch. Il, 43; E. Sievers, Himmel u.
Hölle; J. Hoops, Angels. bled; A. Goetze, Ein Nachklang des Grals; F, Kluge, Lex.
Nachlese; H, Pipping, Sprachwiss. u, Metaphysik; E. Ochs, Das Fegfeuer im Germ;;
O. Behaghel, Zu den Imperativnamen; E. Öhmann, Die frz. Wörter im Anord.; W. O.
Streng, Einige Bem,. zu der neuesten semas. gi O. 1 Tallgren, Savoir, com-
rendre, traduire; G. Ehrismann, „!Idealtypen“ unter den höf. Epikern d. mhd, Blütezeit;
1 v Lehtonen, Un passage de Shakespeare dans les „R&c. de l’Ens. Stäl* de Runeberg?;
.Söderhjelm, H. Schück u. seine allgem. ee a re E. Flinck, Einige Bem.
zu den abs. Konstr. in den neueren Spr. — Bespr. v. L. Karl («La Fille du Comte de Pon-
tieu, p.p. Brunel); A. Längfors (Kjellman, Le troub. Raimon-Jordan); E.e Ohmann
Horn, Sprachkörper u. SPESRU UNE and, G. Schmidt (Braun, Die Urbevölk. Europas;
Marr, Der japhet. Kaukasus); H. Suolahti ıRittertreue, hrsg. v. Thoma); V. Tarkiai-
nen (Neubert, Die frz. Versprosa-Reisebrieferz.); A. WallensköÖld (Haiızfeld, Leitfaden
der vergl. Fe Bojunga, Deutsche Sprachl.).
XXVI (1925). H. 1-2, 3—4, 5-7, 8. — 268 S. Fmk. 25. — A. v. Kramer, )J. Poirot
in mem.; A. H. Krappe, The Source of Novellino, XXVIIl; L. Karl, Les amours de
M. Bejart; R. Pipping, Ein Fall von abs. Konstr. im Aschw.; O. Behaghel, Nachtra
zu den „Imperativnamen“; H. Petersen, Les orig. de la leg. de s. Eustache; E. Wal-
berg, Rem. sur le texte de la 2e partie du Po®me moral; Ph. A. Becker, Les gr de
la coquille; H.-Fr. Rosenfeld NIE UNBENARES u. Nibelungenlied; R. Riegler, chw.
tordyvel, ‘Mistkäfer‘; >. Karl Un Echo; G. L. van Roosbroeck, The Source of
Piron’s Clgpperman); E. Öhmann, Zu den finn.-germ. Lehnbeziehungen, Il; A. Läng
fors, Un Echo, note add. — Bespr. v. A. Wallensköld (K. Titz, Glossy Kasselsk6;
P. Studer and 4 Evans, Anglo-Norman Lapid.; Maria di Francia, Eliduc Ar v. E. Levi;
ME&l. off. a Ch. Andler; J. Forchhammer, Die Grundl. d. Phonetik; Fritzes arlörlex., I:
Svenskt-franskt*; Ripman-Rodhe, Ital. Nybörjarbok; W. O. Streng, Sanain merk. muutt.;
Stud. i mod. spräkvet., IX; jet an, Afrz. Elementarbuch; F. Gennrich, Die afrz. Rotrouenge;
O. Jespersen, Die Sprache; M&m, de la Soc. n&o-phil. de Helsingfors, vi); K.Krohn, (A. Wes-
selski, Märchen des Mittelalters); A. pping (L. Spitzer, Ital. Umgangsspr.); E Ohmann
(Beitr. zur germ. Sprachwiss.; Festschr. E. Mogk); ). hquist (Wesse y-Schmidt, Deut-
scher Wortschatz®); O. J. Tallgren (G. Millardet, Ling. et dialectol. rom.); W.O. Stren
Gloss. des pat. de la Suisse rom,, I); H. Schlücking (A. Köster, Die d. Lit. der Auf-
klärungszeit): L. Karl (Hist. litt. de la Fr., XXXVI, 1).
XVII (1926). H. 1—2, 3-4, 5—6, 7—8. — 256 S. ‚Fmk. 25. — A. Ferretti, La figura
poetica di Santo Francesco d’Assisi; ei eanroy, Etudes sur l'ancienne po6sie proven-
le, 1: La structure de la chanson; F. Kluge, äband; A. H. Krappe, Shakespeare in
omance Folk-Lore;, A Malin, Un documento fiorentino del Trecento; H. Petersen,
Note sur une ballade adress&de par Eustache Deschamps A Chaucer; ders., Une Vie in@dite
de saint Georges; R. Riegler, Nochmals schwed. tordyvel; Karin Ringenson, De et
par comme expression du rapport d’agent; G. Schoppe, Ergänzungen zu Kluges Etymo-
ogischem Wörterbuch; H. Suolahti, Friedrich Kluge in memoriam.
XXVIL (1927). H 1—2, 3—4, 5—6, 7—8. — 256 S. Fmk. 30. — A. Ferretti, Domenico
Comparetti; A. Jeanroy, Etudes sur l’anc. po@sie provengale; P. Katara, Bruchstücke
eines mnd. Buches der Altväter; W. Krogmann, Die Anfangsstrophen des Ezzoliedes;
A. Längfors, Dits de Notre Dame (ms. fr. 24432 de la Bibl. nat.); J, Morawski, Deux
po&mes en quatrains monorimes; Le ms. 25418 de la Bibl. nat. et les Vers sur les 4 tem-
peraments humains; E. ÖOhmann, Sprachentwicklung und Milieu, D. scheludko, Orien-
talisches im Abendlande vor Dante; Über Parise la duchesse, G. Schoppe, Beiträge zur
deutschen Wortgeschichte; A. Sjögren, Notes d’&tymologie frangaise; W. Söderhjelm,
Eine zweite Uppsala-Hs. der Disciplina clericalis; J. W. Spargo, The Basket Incident in
Floire et Blanceflor; W. O. Streng, Une estampie du chansonnier d’Oxford; H. Suo-
lahti, Wilhelm Braune.
Ausserdem erschienen im Verlage des Vereins die M£moires de la Socidtd N&o-philo-
logique de Helsingfors, Bde I—VII, 8°, und zwar in zwangloser Folge seit 1893.
Folgende Personen haben es gütigst übernommen, die Ans
meldung neuer Abonnenten sowie die Einsendung der Abons
nementsbeträge an die Redaktion zu vermitteln:
Hanko (Hangö): Mag. phil. Lahja Selänne.
Hämeenlinna (Tavastehus): Mag. phil. Laina Viluksela.
Kajaani: Lektor A. Paasio.
Kotka: Mag. phil. K. A. Aarnio.
Kristiina (Kristinestad): Cand. phil. Alma Lauren.
Lahti: Mag. phil. A. Tähtinen.
Maarianhamina (Mariehamn): Cand. phil. Bruno W. Forss.
Mikkeli (St. Michel): Mag. phil. Olga Puolakkainen.
Oulu (Uleäborg): Vorsteherin Fräulein N. Lilius.
Pietarsaari (Jakobstad): Mag. phil. G. Lindberg.
Pori (Björneborg): Fräulein Hildur Koskimies.
Porvoo (Borgä): Fräulein Vivi Reinholm.
Rauma (Raumo): Mag. phil. Siviä Harjama.
Savonlinna ( Nyslott): Lektor G. G. Ronimus.
Sortavala: Vorsteherin Fräulein Anni Saukko.
Tammisaari (Ekenäs): Cand. phil. A. Nummelin.
Tampere (Tammerfors): Mag. phil. Aale Ilmoniemi.
Tornio: Lektor F. E. Arve.
Turku (Abo): Lektor Eino Miettinen.
Uusikaupunki (Nystad): Mag. phil. Veera Vesterinen.
Vaasa:
Viipuri (Viborg): Lektor J. Vasenius.
Helsinki 1928. K. F. Puromiehen Kirjapaino O.-Y.
Nenphilologische
4
I.
Mitteilungen —.
Inhalt
dieses am 15, Oktober herausgegebenen Heftes:
A. Jeanroy, Ftudes sur l’ancienne po&sie provengale, III: Le con»
enu de la chanson, la composition, les id&es, le style (S. 209); A. Hag-
‚gerty Krappe. The Sources of the Saga af Herraudi ok Bösa ($. 250).
— Besprechungen: E. Weinkopf, Naturgeschichte auf dem Dorfe
(8. 256); A. Wırth, Beiträge zur Volkskunde in Anhalt ($. 258), von
R. Riegler; H. Strohmeyer, Methodik des neusprachlichen Unterrichts
(8.262); G. Cohen, Le The&ätre en France au moyen äge, I (S. 265);
er . Schürr, Barock, Klassizismus und Rokoko in der französischen Lis
Heratur (S. 265); Studier i modern spräkvetenskap, utgivna av Nyfilos
Jogi ka Sällskapet i Stockholm, X (S. 264), von A. Wallensköld; Phi»
Jologische Studien aus dem romanisch-germanischen Kulturkreise, Karl
"WVoretzsch zum 60. Geburtstage, von A. Längfors (S. 267); Lilias E.
Armstrong & Ida C. Ward, Handbook of English Intonation, von
A. Bohnhof (S. 269). — Ergänzungsnote zu Neuphil. Mitteilungen, 1927,
8.239 (Berichtende Form), von O. Behaghel (S. 272). — Eingesandte
Ziterätur (S. 273); Schriftenaustausch ($S. 284). — Mittei
lungen ($. 288).
Die nächsten Hefte werden u.a. enthalten:
A. Jeanroy, Etudes sur l’ancienne po&sie provengale, IV.
A. Längfors, Melanges de po&sie pieuse.
H. Petersen, Notes critiques sur la Vie de saint Eustache de Dublin.
4A. Sjögren, Sur un passage de la Vie de saint Alexis.
Besprechungen: K. Michaelsson, Etudes sur les noms de personne
frangais d’apr&s les röles de taille parisiens; H. Roumigui£re, Le frangais dans
les relations diplomatiques; A. Lasch u. C. Borchling, Mittelniederdeutsches
Handwörterbuch; A. Lasch, «Berlinisch»; E. Gamillscheg. Die Sprachgeogra-
phie; R. Lenz, El Papiamento; Kr. Nyrop, Lxrebog i Italiensk; M. J. van
der Meer, Historische Grammatik der niederländischen Sprache; M. Heepe,
Lautzeichen und ihre Anwendung in verschiedenen Sprachgebieten.
Der jährliche Abonnementsbetrag der Neuphilologischen Mit:
teilungen ist von 1928 an FM. 35.—.
Neuphilologische Mitteilungen, herausgegeben vom Neuphilologischen Ver-
ein ii: Helsingfors. Redaktion (seit 1926): A. Längfors, ao. Prof d. roman, Fhilotogie,
H. Suolahti, Prof. d. german. Philologie. Jährlicn acht Nummern. Jahrespreis
Finn. Mark 35.—, bei der Redaktion Finn. Mark 30.— (nur für Finnland). Für die Mit-
glieder unentgeltlich, — Beiträge, Bücher und Zeitschriften an Prof. A. Längfors
(Myntg. 3 B), Abonnementsbeträge und Bestellungen an Mag. phil. Äke Furuhjelm
(Rödbärgsg. ı B) erbeten.
Inhalt der letzten Jahrgänge.
XXIII (1922). H. 113, 415, 618. — 180 S. Fmk. 25 — E. Öhmanın, H. Paul in mem.; H.
Almark, English in »ur Secondary Schools; Ph Aug. Becker, Cl&Ement Marot u Lu-
kian; L. Spitzer, Wortmiszellen; J-: Brüch, Wortmiszellen; Ph Aug. Becker, La vie
litter. & la cour ae Louis XlI — Bespr. v E Revert (küchler, Ernest Renan); O. |.
Tallgren (Weigand, Span. Gramm.), A. Wallensköld (Voretzsch, Afrz. Lesebuch;
Klemperer, Einf. in d. Mfrz; Elise Richter, Lautbildungskundı; Brunot, La Pens&e eı la
Langue; La 2e coll. anglo-norm. des Miracles de la S. Vierge, p. Kleiiman). — Pole-
misches: L Spitzer, Zu Neuph. Mitt. XX1l ı13 117 [gegen |. Brüch. i
XXIV (1923). H. 14,516, 7|8. — 200 S. Fmk.25. — A H, Kra pP e, Origin of the Qeste
Rainouart, J. Vising, Peıf. u. Imperf in den rom. Spr,; O J. Tallgren, Ms. gascon
trouv& en Finlande; ders. La ling. et le dioc. de Baza,; G. ee „Mme
OT, et „O Primo Basilio* de E. de Queıroz; F Kluge, Nachlese zum Et. Wb,;
H Gürtler, Die Abstraktbild. des Ahd.; HM Pipping, Prof E. Sievers u. die Metrik der
Eddalieder; L. Spitzer, Etym. Miszellen; E.Öhmann, Das Suff. -tät im D. — Bespr. v.
J-. N. Reuter (Paul, Prinz. Schrijnen, Einf in das St. der idg Sprachwiss,); A Wallen-
sköld (Vie de s. Thomas le Martyr par G de Pont-Sainte-Maxence, p.p Wäalberg); T.Haa-
panen-Tallgren (Levi, Ficcarda e Gentucca); O. J. Tallgren (Pfandl, Itin. Hisp.
Hier. Monetarii); G. Schmidt (Lorck, Die „vrlebte Rede“); G. Biller ı(Tilander, Rem.
sur le Rom. de Renart), E. Revert (Cahen, Et. sur le vocab rel. du vieux-scand.; Le mot
„Dieu* en v.-scand.); A. Wallensköld (Aitken, Et. sur le Miroir de R de Gretham);
L. Karl (Auerbach, Zur Technik der Frührenaissancenov. in Italıen und Frankreich);
V. Tarkiainen (Pfandl, Span. Literaturgesch. I).
A. Jeanroy, Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 209
Etudes sur l’ancienne po&sie provengale.
Troisieme article.!
Le contenu de la chanson, la composition, les idees,
le style.
L'amour courtois n'est pas l’amoursmaladie des anciens ni l’amour
«angelise» des poetes du dolce stil nuovo; la sensualite s’y mele au
mysticisme, p. 210. — L’amour source des vertus mondaines; le joy et
ses effets, p. 214. — Les personnages de la chanson, €galement ster&os
types. L’ämant, discret, respectueux, melancolique; le cossir et ses effets,
p. 216. — La dame, belle, courtoise, parfaite, si elle n’etait inexorable,
p. 221. — Le mari, personnage d’arritre-plan, p. 224. — Le lausengier,
«flatteur», amedisante, «jaloux», n’est autre que le rival du po&te, p. 225.
— La composition dans la chanson, p. 229. — Le style. Les personnis
fications: l’Amour, le caur et les yeux; l’abus de l’abstraction et ses
effets sur la langue et le style, p. 230. — Les formules. Les metaphores
et les comparaisons, p. 238. — Emprunts & la science des Bestiaires, A
la vie feodale, ä la vie religieuse, p. 241.
Autant la po&sie lyrique des Provengaux est variee dans
ses formes, autant elle est monotone en son contenu. Ce trait
a ete note par tous les critiques, m&me les plus bienveillants:
«On pourrait, ecrit Diez, se la representer comme l’&uvre
d’un seul homme.»? Et Villemain de meme, mais non sans
une fine restriction: «Quand vous lisez tous ces troubadours,
vous &tes frappe de l’uniformite gracieuse de leurs images et
de leurs expressions. Leur poesie, riante et sonore, semble
toujours le son d’une m&me musique. En les etudiant beau:
coup, on a quelque peine encore ä les distinguer. Il ya
cependant des differences.»” Ces differences existent en effet,
mais elles ne portent guere que sur l’expression: ce sont tous
jours les me&mes situations, les m&mes sentiments, les m&mes
images qui reparaissent devant nos yeux.
ı Voir Neuphilologische Mitteilungen, 1926, p. 129, et 1927, p. 129,
2 Poesie, p. 107. _
’ Litterature du moyen äge, 3e &d., 1830, I, p. 117.
14
210 4A. Jeanroy,
I
L’amour est en effet, je l’ai dejä dit, le theme unique de
la chanson. L’obligation d’aimer s’impose ä tout jeune homme
bien ne (la chanson est censee n’etre faite que pour ceuxelä).
Les troubadours eussent certainement souscrit aux peremptois
res declarations de Don Quichotte: «Le chevalier (Cervantes
a €Ecrit: le chevalier errant) sans amour est un arbre sans
feuilles et sans fruits, et proprement un corps sans äme...
Il n’y a point de chevalier sans dame, et le ciel serait plutöt
sans etoiles. C’est proprement l’essence du chevalier, c’est ce
qui le constitue.»!
«]| ne me parait pas, dit pareillement B. de Ventadour,
qu’un homme puisse rien valoir, s’il ne recherche Amour et
Joiev (Ouan vei la flor, c. 1; ed. Appel, XLII). Ceux qui
osent se soustraire ä ce devoir sont des «ennuyeux»®, inutile
fardeau de la terre. «Il est vraiment mort, celui qui ne sent
pas dans son caeur la douce saveur de l’amour. Que vaut la
vie sans l’amour? Qu'est-elle, sinon un ennui pour les autres?
Puisse Dieu ne jamais me hair au point que je vive jour ou
mois apres &tre tombe au rang de ces ennuyeux, prives de
tout desir d’amour» (Non es meravelha, c. 2; Appel, XXXI).
De meäme P. Rogier: «J'ai si bien fixe mon caur en la
joie [d’amour] que je ne puis m’empöächer de chanter; car des
mon enfance cette joie m’a nourri, et sans elle je ne serais
rien: et je vois bien que tout ce qui n’est pas elle abaisse et
avilit ’homme» (Tant ai mon cor, c. 1; Rayn., III, 34).?
L’amour n'a tenu, dans la poesie Iyrique d’aucun temps,
et d’aucun pays, une place aussi exclusive. Jamais surtout il
n'a ete faconne dans son essence, regl& dans ses manifestations
par un formalisme aussi rigoureux. Ce n’est pas l’amour fatal
* Don Quichotte, 1!re partie, chap. Ier, et 2tme partie, chap. XIII.
® Dans les pages qui suivent, j'emprunterai generalement mes
citations A Raynouard, pour rendre les v£rifications plus rapides, sauf
a corriger ga et la son texte, d’apres les Editions plus r¢es; les
renvois sans indication de tome sont faits au tome III du Choix des
poesies des troubadours.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 211
des anciens, qui ravit l’homme ä luism&me et le livre sans
defense au plus puissant des dieux: redoutable maladie qui
consume son corps et paralyse sa volonte, delire de ses sens,
qui se traduit par de tels cris de fureur que l’on ne sait par-
fois si l’amant s’adresse au plus cheri des &tres ou au plus
abhorre des ennemis. Ce n'est pas non plus cette adoration
recueillie de la beaute, ce mystique Elan, pur de toute concus
piscence, qui ravit au ciel de Venus les poetes du dolce stil
nuovo; la conception raffinee de Guinicelli et de Dante a bien
ses racines dans la poesie des derniers troubadours, mais elle
n'est pas arrivee, m&me chez les plus spiritualistes de ceuxeci,
a son plein &panouissement. Ce n’est pas enfin cette passion
moderne, amplifiee, vivifiee par la meditation de quelques
verites eternelles qui trouvent un Echo dans toutes les ämes:
la brievete de lz vie, la fragilit€ des choses humaines, l’indifs
ference de la nature a nos douleurs et A nos joies. Le moyen
äge etait incapable de concevoir ces idees, et on ne se repre-
sente pas un poete d’alors s’essayant ä les exprimer. Aucun
d’eux n’aspire a £tre «l’echo sonore» qui repercute tous les
bruits de l’univers, «la coupe sacree» oü viendraient s’enivrer
les ämes. Ils ne connaissent rien, ne veulent rien connaitre en
dehors de la femme aimee; ils l’entourent d’un culte qui n'est
pas denue, surtout ä& l’origine, d’aspirations sensuelles, mais
qui reste, d’ordinaire, timide, lointain, et s’exprime en termes
plus ou moins voiles et respectueux, suivant le temperament
des poetes et l’epoque oü ils vivent. Voici un couplet de
Gaucelm Faidit, qui donnera une juste idee de la note la
plus habituelle: «De bien aimer je sais suivre le droit chemin,
et j'aime ma dame si fort et outre mesure, qu’elle peut faire
de moi ce qu’il lui plait, et que je ne lui demande, tellement je
crains de lui manquer en paroles, ni baiser ni autre chose.! Pour:
tant je connais si bien mı valeur en amour, que je sais desirer
et vouloir honorable journee et soir plaisant, et tout don qui
convient a un amoureux®» (Si anc nulhs hom, c. 2; Rayn., III, 293).
! La potte a dit: baisar ni jazer.
212 4A. Jeanroy,
Cet amour n'a rien d’imperieux et de fatal, comme celui
que les maladroits auteurs de chansons de geste pretent ä
leurs heroines, candidement impudiques. Il est le resultat d’une
determination librement prise; quelle qu’en soit la soudainete,
il n’est nullement irreflechi: en sa dame le troubadour adore
la plus belle, la plus gracieuse, la plus sage de toutes les
femmes, et il proteste qu’il ne l’adorerait point si elle n’etait
point tell. Sa passion n’est donc pas un trouble passager
des sens: elle implique le don de la personne tout entiere et
engage toute la vie: «recroire» ou «feindre», c’estsasdire ces»
ser d’aimer ou porter <a et lä des hommages frivoles et ephe-
meres, c'est un crime irremissible dont la pensee m&me indigne
nos poetes. Ils declarent unanimement qu’ils aiment mieux
mourir aux pieds de leur dame inexorable que d’obtenir de
toute autre les plus enviables faveurs. Il n’en est aucun qui
n’ait exprime cette pensee au moins une fois, et la plupart y
sont revenus avec une deplorable insistance. Elle se traduit
chez les plus anciens avec une naive crudite; elle s’enveloppe
chez les autres de periphrases: voilä toute la difference qui
separe sur ce point le rude Bertran de Born de ses plus deli»
cats emules.!
Mais une destinee si cruelle ne les menace point: que
leur loyal service ne finisse pas par recevoir sa juste recom-
pense, c'est une hypothese qu’ils se refusent a admettre. Le
dieu d’Amour n’a jamais trahi ses fideles:* il saura vaincre les
ı Al primier lans pert ieu mon esparvier... — siieu non am mais
de vos lo cossirier — que de nulh'autra... — Quem do s’amor em retenh'al
colgar (leu m’escondisc, c. 2; ed. Thomas, p. 108). Mil tans vuelh, ses
aufre jauzimen — Esperar vos ab deziros tormen - Que d’autr'aver so
que de vos volria (Blacasset, Sim fai Amors, c.1.; Rayn. 459). — Mais
am quan cor de lai lo vens — Que d'autra si pres si m’acuelh (P. Rogier,
Entre ira, ed. Appel, VII, 35). — Raynouard (Choix, II, p. XVI ss.)
n’a pas cite moins de huit passages traduisant cette pense&e.
2 Per qu'ieu sai ben ad escien — Qu’anc fin’ Amors home non frais
(Rudel, Bel m’es, c. 2; R. 97). Quel dans (de l’amour) n'es pros el
mals n’es bes, — E sojorns cui plus mal en trai. — Demandatz cum? Qu’ieus
dirai: — Quar apres n’aten om merce (P. Rogier, Tant ai, c. 3; R. 35).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 213
resistances de la plus rebelle et la soumettre ä ses lois:
«Amour vainc toute chose: puisqu’il m’a vaincu, il peut la
vaincre, elle aussi, et en peu d’instants» (Ventadour, Amors
e que, c. 6; Appel, IV). «Une douce pensee me va recon«
fortant, c’est que, en peu d’instants, Amour aide son fidele
serviteur» (St.-Leidier, Aissi cum es, c. 5; R. 301).
La recompense qui attend le servant d’amour sera süre-
ment proportionnee aux tourments qu’il aura endures; il doit
donc souhaiter que ces tourments se prolongent et s’aggra-
vent, puisqu’il accroitra ainsi son capital de merites. La relie
gion d’amour a eu, elle aussi, ses mystiques, appelant sur eux=
memes la souffrance, defiant leur idole de les frapper assez
rudement pour les decourager.!
! On trouvera ces idees exprimees avec une nettet& particuliere
chez les lyriques du Nord, qui, A cet &gard, ont rencheri sur leurs
mod2les. Certains passages de Gace Brule, Gautier d’Epinal, Blon»
del de Nesle, nous font penser aux effusions et aux appels & la soufs
fiance d’une Ste Therese ou d'un Jean de la Croix (voy. les textes cites
dans ma thöse De nostrafibus medii zvi..., p. 29). Il est certain que
les id&es religieuses d’une &poque influent generalement sur la conceps
tion qu’elle se fait de l’amour, et surtout que le vocabulaire de la
galanterie se rtgle souvent sur celui de la devotion. Du jour oü
«adorer» devient synonyme d’aimer, cette metaphore en entraine une
quantite d’autres; on pourrait relever, chez Chretien de Troyes par
exemple, maint passage oü le vocabulaire religieux est detourne vers
l'expression de l’amour le plus sensuel avec une hardiesse et une incon-
venance surprenantes pour l’&poque (voy. Cliges, v. 1191, 1615, 6091).
Il y a longtemps que j’ai exprim& ces idees (op. cit., p. 25), en essayant
de me garder des exagerations ou l'on est recemment tombe. Il ne
faudrait pas se figurer en effet que les th&ories amoureuses du moyen
äge ne sont qu’un reflet de ses idees religieuses, ni essayer de demons
trer qu’elles en sont presque toutes sorties. C'est, on le sait, ce qu’a
fait M. Wechssler dans un livre oü quelques idees interessantes sont
noy&es dans un oc£&an de citations et dans une exposition pesamment
doctrinaire, dont on pourrait avantageusement supprimer la moitie.
C'est donc & bon droit que les conclusions de ce livre ont &t& generas
lement rejetees par la critique: voy. les comptes:rendus de E. Faral
(Annales du Midi, XXIII, 218), P. Savj.Lopez (Zeitschr. f. rom. Phil.,
XXXIV, 480) et K. Vossler (Literaturblatt, 1911, 87).
214 . A. Jeanroy,
Fautsil aller plus loin et croire que les troubadours avaient
eu, comme quelques modernes, l’idee de chercher dans les
tourments de l’amour inassouvi une intensite de sensations
plus rare et plus precieuse que sa satisfaction m&me? Je ne
crois pas qu’ön puisse preter a des hommes du moyen äge
un pareil raffinement de pensee: ils ont simplement tire les
dernieres conclusions de premisses tres simples, et laborieuses
ment developpe un theme paradoxal. Quand Daude de Pras
das par exemple remercie l’Amour de lui avoir fait choisir
une dame inexorable, parce qu’autrement il n’aurait plus lieu
%
de la servir, il ne fait evidemment que se livrer & un jeu de
l’esprit qui sent la scolastique.!
Quoi qu’il arrive, au reste, du «guerredon», de la recoms
pense positive dont il est ici question, c'est toujours un bon
calcul que de se mettre & l’ecole d’Amour. N’estsce pas lui
en effet qui enseigne toutes les vertus par lesquelles !'homme
«vaut» davantage??
Tug cilh que amon valor
Devon saber que d’amor
Mou larguez’e guais solatz,
Franchez’ et humilitatz.
Pretz d’amor, servirs d’onor,
Gen teners, jois, cortezia.
(G. Faidit; R. 295.)
Astrucx es selh cui amors ten joyos,
Qu’amors es caps de trastotz autres bes,
E per amor es hom guays e cortes,
Francs e gentils, humils et orgulhos
Aqui on tanh, en fai hom mielhs mil tans
Guerras e cortz, don naisson faitz prezans.
(P. de Capdeuil; R. 175.)
== N
ı „.. Quar sim volgues aissi cum ieu la vuelh, — Non agra pueis
don la pogues servir; — Precx e merces, chauzimens e paors, — Chans
e dompneys, sospirs, dezirs e plors — Foran perdut, si fos acostumat —
Que engualmen fosson aman amat (Ben ay'amors, c. 1; R. p. 414).
® Je donne ici quelques citations dans le texte original, parce
qu'elles abondent en termes qui n'ont pas d’equivalents dans la langue
moderne; je ne crois pas que ces passages, encadres dans mon exposis
tion, puissent offrir de difficultes serieuses, m&me & un lecteur profane.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 215
«Les mauvais raisonneurs, declare Miraval, diront qu’un
chevalier doit songer ä autre chose (qu’ä l’amour). Et moi
je dis qu’il n’en est pas ainsi, car c’est d’amour que procede,
quoi qu’on dise, tout ce qui a quelque valeur.» Et il. contis
nue ainsi:
Amors a tan de bos mestiers
Qu’en totz faitz benestans socor...
Qu'en luec bos pretz no s’abria
Leu, si non ve per amia: |
Pueis dizon tug, quant om fai falhimen:
«Bem par d’aquest qu’en domnas non enten.»
(D’amors es totz, c. 1 et 2; R. 362.)
Les passages de ce genre seraient innombrables. Ils signis
fient en somme, si nous les traduisons dans notre langue
abstraite, que l’amour fait naitre dans une äme bien nee une
exaltation qui l’eleve au-dessus des sentiments vulgaires et la
livre en proie & toutes les inspirations genereuses. C’est cet
etat d’esprit que les troubadours qualifient de joi et dont ils
decrivent les merveilleux effets! en d’interminables litanies, oü
se balancent des antitheses souvent forcees et pueriles.” L'’amour
fait du sage un fou, du couard un preux, de l’avare un pro=
digue, du morose un ami de la joie et des fetes:
Enquer sai eu mais de ben en amor
Quel vil fai car el neci ben parlan,
E l’escars larc e leial lo truan,
El fol savi, el pec conoissedor,
E l'orgoilhos domesj'e umilia.
(Peguilhan, Cel que s’irais, c. 4;
Mahn, Gedichte, 1166.)
— -- . mn
ı Fauriel (Histoire, I, 499) avait deja parfaitement defini le joi.
2 On trouvera, en frangais, des anthitheses analogues dans un
potme didactique de Robert de Blois (ed. Ulrich, II, 118) et dans un
morceau apocryphe incorpore& tardivement A la premiere partie du Roman
de la Rose (ed. Michel, Il, 146).
216 4A. Jeanroy,
Quel cor on nays amors empren
Ensems ardimens e paors;
Qu’en saviez’a l’ardimen
E volpilhag’en las follors;
E pueys es arditz eissamen
De larguez’e d’ensenhamen.
(ld., D’aisso don hom, c. 5; Mahn, Werke,
Il, 162.)
On apergoit qu’il s’agit ici surtout des qualites de !’homme
de cour.! C’est ce que I’on voit plus clairement encore dans
d’autres textes. Miraval parle, sans preciser autrement, des
quafre mestiers valens et ailleurs des fres razos par quoi se
distinguent les vrais amants.” Blondel de Nesle, confondant
au reste le principe et ses effets, est plus explicite et les
enumere ainsi:
A la joie apartient
‚ D’amer mout finement,
Et, quant li lieus en vient,
Li doners largement;
Encor plus i covient
Parler cortoisement:
Qui ces trois voies tient
Ja n’ira malement.
(Ed. Wiese, no XVII, c. 2.)
Pour l’amour de sa dame, le parfait amant honore toutes
les femmes;? il venere sa personne dans tous les objets qui
! Les qualites guerrieres ne sont pas exclues; G. de Sarlat leur
fait une large place dans le tableau de la haute vie qu'il se souhaite
(Esparviers, P. O., 372). Cf. la strophe de Cercamon, assez ridicule
dans la bouche d’un jongleur (Per fin’ Amor, c. II; &d. Jeanroy, p. 26).
® Dels quatre, c. 1, R. 357, et Amors me fai, c. 4; P. O., 226.
’ Qu’a totas sui bos e francs e privatz — Per vos, domna, a cui
me sui donatz (P. de Capdeuil, Tant m’a donat, c. 4; R. 180). — Pero
per la so'amor — Sui plus gais e plus cortes — En port a totas honors
(Miraval, A penas, c. 3; R. 360).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 217
l’entourent, respire avec delices l’air qui vient de son pays,!
salue bien bas jusqu’aux bergers qui l’habitent.?
L’expose de cet ideal, quelque place qu’il tienne dans,
les chansons, n’en occupe pourtant qu’une faible partie: ce
qui les remplit, ce sont naturellement les prieres et les hom-»
mages adresses ä l’objet aime. Nous y retrouvons la mäme
convention, non moins tyrannique dans les devoirs qu’elle
impose, non moins uniforme dans les formules qui la tradui»
sent. L’attitude de l’amant en face de sa dame est, comme
son habitus mental, regle par un ceremonial impitoyable, qui
interdit tout mouvement desordonne, tout geste brusque ou
meme spontane. Ne nous attendons pas & trouver ici ces
cris de douleur, ces grondements de colere et ces revoltes qui
nous semblent inseparables d’une passion vehemente et mal-
heureuse: se souvenant que la courtoisie est faite de mesure,°
l’amant courtois, quelle que soit l’ardeur de ses sentiments,
ne s’emporte jamais. Conscient de la distance qui le separe
de l’objet aime, il reste invariablement respectueux, humble,
discret, & peine assez hardi pour avouer son amour ou for»
muler un souhait: c'est l’attitude du devot en extase devant
la Madone.*
Ceci est vrai au moins des troubadours de l’epoque clas»
sique. Chez les plus anciens, et chez quelques-uns encore de
la fin du XII siecle, l’expression du desir est parfois assez
ı Voy. le debut de la charmante chanson de Ventadour: Quan
la douss’aura venta — Deves vostre pais — M'es veiaire qu’eu senta —
Odor de paradis (Appel, no XXXVII).
ı Totz los vezis apel senhors — Del renh on sos jois fo noiritz...
(Rudel, Pro ai, c.4; R. 95). E tenria neis per senhor — Un pastor que
vengues de lai (Miraval, A guisa, c. 4; R. 225).
3 De cortesias pot vanar — Qui ben sap Mesur’esgardar (Marcabru,
XV, 13-4).
* L’hesitation & devoiler cet amour (gequir) est un des motifs le
plus frequemment developpes. Quelques troubadours font allusion &
l'irritation que cet aveu aurait provoquee chez leur dame: Bona domna ....,
Avetz razo per quem dejatz estraire — Lo bel solatz ni l’amoros parer
— Si non quar vos ausiey anc far saber — Qu'ieus amava mil aitans
mais que me? (B. de Palazol, Bona domna, c. I; R. 239). ”
218 A. Jeanroy,
vive et m&me grossiere: Cercamon, Rambaut d’Orange, Bertran
de Born, Guilhem Adhemar osent non seulement solliciter un
baiser, mais bien davantage, en employant les termes les moins
equivoques.! Mais chez leurs successeurs elle s’attenue et
s’epure au point qu’elle pourrait traduire un amour purement
platonique, et que, quand la conception de cet amour se sera
formee, rien pour ainsi dire ne changera dans le vocabulaire
des troubadours.. Quant aux mouvements desordonnes de
l’äme, aux reproches, aux objurgations, nous les verrons appas
raitre aussi chez certains po&tes vers le commencement du
XIll° siecle; mais ce sera precisement chez ceux dont l’zuvre
parait la plus &trangere ä toute realite, et nous verrons qu'il
n'y a la, probablement, qu’un artifice de lettres, s'ingeniant ä
renouveler une matiere appauvrie.
Si l’on voulait commenter par les textes les propositions
qui precedent, c’est la moitie des chansons qu’il faudrait
transcrire. Je n’eprouve pas cette tentation et me contenterai
d’illustrer par quelques passages topiques les situations le plus
frequemment representees.?
L’amant eloigne de sa dame doit Etre plonge dans une
morne tristesse qui lui öte l’appetit et le sommeil,? fait pälir
son visage; il soupire, ses yeux se baignent de larmes: «De
l’eau qui coule de mes yeux, dit Ventadour, j’ecris plus de
cent saluts, que j’envoie ä la meilleure et & la plus belle»
(Aram conselhatz, c. 7; Appel, VI). Arnaut de Mareuil avait
tant parl& de ses pleurs que cet &ternel larmoiement paraissait
au Moine de Montaudon le trait le plus propre ä le caracteriser.*
L'image de la dame absente, la meditation melancolique
I Voyez les textes cites par Wechssler, op. cit., p. 324.
? Ces situations ont &te cataloguees dans le pedantesque et curieux
trait€ d’Andre le Chapelain De Arte honeste amandi (dont je citeraien
note quelques aphorismes).
?® Minus dormit et edit quem amoris cogitatio vexat (De arte...,
regle XXIII, ed. Trojel, p. 131).
* Pos Peire d’Alvernhe, c. 10; m&me &pigramme au couplet 3, &
l'adresse de Raimon Jordan.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 219
de sa beaute et de ses merites doivent occuper le caur et la
pensee de l’amant; une tristesse pensive et absorbee (cossir)
est donc son &tat habituel.! Cette contemplation le plonge
dans une sorte d’hebetude qui supprime pour lui le monde
exterieur ou en transforme l’aspect et trouble ses facultes
sensitives. Ventadour dit qu'il est tout pret, en plein hiver,
a marcher nu, en chemise, et que les frimas lui apparaissent
comme fleurs printanieres.* L’amant dans cet &tat ne recons
nait plus personne: ses amis le saluent, l’interpellent sans qu’il
s’en doute; des voleurs pourraient l’enlever sans qu’il s’en
apergüt.” «Vous &tes cause, dit Guilhem Magret, que les gens
me tournent en derision, car on me voit demander un objet
que je tiens dans ma main» (Atretan, c. 3; R. 420).*
L’amant parait-il devant sa dame, les symptömes de son
mal redoublent: il frissonne,? il tremble comme la feuille au
vent;® interdit, il ne peut articuler une parole; on le pren=
drait pour un muet.” Aussi bien que dirait:il, puisque l’aveu
et les prieres lui sont rigoureusement interdits? Mais l'atti-
tude decrite plus haut ne suffitselle pas ä &mouvoir la pitie?
Qu’il soit donc reserve et patient (temen, sufren) et qu'il at-
tende tout du bon plaisir de celle qui, apr&s tout, n'est pas
plus feroce qu’un lion ou un ours.® Mieux vaut le silence
ı Quilibet amantis actus in coamantis cogitatione finitur (De arte...,
regle XXIV) Voy. dans Wechssler (op. cit., p. 223, 254, 261, 379)
d’innombrables textes relatifs au cossir ou cossirier.
® Cf. le couplet delicieux oü il compare son ivresse A celle de
l’alouette se baignant dans un rayon de soleil; plus loin, p. 2%.
? Ventadour, Quan l’erba vertz, c. 5; Appel, XXXIX.
* Autres textes dans Wechssler, op _cit., p. 253.
® L’expression courante, qui est deja dans Guillaume de Poitiers,
(Farai) est tremblar e frire.
®° OQuan ieu la vei, be m'es parven — Als huels, al vis, a la color
— Car aisi tremble de paor — Cum fa la folha contra’l ven (ventadour,
Non es meravelha; Appel, XXXI). Cf. De Arte (regle XVI): in repens
tina coamantis visione cor contremescit amantis.
’ P. Raimon, Nom puesc sufrir, c. 3: R. 125; Barjols, Amors,
c. 3; R. 353.
» Ventadour, Non es meravelha, c. 5.
220 A. Jeanroy,
qu’une priere indiscrete, qu’un aveu par lequel on peut tout
perdre: tel est le theme que developpent les trois quarts des
chansons, oü il n’y a cependant pas autre chose que des
prieres et des aveux.!
Si l’amant regoit quelque faveur, il la doit donc & un
octroi benevole et spontane (merce, chauzimen). Qu’il evite
de s’en targuer pour solliciter davantage, et surtout de s’en
vanter publiquement, car la discretion est de tous ses devoirs
le plus imperieux. Aussi est-elle de toutes les vertus celle
que les troubadours s’attribuent avec le plus de generosite,
celle qu’ils promettent de pratiquer le plus rigoureusement, si
l’occasion leur en est offerte.* Qu’il serait doux pourtant de
devoiler son bonheur ä un ami discret et fidele, qui aurait
l’avantage de servir, ä l’occasion, d’officieux intermediaire!?
Mais le plus intime ami peut ätre un bavard; il peut meme
cacher sous des dehors flatteurs les plus noirs desseins: Giraut
de Bornelh, apres avoir preche l’emploi du confident, suppute
les dangers qu’il comporte, et conclut que sur trois «compas
gnons» il y a bien en moyenne un «ennuyeux».?
Il etait donc vraiment fort etroit, le cercle d’idees ou
s’enfermaient les poetes orthodoxes: on s’en apergut et on
s’en divertit, de leur temps me&me: Peire Cardinal a dresse un
veritable catalogue des lieux communs auxquels &taient voues
ses confreres. Dans une amusante piece oü il se felicite de
n’etre pas amoureux, parce qu’il echappe ainsi & la necessite
de les developper, et a mille autres desagrements, «je puis
bien vraiment, dit:il, me louer d’Amour, car il ne m’enleve
ni l’appetit ni le sommeil; je ne frissonne pas de fievre, je
ne bäille ni ne soupire, ni ne suis, tant que la nuit dure, en
! Textes dans Wechssler, op. cit., p. 185.
® Ventadour, Quan par, c.5 (Appel, XLI); Capdoil, Leials amics,
c. 4; R. 171.
® E car vostra conpanhia — Es tota d’omes gilos, — Us.amicx se
tanheria, — Domna, entre me e vos... (Cadenet, Amors e com, c. 5;
R. 249).
* Alegrar, c. 5 et 7 (ed. Kolsen, IX).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 221
proie aux cauchemars. Je ne suis ni triste ni dolent, ni trahi
ni trompe... Je ne crains ni traitresse ni traitre, ni farouche
jaloux dont la colere me menace...»! Et il continue ainsi
pendant cing couplets, sans r&ussir ä €puiser la serie.
Si la physionomie de l’amant est depourvue d’expression
et de vie, que dire de celle de la dame? Jamais abstraction
plus creuse et plus vaine ne glaca un po£te, ne refroidit le
lecteur. Si l’on n’a pas le droit de dire que toutes les chan«-
sons emanent de la me&me. plume, on est vraiment tente de
croire que c’est la m&äme femme qu’ont aimee tous les poetes.
Mais, est-ce bien une femme, ou n’estsce pas plutöt une pous
pee, tiree ä des douzaines d’exemplaires? Aussi bien, toutes
ces femmes, censees de chair et d’os, ressemblentselles etons
namment, comme le remarque finement R. Renier,? & cette
femme ideale formee par Bertran de Born de pieces rapportees.?
Le moyen äge n'a pas connu l'esprit d’analyse, et ses
descriptions s’en ressentent forcement: celles de la beaute
feminine sont extremement conventionnelles et beaucoup rlus
vagues encore dans la poesie lyrique que dans les «&uvres
narratives, oü la description precise est au reste remplacee par
de banales enumerations.” Alors que les auteurs de romans
poussent la minutie jusqu’a l'indiscretion et & l’indecence, les
poetes lyriques se tiennent volontiers dans les generalites.°
Ce qu’ils louent le plus souvent dans leur dame, quand ils
s'astreignent ä quelque precision, c'est, et ils y insistent avec
ı Ar mi puesc, c. 1 et 2; Bartsch-Koschwitz, col. 191.
ı Il tipo estetico della donna nel medio evo (1885), p. 19.
® Domna puois de mi; ed. Thomas, p. 110.
* Les seules descriptions detaill&ees que nous aient laisse les trous
badours sont celles de A. de Mareuil (Domna genser; R. 199, et Bartsch,
Chrest., 93) et de P. de Capdeuil (Domna eu pren; ed. Napolski, p. 108),
mais elles se trouvent dans des «saluts», dont le style se rapproche de
celui du roman. Au portrait fort detaille du heros, qui se lit dans
Flamenca (v. 1582-1620) devait correspondre, dans la partie manquante,
cglui de I’heroine.
5 Je me suis beaucoup servi dans les pages qui suivent du volume
cite ciedessus de R. Renier, p. 1-24.
222 A. Jeanroy,
une complaisance voluptueuse, la fraicheur d’un corps «tendre,
gras et lisse»;?! c'est aussi la sveltesse de la taille,? l’eclat d’un
teint blanc comme la neige, vermeil comme la rose, la finesse
des sourcils, la blancheur des dents, l’"heureuse proportion des
parties du visage. Les cheveux, quand ils sont mentionnes,
sont blonds; mais jamais il n’est question de la couleur des
yeux, ni de l’expression de la physionomie.” Au total c’est
un ensemble incomparable que Dieu n’a pu former qu’en y
mettant tous ses soins; et on peut dire que vraiment, ce jour-la,
il n’a pas perdu son temps.*
La femme aimee n'est pas seulement la plus belle de
toutes, elle est aussi la plus noble, la plus «courtoise», la
mieux <«enseignee». C'est elle qui sait le mieux unir les
«plaisantes paroles® aux «louables actions»; sage en sa cons
duite et mesuree en ses projets, on la voit, en temps et lieu,
plaisanter et rire, sourire avec gräce, accueillir noblement, trais
ı Quel cors a gras, delgat e gen (Rudel, Quan lo rius, I, 12). Al
sieu cors blanc, gras e chauzit e le (G. Adhemar, Non pot; R. 197).
Sil blanc cors, delgat e le... (Guiraut lo Ros, A la mia fe, c. 5; R. 6).
— Del vostre cors graile, gras, blanc e le (Palazol, Bona domna, torn. 1;
R. 241). B. de Born, indiscret A son ordinaire, s’est permis de parler
de Blanc peitz ab dura mamela (Bem pac, v. 38).
? La femme, symbole de gräce, doit &tre elanc&e; l’'homme trapu,
de forte encolure, doit avoir les &paules larges et la taille mince; voy.
les innombrables descriptions des chansons de geste.
? Je dois noter pourtant que le Gänois Cigala, & une &poque
tardive, a loue en quelques couplets &tincelants le rire de sa dame
(Un avinen ris; Bertoni, Trov., XXXVI).
* De.cor i entendia — Dieus quan formet vostre cors amoros —
E parec ben a las belas faissos (Giraudo lo Ros, Ara sabrai, torn.
1; R. 12). — Generalement les traits sont &pars: D’un dous esgart,
ab sos huels amoros (Faidit, Tot me, c. 2; L. R. 372). Eil huoill clar
e rizen eill dous esgart plazen (Belenoi, Eram, c. 3; M. G. 57). Bela
boca, blancas denz, bel esgart e plazen vis (Cadenet, Ai doussa, c. 5;
M.G. 303). Les enumerations syst&matiques, comme la suivante, sont
tres rares: Del sieu belh cors graile e sotil, — Blanc e gras, suau, len
e dos — Volgr'ieu retraire sas faissos... — sa saura crin pus que aur
esmeratz — E son blanc front, els cils voutz e delguatz, — Els huelhs el
nas e la boca rizen (E. Cairel, Mouf mi platz, c. 3; R. 431).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 223
ter chacun suivant son rang et ses merites: voılä ce que
signifient, d’apres les commentaires qui les accompagnent trop
rarement, ces &pithetes prodiguees & tout propos.! Ce sont
en somme les qualites de la parfaite femme du monde; et
rien ne prouve mieux que la poesie dite courtoise fut bien
reellement une poesie de salon.
\
A tous ces attraits, a tous ces m£rites, que manquestsil?
Une seule chose, dont l’absence vient tout gäter: la pitie, la
condescendance (merce, chauzimen). Dans le caur de cette
femme incomparable la compassion n'a nul acces: elle est
encore plus insensible que belle et courtoise; et les tourments
qu’on endure pour elle n’alterent point son impassible seres
nite.”e_ Comment peut:il se faire qu’approchant ä ce point la
perfection, elle dedaigne cette vertu qui comblerait tous ses
autres merites? Elle doit pourtant savoir que cellesci est leur
naturelle et necessaire compagne, tandis que «Orgueil» suffit
ä les deprecier toutes.” Et le poete, en parlant ainsi, voit luire
une Jueur d’espoir qui le ranime au moment oü il allait expirer.?
ı Sens e beutatz, gen parlar e francs ris — Essenhamens, saber e
conoyssensa ... (U. de la Bacalaria, Ses fotz, c. 3; R. 341). — La gran
beutatz, el solas avinen — El cortes dig e l’amoros parer (Cabestanh, .,
Lo jorn, c. 2; R. 106). — Qu’ab ensenhamen, ses jangluelh — L'es dada
beutats ab valor;, — Cortezia non oblida (id., Aissi, c. 6; R. 113). —
L’acuillir e’l gen respos — Don es plazenteira — Din son ais (Born,
Domna puois, c. 6; R. 141). — Ensenhamen e beutatz — Plazers ab gen
parlar — Gent acoillir e honrar — Cortes ab gaia semb'ansa (Mareuil,
Mot era, c. 4 P.O. 18). — Qufilh es als pros plazens et acoindans —
Et als avols es d’ereulhos semblans; — Largu’es d’aver, e d’onrad'acoin-
dansa (Vaqueiras, Eram requier, c. 2; R 258).
» Totz sos fis pretz es de fin joy garnitz — Se i fos merces qu'es
de totz bes razitz (G. d’Ussel, Ges de chantar, c. 5; R. 380).
® Meravilh me, pus ab mi dons es tan — Pretz e valors, plazers e
digz cortes — Com pot esser que no i sia merces (Faidit, Tant ai sufert,
c. 4 R. 289). — Bona domna, paratges ni ricors, — On plus autz es e
de maior afaire, — Deu mais en se d’umilitat aver, — Quar ab erguelh
non pot bos pretz caber (Mareuil, Sim destrenhetz, c. 2; R. 225).
* Pero, en sa merce moaten, — Car ieu no cre que merces aus
faillir — Lai on Dieus volc tofz autres bes assir (F. de Marseille, Ben
224 A. Jeanroy,
Si du moins ces cruelles s’etaient toujours montrees telles
qu'elles sont! Peutsetre alors l’amant, pauvre papillon, ne füt
roint aller se brüler ä la flamme de leurs beaux yeux.! Mais
elles ont commence par lui faire belle mine: leur sourire, leur
regard £taient si engageants, si pleins de promesses qu'il s’est
laisse prendre et s’est trouve tout & coup «suavement occis».
Et maintenant ces beaux semblants se sont obscurcis, ou peuts
etre, ö comble de douleur! c’est ä en seduire un autre qu'ils
sont employes. De lä des reproches, des invectives, assez
rares, il faut le dire, chez les poetes de l’epoque classique,
mais frequents chez ceux qui s’essaieront ä renouveler le
genre en precisant et dramatisant les situations.
L’amant a des ennemis en effet, et il ne descend de l'at-
mosphere &theree oü planent ses reves que pour les maudire,
ce qui lui arrive au reste tres souvent. Ces ennemis s’appels»
lent les «losengiers», et il n'est guere de chanson oü une
place ne leur soit reservee: ils y sont voues ä des execrations
abondantes et passionnees, mais nullement precises. Que peut
bien ätre ce mysterieux personnage?
Quoique l’amante soit en general une femme mariee, ce
n'est certainement pas le mari qui est cet ennemi tant abhorre.
ll est bien loin, en effet, de tenir dans la chanson courtoise
la place honorable, si l’on peut ainsi parler, qu’il occupe dans
le roman et le drame romantiques. Il est quelquefois mens
tionne, mais en termes assez banals, et nullement charges de
haine ou empreints de terreur: Rudel songe melancoliquement,
mais sans revolte, ä la tour oü sa dame «est couchee avec
son mari» et aux grondeuses rumeurs qui doivent la rem=
an mort, c. 1; €d. Stronski, 1). — E tug bon aip... — Mi fan ades estar
en bon esper — Que so non cuich que ges esser pogues — Que lai on
es tofz autres bes pausatz — Que noi degues esser humilitatz (Perdigon,
Los mals, c. 4; ed. Chaytor, I).
ı Ab bel semblan que fals’Amors adutz — S’atrai vas lieis fols
amans e satura, — Col parpaillos qu'a tant folla natura — Queis fer
el foc per la clardat ge lutz- (F. de Marseille, Sitot me soi, c. 2; &d.
Stronski, 1).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, 111. 225
plir.! B. de Ventadour aussi se represente les scenes domestiques
dont il est l’occasion, el il ne semble pas s’en &mouvoir outre
mesure: «Je sais bien, dame, qu’on vous tourmente ä& cause
de moi; mais si le jaloux bat votre corps, faites qu’il ne batte
pas votre cur. S’il vous chagrine, faites de m&me pour Jlui
et gardez:vous de lui rendre le bien pour le mal» (Quan par
la flors, c. 4; Appel, XLI). Alegret, plus hardi, va jusqu’ä
regretter de n’etre point parent du mari qui l’interesse, car il
pourrait voir la dame plus souvent et il se ferait fort d’ens
dormir les soupsons du vilain jaloux.?
Ces quelques mentions appartiennent presque toutes aux
ceuvres des plus anciens troubadours; de bonne heure il n'est
plus du tout question de ce troisitme personnage de la «tri»
logie», comme s’il n’y etait qu’un comparse negligeable.
Le veritable ennemi, c'est donc le «losengier», c’est-äsdire
le «flatteur», qui est denomme& parfois aussi «medisant», «ens
nuyeux®», «jaloux»:? termes tres vagues, qui ne nous renseis
! Luenh es lo castelhs e la tors — Ont ella jay e sos maritz... —
Amicx, fas elha, gilos brau — An comensat tal batestau, — Que sera
greus a departır (Pro ai, c. 3 et 5, R. 94).
® Mout es greu, c. 3 (Studj, III, no 152). Il est curieux que le
mari soit mentionn& deux fois dans les tres rares chansons de femme
qui nous ont &t& conservees: la Comtesse de Die exprime candidement
le regret que son amant ne soit pas «en loc del marit» (Estat ai, c. 3;
R. 26); une dame Castelloza, qui devait &tre une bourgeoise, semble
dire, dans une piöce au reste peu claire, que les hommages que lui
offre un chevalier sont un insigne honneur pour elle et toute sa pas»
rente, y compris son mari (Mout avefz, c. 5; €d. de la Salle ei Lavaud,
Troubadours cantaliens, Il, 510).
® L'expression est de St-Marc Girardin (Cours de litt. dram., IV, 408).
* Le mot se presente en provengal sous deux formes: lauzengiers
et lauzenjaire (cas reg. lauzenjador), derivees l’une et l’autre de laus
demia, c..äd. laudem et le suffixe semia; il apparait des la fin
du Xle siecle, avec son sens &tymologique de «flatteur», dans l’ Alexandre
d’Alberic. Le mot frangais (que j’emploie) n’est pas necessairement
emprunte au provengal; c'est un deriv&e de losenge, qui parait forme
directement sur los, avec le m&me suffixe. Le plus ancien exemple que
15
226 4. Jeanroy,
gnent guere sur son röle, pas plus que les maledictions dont
il est l’eternel objet: ä ce mysterieux trouble-fete, adversaire
declare de toute joie, de tout amour,! l’amant ne manque pas
d’attribuer ses deconvenues, la ruine de ses esperances, le
mauvais vouloir de sa dame. Surveill& par lui, il n’ose faire
un pas, risquer un mot: «N’etaient les losengiers, ces vilaines
gens, j'aurais deja obtenu la plenitude du bonheur», dit Ven=
tadour (Quan la douss’aura, c. 5; Appel, XXXVII). «Plus
souvent, dit Peirol, j'irais voir la plus belle que je connaisse,
si les bavardages indiscrets ne me retenaient» (Quoras, c. 3;
R. 275). Giraut de Bornelh se croit tenu ä plus de prudence
encore: «Je serais heureux si je pouvais la louer, et cette
louange serait bien accueillie de tous; mais je crains d’etre
entendu par les losengiers perfides, felons et demesures» (Er
ai gran joi, c. 3; Ed. Kolsen, I).?
Ennemis d’autant plus redoutables qu’ils se dissimulent
plus habilement: «Ah! Dieu, si l’on pouvait distinguer les
perfides et les sinceres amants! Si les losengiers et les seduc=
teurs pouvaient porter une corne sur le front!» (Ventadour,
Non es, c. 5; Appel, XXXI). Mais ils se cachent sous les
dehors les plus rassurants, et vont jusqu’a prendre le masque
de l’amitie: «A cause d’eux defions:nous de nos plus intimes
amis, de nos proches, d’un fils m&me» (Bornelh, loc- cit., c. 3).°
j'en connaisse (Philippe de Thaon, Bestiaire, ed. Walberg, v. 2744)
exclut par la date, la provenance et la nature du texte auquel il appar-
tient, l’hypothe&se d’un emprunt au provengal. Ilyen a d'autres exem»
ples, tres anciens aussi, dans la po&sie narrative, soustraite A toute
influence courtoise, notamment dans le Couronnement Louis, le Charroi
de Nimes et Raoul de Cambrai.
ı Quar gelos savai, — Et avols gens tafura, — E croy lauzengier —
Son d’amor guerrier (G. Faidit, Ab Cossirier, c. 5; R. 287). — Li lau
zengier elh fals devinador, — Abayssador de joy e de joven (Clara
d’Anduse, En greu esmay, c. 1; R. 335). — Des textes innombrables oü
apparait ce personnage, je m’efforcerai de ne citer que les moins imprecis.
® Möme idee dans Blacasset, Sim fai Amors, c. 2; R. 459.
® Pour depister les losengiers toutes les ruses sont permises; Uc
Brunet se vante de ses pieux mensonges: Qu'ieu ai vas els pres engenh
et albire — Qu’ieu bais los huelhs et ab lo cor remire, — Et enaissi cel
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 227
Quels sont donc leurs maneges, d’oü peuvent sortir tant
de maux? Ils Epient les vrais amants, ils «devinent», ils jasent.!
«Ils sont d’une seule et m&me race, les losengiers, et ces devis
neurs de la joie d’autrui» (Palasol, Mais ai, c. 6; R. 239).
L’'amour courtois, nous l’avons assez dit, ne peut vivre
que dans le secret; le divulguer, c’est le tuer: et voilä pour
quoi les bavardages de ces espions perfides sont si redoutables.
Mais pourquoi s’acharnent:ils ainsi a detruire le bonheur
des autres? Parce qu’eux-memes ont vainement poursuivi le
m&me bonheur: «Ces devineurs de la joie d’autrui, parce
qu’ils sont morts, ils veulent tuer les autres» (Ouan la fuelha,
c. 2; Appel, Ventadour, p. 327). — C'est par la jalousie que
s’explique leur mechancete: aussi une dame avisee doit-elle se
mefier de leurs perfides propos. C’est parce qu’ils voient les
autres sous leurs propres traits qu’ils accusent de deloyaute
les amants fideles: «Ah! que ma dame se garde de croire ce
que lui diront de moi ces felons losengiers, et ne s’imagine
pas que j’en courtise une autre» (Faidit, Lo rossignolets, c. 5;
R. 284). Les deloyaux, les perfides, ce sont eux, incapables
d’eprouver un amour sincere, toujours prets & promener au
hasard des hommages interesses, peu soucieux de l’'honneur
et de la reputation des dames. Que celles-ci ne tolerent pas
autour d’elles ces Etres meprisables; qu’elles se gardent de les
confondre avec un amant respectueux, inebranlable dans sa
foi: «Vous devez, dame, me mettre bien au-dessus de ces
perfides qu&mandeurs» (Gui d’Ussel, En tanta guisa, c. 3;
Napolski, ed. Capdoil, p. 103). — Les losengiers et les en
nuyeux sont d’autant plus dangereux qu’il est plus difficile
de s’en defendre. «Ils vous feront, ma dame, beau visage,
lur ma benanansa, — Que nuls no sap de mon cor vas ont es; — Ans
qui m’enquier de cui se fenh mos chans, — Als plus privatz estau quetz
e celans, — Mas que lor fenh de so que vers non es (Cortesamen, c. 7;
R. 317).
! Le mot qui correspond & losengier dans la poesie des Minne
singer est Merkaere, scurieux», «espion».
s Piece d’attribution incertaine.
228 4. Jeanroy,
protesteront qu’ils vous aiment d’un caur sincere, mais ils ne
songent, matin et soir, qu’a vous deshonorer et ä rabaisser
votre rare merite® (Daude de Pradas, En un sonet, c. 3;
Parnasse occitanien, 87).
Quelle douleur que d’etre oblige de les tolerer aupres
de celle qu’on aime! «Si ma dame a d’autres soupirants, je
ne lui en fais pas pour cela plus mauvais visage... Puissent
les losengiers ne pas me faire tort!l Et souvenez-vous bien
que tel qui se dit ami n’est qu’un envieux® (Capdoil, Per
joi, c. 3; ed. Napolski, II). C'est un supplice que ne peus
vent tolerer les ämes fieres: «Je dois porter la langue oü la
dent me fait mal. Je dois inculper ma dame de felonie et
de trahison, car son humeur volage souffre les prieres de ces
perfides, qui vont briguant son amour» (B. de Born, Greu
m'es, c. 7; ed. Thomas, p. 63).! Voilä enfin un mot precis
et qui leve tous nos doutes: le losengier fait la cour & la
dame du po£te, en accusant celuisci de tous les mefaits, et en
se parant luismöme de toutes les vertus, c’estsa-dire qu’il se
conduit exactement comme le poete luismeme. Desormais tout
s’explique, attaques directes ou sournoises insinuations, et
chacune de ces fletrissantes epithetes de «flatteur», «medisant»,
«jaloux®, prend tout son sens: le losengier est tout bonnement
un rival, qu’il faut deconsiderer par tous les moyens.
Ce troisitme personnage de la trilogie courtoise n’est donc
pas moins conventionnel que les deux autres, et les reflexions
qu’il peut inspirer ne sont nullement propres & faire circuler
dans la chanson cette atmosphere de verite et de vie que nous
y avons en vain cherchee.
Cette Etroite conception de l’amour reduit singulierement
la sphere oü peut se mouvoir la pensee du poete: des plain:
tes, des prieres, les angoisses d’un caur perpetuellement oscil:
lant entre la crainte et l’espoir, l’audace et la timidite, voilä
la matiere qui lui est offerte. Les principaux motifs de deve-
ı Voy. un autre choix de textes dans ma thöse latine, p. 41 ss.,
et Wechssler, op. cit., p. 99 ss.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 229
loppement sont fournis par des comparaisons et des images,
dont l’etude se rattachera necessairement & celle du style. Il
convient, avant de nous en occuper, de dire d’abord, au sujet
de la composition, quelques mots qui pourront £tre tres brefs.
I
Elle est, de toutes les parties de la chanson provengale, la
plus faible.. Les troubadours ignorent absolument ce qu'est
un tout logiquement agence; ils n’ont & aucun degre l’art de
grouper autour d’une idee centrale les idees accessoires propres
a l’eclairer; ou plutöt ils semblent ne s’en preoccuper nulle-
ment. Chacune de leurs chansons est un chapelet de lieux
communs dont ils peuvent a volont& resserrer ou £tirer le fıl.
Comme si la chanson qu’ils composent devait seule se r&pans
dre et fonder leur renommee, ils y &puisent tout leur bagage
d’idees et de sentiments. Nous n’aurions des meilleurs d’entre
eux, meme d’un Ventadour ou d’un Bornelh, que cing ou
six chansons, au lieu de huit ou dix fois plus, que nous les
connaitrions &galement bien, et porterions sur eux le m&me
jugement. Et ce nous est peut:etre une raison de nous cons
soler des pertes immenses qu’a subies la litterature provengale.
Que les sentiments exprimes soient contradictoires, cela
meme importe peu aux troubadours: ils les deroulent devant
nous avec une indifference qui deconcerte; on dirait un kalei»
doscope oü se succedent sans transition des images disparates.
Aussi estsce une pure chimere que de rechercher quel e£tat
d’esprit le poete a voulu peindre. M&me quand il est fait
allusion, au debut d’une piece, ä quelque circonstance precise,
ce qui est assez frequent, il n’en est plus question dans la
suite; nous retombons aussitöt dans le vague ou la contras
diction, et l’ensemble nous laisse une impression confuse. Le
plus ancien de nos devanciers en critique &tait deja frappe
de ce defaut. «On doit bien prendre garde, ecrit Raimon
Vidal,! quand on fait une chanson ou un roman, de tenir des
1 Razos de trobar, Ed. Stengel, p. 86.
230 h A. Jeanroy,
propos coherents et de dire des paroles appropriees; et que
cette chanson ou ce roman ne soient pas faits de propos mal
agences ou mal suivis. C'est ce qui est arrive ä Bernart de
Ventadour, qui, dans les quatre premiers couplets de sa chan=
son Be m’an perdut, dit qu’il aime tant sa dame que pour
rien au monde il ne s’en separerait, et dans le cinquieme dit:
«Je suis ainsi echu en partage & toutes les autres que chacune
d’elles peut me prendre & son service.» L’'honnete grammais
rien eüt pu faire la m&me observation ä propos d’une autre
chanson, oü le m&me po£te, apres avoir &numere les torts de
sa dame, «perfide et vile, traitresse de mauvais lignage», apres
avoir solennellement declare que jamais plus il ne prononcera
son nom, conclut en disant: «Et pourtant de celui qui me
parle d’elle la parole est bonne, et je m’en rejouis en mon
cur... Bien fou qui querelle son amiel Moi, je pardonne
ä la mienne si elle me pardonne, et tous ceuxslä sont menteurs
qui m’en font dire folie.»! Notons que Ventadour n'est pas
l’un des poetes dont les propos sont le plus decousus, et que
le juste reproche de Vidal se füt aussi bien applique ä des
centaines d’autres chansons.?
Qu’on ne nous oppose point l’exemple de quelques trou«
badours logiciens, Folquet de Marseille par exemple. Celuisci,
il est vrai, fait parfois un effort pour rattacher entre eux ces
lieux communs, mais le lien est purement exterieur, et ce souci
ne l’empeche pas, comme nous le verrons ailleurs, d’aligner
des propositions contradictoires, de sorte que ses chansons,
avec leur pesante armature scolastique, nous laissent dans le
meme trouble, la m&me incertitude que celles des troubadours
les plus maladroits ou les plus negligents.
II
Le style dans la chanson est tres superieur ä la compo»
sition. L’on a pu justement ecrire: «Si l’on excepte quelques
ı La doussa votz ai auzida, c. 6-7; Appel, XXIIl.
® A celles du fantaisiste Peire Vidal par exemple.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, II. 231
poesies dans le genre satirique, on ne trouve [alors] rien qui
soit €crit. Avant Dante, Petrarque et Boccace, quelques poes
tes provengaux seuls ont su €crire au moyen äge.»! Toutefois
il y a dans le style des troubadours, m&me les meilleurs,
beaucoup de formules toutes faites, de cliches, et l’on peut
dire que cette res nullius en constitue proprement le fond.
C'est donc dans des limites fort etroites que s’enferme l’oris
ginalitt de ceux qui en ont le plus, originalit@ que j'essaierai
de definir plus loin. Mais je dois auparavant dresser une
sorte d’inventaire de ce magasin largement ouvert oü tous
viennent s’approvisionner, et qui est loin d’ötre luism&eme d’une
richesse inepuisable.?
Ce qui frappe tout d’abord dans le style de la chanson,
c'est son caractere abstrait; elle ne contient en effet que peu
ou point d’allusions ä des evenements precis, ä des circons=
tances exterieures: nos poetes, comme si le monde sensible
n'existait pas, s’enferment dans leur c&ur, en &coutent les
douloureux battements, et r&vent sans fin sur une situation
sans issue. Cette reverie les amene ä soumettre leurs sentis
ments et ceux qu’ils pretent a leur dame & un commencement
d’analyse, dont le premier resultat est d’animer des abstrac»
tions, de personnifier des facultes ou dispositions de l’äme;
malheureusement ce procede, qui marque le premier pas dans
l’analyse, en entrave le progres, parce qu’il fixe en des formus
les invariables les resultats d’une observation tres superficielle.
A tout seigneur tout honneur: celle de ces abstractions
qui a le plus servi est celle de l!’Amour lui-smeme. L’Amour
ı Ch. Tburot dans Notices et Extraits des manuscrits de la Bibl.
nationale, XXII, 2e partie, p. 500, n.
2 ]l serait certainement interessant de rechercher comment s’est
constitu& ce formulaire, qui apparait deja chez les plus anciens troubas
dours. Une partie en atselle &t& heritee de l'antiquite? Dans les
cr&eations nouvelles, quelle part revient aux auteurs de romans et laquelle
aux pottes Iyriques? S’ils se sont simplement copies les uns les autres,
lesquels ont &t& les mod&les? Questions fort delicates que je ne puis
aborder ici.
232 A. Jeanroy,
des troubadours ne doit rien au Cupidon des Anciens, qu'ils
connaissaient pourtant, gräce ä Ovide,! mais dont ils trans-
portent une partie des attributs a la dame.”? C'est un etre
fort ambigu, dont ce que nous savons de plus precis c'est
qu’il est du sexe feminin,? ce qui tient au reste simplement ä&
une particularit€e de la grammaire provengale.* Aussi estsil
capricieux et fantasque, comme la dame elle-m&äme, dont il se
distingue au reste si peu que parfois on ne sait duquel des
! Le seul troubadour chez qui apparaissent nettement des r&mi»
niscences ovidiennes est Guiraut de Calanson, qui nous a laisse jusqu’ä
deux portraits d’Amors (dans son Ensenhamen, &d. Keller, v. 202—25,
et dans sa chanson A leis cui am). C'est un ätre du sexe feminin,
comme chez les autres troubadours; il porte une couronne d’or, tient
en ses mains un arc, dont partent deux traits, l’un d’or, l’autre d’acier
(ou de plomb); il est nu, ou vetu simplement d’une petite ceinture
d’orfroi; tout cela n’empeche pas qu’il soit invisible. Calanson est
aussi le seul troubadour qui ait mentionne Venus (Ensenhamen, v. 105;,
qu’au reste il ne rapproche pas de son fils. — Folquet de Marseille,
qui connaissait aussi Ovide, arme d’une lance «le dieu d’amour» (Cantan
volgra, c. 3; ed. VI). Uc Brunet (Corfezamens, c. 1; R. 315), me&le,
comme Calanson, deux conceptions quand il nous parle de sa lance et
nous dit que c’est us esperitz cortes — Que nos laissa vezer, mas per
semblans. Dans une chanson frangaise anonyme (De nostratibus, etc.,
p. 81) l’amour est aveugle, «comme la mort». Sur ce sujet voy. quel-
ques lignes de Diez, Die Poesie, p. 122.
2 Ainsi c’est des yeux de la dame transforme&s en arcs, que partent
les flöeches qui percent et embrasent les caurs. Dans Peire Vidal (&d.
Anglade, XXXV, 25 ss,) c’est son nez qui forme l’«arbrier» de l’arba-
löte, ses sourcils l’arc; de m&me dans Flamenca, v. 1588 ss. Image
analogue dans une chanson frangaise anonyme (n° 2054; Archiv, XLIII,
365) et dans le Cliges de Chretien de Troyes (v. 847--63).
? Si completement feminin que Uc de StCirc (v. 36, &d. VII)
n’'hesite pas A lui declarer que ses faveurs lui seraient moins pre&cieuses
que celles de sa dame. Un Minnesinger se demandant quel est son
sexe, avoue qu’il ne sait que repondre (A. Lange, Walther von der
Vogelweide, p. 281).
* Tous les noms abstraits remontant au latin sorem &taient deve-
nus feminins en provengal; en frangais amour, d’abord feminin, n’a
change de genre que par influence savante. Dans les deux langues
il est souvent employ& au pluriel, ce qui est encore une particularite
des substantifs abstraits.
Etudes sur l'ancienne poesie provengale, III. 233
deux il s’agit.! Les troubadours en effet se le representent
moins comme une deite redoutable que comme une suzeraine
quinteuse et fantasque, accessible pourtant ä& la justice et ä la
pitie. Ils l’interpellent familierement: «Amour, que vous en
semble? Vitessvous jamais &tre plus fou que moi?» (Ventas
dour, Amors e que, c. 1; Appel, IV), et parfois non sans
rudesse: «Amour, pensez-vous que ce sera pour vous grand
profit et grand honneur, si vous tuez votre prisonnier?» (Id.,
Bel m’es, c. 2; Appel, X). «Amour, quels torts ai-je envers
vous? Et par quel fächeux destin la belle que j'aime veuts
elle me tuer? C'est, sans doute parce qu’il vous plait qu’il
en soit ainsi» (Barjols, Amors que vos ai, c. 2; &d. Stronski, II).
Parfois m&me ils l’accablent d’invectives: «Amour, ä cause de
votre conduite vilaine, basse, perfide, tous les bons vous res
poussent, et je m’en rejouis. J’ai vu le temps oü vous etiez
fleur et grain; mais maintenant je vois que les meilleurs tien=
nent sur vous les plus fächeux propos: ceux en effet qui vous
servent fidelement, vous les trahissez, et ne pretez votre aide
qu’aux indignes» (Id., Amors, bem platz, c. 1—2; ibid., XII).
Ou encore ils viennent se plaindre & lui des torts de leur
dame, l'invoquer comme arbitre ou comme juge, lui demander
imperieusement justice:? Zorzi a longuement, pesamment des
velopp& une scene de ce genre? oü nous retrouvons le sces
nario de la «Cour d’Amour», familier a nos poetes didactis
ques en latin, en frangais et en provengal.* En somme on
! Une conception aussi vague ne pouvait gu£re inspirer les artis-
tes: les tr&s rares images de l’Amour le repr&sentent comme un angelot
joufflu, aile, vetu d’une robe de couleurs vives, dont le buste &merge
d’un nuage ou d’un arbre, et dont les mains lancent des rayons qui
peuvent aussi bien &tre des fleches. Voyez les miniatures du manuscrit
B. N. 4534 dans Petit de Julleville, Hist. de la litt. frang., I, 360.
2 Bornelh, Amors e sim; €d. Kolsen, XV; Barjols, Amors, ben; ed.
VIl. Peirol encadre dans un dialogue avec Amour une exhortation 4 la
croisade: &Que sert que tu partes, se fait:il dire par lui, puisque les rois
et les hauts barons restent?» (Quant Amors trobet, R. 279).
3 L'autriier, ed. Levy, X.
* Je fais allusion au celebre debat entre Phyllis et Flora (voy.
E. Faral, Les debats du clerc et du chevalier dans la litterature des XlIIe et
254 4A. Jeanroy,
n'a jamais tant raisonne qu’avec cet Eetre qu’on nous repres
sente comme denu& de toute raison.
Les yeux et le c&ur ne sont pas des personnages moins
considerables; ils ont si peu de rapport avec les organes cors
porels designes sous ce nom que nous avons le droit de les
ranger, eux aussi, parmi les abstractions. Ce sont des sceles
rats, des traitres, dignes de tous les maux. Il est vrai qu’ils
se font eux-memes justice: «J’ai trois ennemis et deux maus
vais seigneurs, dont chacun cherche nuit et jour ä me detruire.
Ces ennemis sont mes yeux et mon caur...» (Uc de St.:
Circ, Tres enemics, c. 1; ed. Jeanroy et De Grave, II). «Jamais
aucun ennemi que jaie eu ne ma nui autant que mes yeux
et mon caur: et si je souffre par leur faute, eux n’y gagnent
rien, car le cur soupire et les yeux pleurent» (Id., Anc ene-
mics, c. 1; €Ed. I). Qui est le plus coupable? Les yeux out
vaincu le cur, mais celuisci s’est trop aisement rendu, et il
a entraine toute la personne dans sa ruine: «La faute n'est
pas ä moi, mais ä mes perfides compagnons, mon caur et
mes yeux, qui sont mes ennemis; et devoir loger chez soi ses
ennemis est une bien fächeuse affaire... C’est par mes yeux,
Amour, que vous &tes entre dans mon caur, mais il a failli,
en vous hebergeant sans prendre conseil de mon sens» (Cis
gala, Non sai, c. 2 et 4; Bertoni, Trov. d’Italia, XXXV).!
Xllle siecles; Romania, XLl, 473), dont les versions frangaises ont &te
connues de Peire Guilhem, auteur d’une nouvelle all&gorique oü la
cour du dieu est longuement decrite (Lex. Rom. I, 405) et des auteurs
anonymes de la Cour d’Amour (Revue des Il. rom., XX, 157) et du
Chastel d’ Amours (Annales du Midi, I, 183).
! Cette opposition, complaisamment d&velopp&e par Uc de St-Circ
dans deux autres de ses pieces (Dels olhs, Gent an saubut; &d. II et
IV), ne se trouve pas chez les plus anciens troubadours, chez Venta-
dour notamment; elle est familiöre au contraire A Folquet de Marseille
(En chantan) et 4 Peguilhan (Anc mais de joi et Amors a vos). Elle
se rencontre pour la premiere fois, A ma connaissance, dans le Cliges
de Chretien de Troyes (v. 474-509). La question de savoir quelle part
revient aux yeux ou au caur dans la conception de l’amour, ne parut
nullement futile aux poe£tes italiens du XIVe sitcle, qui l’ont maintes
fois et tr&s doctement traitee.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, II. 235
C'est bien gräce & leur funeste alliance qu’Amour exerce ses
ravages: «Les yeux sont les messagers du caur: ils vont voir
ce que le ca&ur se plait ä retenir, et quand ils sont tous les
trois d’accord, alors Amour prend naissance» (Pegulhan, Anc
mais de joi, c. 4; M., Ged., 737). Ce sont donc eux et non
luismeme que le pauvre amant doit accuser.
Ce n'est pas aux yeux seulement que le cur peut &tre
Oppose, mais au corps tout entier.! Il se laisse entrainer par
un doux regard, par un baiser, ä deserter son domicile —
operation qui ne comporte pour lui aucune douleur, — pour
aller vagabonder ou s’enfermer dans une agreable prison.
«J’avais coutume de me plaindre de mes yeux, mais j’ai cent
fois plus de raisons de me plaindre de mon caur felon. Je
n’ai plus de caur, je vous le jure, car du moment oü je vous
ai vue, il a fui en tapinois, et voilä pourquoi je reste sans
c&ur» (Pegulhan, Eissamen, c. 3; M. G. 1003). Cadenet
constate que son caur est perdu: oü serait:il, sinon chez sa
dame?. Et il supplie Amour d’aller le querir.”? La dame a
donc deux caurs: aussi ne peutselle se refuser & restituer celui
qu’elle detient injustement: «Je n’ai plus de cur et vous en
avez deux!» (G. Faidit, Al chantar, c. 4; M. G. 180). «Un
homme sans caur n'a plus de valeur; et c’est pourquoi je
prie humblement ma dame de tirer le mien du sien, et de me
le rendre» (Blacas, Per merce, c. 3; M. G. 1128).” On voit
ı Voy. Jeanroy et Salverda de Grave, Quafre chansons de Uc de
StsCirc, dans Melanges Rajna.
2 Amors e com, c. 3; R. 248.
*» Voici quelques exemples de ces pauvres concetfi: Mon cor ai pres
d’amor — Que Tesperitz lai cor — Mas lo cors (corps) es sai alhors.
(Ventadour, Tant ai, c. 3; ed. XLIV). M'amia lo m’embla (mon cur)
— Si qu’ieu non o sen (Peirol, Quora, c. 3; R. 269). Ab cen dous es-
garz — Mi venguest mon cor emblar (P. de Maensac, P. O. 304; texte
presque identique dans Sordel, Bel m'es, c. 2; ed. XXII). Ai cum trais
gen doussamen — Lo cor dins del cor ses dolor (P. de Marseille, Si tot,
c. 3; ed. Levy III). Autres textes cites par De Lollis, &d. Sordel, p. 279
et 282, notes & XX, 42 et XXIl, 9. — Le c&ur peut ätre personnifie A
tel point qu/il a luismöme ses yeux, dont il se sert comme de messagers
236 A. Jeanroy,
que les troubadours ont autant de droit que les Petrarquistes
a figurer parmi les ancetres de Mascarille.
Ces rapprochements ingenieux (ils ne le sont que trop),
ces subtiles deductions peuvent, si on n'y insiste pas trop,
amuser un instant l’esprit. Rien de plus froid au contraire,
que la päle et trop longue theorie des sentiments personnifies,
avant-garde de la falote armee qui se deploiera bientöt dans
le Roman de la Rose. Les personnifications de vices, de ver:
tus ou d’etats d’esprit apparaissent des le debut de la
litterature provengale.e On sait quelle place tiennent chez
Marcabru Joie, Jeunesse, Prix, Valeur, Mauvaisete, etc.; Garin
le Brun met aux prises Mesure et Legerete;! Peire Rogier
nous montre son caur partage entre Tristesse et Joie.” De
m&me nous voyons les qualites, les defauts, les sentiments de
la dame s’animer et se separer d’elle; Valeur, Courtoisie, Sens
l’elevent si haut que Desmesure, Orgueil la rendent inacces=
sible a Pitie, Merci, Humilite.” Il suffisait, pour transformer
le terme abstrait en personnification, de ne pas le faire prece:
der de l’article ou de l’adjectif possessif.? Nous saisissons le
processus dans des phrases comme cellessci: «Puisque ni priere
ni servir ni [sa] merci ne m’aident en rien...» (Ventadour,
Bel m’es, c. 2; ed. X). «De la prison oü elle m’a jete Merci
seule peut ouvrir la porte, et d’elle (la merci) je ne trouve -
trace» (Id., Non es meravelha, c. 3; ed. XX). «Je n’ai trouve
ou truchements: ex. dans Peirol, D’'un sonet, c. 4; M. G. 262; D. de Pradas,
El tems, c. 3, M. G. 596. Pons de la Garda, Plus ai, c. 4, M.G. 387.
Cf. l’article de Schultz:Gora, Los olhs del cor dans Zeitschr. für rom.
Phil., XXIX, 337.
ı Appel, Poesies prov. ined., p. 3.
2 Entr'ir'e joi; &d. Appel, VII.
® Hwumilitatz serait au reste traduit plus exactement par «condes-
cendance» ou «bienveillance».
* L’omission de l’article &tait du reste de r&gle devant certains mots
abstraits, comme Amour, Nature, etc. (Diez, Gramm. 1Il, 25—27).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 237
en elle nulle condescendance, et [sa] merci ne m’a point servi»
(Barjols, Amors, ben m’avetz, c. 3; ed. VII).
Ces personnifications sont assez rares chez les plus ans
ciens troubadours, dont quelquessuns toutefois devancent leur
temps;? mais le procede est trouve, et il ne servira que trop.
Deja Ventadour Ecrit: «De la prison ou elle m'’a jete, Merci
seule peut ouvrir la porte...» (Non es meravelha, c. 3; ed.
Appel, XXXI).
Bientöt ces &tres de raison, detaches de la personne dont
ils formaient d’abord les attributs, vivent, s’opposent entre eux,
luttent ou dialoguent: Folquet de Marseille s’est fait de ce
jeu une specialite: «Amour, ditsil, a fait grand peche quand
il lui a plu d’entrer en moi sans amener avec lui Merci»
(Mout i fetz, c. 1; Ed. Stronski, VIII). De meme nous voyons
s’opposer chez lui Humilite a Orgueil, Merci a Droiture ou
ä Raison, Hardiesse & Crainte.?
Ces etres simplifies ne sont naturellement capables que
d’une sorte d’action, qui ne peut ätre mieux exprimee que
par le verbe de m&me racine que le substantif qui les designe:
Humilitatz doit humiliar, Orgolh doit orgolhar, et ainsi de
suite. Folquet en viendra ä& Ecrire:
Qu’anc tan no m’enfollic folors
Qu’en l’auzes dir mon pessamen
(Mout i fets, v. 24-5)
et Pons de Capdoil:
S’'humilitatz lam fai humiliar,
Quem si’ humils, humilmen lim coman
Ab humil cor...
(Us gais conortz, c. 3; ed. Napolski, XIX).
! On voit que l’emploi de la majuscule d&pend de la presence ou
de l’absence du possessif. Cette petite question se pose constamment
aux €editeurs de textes provengaux.
°® Ainsi chez Rambaut d’Orange nous trouvons non seulement
Amors et Cor, mais Dezir, Voler, Pena, etc. (Pxtzold, op. cit., p. 26).
» Ed., VII, 35; VIII, 27; X, 2 et 29.
2358 A. Jeanroy,
On ne voit pas du tout ce que la pensee peut gagner ä
ces tautologies, et on voit fort bien, ä moins qu’on ne soit
charme du rabächage, ce que l’expression y perd.. Quand
Guillaume de Lorris decrit les statues qui ornent les murs du
jardin de Deduit, ses descriptions le conduisent, par un des
tour, ä une veritable analyse des concepts d’avarice, de haine,
d’envie; quand Jean de Meung decrit et fait agir Faux-Sem=
blant, nous sommes vraiment en presence d’un hypocrite et
d’un ambitieux, dont la figure est aussi vivante que celle de
Tartuffe. Ici au contraire l’analyse ne va pas au«delä de la
simple definition. Il ne faudrait donc pas dire, comme on l’a
fait quelquefois, que les auteurs du Roman de la Rose trous
vaient leur matiere toute prete et n’ont rien invente.!
Un autre defaut de la po&sie des troubadours, plus grave
et plus general, car il sevit ä toutes les eEpoques et entache
toutes les aeuvres, est l’abus des formules. Ces formules sont
en ellessm&mes interessantes, car la plupart enferment des
metaphores inconnues & l’antiquite et qui sont une creation
des peuples romans, mais elles n’appartiennent en propre ä
personne. Une idee unique y est generalement rendue, ce
qui est frequent dans les dictons populaires, par deux mots
qui s’opposent ou se completent et sont souvent relies entre
eux par l’alliteration. La me&taphore est empruntee tantöt aux
caauvres de la nature, tantöt, et plus rarement, ä& celles de
l’homme.? Ainsi l’idee de 'croissance vigoureuse est exprimee
par brotar e brolhar, florir e folhar, celle d’epanouissement et
de maturite par florir e granar, florir e fruchar, celle de vexa-
tion par tondre e raire, etc. Les tornades sont presque unir
ı ]j faut ajouter que leur personnel d’abstractions personnifiees est
autrement nombreux et varie. Ce personnel s’etait d&eja fort accru entre
les mains des Iyriques du Nord. Nous truuvons par exemple chez
Gace Brul& (ed. Huet, XLIV, 25) Longue Atente, Bon Espoir, chez Couci
(&d. Fath, XIIl, 29; XV, 25) et Blondel de Nesles (&d. Wiese, V, 20)
Beau Servir et Beau (ou Doux) Semblant. Je trouve de ce dernier un
seul exemple dans G. de Bornelh, 2, 1 (Studj, III, 52).
® T’utilise ici la premiere partie de la dissertation de Ch. Stoessel,
Bilder und Vergleiche der provenz. Lyrık, Marburg, 1886.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 239
quement composees de formules, oü l’emphase dispense de
precisions qui eussent pu &tre parfois gäenantes: chacun e&tant
gratifit des m&mes hyperboles, il ne pouvait y avoir de jaloux.
La banalite en est telle que les me&mes cliches peuvent servir
pour les deux sexes: un vaillant chevalier et une aimable
chätelaine peuvent &tre qualifies egalement de flor e frug, flum
e fon, cim e razitz, cap e guit, abric e porta, mur, tor, capduelh,
palaitz, cambra, clau, miralh de valor, pretz, onor, etc. On
pourra preferer des determinants comme proesa, ardimen, lar-
gueza s’il s’agit d’un homme, comme beutaf, cortesia, ensen-
hamen, s’il s’agit d’une femme; mais on ne se donne pas
toujours cette peine. Ces epithetes se deversent parfois en
confuses avalanches: la dame de Pons de Capduelh est caps
e miralhs e flors parmi les plus belles;! un empereur d’Alles
magne est tout pareillement, pour Giraut de Bornelh, miralhs
e guitz e flors — D’altres emperadors,? et Zorzi declare & sa
belle, sans preciser en rien, qu’elle est prefz, capdels, valors e
portz, sens et abrics, estatges e beutatz.” Ne nous hätons pas
de reprocher aux troubadours leur dedain, au reste reel, pour
la coherence des images, car ces expressions avaient perdu
pour eux toute valeur metaphorique.
Les metaphores proprement dites, ou plus exactement les
comparaisons, abondent dans leurs «&uvres;? peut-etre n’estzil
pas une litterature oü on en trouve davantage. Et pourtant
il ne viendra ä l’idee de personne de louer leur imagination,
de comparer l’un ou l’autre d’entre eux ä Hlomere ou ä Victor
Hugo. Pour une ou deux images qui nous Eblouissent ou
nous charment, comme celle de l’alouette s’elevant, ivre de
ı Se totz los gaugs, v. 11; ed. XVl.
ı De bels digz, v. 58: ed. LXVIII.
3 Aissi col fuocs, v. 78—9; ed. XVll.
4 Voyez la seconde partie de la dissertation dejä cit&e de Stoessel,
encore plus desordonnee que la premiere. Il vaudrait la peine de
reprendre le sujet, en precisant la pensee des auteurs, parfois assez
obscure, et en recherchant leurs sources, dont quelques:unes sont ans
tiques.
240 A. Jeanroy,
volupte, dans un rayon de soleil,! il y en a des douzaines
qui nous laissent froids ou nous font sourire.
La mediocrit€ du resultat tient, ce me semble, ä deux
causes. La premiere est la maladresse de la presentation.
Pareille & un premier president qui ne s’avance que precede
de son massier, chaque metaphore est annoncee par une lourde
et banale formule: Atressi com lo leos,? Si com l’albres .. .,°
Aissi com cel...* Elle se developpe ensuite peniblement et
sans gräce, car le rapport qui unit l’idee ä l'image est parfois
si faible que le poete, pour nous le faire sentir, sue sang
et eau, et s’embourbe dans de confuses explications: rien
qui eEclate, scintille, s’enleve vivement sur la grisaille du
raisonnement; les comparaisons ellessm&mes sentent la scor
lastique. Ä
Leur grand defaut en effet est de n’ötre pas naturelles.
Que d’&motions ont suscitees en nous les poetes modernes,
en &voquant les images les plus familieres, en retracant les
jeux de l’ombre et de la lumiere sur les paysages les plus accou=
tumes. Ceux du moyen äge au contraire n’ont jamais l’idee
de regarder la nature en face: ils preferent se plonger dans
leurs livres d’ecole, et il ne faut pas s’etonner s’ils n’en rap=
portent que du fatras.
On peut recueillir, il est vrai, ga et la quelques images
simples et vives: l’amant ballotte entre la crainte et l’espoir,
est compar& au vaisseau dans la tempete?; plonge dans les
I Cette comparaison a port& bonheur ä& d’autres po£tes qu’& Venta-
dour: «Ma chanson, dit joliment Aimeric de Sarlat, est pareille & l’alouette,
qui monte et descend en chantant» (Aissi mou, c. 1; M. G. 20).
2 Ricaut de Barbezieux; trois de ses chansons commencent par la
formule Atresi com.
® A. de Peguilhan.
* Montaudon; quatre de ses chansons commencent ainsi.
® Atresi soi en balansa — Com la naus en l’onda (Ventadour,
Tant ai, c. 4; ed. XLIV). M&me comparaison dans Bornelh (Quan lo
glatz, c. 3; &d. XII), Arnaut d’Aganges (Quan lo tems, c. 4% M.G.
1082).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 241
pensees d’amour, il est pareil au poisson dans l’eau,! son
caur s’impregne d’amour,? l’amour fond sur sa victime comme
le faucon sur le petit oiseau.’ j
Mais combien d’autres sont entachees du plus rebutant
pedantisme: les reminiscences classiques sont utilisees ou tra=
vesties de la plus &trange fagon: Giraut le Roux dit qu’il meurt
«comme mourut au bain Sentque, un vieil auteur, qui, pour
ses longs services, regut cette dure recompense».* Perdigon
ne desespere plus de conquerir sa dame quand il songe que
Cesar se rendit maitre du monde: «et pourtant il n'etait, dit-
on, ni roi d’Irlande, ni comte d’Anjou, ni duc de Norman-
die, mais de basse naissance: en revanche il &tait preux, noble
et liberal».®
Les emprunts & la science proprement dite ou & ce qui
passait pour tel, sont plus frequents encore et non moins sin-
guliers.*e Oue l’amant, respirant dans une fournaise ou fas-
! A. de Marueil, Si com li peis, c. 1; R. 207. — Pons de Capduelh
dit, avec assez de naturel aussi, que, priv& de la gräce de sa dame, il
est comme le poisson hors de l’eau (Astrucs es cel, c. 4; &d. XXIII).
2 Peirol, Manta gen, c. 4, R. 277.
® R. de Barbezieux, Tug demandon, c. 2; M. G. 1416. Cette jolie
comparaison, au reste gät&e par des details accessoires et sans interet,
a &t& reprise: «Je me garde de vous comme le faible oiseau de l’aigle,
dit Daude de Pradas (Anc mais, c. 4; M. G. 742—)5). «Je tremble devant
vous comme le faisan devant l’autour, dit de m&me Zorzi (Aissi col fuot,
c. 6; ed. XVII).
* A lei de bon servidor, c. 3; R. 9 (le ms. unique porte Serena).
s» Aissi cum celh, c. 5; R. 347. — G. Magret, prisonnier volons
_taire, dit qu’il a et& enferme& par l’amour en la maiso de Dedalus (Ma
domnam ten, c. 1; 425). Les comparaisons empruntees aux po£tes ans
ciens sont tr&s peu nombreuses; je nen rel&ve que trois au quatre:
celle du cygne mourant (Peirol, Atressi; R. 271), celle de la pierre &
aiguiser qui fait couper et ne coupe pas (Horace, Art poet., in fin.),
peuts@tre celle du navire ballotte par la tempete, qui a pu &tre prise
a Ovide (Auferor ut rapida concita puppis aqua. Am. Il, 4, 8). Evi«
demment le moyen äge ne lisait pas les textes classiques avec les m&mes
yeux que nous: il leur demandait de la science, non de la beaute.
® Voyez les repertoires de Garver et Mensel (Rom. Forschungen,
XXI, 276-320, et XXVI, 584-670).
16
242 4. Jeanroy,
cine par les yeux de sa dame, se dise pareil ä la salamandre
qui s’ebat dans les flammes,! ou au fer attire par l’aimant,’
passe encore. Qu’ii se compare, dans son humilite, ä l’orvet
rampant dans l’herbe,? c’est deja plus singulier. Mais on ne
voit pas bien ce que peut entendre Daude de Pradas quand
il nous affirme que de l’union de la dame et de l’amant nait
l’amour, comme le diamant de l’acier mele ä l’or,* et Guilhem
Magret, quand il s’exprime ainsi: «L'’eau en montant s’enve-
loppe de fumee, de nuages et de vent, puis, arrivee au plus
haut, elle descend. De m&me Valeur s’eleve par des actions
belles et louables; mais elle redescendrait du sommet, si elle
n'etait soutenue par le bien». (Aigua pueja, c. I; ed. Naudieth,
VI). Combien ils sont froids surtout, ces emprunts & l’etrange
science des bestiairesl Je renonce & expliquer quels rapports
ont pu &tre Etablis par des poetes forcenes de fantastique
zoologie entre l’amant, la dame, I'homme en general ou l’amour
lui-m&me, et l’autruche qui regarde fixement ses «&ufs, jusqu’ä
ce qu’elle croie les voir remuer,’ ou ce m&me animal qui se
tue de frayeur en se frappant contre terre, quand il voit un
aigle,® ou le basilic, qui se tue, lui aussi, mais de joie, quand
il se regarde au miroir,’ ou,la tigresse qui, en se livrant ä la
m&me occupation, oublie la douleur que lui cause la perte de
ses petits,® ou le lion qui ranime par ses cris son lionceau
ı E fatz si com la salamandra — Que viu el foc en la calor (P. Rais
mon, Lo dous, c. 2; M.G. 611). |
2 A lei del fer que va ses tirador — vas l’asiman quel tira vas
si gen — Amors quem sap tirar ses tiramen — M'a firat (Ptguilhan,
Atressim pren, c. 4 M.G. 35). Autre exemple de cette comparaison dans
le m&me po£te, Eissamen, c. 1; M.G. 1003 et 1182. De mä&äme Sordel
nous montre sa dame guidant les preux, comme I’&toile polaire et
l’aimant guident la nef en mer (Aitan ses plus, 2; ed. XX).
® G. Magret, Ma donam ten pres, c. 5; €&d. R. 424.
« Anc mais om, c. 4; M.CG. 741.
8° Miraval, Aissim te, c. 2; M.G. 197.
®° Peguilhan, D’avinen, c. 2; M. G. 1190—2.
”? Peguilhan, Si com l’albres, c. 4; M.G. 344.
® Barbezieux, Be volria, c. 4 M.G. 1418.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, Ill. 245
‘
mortene,! ou l’ours, qui engraisse & mesure qu’on le bat,? ou
le scorpion, qui tue en riant,? ou le serpent qui fuit l!homme
nu, et assaille ’homme vetu,* ou qui, devenu vieux, recouvre
la jeunesse en mangeant son semblable, & condition qu’il en
delaie le venin en se desalterant dans une source.?
Quant ä la louve, qui toujours «laisse le meilleur amant
pour le pire»,® il n’echappe & personne qu’elle est fort cons
grüment comparee ä la dame du poete, qui lui a prefere un
rival indigne. Et l’avare, peut:il Etre mieux symbolise que
par le crapaud, qui se laisse mourir de faim, de crainte de
manquer de nourriture, lui qui se nourrit de terre ?”
On voit par cette collection d’exemples, combien il serait
hors de propos de parler du sentiment de la nature chez les
troubadours. Ils avaient pourtant une occasion toute naturelle
de lui faire une place dans leurs vers. Une antique tradition,
dont l’origine est mal Eclaircie, voulait que la chanson d’amour
commengät par une description de la saison qui, en renouves
lant la nature, ranime aussi dans le c&ur de I’'homme l’alle-
gresse de vivre et la puissance d’aimer. Si haut que nous
remontions, nous trouvons cette tradition solidement etablie:
sur les trois chansons courtoises de Guillaume IX, il yena
deux qui commencent par une description de cette sorte; chez
Rudel, Peire d’Auvergne et mäme Ventadour, la proportion
n'est pas moins forte? Ces descriptions offrent sans doute
ı Barbezieux, Atressi com lo leos, c. 1; Bartsch, Chrest. 167. Calan:
son, absorb& jour et nuit dans la pensee de sa dame, se compare au
lion, «qui dort les yeux ouverts® (El mon non pof, c. 5; R. 390).
2 Barbezieux, Atressi com l’olifans, c. 2, M. G. 1417.
? G. Faidit, Be m’a amors, c. 2; M.G. 453.
Zorzi, Ätressi com lo camel, c. 2; ed. Ill.
5 Serveri, Totz om, c. 1; Bartsch, Chrest. 269.
Peguilhan (ou Bremon), Aissi com cel qu'a la lebre, c. 1;M.G.
14 et 1185. |
°” Montaudon, Manens, c. 6; ed. Philippson, XV.
® Parmi les pottes archaiques, Peire Rogier fait exception: sur
ses huit chansons, deux seulement (&d. I, 11) commencent par une
description du printemps, dont l’une est tr&s breve.
>
244 A. Jeanroy,
quelques jolis traits assez vivement rendus, mais elles ne tra=
hissent jamais une impression sincere ou profonde: les arbres
se parent de feuilles et de fleurs, les oiseaux chantent, l’air
est plus doux et plus pur, l’eau court plus claire dans les
ruisseaux: en voila le fond & peu pres invariable. Que les
yeux de nos poetes se soient ouverts d’abord sur les jardins
ensoleilles de la Provence, les brumeuses chätaigneraies du
Rouergue ou du Limousin, la robuste vegetation des plaines
languedociennes, ou sur les cimes neigeuses des Pyrenees,
c'est toujours le m&me paysage qu’ils dessinent, et c'est le
me&me que dessineront inlassablement tous leurs emules, qu’ils
soient Picards ou Bretons, Italiens ou Allemands.
Ceux qui veulent renouveler quelque peu ce paysage
traditionnel se bornent ä y introduire quelques details plus
precis, souvent fort inattendus, & le peupler, par exemple,
d’animaux ou de vegetaux dont le seul interet etait que per;
sonne n'avait encore songe ä& les mentionner, ou que leurs
noms fournissaient des rimes rares et curieuses.! C'est un
dessin au pointille qui rappelle certaines miniatures, d’une
fantaisie appliquee, aux effets prevus. |
. Une autre facon de varier le th&äme usuel consistait ä&
decrire, non plus le printemps, mais l’une des autres saisons.
On en eut l’id&Ee de fort bonne heure: nous trouvons dejä
des chansons d’automne ou d’hiver, et en nombre respectable,
chez Marcabru, Peire d’Auvergne et Rambaut d’Orange.?
ll eüt ete ingenieux d’etablir un rapport £troit entre la saison
decrite et l’etat d’esprit analyse: avec les horreurs de l’hiver
se fussent harmonises des sentiments sombres ou violents, avec
la gräce du printemps, la joie ou l’espoir. Mais ces derniers
sentiments sont si rares dans la chanson courtoise, qu'il fallut
bien renoncer ä e&tablir cet accord. On pouvait, il est vrai,
ı C'est ce que I’on constate par exemple chez Peire d’Auvergne
et Arnaut Daniel.
? Paetzold (Eigentümlichkeiten, p. 18) note qu’il ya chez Rambaut
trois descriptions de printemps seulement, contre deux d’et& et cinq
d’hiver, et que ces dernitres sont generalement plus longues.
Etudes sur Tancienne poesie provengale, III. 245
au lieu de l’hkarmonie, faire ressortir le contraste; mais cela
est, ä la verite, assez rare. Il ne semble pas que les trouba-
dours aient serieusement cherche l’un ou l’autre, et les des»
criptions initiales sont generalement de simples passespartout.!
Les poetes doues de quelque originalite s’en lasserent
assez vite: ces debuts ster&otypes sont rares chez Arnaut Das
niel et Peire Vidal, frequents, mais tres brefs, chez Guiraut
de Bornelh, comme s’il payait de mauvaise gräce un tribut
oblige; ils manquent totalement chez Folquet de Marseille.
D’autres protestent qu’ils ne veulent pas se soumettre & l’usage;
d’autres enfin declarent que la saison n'est pour rien dans la
nature de leurs sentiments;? mais cette declaration leur fournit
encore un pretexte a decrire, et nous retombons dans le lieu
commun. En somme, celui qui aura la patience de dresser
cette statistique trouvera bien, jimagine, dans une chanson
sur trois ou quatre, une description de nature comme motif
initial. Rien ne nous montre mieux combien les traditions
etaient vivaces au moyen äge, et combien rare, chez les poetes
d’alors, l’esprit d’independance ou d’initiative.
Les images ou metaphores empruntees & la vie chevale-
resque ou religieuse nous rapprochent un peu davantage de la
realite.
Les premieres sont les plus nombreuses et derivent pres»
que toutes d’une assimilation, minutieusement poursuivie, du
! Selon Paetzold (op. cit., p. 18 et 5l) Rambaut d’Orange note
lusmäme le contraste dans trois de ses chansons; chez Arnaut Daniel,
sur dixsept pidces, il y a six chansons de printemps, quatre d’hiver;
dans l’une au moins de ces dernieres (III) le contraste est nettement
signale.
® Quora qu’amors vuelha, — Leu chan, — Qu'autra flors ni fuelha —
No y vau gardan (Peirol, R. 268). — Vergiers ni flors ni pratz — No
m'an fait chantador, Mas per, vos cui azor — Dona m sui alegratz (P. Rai:
mon, S’ieu fos; R. V, 328). De m&me B. de Palazol (Mais ai de talen, c.
1; R. 238). La protestation de Thibaut de Champagne sera plus Energique
encore: Fueille ne flors ne vaut rien en chantant, dit:il (&d. Wallensköld
IV); ce qui ne l’empäche pas d’en mettre beaucoup dans ses vers.
246 A. Jeanroy,
service amoureux au service feodal. Cette assimilation est
tres ancienne, puisque nous en trouvons de&jä des traces eviden=
tes chez Guillaume IX; ! et cette antiquit& m&me appuie l’opi-
nion que c'est dans le monde des soudoyers et chevaliers
pauvres, groupes autour du grand feudataire, que se sont
forme&es les theories courtoises. Il y avait la une source in&puis
sable de developpements plus ou moins ingenieux.’
La vassalit€ est un lien librement consenti, qui attache
le client au patron, l’«homme» au «seigneurv. Le premier
engage par serment sa foi au second; il lui doit une fidelite
absolue qui se traduit par une aide sans restriction tant ä& la
guerre que dans le conseil. En Echange, le seigneur assure
a l’'homme qu’il a «retenu» son entretien et la securit& de ses
biens et de sa personne. Il n'est pas tenu, en dehors de cette
obligation, & une recompense determinee; mais il &etait admıs
qu’apres une duree plus ou moins longue de loyaux services,
le vassal y avait droit. S’il recevait ä ce titre un fief, il pre-
tait <hommage» au seigneur qui devenait son suzerain: age:
nouille devant lui et les mains dans les siennes, il se declarait
son homme:lige; le suzerain scellait le pacte en le baisant sur
la bouche ou en lui remettant un anneau.?
Les poetes courtois pretendent etablir entre eux et leur
dame, qu’ils appellent parfois «seigneur» (au masculin)? un
pareil lien d’obligations reciproques.
! Qu’ans mi rent a lieys em liure, — Qu’en sa carfam pot escriure
(VIII, coupl. 2). La carta est le «röle» oü est inscrite la liste des fideles.
2 Je resume ici le substantiel article de Wechssler (Frauendienst
und Vassallität) oü ont &t& cites les principaux textes juridiques etune
quantite plutöt excessive de textes litteraires. L’auteur a pourtant omis
de signaler l’emploi technique du verbe retener.
® «Car entre seigneur et home n’a que la foi, et la foi doit estre
coneue et gardee entre eus...11l (le seigneur) le doit (l’homme) baisier en
foi en la bouche» (Assises de Jerusalem, &d. Beugnot, chap. 195-6 et 208).
* A vos cui tenc per domna e per senhor (Giraut de Salignac; R. 39);
meme vers (a leis au lieu de a vos) dans A. de Sarlat, Ouan si carga, c. #
(R. 385); vers tres analogue dans R. d’Orange, No chan, c. 4. Chez les Iyris
ques portugais le mot senhor est souvent employ& pour designer la dame.
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 247
La premiere de leurs ambitions est d’etre «retenus»:
... Re nous deman
Mas quem prendatz per servidor,
Qu’ieus servirai com bo senhor
Cossi que del gazardon m/’an.
(Ventadour, Non es meravelha, c. 7; Appel, Chrest., p. 55.)
A lieys m’autrei litges deserenan,
Si tot no’'m vol, mi qu’en cal? qu’atrestan
Serai aclis vas lo sieu senhoratge,
Cum s’ieu l’agues fait certan homenatge.
(Peirol, D’un bon vers, c. 2; M. W. II, 2.)
Ab celar et ab sufrir
Li serai om e servire,
E sol sim vol retener
Vec lim tot al sieu plazer,
Fis, francs, ses bauzia.
(P. Raimon, Atressi, c. 3; R. 628.)
-
Veus mi al vostre plazer,
E sius plai mi retener,
Sui vostres senes enjan...
Et en vostra senhoria
Remanh e serai e so,
Ab quem retengatz o no.
(B. de Palazol, Totz temeros, c. 4; R. 235.)
No m’aian tan mos precs valgut
Qu'aissi m’a baizan retengut.
(R. d’Orange, Ar quan, c. 2, M. G. 362.)
Ains elamarai merce tot a rescos
Tro per merce tengatz mos mans amdos
Entr’els vostres e faretz chausimen,
C’als non es mens el certan omenatge.
(R. Jordan, Vas vos soplei, c. 5; M. G. 107.)
a % a \
Ils sont tous pröts ä preter le serment, en se soumettant
au ceremonial d’usage et en priant la dame de s’y soumettre:
. S’ieu vos vengues de ginolhos denan,
Mas mans junchas, eus quezes vostr'anel,
Quals franquesa fora e quals mercesl
(G. de St.:Leidier, Aissi cum es bela, c. 3; R. 300.)
248 A. Jeanroy,
Gran talent ai cum pogues
De ginols ves lieys venir,
De tan luenh cum hom cauzir
La poiria, quel vengues
Mas juntas far homenes,
Cum sers a senhor deu far.
(P. Raimon, Arai ben, c. 3; M. W. I, 154.)!
Quelle allegresse quand leur dame y a consenti!
Adoncs l'estei tan denan,
Mas jontas, de bon coratge,
De genolhos, en ploran,
Trom pres en son senhoratge.
(G. Faidit, Sitof ai tarzaf, c. 2; R. 2%)"
Miraval, pour bien marquer ce lien de vasselage, feignait
qu’il tenait de sa dame son chäteau;? cette protestation &tait
devenue chez lui une sorte de manie que raillaient les maus
vaises langues.” L’amant «retenu» appartient ä sa dame sans
reserve, il est son serf, sa chose; elle peut «le donner ou le
vendre»:
Vostr'om domenjatz
Sui com s’era compratz.
(P. Raimon, Vergiers ni flors, c. 3; R. V. 328;
&d. Anglade, no XIIl).
! Plusieurs sceaux du XIle si&cle repr&sentent un chevalier & ge:
noux, pretant hommage & une dame, les mains dans les mains; l’un
d’eux est de Conon de Bethune; on y lit, au:dessus de la tete du cheva-
lier, le mot Merci (Schultz, Höfisches Leben, I, 648 ss.).
® Cf. encore du m&me potte, Lo rossignholet salvatge, c. 4; R.
282. La mention d’un baiser regu par le po£te, se rapporte sans doute
a cc baiser rituel: La bela quem compret baisan, dit B. de Palazol,
Mais ai, c. 2; R. 238... Lo jorn quem retenc baizan, avait dit G. Faidit
dans la pi&ce möme dont quelques vers sont cites plus haut.
» Deja dans R. d’Orange: Lieis de cui tenc Aurenga (Ar quan, c.
2; M.G. 362) et Aurenga e Mondrago — Qu’eu ten de mi dons... (Com;
panho, c. 3; M. G. 1030).
* Miraval ques fai molt cortes — E dona son castel soven (Mon:
taudon, Pos Peire, c. 4; €d. Philippson, X).
Etudes sur l’ancienne poesie provengale, III. 249
Per qu’eum ren a leis merceian
Sil platz quem don o quem venda.
(Ventadour, Larquan vei, c. 4; &d. Appel, no XXX.)
Mais, en revanche, la dame contracte envers son fidele
certains devoirs: «Ce qu’on attend d’un bon seigneur, qu’on
a servi de tout c&ur et en toute loyaute, c'est que, conseille
par la raison, il se decide & faire quelque bien ä& son servis
teur®» (Barbezieux, Be volria, c. 2; R. 457). Le premier de
ces devoirs est de lui conserver la vie. Le pousser & la mort
par le desespoir ne serait pas seulement, pour la dame, un
crime, mais une imprudence et une absurdite: car qui voudrait
desormais servir un seigneur aussi cruel? Laissera-tselle perir
son serviteur dans les angoisses qui le torturent? «Un faible
chäteau e&troitement assiege ne peut Etre sauv& sans Secours.
Si le seigneur & qui il appartient ne lui apporte pas ce secours,
il le perd par sa faute, et c'est pour lui grand deshonneur
et grand dommage. Ainsi ma dame par sa faute me perdra
si elle ne me secourt pas quand je lui crie merci» (P. de
Capduelh, Si com celui qu’a pro, c. 2, ed. XII).!
Quand un fidele n’obtient de son seigneur aucun guerres’
don, quand il ne regoit en Echange de ses services que dedains
et mauvais traitements, il a le droit de chercher un autre maitre;
c'est ce que peut faire, lui aussi, un amant trop longtemps
rebute: «Je me tournerai donc ailleurs, car il est sage et ne
merite aucun bläme, celui qui, sans vains murmures, s’eloigne
d’un seigneur cruel et impitoyable» (P. Vidal, Atressi col
perilhans, c. 3; ed. Anglade, no II).?
Si decidement le lien est trop lourd, le mieux est de le
" M&mes images et presque mämes expressions dans P. Raimon:
Nom puesc sufrir, c. 5, R. 126, et P. Vidal (ed. Bartsch, 67). C'est un
crime analogue que de laisser mourir de misere son prisonnier, m&me
si celuisci refuse sa libertt (Montaudon, Aissi com hom, c. 2, &d. Phis
lippson, VIII).
® C'est un motif qui revient frequemment dans les chansons de
conge; voy. notamment Montaudon, Aissi cum cel qu’es, c. 1, &d. Phi»
lippsson, V.
250 Alexander Haggerty Krappe,
rompre sans esclandre, en invoquant de justes lois et en s’en»
tourant de toutes garanties: «Allons nous mettre entre les
mains d’un prätre; vous me delierez, Dame, et je vous delierai;
et chacun de nous pourra, de son cöte, maintenir loyalement
un autre amour» (Peire de Barjac, Tot francamen, c. 4; R. 243).
Le caractere conventionnel des images est, en somme, ce
qui nous choque le plus dans le style des troubadours.
Paris. A. Jeanroy.
The Sources of the Saga af Herraudi
ok Bösa.
In a recent study dedicated to O. L. Jiriczek, Dr. F. R.
Schröder has reopened the question concerning the sources
of the Bösa Saga, which in its essential features he derives
from the Old French epic of Huon de Bordeaux." The sug:
‚gestion is not new. As early as 1870 L. Ettmüller saw the
striking resemblances between the saga and Wieland’s Oberon,
which is of course known as a late derivative of the mediae-
val chanson de geste.” As is well known, however, Huon
de Bordeaux does not occupy an entirely isolated place in
mediaeval literature. On the contrary, it had the honour of
various continuations, some written in an identical spirit, and
of a parallel epic in Middle High German, the famous Herzog
Ernst. Since neither Ettmüller nor Dr. Schröder appear to
have taken this fact into consideration, a reexamination of
the problem may not be altogether unjustified.
There is certainly no need to sum up again the chief
saga incidents, the less so because Dr. Schröder has outlined
them in his lucid and charming style which I would fain
ı Franz Rolf Schröder, Motivwanderungen im Mittelalter, Germa-
nisch«Romanische Monatsschrift, XVI (1928), p. 7—135.
® L. Ettmüller, Altnordischer Sagenschatz, Leipzig, 1870, p. 460, 4:0.
The Sources of the Saga af Herraußdi ok Bösa. 251
equal.! Yet a brief summary, in the manner of V. Chauvin’s
admirable resumes, of the first part of the saga may prove
helpful and even necessary for a profitable discussion of the
problem involved.
The friend of a prince kills the king's son and
thereby draws upon himself the monarch’s wrath. The
prince refuses to abandon his friend, and both are
promptly outlawed. The king makes war on them,
with poor success at first. Finally, being vastly out-
numbered, they fall into his power. They are both
exiled and set out on a maritime expedition to the
countries of the East. After many adventures they
return home, laden with booty, and become reconciled
to the king. |
The chief episodes are then the following:
(1) The friend of the hero kills the king’s son.
(2) The adventures of the two friends in the East country.
(3) Their return home and reconciliation with the king.
Now it is quite true that practically the same facts make
up the action of Huon de Bordeaux,” but we fail to find
there the motif of the two friends of whom the one falls
into disfavour with the father of the other and who refuse
to give up their friendship for the sake of the angry monarch,
in spite of the dangers they have to face in consequence.
This is unquestionably a most essential episode of the saga,
because it releases as it were the whole action. Since it is
not to be found in the French epic, it follows that the latter
cannot have been the model of the saga, which precisely on
account of this important incident has often been classed with
the fostbroedra sögur.” This episode, joined to the others,
’ Op. cit., p. 8-10. For a German resume cf. also Ettmüller,
p. +44-70; for a Swedish one cf. A. A. Afzelius, Svenska Folkets Sago«
Häfder eller Fäderneslandets Historia, Stockholm, 1839-43, I, 129 ff.
2 O. Engelhardt, Huon de Bordeaux und Herzog Ernst, Diss.
Tübingen, 1903, p. 14.
® E. Mogk, Geschichte der noıwegisch:isländischen Literatur, Strass»
burg, 194, p. 846.
252 Alexander Haggerty Krappe,
is however found in the Middle High German poem of Herzog
Ernst,! which tells the following story:
The emperor Otto marries the widowed queen
Adelheid, the mother of the hero. The latter is
slandered by a nephew of the emperor. Beside him»
self with rage, the young Ernest, accompanied by his
faithful friend Wetzel, enters the castle of his step»
father and kills the traitor in the very presence of
the monarch. The latter decides to avenge the insult
and lays siege to the city of Ratisbonne, where the
two heroes have taken refuge. At the end of their
resistence, they retire on their own free will and set
out on a maritime expedition to the Holy Land.
After numerous adventures, in which griffins (cf. the
griffin’s egg in the saga) and the deliverance of a
princess play an important röle, they return, laden
with treasures, to Germany, where the emperor par;
dons them after some hesitation, and they all live
happily until their death.
There can then be no doubt that the Herzog Ernst is far
more apt to have been the model of this first part of the
saga than MHuon de Bordeaux. Since however the Middle
High German poem was also utilised by one of the continus
ations of Huon de Bordeaux, the chanson de geste Esclarmonde,?
it will be well to determine which of the two, the German
original or the French reworking, was at the base of the saga.
The absence of the devoted friend from an essential episode
of Esclarmonde, i.e. the deliverance of the princess, excludes
the second of the two alternatives, and it is therefore clear
that the author of the first part of the Bösa Saga drew on
the Herzog Ernst.
? Cf. W. Golther, Die deutsche Dichtung im Mittelalter, Stuttgart,
1922, p. 123, 546,
% Engelhardt, p. 24; F. Klauber, Charakteristik und Quellen des
altfranzösischen Gedichtes Esclarmonde, Diss. rleidelberg, 1913; K. Vos
retzsch, Einführung in das Studium der altfranzösischen Literatur, Halle,
1925, p. 417.
The Sources of the Saga af Herraudi ok Bösa. 253
As is well known, the original version of the Herzog
Ernst was composed in the Rhine country, probably in Belgian
Limburg,! some time between 1170 and 1180.?2 No doubt,
the story migrated to Scandinavia either directiy from the
Netherlands or from Northern Germany.
While admitting this result, we must yet examine certain
features of the saga which are explainable neither by the
influence of the German poem nor by literary borrowings
from other pieces of the Old Icelandic literature. They are:
(1) In the saga the victim is the eldest son of the king,
in the Herzog Ernst his nephew.
(2) The murder is committed by the hero’s friend, not
by the hero himself.
(3) The murderer is sent out to fetch the griffin’s egg.
(4) The magic music and (5) the blow by which the
hero deprives his enemy of three teeth are without
parallel in the German poem.
The first two of these differences may be explained as fols
lows. Irue enough, in both the saga and Huon de Bordeaux
the victim is a son of the monarch; but it is unnecessary to
conclude from this coincidence that the author of the saga
knew the French poem. He may have brought about the
change simply because he thought it unnatural that a man
should, as the German emperor does, persecute the son of
his wife to avenge a nephew. So he changed the arrangement
and decided that the victim should be the king’s own son.
Then, to avoid a fratricide or the hero’s failure to avenge a
fratricide (upon either of which his Scandinavian listeners
would have frowned), he made the victim the hero’s step-
brother and had the murder committed not by Herraud him:
self but by his friend, who corresponds of course to the
Wetzel of the German poem.
In the epic of Herzog Ernst the hero is sent on no
definite quest; Ernest goes voluntarily into exile. On the
ı Engelhardt, p. 48.
2 Between 1172 and 1186, according to Golther, op. et loc. cit.
254 Alexander Haggerty Krappe,
other hand, Huon is sent by the emperor to Babylon, where
he is to kill the first Saracen he will meet in the emir’s palace,
to give three kisses to the emir’s daughter in the presence of
her father and to bring back to France hair from the emir’s
beard and four of his molar teeth. Let us note, in the first
place, that the griffin’s egg of the saga has little in common
with the beard and the molars of a Moorish prince, unless
it be the danger connected with the quest. The motif of the
dangerous quest, however, is far too common and too wide-
spread in the folklore of Europe to be of any value, and no
valid conclusion can be drawn from this coincidence.
The freeing of Sebile and the abduction of Esclarmonde
in Huon de Bordeaux are perfectly banal incidents, the giant
and the emir having been put out of the way beforehand.
It is impossible to derive from either of them the episode of
the freeing of Hleid from the Finnish witch or (in the second
part of the Bösa Saga) her abduction from her father’s court,
both episodes, but more especially the AuEN, most picturesque
and full of life.
The magic music of Oberon’s horn is indeed identical
with that of the magic harp in the second part of the Bösa
Saga; but it is equally so with the magic music of many
other fairy instruments hailing from many different countries.
For is it not at bottom the same instrument of which
The like was never known
So full of mirth and mickle joy
That whenso’er it's blown
All living creatures that shall hear
The sweet and pleasant sound
Shall not be able to forbear
but dance and skip around?!
Again, it seems to me, there is little justification for deriving
this episode from Huon de Bordeaux, the less so because the
ı Cf. the article of S. Bugge, Harpens Kraft in Arkiv f. nord. Fil.,
VII (1891), p. 97 ff. and my study on The Legend of Amphion in The
Classical Journal, XXI, 21—28.
The Sources of the Saga af Herraudi ok Bösa. 255
motif of the magic music is extremely common in the Scan»
dinavian countries and occurs moreover in the Solomon legend
which, as Dr. Schröder admits,! exercised most probably a
certain influence upon the Bösa Saga. That in both the saga
and the French epic the motif of the magic music is connected
with a banquet scene, is equally natural, considering that it
was during banquets that minstrels had a chance to perform:
and thus to play a prank of the type occurring both in Huon
de Bordeaux and the Norse saga.
Lastly, Ettmüller as well as Dr. Schröder see some cons
nexion between the blow dealt to Godmund (in the second
part of the saga), depriving him of three of his teeth, and
the four molars of the admiral Gaudise in the chanson de
geste. It is however to be noted that Huon is careful to
decapitate the emir before pulling out any of his teeth, which
is an infinitely more practical procedure. The number of the
teeth is different in the two documents and, last but not least,
nothing is said in the saga that the hero is to bring back or
does bring back those teeth as a sort of trophy. It seems
to me that if King Godmund is made to lose three teeth, it
is merely to show the strength of the hero’s blows, just as it
would be in a modern tale.
Still other features which might be mentioned in this
connexion are explained satisfactorily by the tendency of the
sagaman to give more than a feeble reproduction of a German
original. For example, if in the saga the slaying of Siod
takes place in the open air — as does the slaying of Charlot
in Huon de Bordeaux — the reason is that the transplantation
of the corresponding episode of the Herzog Ernst into an
artificial Viking milieu required such a modification.
From the foregoing facts it will be safe to draw the
following conclusions.. The French epic Huon de Bordeaux
had no influence upon the first part of the Bösa Saga, and
even certain coincidences in the second part can be explained
' Op. cit., p. 12 £.
256 Besprechungen. R. Riegler,
without such influences, on the natural assumption that the
author of the saga was no slavish imitator but modified in a
certain measure the donnees of his model. This model was
the German epic of Herzog Ernst, itself closely related to
Huon de Bordeaux, a fact which goes far to explain the aps
parent similarities between the French epic and the Norse saga.
University of Minnesota.
Alexander Haggerty Krappe.
Besprechungen.
Eduard Weinkopf, Naturgeschichte auf dem Dorfe.. Zwölf
Aufsätze über volkstümliche Tier- und Pflanzenkunde mit
Anmerkungen. Mit 6 Abbildungen. Wien, Österreichischer
Bundesverlag, 1926. 220 S. 8:0.
Auf dem Gebiete der volkstümlichen Naturgeschichte sind
uns Franzosen und Italiener zweifellos über, wie die Riesenwerke
von Rolland und Garbini beweisen. Es ist daher jeder deutscher-
seits unternommene Versuch auf diesem Gebiete lebhaft zu be-
grüssen.
Vorliegendes Büchlein wendet sich zunächst an das grosse
Publikum, es ist allgemein verständlich und mit grosser Liebe
geschrieben, und zwar von einem, der kein Bücherwurm ist,
sondern, mitten in ländlicher Natur aufgewachsen, mit regen Sin-
nen Tiere und Pflanzen beobachtet hat. Ist’der populär gehal-
tene Text für den Laien berechnet, so wird der Fachmann aus
den zahlreichen Anmerkungen, die mehr als die Hälfte des Bu-
ches umfassen, reichlichen Gewinn ziehen. Hier findet sich wert-
volles sprachliches und volkskundliches Material. Mundartliche
Tier- und Pflanzennamen aus oft schwer zugänglichen Dialekt-
‚, wörterbüchern werden hier gebucht und erläutert. Ein Literatur-
verzeichnis und ein mit grosser Genauigkeit gearbeitetes Wort-
register erhöhen die wissenschaftliche Brauchbarkeit des Buches.
Bei den Anmerkungen wären hie und da noch weitere Hin-
weise erwünscht. Analogien zu Branderl = Rotschwänzchen
vgl. Archiv. rom., Bd. 7, S. 24, N:o 60. — Zum Winterschlaf
des Dachses vgl. Festschrift der 50. Versammlung deutscher Phi-
lologen in Graz, 1909, S. 33. — Im Worte Eichhörnchen
Eduard Weinkopf, Naturgeschichte auf dem Dorfe. 257
beruht Eiche -— wie sich aus dem Vergleiche mit den übrigen
germanischen Namen des Tieres deutlich ergibt — auf volks-
etymologischer Umbildung. Man beachte das Simplex kärnt.
Acherle (Carinthia, Bd. 96, -S. 55). — Eine Zusammenstellung
von Namen dieses Nagers siehe Teufhonista, Bd. 1, S. 227 f. —
Über die Elster als Unglücksvogel und Todesboten vgl. Arch. f.
Rel.-wissensch., Bd. 23, S. 351. -- Zur Benennung der Elster
mit Mädchennamen vgl. Riegler, Das Tier im Spiegel der Sprache,
S. 158. — Die ahd. Form agalstra findet sich noch in kärnt.
agalster, äglaster (Carinthia, a.a.O.. — Zur Eule ygl.
Riegler, op. ci£, S. 112--124. — Zu Haarrafferl = Fleder-
maus vgl. triet. ciapa-cavei, röm. fura-capiju (Gar-
bini, Antroponimie ed omonimie nel campo della Zoologia popo-
lare, II, 727). — Zu gugler = Goldamsel vgl. Arch. rom.,
Bd. 9, S. 68 f. — Zu Haberschreck = Heuschreck vgl.
kärnt. Heubock (Carinthia, Bd. 96, S. 59). Haber ist ein
altes Wort für «Bock». (Vgl. den Namen der Habergeiss.)
In den romanischen Sprachen ist die Benennung der Heuschrecke
nach Bock oder Ziege nicht selten. (Vgl. Zf. f. rom. Phil, Bd. 31,
S. 13.) — Zu Hotterl = Bachstelze vgl. Arch. rom., Bd. 6,
S. 174, N:o 22. — Zu Klag = Eule vgl. Analogien in den
romanischen Sprachen (op. ci£., S. 170, N:o 12). — Das Geschrei
der Krähen dürfte wohl in ganz Europa als regenkündend gelten.
In Istrien hörte ich von ihnen sagen: le ciama la piova (sie
rufen den Regen herbei, — Zu Sagfeiler = Kohlmeise vgl.
in der H.-Marne analog limeur de scie (Arch. rom., Bd. 7,
S. 25). Über die Kröte als Butterlieferantin der Hexen vgl. auch
Wörter u. Sachen, Bd. 7, S. 139, 143, u. Arch. f. d. Studium d.
neueren Spr. u. Lit., Bd. 149, S. 75. — Neben steir. Matschker =
Kröte wurde mir auch Tatschker angegeben. Carinthia, Bd. 96,
S. 65 verzeichnet Tätscher, Tatschger. — Zu den Namen
der Libelle vgl. Arch. rom., Bd. 9, S. 209 ff. — Zu den Lock-
rufen für Hühner vgl. Z/. f. franz. Spr. u. Lit., Bd. 149, S. 105,
Anm. 7.u. 8. — Zum steir. Lockruf für die Schweine kausch,
kausch vgl. den franz. Lockruf kuS, kuS$, woher franz. cochon
«Schwein» (Zf. /. franz. Spr. u. Lit, Bd. 49, S. 114, Anm,, u.
Arch. f. d. Studium der neueren Spr. u. Lit., Bd. 146, S. 127). —
Zum Ohrwurmglauben vgl. Wörter u. Sachen, Bd. 3, S. 190 f.,
u. Bd. 6, S. 198 f. — Analogien zu Moorochs = Rohrdom-
mel vgl. Arch. f. d. Studium usw., Bd. 146, S. 254. — Zu den
Schmetterlingsnamen vom Typus ahd. vivaltra ist zu bemerken,
dass es sich hiebei — wie W. Oehl in seiner die mannigfach-
sten Sprachen des Erdkreises berücksichtigenden Untersuchung
17
258 Besprechungen. R. Riegler,
der Schmetterlingsnamen dargetan hat (Bidl. dell’ Archiv. rom.,
serie II, vol. II, S. 75 — 115), — um die akustische Wiedergabe eines
optischen Eindruckes (der rhythmischen Flugbewegung) handelt.
Häufig werden diese elementaren Wortschöpfungen volksetymo-
logisch beeinflusst wie tirol. Pfeifalter, Pfeilmuatter, Drei-
falter, Weinfalter, Beinfalter usw. zeigen (Dalla Torre,
Die volkstüml. Tiernamen in Tirol u. Vorarlberg, S. 78). Vgl.
hiezu kärnt. falfalterle, häafalterle, speilfalterle, flet-
terle (Carinthia, S. 58 u. passim). — Uber den Schmetterling
als Seelenepiphanie vgl. Arch. f. d. Stud., Bd. 149, S. 272 f. —
Zu tirol. Schneiderseele = Schmetterling vgl. kärnt. Schnei-
dergeist = Kleidermotte (Carinthia, Bd. 96, S. 64), — Zu
Schweinzerl = Löwenzahn vgl. franz. groin de porc (Arch.
f. d. Stud., Bd. 144, S. 127). -- Zu den Spechtnamen vgl. Zf.
des Vereins f. Volksk., 1913, S. 260 ff. — Dass Speifa) =
Stadtschwalbe die Weiterentwicklung einer Schallnachahmung dar-
stellt, geht hervor aus Arch. rom., Bd. 7, S. 12 f, N:o 32. —
Dieb = Sperling mag auf einer Rufdeutung beruhen, vgl. je-
doch hiezu portug. pardal ladro (Riegler, op. cit., S. 170, Anm.).
— Zu Tschafittl = Eule ( ital. civetta vgl. Arch. f. d. Stud.,
Bd. 145, S. 123. — Zur Wiedergabe des Wachtelrufes mit qua,
qua, qua vgl. ital. quaglia = Wachtel. Über die onomato-
poetischen Wachtelnamen vgl. Zf. f. rom. Phül., Bd. 40, S. 336— 328.
— Zu Meahml (Mühmchen) = Wiesel (in Gmünden) sei ver-
wiesen auf mähr.-schles. Gevatterle, span. comadreja. Über
den volkskundlichen Hintergrund dieser Bezeichnungen vgl.
Wörter u. Sachen, Bd. 4, S. 175. Die Gleichsetzung Muhme =
Elbe, die der Verf. S. 143 wagt, ist wohl nicht leicht zu be-
gründen. Zum Wieselproblem vergleiche ferner Arch. rom., Bd. 9,
S. 209 ff., Zf. f. rom. Phil., Bd. 36, S. 160 ff., Bd. 37, S. 210 ff,
Washinglon University Studies, X1l, Human. series N:o 1, $. 33 — 66.
— In Goisern (Oberösterreich) heisst das Wiesel Pfeifkatzl
(freundl. Mitteilung von Dr. E. Kranzmayer).
Klagenfurt. R. Riegler.
A. Wirth, Beiträge zur Volkskunde in Anhalt, Heft 4/5: Die
Tiere im Brauch, Glauben und Volksreim. Dessau, Dünn-
haupt Verlag. 64 S.
Veröffentlichungen wie die vorliegende sind nicht genug zu
begrüssen, denn spärlich beschäftigen sich unsere Volkskundler
mit der Tierwelt, die doch folkloristischer Betrachtung so viel
Fesselndes bietet. Wir haben nichts was wir nur im Entferntesten
A. Wirth, Beiträge zur Volkskunde in Anhalt. | 259
Rollands vielbändigem Werke Faune populaire de la France an
die Seite stellen könnten. |
Wirths «Beitrag» behandelt in sechs Kapiteln die Haustiere,
sonstige Tiere, die Tiere als Wetterkünder, volkstümliche Namen,
besonders für Vögel, die Tiere in Volksreim und Volksrätsel.
Hiebei ist ieicht festzustellen, dass sich die vorgebrachten Äus-
serungen des Volksglaubens in der Mehrzahl auch in anderen
Gegenden des deutschen Sprachgebietes, ja zum Teil in gleicher
oder ähnlicher Fassung in anderen Ländern finden. Es wäre
von Vorteil gewesen, das Abweichende besonders hervorzuheben.
Im allgemeinen beschränkt sich Verf. darauf, den Volks-
glauben als solchen festzustellen ohne ihn zu erklären. Wo dies
doch geschieht, scheint mir der Versuch zu gewagt, an altheid-
nischen Götterglauben anzuknüpfen. Weder lässt sich irgendwie
beweisen, dass Eichhörnchen, Kuckuck, Schwalbe, Storch in Be-
ziehung zu Donar standen noch dass die Kreuzspinne der Frigg
geweiht war. Diese Phantasieauswüchse der wenig kritischen
älteren etymologischen Schule spuken leider noch immer in volks-
kundlichen Büchern. Hingegen wäre beim Heimchen ein Hin-
weis auf seine Beziehungen zu Holde angebracht. (Vgl. Wasch-
nitius, Perht, Holda und verwandte Gestalten. Sitzungsberichte
der Wiener Akademie der Wissenschaften, phil. hist. Kl., Bd. 174,
S. 103.) Lässt sich mit den noch immer beschränkten Mitteln
der heutigen Forschung die historische Entwicklung des Aber-
glaubens schwer verfolgen, so lässt sich nicht selten der Sinn
einer Volksmeinung durch Anwendung der vergleichenden Methode
erhellen. Wenn z.B. S. 24 bei «Ameise» berichtet wird, ein
mutwilliges Zerstören von Ameisenhaufen bringe Unglück, wäh-
rend Gegenstände, in solche gelegt, eine besondere Kraft gewön-
nen, so wird dieser Glaube erst verständlich durch einen Vergleich
mit einem analogen englischen Volksglauben. Auch in Cornwall
gilt das Vernichten von Ameisenhaufen für verderblich, nur hat
sich dort die Begründung dieses Aberglaubens erhalten. Es heisst
nämlich, die Ameisen seien verzauberte Zwerge. Vgl. hiemit die
altgriechische Myrmidonensage (Small Folk oder Small
People E. M. Wright, English speak and folklore, S. 267).
Dass dieser Glaube sich auch auf deutschem Sprachgebiet erhal-
ten hat, findet seine Bestätigung bei Sieds, Helgoland und seine
Sprache, S. 105, wo emarbanskan, d.h. Unterirdische als
Namen der Ameisen angegeben wird. Vgl. auch Zaunert, Deut-
sche Natursagen I, 52, wo Zwerge sich in Gestalt von roten
Ameisen rächen. Der Anhalter Glaube, dass Ameisen entstehen,
wenn jemand in Sägespäne pisst, wird erst ins richtige Licht
"260 Besprechungen. R. Riegler,
gesetzt durch den Egerländer Aberglauben, die Ameise «besaiche»
einen, wenn: man von ihr gebissen wird, weil man glaubt, der
brennende Schmerz rühre vom Urin her. (Vgl. J. Neubauer in
Zeitschr. f. österr. Volkskunde Il, S. 329.) Die Auffassung der
Ameise als eines Pissdämons dürfte daher zu Recht bestehen
(Höfler in Archiv f. Religionswissenschaft II, S. 125). Von diesem
vermeintlichen Pissen hat die Ameise ihren Namen nicht nur in
deutschen Mundarten,! sondern auch im Englischen (pis-mire,
pis-ant) und im Niederländischen (pis-miere, pis-emme,
zeik-mier) (Zdlinger, Erklärung der Tiernamen aus allen Sprach-
gebieten, S. 6, und Corteliou, Die altenglischen Namen der Insek-
ten, Spinnen und Krustentiere (S. 45). — Der Glaube an die Giftig-
keit der Eidechse (S. 24) überrascht in Anbetracht der guten
Meinung, die das Volk anderswo von diesem Tiere hat. In Ita-
lien und in England soll es den Menschen vor der Schlange
warnen. Daher die Namen siz. salva-omeni, schott. man-
keeper (Roland, Faune pop. XI, S. 25). — Zu der Redensart
«Elsterneier gegessen haben» (von einem Schwätzer) stellt sich
die französische Wendung croquer la pie «gehörig zechen».
Genuss geistiger Getränke macht schwatzhaft (Roland, Faune
pop. IX, S. 229). Uber den Ausdruck vin de pie «Elstern-
wein» vgl. Rezensent in Wörter und Sachen VI, 195. — Verf.
bringt die Fledermaus in Zusammenhang mit den Vorstellungen
vom Alpdruck (S. 25), was an und für sich ganz gut möglich
wäre, nur ist es auffallend, dass unter den Tieren, die im Volks-
glauben den Alp verkörpern, meines Wissens die Fledermaus
nicht vorkommt.” Wohl aber dürfte sie mit dem in slawischen
Gegenden herrschenden Vampyrglauben in Verbindung zu bringen
sein. Der dämonische Charakter dieses Tieres — #Hlöfler (op. cit.
Il, 119) bezeichnet es als Haardämon — ergibt sich aus animis-
tischen Vorstellungen. In der Schweiz gelten die Fledermäuse
als die Seelen verstorbener alter Frauen und alter Junggesellen
(nach Staub-Tobler, Idiotikon), und auch in Sizilien ist taddarita
Bezeichnung der Fledermaus und eines Dämons (Dora d’Istria
in Revue internationale ll, 597). Zu dem Aberglauben, die Fleder-
maus fresse Speck, weil sie häufig im Schornstein gefunden wird,
vgl. den Namen Speckmaus in Oberhessen, der nach Crecelius,
Oberhessisches Wb., I, 794 überall dort für das Tier gebraucht
ı Z.B. sekammel(te) (Barmen), seckommel (Solingen),
sekammete (Lennep). Vgl. /. Leithaeuser, Volkskundliches aus dem
Bergischen Lande, Progr. Barmen 19u6, I/l, S. 6, wo noch zahlreiche
andere Namen verzeichnet sind (s&ken = seichen).
® Vgl. Ranke im Hwb. des deutschen Aberglaubens, Sp. 285.
Dr" EHE iii — GEBE
4. Wirth, Beiträge zur Volkskunde in Anhalt. 261
wird, wo «Fledermaus» Bezeichnung des Schmetterlings ist. Zum
«Hasenbrot» (S. 27) findet sich ein französisches Analogon:
pain d’agache, d.i. Elsternbrot, das Rolland, op. cit., IX, S. 219
aus Maubeuge verzeichnet. — Das Heimchen (S. 27) erscheint
schon bei Shakespeare (Macbeth 216) als Vorzeichen nahen Todes.
(Vgl. Ackermann, Der Seelenglaube bei Shakespeare, S. 75.) Zu
dem badensischen Namen des Hirschkäfers Teufelsross ver-
gleicht sich verones. diaolo (Garbini, Antroponimie nel campo
della Zoologia popolare, S. 50). Über die Beziehungen des In-
sektes zu Donner und Blitz vgl. Rezensent in dieser Zf., XXVl,
S. 180 f. — Die ominöse Deutung des Krähenrufes: starb!
starb! oder grab! grab! findet sich auch auf französischem
Sprachgebiet, u. zw. in der Umgebung von Rennes (Bretagne).
Dort hört man aus dem Gekrächze der Krähe das Wort cadavre
heraus (Sebillot, Folklore de France, Ill, 182). — Den mannig-
fachen Krötenaberglauben führt Verf. mit Recht auf den Animis-
mus zurück (S. 28), worüber Grundlegendes bei O. Todler, Die
Epiphanie der Seele 8 6. Diese animistische Deutung erfährt
eine sprachliche Stütze durch die schwedische Bezeichnung der
Kröte als underbyggare «Unterirdische» in Vallgrund und
Björkö in Finnland (Zandtman, Finlands Svenska Folkdiktning
VII, S. 456). In der Umgebung von Quimper (Bretagne) heisst
es ausdrücklich, man dürfe eine Kröte nicht töten, denn sie könne
die Seele eines Ahnen enthalten, die auf Geheiss Gottes für ihre
Sünden Busse tun müsse (Sebillot, op. cit. II, 281). Eine solche
Kröte heisst in Nassau Schuldkrott (J. Kehrein, Volkssprache
und Volkssitte in Nassau, S. 62). Gilt die Kröte in Anhalt als
Regenprophetin, so scheint dies nur eine Abschwächung eines
viel intensiveren Aberglaubens, der sich in Portugal erhalten hat,
dass nämlich die Kröten aus den Regentropfen entstehen (Leite
de Vasconcellos, Tradicöes de Portugal, S. 142). Über die Kröte
als Regensymbol vgl. auch Mannhardt, Germanische Mythen 439 f.
—- Über die an den Zahnwechsel der Kinder sich knüpfenden
abergläubischen Gebräuche (S. 32), die sich ähnlich bei den ver-
schiedensten Völkern finden, vgl. Rezensent in Archiv f. Religions-
wissenschaft XXIll, 162 ff. — Heisst es S. 36, dass, wird in
einem Kuhstall ein Schwalbennest vernichtet, die Kühe Blut statt
Milch geben, so finden wir das fehlende Mittelglied, das den
Aberglauben verständlich macht, anderswo. In Posen, in der
Schweiz, im Elsass, in Frankreich und bei den Siebenbürger Ru-
mänen ist der Glaube verbreitet, dass die Kuh blutige Milch gibt,
wenn eine Schwalbe unter ihrem Bauche hinwegfliegt. Eine
solche Milch nennt der französische Landmann lait harondale
262 Bespr. Wallensköld, Strohmeyer, Methodik des Neuspr. Unterrichts.
(haronde «Schwalbe» = schriftfranz. hirondelle) In der
Schweiz heisst eine Eutererkrankung der Kuh Unterflug. (Vgl.
Rezensent in Wörter und Sachen VII, S. 138.)
Um nicht den einer Besprechung gesteckten Rahmen allzu-
sehr zu überschreiten, wollen wir es bei diesen ergänzenden Be-
merkungen bewenden lassen. Sie. sollen zeigen, wie ungemein
anregend Sammlungen wie die vorliegende sind und wie sehr
sie zum Weiterforschen anregen. Hoffentlich werden mit der
Zeit auch aus anderen deutschen Sprachgebieten derartige Arbei-
ten vorliegen. Einige wenige sind in Schulprogrammen und in
Zeitschriften erschienen.
Klagenfurt. R. Riegier.
Hans Strohmeyer, Methodik des Neusprachlichen Unterrichts.
Auf Grund der Richtlinien für die Lehrpläne der höheren
Schulen Preussens vom Jahre 1925 für das Neusprachliche
Gymnasium aufgestellt. Braunschweig, Berlin und Ham-
burg, Georg Westermann, 1928. 343 S. 8:0. In Ganzlei-
nen M. 6.50.
Der Oberstudiendirektor am Neusprachlichen Gymnasium zu
Berlin-Oberschöneweide, Dr. Hans Strohmeyer, der bekannte Vor-
kämpfer für die preussische Unterrichtsreform vom Jahre 1924 und
insbesondere für den Schultyp des s.g. Neusprachlichen Gymnasiums,
gibt in diesem Werke den neusprachlichen Lehrern Deutschlands
eine sehr detaillierte systematische Darstellung der Art und Weise,
wie dieser neusprachliche Unterricht (im Französischen und Engli-
schen) den 1925 erschienenen «Richtlinien» gemäss betrieben wer-
den soll. Wie bekannt spielt in dieser Reform die «kulturkund-
liche» Seite des Unterrichts eine ausserordentlich wichtige Rolle,
und es ist sehr interessant zu sehen (durch einige Beispiellek-
tionen Strohmeyers), zu welch glücklichen Resultaten dieser Unter-
richt in den Händen eines geschickten Lehrers führen kann.
Was die Unterrichtsmethode betrifft, so wie sie — bisweilen
mit ermüdender Weitschweifigkeit — dargestellt wird, so stimme
ich dem Verfasser in fast allen Punkten bei. Es ist eine ideale
Methode, die aber eben die dem neusprachlichen Unterricht an-
gewiesene grosse Stundenzahl der neuen Gymnasien Preussens
erheischt. Mit den relativ wenigen Wochenstunden, die in den
Lehranstalten Finnlands dem neusprachlichen Unterricht zur Ver-
fügung gestellt werden können, ist es unmöglich bei uns zu
solchen glänzenden Resultaten zu gelangen. Jedenfalls kann das
Werk Strohmeyers gewiss auch von finnländischen Pädagogen
mit grösstem Nutzen gelesen werden. A. Wallensköld.
d
A. Wallensköld, G. Cohen, Le Theätre en France; Fr "Schürr, Barock. 263
Gustave Cohen, Le Theätre en France aı moyen üge. I. Le
Theätre Religieux. Paris, Les Editions Rieder, 1928. 75
pages in-4 pet: avec 59 planches hors-texte en heliogravure.
Broche 16 fr. 50, relie 20 fr.
Ce beau volume, qui fait partie de la Bibliofheque generale
illustree (n° 6), est une publication destinee au grand public
amoureux des lettres et de l’art medievaux. L’auteur, bien connu
par ses nombreux ouvrages d’une tres haute valeur scientifique
sur le theätre religieux du moyen äge!, nous donne dans ce vo-
lume, outre un excellent apergu de ce theätre, une serie hors
texte de cinquante-neuf belles planches en heliogravure, reprodui-
sant des miniatures de manuscrits et un bas-relief (pl. II: Le Ju-
gement Dernier, Cathedrale de Bourges). Les miniatures sont
pour la plupart tir6es des mss. Paris, Bibl. Nat,, f. fr. 819 et 820
(Miracles de Notre-Dame), Arras 697 (Mystere de la Passion)
d’Eustache Marcade), et Paris, Bibl. nat, f. fr. 12536 (Mysiere de
la Passion, joue a Valenciennes eu 1547).
On n’a qwä feliciter la Bibliotheque Generale Illustree de
cette nouvelle acquisition. A. Wallensköld.
Friedrich Schürr, Barock, Klassizismus und Rokoko in der
Jranzösischen Literatur. Eine prinzipielle Stilbetrachtung.
Leipzig—Berlin, B. G. Teubner, 1928. 44 S. 8:0.
Diese Arbeit, die in etwas erweiterter Form einen vom Verf.
auf der Göttinger Philologenversammlung im Herbst 1927 gehal-
tenen Vortrag: «Literarischer Stil als Ausdruck einer Kultur»
wiedergibt, will den inneren Zusammenhang auf einem beschränk-
ten Geistesgebiete — der französischen Kultur des XVII. und der
ersten Hälfte des XVlll. Jahrhunderts — zwischen der Schön-
literatur und den bildenden Künsten aufweisen. Der Gedanke
an sich ist nicht neu und wird wohl von Allen als Ausdruck der
Überzeugung, dass jedes Zeitalter und jedes Milieu seinen geist-
lichen Geschmack hat, gutgeheissen. Verf. verfolgt aber jene
prinzipiellen Gleichartigkeiten in solchen Details, dass seine Aus-
einandersetzung uns bisweilen gekünstelt und sogar irreführend
vorkommt S. 39 sagt er zusammenfassend: «das Rokoko in
Kunst und Literatur wie im gesellschaftlichen Leben der Salons
! Nous avons signal& dans cette m&me revue deux de ces ouvrages:
Mysteres et Moralites du manuscrit 617 de Chantilly (annee 1921, p. 141)
et Histoire de la mise en scene duns le theätre religieux frangais du
moyen äge, ?* ed. (ann&e 1928, p. 185).
264 Besprechungen. A. Wallensköld,
ist ein wiedererstandenes Barock, ein wiedergeborenes Preziö- '
sentum, an dem aber das Intermezzo des verstandes- und willens-
mässig eingestellten, disziplinierten und normierenden Klassizismus
nicht spurlos vorübergegangen ist. Im Rokoko ist nur alle Hand-
lung verinnerlicht und durch den Verstand sublimiert, die Be-
wegtheit daher gedämpft und abgetönt.» Das mag wohl im all-
gemeinen richtig sein, aber von einer in gleichem Sinne paralle-
len Entwickelung der bildenden Künste und der Literatur kann
man doch eigentlich nicht reden. Das Preziösentum ist keine
adäquate Entsprechung des künstlerischen Barockstils, und ist es
nicht sehr gesucht, den ausgezeichneten Psychologen Marivaux
und den zarten Rokokomaler Watteau in dieselbe Zeitgeist-Kate-
gorie zu stellen? Verf. scheint mir allzu geneigt zu sein, die
bunten Erscheinungen des geistigen menschlichen Lebens mit
bestimmten Etiketten versehen zu wollen.
Die jedenfalls sehr interessante und anregende Schrift enthält
acht Tafeln, die typische Gemälde (von Poussin, Mignard, Watteau,
Boucher und Greuze) und ein Haut-Relief (von Puget) wieder-
geben. A. Wallensköld.
Studier i modern spräkvetenskap, ulgivna av Nyfüologiska Säll-
skapet i Stockholm. X. Uppsala, 1928. VI+202 p. in 8°.
Prix: 5 cour.
Le nouveau tome de cette excellente serie de publications
contient les m&moires suivants:
| P. 1—24: N. Otto Heinertz, Wortstudien II. C'est la
continuation des etudes Eetymologiques dont la premiere partie se
trouve au tome precedent (v. Neuph. Mitt, 1925, p. 203). Ici il
Sagit du mot all. Frist, mha. vrist, vha. frist, vfris. frist, first,
ferst, anglosax. first, v. isl. frest, sued. frist ‘delai’. L’etymologie,
proposee par Brugmann, idg. *pres-stä- futur’, n’est guere satis-
faisante. L’auteur adopte celle de Schade, selon laquelle le mot
est apparent€ aux mots allemands Friede ‘paix’ et frei ibre’, frist
ayant eu d’abord la signification de «temps, loisir pour se repo-
ser ou agir dans un but defini.» M. Heinertz essaie d’en expli-
quer en detail le developpement semantique.
P. 25— 64. Ernst G. Wahlgren, Le nom de la ville de
Marseille. Le nom latin de la ville ayant et€ Massilia, l’auteur
veut tirer au clair l’origine de la forme actuelle avec 7 (Marseille),
qui se rencontre pour la premiere fois vers l!’an 950 de notre
ere sous la forme latine Marsilia. Rejetant avec raison la theorie
de la dissimilation de ss en rs, ainsi que celle de la reaction
Studier i modern spräkvetenskap. 265
contre l’evolution phonetique en latin vulgaire de zsa ss (dorso )
dosso), M. Wahlgren admet l’influence d’un nom commengant
par Marc- (Marcellus, Marcella) sur Massilia. Cette explication
me semble excellente, mais je ne saurais, ainsi que le fait l’auteur,
attribuer le succes definitif de cette contamination au besoin d’Eviter
«un rapprochement fächeux» avec macellum, *boucherie, abattoir’,
d’oü proviennent, dans les parlers provengaux modernes, maseu,
masel, maselh, etc. De telles alterations intentionnelles sont tou-
jours sujettes a caution! A la fin de son memoire, M. Wahlgren
admet encore la possibilite qu’a cöte de Marcellus, -a, des noms
propres cOmmengant par Mart- (Martius, Martinius, etc.) ou Mar-
(Maria, Marius), ou m&me le nom commun lat. mare, prov. mar,
aient pu coniribuer aA la conservation de |’ de Marselha.
P. 65—77: Ake W:son Munthe, Nägra anteckningar om
sp. ser och estar. On sait qu’en espagnol moderne il existe une
difference semantique essentielle entre les verbes ser et estar.
Celui-la indique l’etat stable, caracteristique, celui-ci un etat pas-
sager. M. Munthe nous montre, par un tres grand nombre
d’exemples, que cette distinction n’est pourtant pas rigoureusement
observee dans les auteurs modernes, quand il s’agit d’une cons-
tatation «d’ordre meteorologiquen. Alors ser est souvent employe
au lieu de estar: Cerv.: Era fresca la maiana, Fernändez y Gon-
zälez: /a noche era oscurisima, a cöte de ZI dia estaba fresco,
etc. M. Munthe suppose, certainement avec saison, que les auteurs
qui, dans de tels cas, se servent de ser attribuent a la situation
une idee de «duree» que l’emploi de es/ar ne comporte pas.
P. 79—111: A. Nordfelt, Om franska länord i svenskan.
Ce memoire, qui est la continuation de celui publie dans le tome
IX des S/udier i modern spräkvetenskap (v. Neuph. Mitt, 1925,
p. 201), embrasse P’epoque de la Reforme en Suede (env. 1525-—
env. 1611). Apres un apergu general tres interessant de la situation
linguistique en Suede pendant cette epoque Pauteur donne, en
douze pages, une liste alphabetique des emprunts faits au fran-
cais, dressee avec tout le soin souhaitable, mais sans indication
des sources. M. Nordfelt constate que cette Epoque est relative-
ment pauvre en emprunts latins et romans, fait dü surtout ä la
rupture avec V’Eglise catholique.
P. 113—130. E. Staaff, Quelgues röflexions sur la diph-
fongaison en e<spognol. La diphtongaison romane etant en general
le resultat de l’allongement de la voyelle libre accentuede, M. Staaff
cherche a expliquer le fait qu’en espagnol les voyelles ouvertes
e et o se diphtonguent meme en syllabe fermee (festa ) esp.
266 Besprechungen. A. Wallensköld, Studier i modern spräkvetenskap.
fiesta, sortem ) esp. suerfe). Selon M. Staaff, la syllabe n’est
pas en realite fermee, mais ouverte, puisque -la voyelle tonique
est libre, lorsqu’elle est suivie dans la m&me syllabe d’une con-
sonance du maximum d’une consonne simples, tandis qu’elle est
entravee si la consonance qui suit depasse ce maximum (p. 118).
Par consequent les voyelles de cor et de mortem sont libres
et se diphtonguent en espagnol. J’avoue ne pas pouvoir parta-
ger l’opinion de mon honore confrere d’Upsal. Pour moi, cor
et devenu "core en latin vulgaire (cf. it. cuore), et les e et o
ouverts s’allongent en espagnol dans une syllabe fermee, aussi
bien que l’e ouvert dans l’ancien dialecte wallon-picard.. Quant
a la non-diphtongaison devant un yod suivant (esp. seis ( sex,
esp. ocho { oculum), je crois, ayec M. Staaff, A une espece
d’assimilation regressive au debut de la formation des triphton-
gues sei et uoi. Pour ce qui concerne l’elEment primitivement
accentu& des diphtongues ie et we, M. Staaff admet une accentua-
. tion decroissante. Je suis, pour les langues romanes, plus porte
a admettre l’accentuation ascendante, mais M. Staaff demontre
que l’autre accentuation n’est nullement «contraire aux lois gene-
rales de la phonetiques, comme le croit M. Menendez Pidal.
P. 131—159: R. E. Zachrisson, Thomas Hardy as Man,
Writer and Philosopher. An Appreciation, with a Swedish Hardy
Bibliography. Dans cet apergu tres suggestif de la vie litteraire
de Thomas Hardy, mort le 11 janvier 1928, M. Zachrisson, grand
admirateur du romancier et poete anglais, debute par quelques
souvenirs d’une visite dans son home, Max Gate pres de Dor-
chester, et termine son me&moire par une appreciation tr&s severe
de Pattitude de l’Academie Suedoise vis-a-vis de la candidature
de Hardy au Prix Nobel.
P. 161—173: Carl O. Koch, «Osmälta» Jranska uttryck i
engelskan. 1 s’agit, dans ce memoire, des expressions frangaises,
entrees dans l’anglais, qui n’appartiennent pas au langage courant,
mais survivent, tres peu alterees, dans quelques emplois speciaux,
et que l’auteur denomme, d’un terme caracteristique, «mal digerees».
Ce sont surtout des mots et locutions juridiques (p. ex. main-
levee “the recovery of goods’, ne ungues accouple ‘not joined in
lawful matrimony’) et heraldiques (p. ex. les ASiEnalons de
couleurs: azure, argent, or, sable et vert).
Le volume se termine par un Apergu bibliographique des
ouvrages de philologie romane et germanique publies par des Sue-
dois de 1924 a 1926, elabor& par Sigurd Karlström.
A. Wallensköld.
A. Längfors, Philologische Studien aus dem rom.-germ. Kulturkreise. 267
Philologische Studien aus dem romanisch-germanischen Kultur-
kreise. Karl Voretzsch zum 60. Geburtstage und zum Ge-
denken an seine erste akademische Berufung vor 35 Jahren...
herausgegeben von B. Schädel f und W. Mulertt. Halle
a.d. Saale, Max Niemeyer, 1927. 543 S. 8:0. Preis: geh.
M. 34.—, geb. M. 37.—.
Ce beau volume offert en hommage a l’eminent romaniste
de Halle (et ou on remarque l’absence du portrait d’usage) est
compose de vingt-trois memoires.
P. 1. E. Winkler, Seelische Energie und Wortwert. — P. 21.
P. Barnils, Algunas consideraciones acerca la lingüistica normal
y la patolögica. — P. 25. F. Saran, Stamm, Wurzel, Hauptsilbe.
Eine terminologische Untersuchung. — P. 32. F. Specht, Zur
germanischen Stammbildung. — P. 48. G. Baesecke, Verwechs-
lung von sein und ihr. -— P.58. G. Rohlfs, Baszkische Kultur
im Spiegel des lateinischen Lehnwortes (avec carte. — P. 87.
A. Wallensköld, Les Serments de Strasbourg, le plus anc'en texte
frangais conserv& (avec facsimile). Traduction d’un article paru en
suedois. — P. 105. E. Sievers, Zum Haager Fragment. — P. 135.
K. Warnke, Die Vorlage des Espurgatoire St. Patriz der
Marie de France. — P. 155. W. Suchier, Weiteres zu Aucassin
und Nicolette — P. 173. Karl Christ, La Regle des Fins
Amans. Fine Beginenregel aus dem Ende des XIIl. Jahrhunderts.
Le manuscrit Lat. oct. 264 de la Bibliotheque d’Etat de Berlin,
de l’extreme fin du XIll® siecle, est le seul manuscrit connu de
cette «Regle des fins amans» que M. Christ a publiee tres soigneu-
sement. La caractere de ce trait& ressort assez clairement des
rubriques marginales ajoutees apres coup: (Qu’est fine amors:
«Fin amant sunt appele cil et celes qui Dieu ainment finement> ...
Li .xij. signes par quoi on counoist les fins amans: «Li ordres
des fins amans est beginaiges» ... Les .xij. joies que Diex doune
a ses amis... Les propriete de beguinaige... Pour quoi eles
sont appelees beguines. Dans cet alinea il est dit que le nom
provient de celui de Jehan le Beguin, de Liege, qui aurait ete
le fondateur de cette institution, ce qui est en contradiction avec
ce qu’on a cru savoir jusqu’ici de ses origines, c'est a dire qu’elle
aurait EtE fondee par Lambert le Begue, mort vers 1177. M. Christ
propose d’identifier ce Jehan le Beguin avec Jehan de Nivelle, atteste
comme chanoine & Liege depuis 1199. Voici la suite des rubri-
ques: Li ordres des fins amans est fondee seur .üij. pilers [De
mundicia, paupertate, humilitate, amore] ... Li coumandement
selonc quoi se doivent riuler li fin amant... Li maniere de la
268 Bespr. A. Längfars, Philol. Studien aus dem rom.-germ. Kulturkreise.
conversalion et del habit... Li tans d’orison...: Quafre choses
a en orison... (uatre manieres de penser a Jhesucrist... Li
ordinaires del pere et de la fille... Li mondes het les fins amans...
Enfin le dernier morceau, dont le ton est assez different, est muni
de cette rubrique: Conscience cherche son ami, et se termine par
huit alexandrins monorimes. Si je ne me trompe, tout cet alinda
est la mise en prose d’une poesie beguine. Je crois en effet y
retrouver de nombreuses rimes:
Conscience est leveje] par matin,
En present! va regretant son ami.
Contrisions et souspirs va disant:
Dıex, que demoures vos tant?
Revenez, douz Jhesucris!
Jalousie si vint avant et dist un mot:
Douce amie, li cloistrıes l’ont enclos.
Alons i, je le vos lo.
Venez ı, si entrons en leur gardin.
S’il i est, si l’en traions fors.
Conscience i va par nuit et par jor.
Esperance si la conduit et fine amor.
Conscience, c'est la manne de touz biens,
Or fait joie, car ele a quanqu’au cuer convient.
Conscience a trouve son douz aignel,
Que sainte(?) ame a trouve chascun jour novel.
Or fait joie, amors la sert, si li dist:
Torterele, tu m’as pris:
Qui plus m’est pius plus m’aime.
L’introduction de M. Christ traite de P’histoire des beguines
et signale P’utilit€ qu’il y aurait a etudier de plus pres les pro-
ductions litteraires inspirees par ce mouvement. Je compte moi-
meme pouvoir apporter une contribution a cette etude par une
notice sur le manuscrit 535 de la Bibliotheque de Metz, qui est
indubitablement d’inspiration beguine. — P. 214. ]J. Brüch, Gab
es im Altprovenzalischen ein z aus lateinischem intervok.t? L’au-
teur repond par la negative: lorsqu’il y a apparence d’un deve-
loppement # ) z, il faut recourir a des explications particulieres.
— P. 239. ©. Schultz-Gora, Zum Text der Fides. Notes critiques
sur edition de M. Ant. Thomas. — P. 255. W. Mulertt, Der
Trobador Guillem Peire de Cazals. Vorbemerkungen zu einer kri-
fischen Ausgabe (avec facsimiles). — P. 285. F. Krüger, Volks-
kundliches aus der Provence: Das Museum Frederi Mistrals (avec
ı Ms. presence.
4A. Bohnhof, Armstrong & Ward, Handbook of English Intonation. 269
figures). — P. 349. D. Scheludko, Über Mistrals Rhönelied. —
P. 422. Del Regne de la Mort. Ataut i apat. — P. 430.
C. Weber, Die Legende der santa Guglielma. — P. 469. B. Wiese,
Kleinigkeiten zu Dante. — P. 480. G. Moldenhauer, Zur Ge-
schichte der Tiererzählung in der mittelalterlichen spanischen Lite-
ratur. — P. 514. K. Pietsch, Zum Text des Secundo libro
de la Demanda del sancto Grial. — P. 523. M. Artigas,
Una colecciön de papeles manuscritos de D. Fernando Wolf. Apun-
tes para la historia del hispanismo en Alemania. — P. 539.
Ph. A. Becker, Der distichisch-tristichische Rhythmus im Rolandslied.
A. Längfors.
Lilias E. Armstrong & Ida C. Ward, Handbook of English
Intonation. Leipzig, B. G. Teubner, 1926. 124 S. 8:0.
Preis: geh. M. 3.80, geb. M. 4.80.
Prevented from attending Miss Armstrong’s lecture about
intonation last year, I undertake the task of presenting her and
Miss Ward’s book to the readers of the Neuphilologische Mittei-
lungen with great diffidence.
In intonation and stress as in pronunciation of sounds the
student is apt to introduce into the new language the habits of
his own. The authors think that a careful and scientific analysis
of intonation may help towards preventing it, and facilitate the
acquirement of this essential element of language. Stress and
intonation being very closely connected, they point out, that, if
the intonation is right, the stress does not greatiy matter, for the
result is English. An example proves the fact: if asked for a
ticket to Queen’s Lane (° .) instead of (” \), a bus conductor
will not understand the foreigner, however good his pronunciation
may otherwise be.
The method used for indicating intonation is the following:
a mark over the vowel of a syllable shows its relative pitch.
Stressed syllables are marked with a line (—), which can be made
to show when the pitch is rising ( /) and when it is falling (\)
and when falling rising (x) and rising falling (7)), while the
unstressed syllables are marked with a dot (.). — Only sentence
stress is considered, as in connected speech the word stress is
often dropped or changed under the influence of rhythm. Rhythm
rather than grammatical principle regulates the stress and conse-
quently also the intonation.
The text is transcribed in the phonetic alphabet of the
International Phonetic Association in its “narrow form”. The
270 Besprechungen. A. Bohnhof,
pronunciation. recorded is that which the writers themselves use
in fairly careful speech.
The book is divided into three sections: Unemphatic Sen-
tences, Emphatic Sentences, and Orthographic Text of Examples.
English intonation is reduced to two tunes with variations.
Examples are given of Unemphatic Se .tences, where the two tunes
are used in their simplest form, and Zmphatic Sentences, where
the intonation expresses a special meaning in the speaker’s mind.
Section I, Examples of Unemphatic Sentences:
Tune I:
-
—
\e
dei hzv a’danlı Aıtl "bovt pn. da ’rıva
or
gr
al 293 ’weı RR
or
but al 93 weı "der an ’bzk
\
Thus also compound words, which have the stress ’ ’ and
the intonation \ come under the influence of rhythm and their
stress and intonation vary.
"hend "mad N
but 'hend meıd ’peipa
N.
Tune I is used in
l. ordinary, definite, decided statements,
2. questions, requiring an answer other than yes or no
(beginning with some interrogative word: how, when, where,
what, who, how many, etc.),
3. commands,
4. exclamations.
In long sentences with many stressed syllables the pitch is
moved up again on an important word, so that the long descent
is broken. (An arrow [?] shows where the variation in the tune
is advisable.)
N
deı "kam to Kal % jestadı ’arfta’nu:n.
L. E. Armstrong & I. C. Ward, Handbook of English Intonation. 271
Tune II with a rise:
t 'simz ’radar a’pıtı . —-
’
ai nov wot ju min .—-
Tune II is used in
1. sentences in which something is implied but not stated
(emphatic sentences),
2. questions requiring the answer yes or no,
3. requests (polite, encouraging),
4. incomplete groups.
In sentences containing more than one sense group, both tunes
can of course be used. Thus parentheses have their special tune:
“zz ta dat”, aı rıplardd, | “aı m’nnt 3 31 ’Cwf.
Tune I can be followed by tune II and vice versa.
Section II, Examples of Emphatic Sentences:
Tune I with intensity:
’’Ocenk ju
de waz an ı’no:mas ’kju: ’weitn at da ’Oıhata
can also be pronounced
=
which would express a contrast. The contrast word is specially
prominent.
Tune Il with special prominence of two ideas:
>. N
ai ‘dovnt ”’wont da 'mAnı, which means: I want something
else. Here there is a fall-rise in a word of two syllables; there
“ may however also be a fall-rise compressed into one syllable:
N x
it wud *du: far > “aim (but not for always)
272 O. Behaghel, Ergänzungsnote zu Neuphil. Mitt., 1927, S. 239.
\
) oo. \
ar Cvd’laık ta mit d3 ”bravnz
contains tune II with rise-fall-rise.
There are no end of examples of ideas, expressed by the
most varying intonation and stress.
Section III, Orthographic Text of Examples.
Sentence stress is marked in the following manner in all
examples given:
'Too many ’cooks ? spoil the ’broth.
To teachers of English the book is of the greatest interest.
I am afraid, however, that pupils, who have no idea of recitation,
which initiates them into the mysteries of stress and tune in
reading their own language, will grasp the matter with great
difficulty, and much time will have to be spent in teaching them
in the foreign language, what is entirely strange to them in their
own. And besides, a very thorough practical knowledge of the
pronunciation of English must control the theoretical teaching,
in order to avoid exaggerations, which are extremely hard to
eliminate. A. Bohnhof.
Ergänzungsnote zu Neuphil. Mitt., 1927, S. 239.
Berichtende Form.
Von den zahlreichen Gelehrten, die schon seit 15 Jahren sich
beschäftigen mit dem «style indirect libre», dem «Imperfektum
der Rede», der «uneigentlichen direkten Rede», der «erlebten Rede»
(s.o. S. 239), scheint keiner zu wissen, dass die Entdeckung die-
ser bemerkenswerten Ausdrucksform bereits ein halbes Jahrhun-
, dert alt ist. Ich habe sie 1878 in meiner Habilitationsschrift über
die Zeitfolge der abhängigen Rede im Deutschen als «berichtende
Form» erörtert und habe sie benutzt, um die Personenverschiebung
der abhängigen Rede zu erklären. Aber die Herren haben offen-
bar auch von einer zeitlich näher liegenden Schrift nicht Kennt-
nis genommen, von Elis Herdins Studien über Bericht und in-
direkte Rede im modernen Deutsch vom Jahre 1905; sie fusst
durchaus auf den Darlegungen meiner Habilitationsschrift. Ich
habe die Schrift von Herdin 1909 im Litbl. für germanische u.
romanische Philologie besprochen; auch diese Anzeige ist den
Herren Romanisten nicht unter die Augen gekommen.
Giessen 19. XII. 27. O. Behaghel.
Eingesandte Literatur. 273
Eingesandte Literatur.
Bausteine zur Geschichte der deutschen Kultur, hrsg
von F. Saran, Band XXll: G. Bünte, Zur Verskunst der deutschen
Stanze. Halle (Saale), M. Niemeyer, 1928. 177 S. 8:0. Preis: geh.
RM. 6.—.
Beiträge zur Grundlegung der Syntax, Heft Il: John
Ries, Zur Wortgruppenlehre, mit Proben. Prag, Taussig & Taussig,
1928. VIII+151 $. 8:0. Preis: geh. RM. 12.-—.
Oskar Benda, Der gegenwärtige Stand der deutschen Literaturs
wissenschaft. Eine erste Einführung in ihre Problemlage (Sonderdruck
aus Wissenschaft und Schule, Pädagogisch>fachwissenschaftlicher
Teil des Mittelschullehrer, Organ der höheren Schulen Öster;
reichs).. Wien-—Leipzig, Hölder:Pichler-Tempsky A.:G., 1928. 66 S. 8:0.
Preis: geh. RM. 2.50. — Die kleine Schrift unternimmt es, einen ersten
Umblick auf die derzeitige Problemlage der Literaturwissenschaft zu
eröffnen. Sämtliche literaturwissenschaftlichen Strömungen, die seit
der Zurückdrängung der Scherer:Schule (Positivismus) einander folgten
oder miteinander wetteifern, werden auf ihre methodologischen Grunds
lagen, ihre praktischen Absichten und ihre tatsächlichen Leistungen
hin geprüft. Auch die von der offiziellen Literaturforschung im alls
gemeinen ignorierten Richtungen, wie z.B. die psychoanalytische, ka»
tholische, marxistische, rassentheoretische, völkische Literaturgeschichtss
schreibung u.a., finden ihre Würdigung. Der breiteste Raum ist naturs
gemäss jenen Strömungen gewidmet, welche heute die offizielle Literaturs
wissenschaft repräsentieren: der formalästhetischen (Strich, Walzel u.a.)
und der idealıstischen (Unger, Kluckhohn, Korff, Ermatinger, Gundolf
u.a.). Beide werden in ihrer inneren phraseologischen Entwicklung
dargestellt, beide sind nach Benda in eine methodische Sackgasse ge
raten, aus der es keinen andern Ausweg gibt als die Rückkehr zu einem
neuen methodischen Positivismus, allerdings einem geistbeseelten und
geschichtsphilosophisch befestigten Positivismus, der die Fehler des
methodologisch richtungslosen, dilettantischen «naiven» Positivismus
der Scherer.Schule vermeidet.
Berichte über die Verhandlungen der Sächsischen
Akademie der Wissenschaften zu Leipzig. Philologisch:histos
rische Klasse. 80. Band. 1928. 2. Heft: Ph. Aug. Becker, Andry de
la Vigne, ca. 1470-ca. 1515. Leipzig, $S. Hirzel, 1928. 73 3. 8:0. —
Andry de la Vıgne, auteur fecond et d’un talent incontestable, mais
qui n’a pas donn& toute sa mesure, a eu de son vivant les honneurs
de la presse dans une mesure plus large que la plupart de ses cons
temporains. M. B. examine, pour la premiere fois d’une mani£tre crie
18
274 Eingesandte Literatur.
tique, sa biographie, qui &tait restee incertaine. N& & La Rochelle, Andry
de la Vigne a dü ätre le cadet de Jean Marot (n& en 1467) et d’Octos
vien de Saint-Gelais (ne en 1468), mais l’aine de Jean le Maire (n& en
1473). Les annees de sa premiere jeunesse se sont peutsetre &coulees
a Orleans. Ensuite on le trouve, pourvu du grade de maitre &s arts,
‘. & Paris, & Dijon, & Lyon, & Gen£ve, et enfin A Chambery, oü il est
encore & Päques 1494 en qualit& de chanteur de la Saint«-Chapelle.
A Lyon il se presente & Charles VIII et l’accompagne dans sa campagne
de Naples, dont il est charge de tenir le journal. Puis il sejourne
tour & tour A Moulins, comme pensionnaire du duc de Bourgogne, et
a Seurre, oü il deploie une remarquable activite litteraire (en 1496).
Etant tomb& en disgräce aupr&s du roi, il figure, apres avoir voyag& dans
l’Allemagne du Sud et en Suisse, A la cour du duc de Lorraine, puis aupres
de Philippe Ier, duc de Savoie. A partir de 1501 on le retrouve &
Paris. Devenu en 1504 secr&taire de la reine Anne de France, il passe
en 1515 au service de Frangois Ier. C'est la dernitre date connue de
sa biographie. Une excellente bibliographie suivie de commentaires
critigques complete cette importante contribution & l’histoire litteraire
du XVe siecle. — A. L.
Bibliothäque de Synthese historique. L’Evolution
de l!’Humanite6, dirigee par Henri Berr: Ferdinand Lot, La fin du
monde antique et le debut du moyen äge, avec 3 planches et 3 hors
texte. 1927. XXVI+514 p. 8:0. Prix: broch& 30 fr., cartonn& toile
anglaise 40 fr. — G. Glotz, La cit& grecque. Paris, La Renaissance du
Livre, 1928. XXI11+476 p. 8:0. Prix: broch& 30 fr.
R. Bossuat, Drouart La Vache, traducteur d’Andr& le Chapelain
(1290). XX-+266 p.
— — Li Livres d’Amours de Drouart La Vache, texte &tabli d’apres
le manuscrit unique de la Bibliotheque de l’Arsenal. VIII+278 p. 8:0.
Paris, H. Champion, 1926.
Fr. Brie, Imperialistische Strömungen in der englischen Literatur.
Zweite durchgesehene und erweiterte Auflage. Halle (Saale), M. Nies
meyer, 1928. XV+225 S. gr. 8:0. Preis: geh. RM. 11.-, geb. RM. 13.—.
— Das in erster Auflage längst vergriffene und gesuchte Werk des Frei»
burger Anglisten erscheint hiermit in stark erweiterter und fast durch»
weg umgearbeiteter Form. Der Verfasser zeigt auf Grund ausgebreites
ter Kenntnis der Dichtung und der geschichtlich:politischen Literatur
Englands, wie die imperialistischen Gedankengänge im Laufe der Jahr:
hunderte entstanden sind und die Geistesrichtung und Politik Englands
ausschlaggebend bestimmt haben. Englands Aufstieg zur Weltmacht
wird geistesgeschichtlich begründet.
H. Brinkmann, Zu Wesen und Form mittelalterlicher Dichtung.
Halle (Saale), M. Niemeyer, 1928. 204 S. 8:0. Preis: geh. RM. 8.—-
Eingesandte Literatur. | 275
Viggo Brondal, Les parties du discours. Partes orationis. Etudes
sur les categories du langage.. Resume d’un ouvrage danois intitule
Ordklasserne. Tirage restreint et provisoire. Copenhague, G. E. C.
Gad, 1928. P. 219-272, 8:0.
Johs. Breondum.-Nielsen, Bibliographie der nordischen Philologie
1926-1927 (Saertryk af Acta Philologica Scandinavica, S. 319
—380). Kobenhavn, Gyldendalske Boghandel, 1927. 8:0.
K. Burdach, Reinmar der Alte und Walther von der Vogelweide.
Zweite berichtigte Auflage mit ergänzenden Aufsätzen über die alt
deutsche Lyrik. Halle, M. Niemeyer, 1928. Vil+440 S. 8:0. Preis:
geh. RM. 14.-, geb. RM. 16.—.
Tragedie du Sac de Cabriere, ein Kalvinistisches Drama der Res
formationszeit, herausgegeben von Karl Christ. Halle (Saale), M. Nies
meyer, 1928. I1V+132 S. 8:0. Preis: geh. RM. 6.—.
Le Sac de Cabriere, drame calviniste compos&e peu apres le mas
sacre, en 1545, de quelques milliers de Vaudois de divers villages pros
vengaux, Etait inconnu jusqu’en 1916, lorsqu'il fut decouvert par M. Christ
dans le manuscrit Pal. lat. 1983 du Vatican. Le texte est precede, dans
la soigneuse &dition de M. Christ, d’une substantielle introduction dont
les chapitres traitent de l’Evenement historique, des relations contem-»
poraines, du drame dans ses rapports avec Il’histoire, des declarations
confessionnelles y inserees, du manuscrit et du destinataire, le prince
Christophe (mort en 1574), fils de l’Electeur palatin Frederic le Pieux,
et de la place qu’occupe le drame dars la litterature contemporaine.
Deutsche Vierteljahrsschrift für Literaturwissen-
schaft und Geistesgeschichte, herausgegeben von P. Kluckhohn
und E. Rothacker. Buchreihe. 13. Band: C. $S. Gutkind, Molitre und
das komische Drama. Halle (Saale), M. Niemeyer, 1928. VI+185 S.
8:0. Preis: geh. RM. 9.—, geb RM. 1050.
Bruno Dressler, Geschichte der englischen Erziehung. Versuch
einer ersten kritischen Gesamtdarstellung der Entwicklung der englis»
schen Erziehung. Leigzig-Berlin, B G. Teubner, 1928. WVIII+340 S.
8:0. Preis: geh. RM. 8-, geb. RM. 10-.
E. Edström, Fransk skolgrammatik. Sjunde oförändrade upplagan.
247 p.
— — Kortfattad fransk grammatik. Nionde oförändrade upplagan.
175 p. 8:0. Relie. Stockholm, Albert Bonnier, 1926.
Karl Ehrke, Methodik des neusprachlichen Arbeitsunterrichts.
Berlin, F. A. Herbig G. m. b.H., 1928. 75 S. 8:0. Preis: geh. RM. 2.50.
Franz. u. engl. Schulbibliothek, Reihe A, Band 231: Kings
of England. A History for the Young by Charlotte Mary Yonge, hrsg.
von M. Fuhrmann. 1928. IV-+110 S. 8:0. Kart. — Reihe B, Band |:
Gropp und Hausknecht, Auswahl französischer Gedichte, neu heraus:
276 | | Eingesandte Literatur.
gegeben von P. Budry. Leipzig, Rengersche Buchhandlung, 1928. XI
+251 S. 8:0. Kart. — M. Budry a apport& quelque changement &
l’anthologie de MM. Gropp et Hausknecht, notamment pour &tendre
le choix plus avant dans le XXe siecle. 1] siexcuse d’avoir puis& avec
tant de prudence dans la poesie toute moderne. «Le discours poetique,
ecritsil dans l’avant-propos, a connu depuis les annees 80 des boule
versements considerables: le symbolisme, illustr& par Stephane Mallarme
et Arthur Rimbaud, assigna de nouvelles fins & l'inspiration poetique,
et la detourna des voies discursives qu'elle avait suivies jusqu'alors;
le vers libre, lanc& par Gustave Kahn, brisa les formes traditionnelles
du vers, et substitua & la discipline du nombre regulier la libert& des
rythmes interieurs. Incontestablement, cette double reforme a produit
la plus belle floraison poetique, et liber& la Muse francaise des con»
traintes de la raison oü elle languissait. Mais on doit hösiter, pour des
raisons d’opportunite pedagogique, A introduire trop largement les
@uvres de cette poetique nouvelle dans une anthologie scolaire. Elles
supposent une connaissance fort poussee dans la langue et dans la
po&esie, que l’&cole ne peut donner.»
Freytags Sammlung fremdsprachiger Schriftwerke.
Englisch, Nr. 159: G. Guest, A Social History of English. Ausgewählt
und für den Schulgebrauch bearbeitet von Franz MH. Schild. 1926.
212 S. Preis: RM. 1.80. — Nr. 165: Shakespeares Meisterdramen in
gekürzter Fassung. A Midsummer:Night's Dream, bearbeitet und koms
mentiert von J. Bausenwein u. O. Schnellenberger. 1926. 60 $. Preis:
RM. —.%. — Nr. 166: Chambers, The Age of the Stuarts. From His
tory of Great Britain and Ireland, mit Anm. hrsg. von J. Bausenwein.
1927. 80 S. Preis: RM. —%. — Französisch, Nr. 106: Lettres de Ma:
dame de Sevigne, hrsg. von Angela Hämel. 1927. 64S. Preis: RM.
—.60. — Nr. 107: Rousseau, Der Mensch und sein Werk, hrsg. von
Adalbert Hämel. 1927. 88 S. Preis: RM. —%. — Spanisch, Nr. 6:
G. A. Becquer, Tres leyendas, hrsg. Angela Hämel. 1927. 79 S. Preis:
RM. —%. — Nr. 13: Moderne spanische Prosa, hrsg. von Eva Seifert.
1927. 110 S. Preis: RM. 1.20. — Nr. 14: A. Palacio Valdes, Novelas
cortas, hrsg. von L. Pfandl. 1927. 46 S. Preis: RM. 6.—. Kurze Texte
(Preise: Bändchen mit I Nummer RM. —.20, mit 2 Nummern RM. —.35).
Englisch, Nr. 5,6: Th. B. Macaulay, Ergland and the Tudors in the
l6th Century. 1926. 278. — Nr. 7/8: Charles Lamb, Tales from Shake
speare: Much Ado about Nothing. 1926. 19 S. — Nr. 9: Washington
Irving, Westminster Abbey, ausgewählt von Adaldert Hämel. 1926.
16 Ss. — Nr. 10/11: W. Irving, Fırst Landing of Columbus in the New
World. 1926. 30 S. — Nr. 12/13: Th. B. Macaulay, London in 1685,
bearbeitet von J. Bausenwein. 19236. 28 Ss. — Nr. 1415: Nursery»
Rhymes. 1. Bändchen, hrsg. von Gabriele Liebel. 1927. 27 S. — Nr. 16,17:
m u "Wie Get Ge mi en Bee
Eingesandte Literatur. 277
Easy Texts for Beginners. Part I, hrsg. von J. Bausenwein. 1927. 268.
— Nr. 18/19: Part II. 31 S. — Nr. 20/21: Nursery-Rhymes. 2. Bänd»
chen: 1928. 32 S. — Nr. 22: Emerson, Shakespeare, ausgewählt von
A. Hämel. 16 S. — Nr. 23/24: The Constitution of the United States
of America, hrsg. von J. Bausenwein. 27 S. — Nr. 25/26: English
Anecdotes, hrsg. von H. M. Schultze. 28 S. — Nr. 27/28: N. Haw»
thorne, Novellen. Auswahl I, hrsg. von J. Ramisch. 31 S. — Nr. 29/30:
Hawthorne. Auswahl II. 31 S. — Französisch, Nr. 19/20: Rambaud,
Les Croisades. 1926. 32 S. — Nr. 21/22: Jouffroy, De l’etat actuel de
’Humanite. 28 S. — Nr. 23/24: J. Michelet, Tableau de la France, hrsg.
von Dr Schmidt. 30 S. — Nr. 25/26: La Bruyere, Les Caracteres, ou
les Maurs de ce Siecle. 1927. 28 S. — Nr. 27/28: L.-A. Thiers, Les
dernieres annees de Napoleon A Sainte-Heltne, hrsg. von J. Bausenwein.
24 S. — Nr. 29/30: P. Merimee, Mateo Falcone, hrsg. von Jutta Tiede-
mann. 1928. 22 S. — Nr. 31/32: H. Taine, Les Origines de la France
contemporaine, hrsg. von E. Werner. 32 $. — SainteBeuve, Proces de
Jeanne d’Arc, hrsg. von H. M. Schultze. 27 S. — Italienisch, Nr. 1/2:
Machiavelli, Saggi dell’istoria Fiorentina. 1926. 27 S. — Nr. 3/4: T. Grossi,
Un Torneo. 1927. 20 S. — Nr. 5: G. Leopardi, Pensieri, ausgewählt
von A. Hämel. 1926. 16 S. — Spanisch, Nr. 1/2: M. J. Quintana, Vida
de Cervantes. 1927. 28 S. - Nr. 3: Conde de Torreno, Primer sitio,
y defensa de Zaragoza (1809), ausgewählt von A. Hämel. 14 S. —
Nr. 4/5: M. de Cervantes Saavedra, Don Quijote de la Mancha. Aus
wahl I, hrsg. von A. Günther. 1926. 30 S. — Nr. 6/7: A. de Trueba,
La Bonaventura. 1927. 27 S. — Nr. 8/9: J. E. Hartzenbusch, Zwei
Erzählungen, ausgewählt von A. Hämel. 228. — Nr. 10/11: M. de
Cervantes, Auswahl Il. 34 S. — Leipzig, G. Freytag A. G. 8:o.
Germanische Bibliothek, Il. Ill. Reibe, 4 Band: Max
Förster, Altenglisches Lesebuch für Anfänger. Dritte verbesserte Auf
lage. Heidelberg, Carl Winter, 1928. X+69 S. 8:0. Preis: geh. RM.
2.—. — IIl. Reihe, 8. Band: Poetische Fragmente des 12. und 13. Jahr;
hunderts, brsg. von Fr. Wilhelm und R. Newald. Heidelberg, Carl
Whınter, 1928. 49 S. 8:0. Preis: kartonniert RM. 2.—. — Zweite Abteis
lung. Untersuchungen und Texte, 24: G. Ipsen und F. Karg, Schall»
analytische Versuche. Heidelberg, Carl Winter's Universitätsbuchhans
lung, 1928. XI+319 S. 8:0. Preis: geh. RM. 12.—, geb. RM. 14.—.
Göteborgs Högskolas Ärsskrift, XXXIV (1928), 2: Hil«
ding Kjellman, Etude sur les termes demonstratifs en provengal. Götes
borg, Wettergren et Kerber. 139 p. 8:0 et 9 cartes. Prix: broche 10
couronnes suedoises.
Grundriss der germanischen Philologie, begründet von
H. Paul, 9: T. E. Karsten, Die Germanen, eine Einführung in die
Geschichte ihrer Sprache und Kultur. Mit 4 Tafeln und 8 Textabbils
278 Eingesandte Literatur.
dungen. Berlin u. Leipzig, Walter de Gruyter & C:o., 1928. X+241 S.
Preis: geh. RM. 13.—, geb. RM. 15.—. — Das vorliegende Werk ist eine
Übersetzung und Bearbeitung der schwedischen Originalausgabe, die
bereits in zweiter Auflage erscheinen konnte. Es stellt den ersten Vers
such von nichtdeutscher Seite in Deutschland dar, Sprache und Kultur
der gesamten germanischen Rasse darzustellen unter Einschluss auch
ihrer numerisch kleinsten Splitter wie die der finnländischen und osts
baltischen Schweden und ihrer Vorfahren, die es als gleichberechtigte
Teile der grossen germanischen Sprach» und Kulturwelt einbezieht.
— 10/1: Hermann Schneider, Germanische Heldensage. 1. Band. Ein:
leitung: Ursprung und Wesen der Heldensage. I. Buch: Deutsche
Heldensage. Berlin &. Leipzig, Walter de Gruyter & Co., 1928. X+442 S.
8:0. Geheftet. Ohne Preisangabe.
M. Hammarström, Ärftlighet och uttalsförändning (Övertryck ur
Nya Argus, N:o 3-4, 1928). Helsingfors, 1928. 23 S. 16:0.
Handbuch der Deutschkunde, Führer zu deutscher Schul»
erziehung, hrsg. von W. Schellberg und J. G. Sprengel, Band 5: Deutsch»
kunde im französischen Unterricht, von W. Grabert und P. Hartig.
Frankfurt a.M., M. Diesterweg, 1928. VII+192 S. 8:0. Preis: geb.
RM. 5.80.
Handbücher der Auslandkunde, hrsg. von P. Hartig und
W. Schellberg, Band 1: Handbuch der Englandkunde, I, mit Beiträgen
von M. Deutschbein, B. Fehr, W. Halbfass, F. Knapp, R. Müller-Freien-
fels, H. Niewöhner, Fr. W. v. Rauchhaupt, L. Riess und E. Vowinckel.
1928. XV-+348 S. 8:0. Preis: geb. RM. 10.-—. — Band 3: Handbuch
der Frankreichkunde, I, mit Beiträgen von H. Hatzfeld, E. Lerch,
L. Mackensen, H. J. Moser, H. Platz, H. Preller und W. Vogel. Frank:
furt a..M., M. Diesterweg, 1928. X+324 S. 8:0. Preis: geb. RM. 9.60.
— Cette premiere partie d'un ouvrage qui veut faire connaitre la France
ä divers points de vue contient sept chapitres d’auteurs differents.
MM. W. Vogel et L. Mackensen &tudient la geographie et l’ethnogras
phie de la France, M. E. Lerch donne un apergu, dans la maniere
eidcaliste»x, du francais, M. H. Hatzfeld trace l’histoire de la po&sie
Iyrique des origines jusqu’a nos jours, M. H.-J. Moser, dans un article
oü on regrette l’incorrection materielle des textes litteraires cit&s, parle
de la musique frangaise, M. H. Preller s'’occupe de I’Etat frangais et
de ses organes, et, enfin, M. H. Platz de la vie religieuse. On ne saus
rait se rendre un compte exact de cette entreprise avant son ache&ver
ment. Nous aurons peut:etre & revenir sur l’article de M. Lerch.
Lautzeichen und ihre Anwendung in verschiedenen Sprachgebieten.
Von Fachgelehrten zusammengestellt unter Schriftleitung von M. Heepe.
Berlin, herausgegeben, gedruckt und verlegt von der Reichsdruckerei,
1928. 116 S. gr. 8:0. Preis: geh. RM. 6.-, in Ganzleinen RM. 9 —.
Eingesandte Literatur. | 279
Hermaea, XIX: Die Trauerspiele in Gottscheds «Deutscher
Schaubühne» und ihr Verhältnis zur Dramaturgie und zum Theater
ihrer Zeit, von E. Kriessbach. Halle (Saale), Max Niemeyer, 1928.
184 S. 8:0. Preis: geh. RM. 8—. — XXI: Hildegard Worbs, Fr. M.
Klingers Weltanschauung und künstlerische Gestaltungsweise zur Zeit
des «Orpheus» Halle (Saale), M. Niemeyer, 1928. 83 S. 8:0. Preis:
geh. RM. 4-—.
4A. Hettner, Englands Weltherrschaft. Vierte umgearbeitete Auf:
lage des Werkes Englands Weltherrschaft und der Krieg. Leipzig -
Berlin, B. G. Teubner, 1928. VI+219 S. 8:0 und 38 Karten im Text.
Preis: geb. RM. 9.—.
Das mittclenglische Versgedicht The Seege of Troye. Eine philo;
logische Untersuchung nebst einem Abdruck der drei Handschriften
von L. Hibler-Lebmannsport. Graz, Ulr. Mosers Buchhandlung (J. Meyer:
hoff), 1928. 2 Teile. XII+212 und IV+64 S. Preis: geh. M. 5.—.
Rudolf Hildebrand, \om deutschen Sprachunterricht in der Schule
und von deutscher Erziehung und Bildung überhaupt. Mit einem
Anhang über die Fremdwörter und einem über das Altdeutsche in der
Schule. 6-10. Tausend der Volksausgabe. Mit einer Einleitung über
Rudolf Hildebrand und sein. Werk von Theodor Fritzsch. Leipzig,
Ernst Wiegandt (Verlagsabteilung der Buchhandlung Alfred Lorentz),
1928. XV1+278 S. 8:0. Preis: geb. RM. 2.50.
Joseph Huber, Leitfaden der portugiesischen Sprache für den kor;
respondierenden Kaufmann (Schreibung, Aussprache, Grammatik) gleich:
zeitig Einführung in die 50 portugiesischen Handelsbriefe von L. Ey.
Stuttgart, Wilhelm Violet, 1928. 94 S. 16:0. Preis: geh. RM. 2.50.
I. Iordan, Incercare de bibliografie toponimica romäneascä (Essai
de bibliographie toponymique roumaine). Extras din Bul. Soc. Reg.
Rom. de Geografie, vol. XLVI, 1927. Bucuresti, Atelierele Grafice
Socec & Co. S. A. 1928. 21 p. 8:0.
— — Entgegnung [an Gustav Weigand in Zeitschrift für Orts:
namenforschung]. Extras din Revista Arhiva, vol. XXXV, an. 1928.
9 p. 8:0.
J. Jelinek, Abrege de l’histoire de la litterature frangaise a l’usage
des &coles superieures de commerce, des &coles secondaires et de l’en-
seignement libre. Leipzig, G. Freytag, 1927. IV+53S$.8:0. Prix: RM. 1.20.
Jenaer Germanistische Forschungen, hrsg. von A. Leitz»
mann, Xl: Hermann M. Flasdieck, Der Gedanke einer englischen Sprach:
akademie in Vergangenheit und Gegenwart. Jena, Frommannsche Buch:
“ handlung (Walter Biedermann), 1928. IX+245 S. 8:0. Preis: geh. RM. 13.—.
O. Jespersen, Eine internationale Sprache. Nach dem englischen
Original übersetzt von S. Auerbach. Heidelberg, Carl Winter, 1928.
148 S. 8:0. Preis: geh. RM. 4.50.
280 Eingesandte Literatur.
G. Krüger, Unenglisches Englisch. Fehler und Missverständnisse
bei Gebrauch und Übertragung. Dritte, umgearbeitete Auflage, hrsg-
von M. Löpelmann. Berlin und Bonn, Ferd. Dümmler, 1928. X+216 S.
8:0. Preis: geh. RM. 6.—, geb. RM. 9.—.
Therese Labande-Jeanroy, La technique de la chanson de Petrarque
(Extrait des Etudes Italiennes, p 144-214, 8:0). Paris, Librairie
Ernest Leroux, s.d.
Mittelniederdeutsches Handwörterbuch, herausgegeben von A. Lasch
und C. Borchling. Erste Lieferung: a bis atfik. Bearbeitet von A. Lasch.
Hamburg, Hamburger Verlagsanstalt Karl Wachholtz, 1928. 128 Sp. 4:0.
Preis: RM. 4.—.
K. S. Laurila, Les premiers devanciers francais de la theorie du
milieu (Annales Academiae Scientiarum Fennicae, B,
XXIII, 3). Helsinki, 1928. 50 p. 8:0.
E. Lerch, Französische Sprache und französische Wesenart (aus
Handbuch der Auslandskunde, II, 1, S. 78-146, Frankfurt a. M.,
Diesterweg, 1928).
— Der erste internationale Romanistenkongress (Abendblatt der
Frankfurter Zeitung, 16. Juli 1928).
U. Lindelöf, Grundzüge der Geschichte der englischen Sprache.
Zweite, erweiterte und verbesserte Auflage. Leipzig-Berlin, B. G. Teub:
ner, 1928. V1+160 S. 8:0. Preis: geb. RM. 5.30. |
Il Marzocco, Anno XXXlIIl, N. 10 (4 Marzo 1928). Contient
e.a.: Ezio Levi, La vecchia Spagna di Mad. D’Aulnoy, I. Memorie e
novelle della dama.
Me&langes publies en l’honneur de M. le Professeur
Väclav Tille & l’occasion de son 60%me anniversaire (1867—1927) par
Jitt Polivka, Jan Freek, Jıti Jeiek et Jiti Horak. Fdite par la Societe
d’Ethnographie tchecoslave de Prague. Prague, Editions «Orbis», 1927.
273 p. 8:0 et portrait. Prix: broch&e Cour. tchecosl. 50.—. A signaler
dans le contenu: p. 1, F. Baldensperger, Boh&me et Bohtme: un
doublet linguistique et sa fortune litteraire. — P. 16, J. Bedier, Ron»
cevaux. — P. 37, G. Dumezil, Amiran et son chien. — P. 76, A. var
Gennep, L'incantation du sifflet en Savoie. — P. 102, N. Iorga, l’ele:
ment occidental dans le conte danubien et balkanique. — P. 109, Kaarle
Krohn, Die Entwicklung eines Sprichwortes zum Iyrischen Liede. —
P. 138, A. Meillet, De quelques adjectifs signifiant «beau». — P. 194,
P. Saintyves, De morts qui poursuivent leur vie en quelque lieu cache
ou dans leurs tombeaux en attendant l’'heure de revenir parmi les
hommes. — P. 212, A. Tibal, Quelques sources de George Sand sur la
Boh&me. — P. 222, M. Wilmotte, Celtice loqui. — P. 269, resume&s des
articles Ecrits dans une langue autre que le frangais.
E. E. J. Messing, Methoden und Ergebnisse der Wirtschaftssprach:
A u mm GEHE:
Eingesandte Literatur. 281
lichen Forschung. Vortrag gehalten auf dem Ersten Internationalen
Linguisten-Kongress im Haag (Holland) 10.—14. April 1928. Utrecht,
Kemink & Zoon, 1928. 40 S. 8:0. Preis: Holl. Fl. —.75.
Ernst A. Meyer, Ruhe und Richtung, Aktionsart und Satzton im
Neuhochdeutschen (Sonderdruck aus der Zeitschrift Moderna Spräk,
Jahrg. 1927 u. 1928). Marburg i. H., N. G. Elwert’sche Verlagsbuch>
handlung, 1928. 135 S. 8:0. Preis: geh. RM. 450.
J. Morawski, La «Moralite» du c&ur et des cing sens (extrait de
la Revue des langues romanes, LXV, 1927, pr. 71-85). — Piece
de 262 vers, publiee d’apr&s les manuscrits francais 25.551 (A) et 25.547
(B) de la Bibliotheque nationale. Elle est anterieure & l’annee 1433,
date inscrite & l’explicit de la moralit& qui dans le ms. B suit celle du
caur et des cing sens.
Neudrucke deutscher Literaturwerke des XVI. und
XVII. Jahrhunderts, hrsg. von E. Beutler, Nr. 249-252: Grimmels»
hausens Springinfeld. Abdruck der ältesten Originalausgabe (1670) mit
den Lesarten der anderen zu Lebzeiten des Verfassers erschienenen Aus»
gabe hr«g. von J. H. Scholte.e XXXIX -+139 S. Preis: geh. RM. 1.—.
— Nr. 255-256: Niederdeutsche Klinggedichte. Abdruck der Original, .
ausgabe (etwa 1650), hrsg. von A. Leitzmann. XVII+165 S. Preis:
geh. RM. 4.—. 8:0. Halle (Saale), M. Niemeyer, 1928.
Sven Nordlund, Der Lautstand in Georg Rollenhagens Schriften.
Ein Beitrag zur frühneuhochdeutschen Grammatik. Diss. Greifswald,
Buchdruckerei Julius Abel, 1928. 289 S. 8:0.
Ilse O’Sullivan-Köhling, Shelley und die bildende Kunst. Halle
(Saale), Max Niemeyer, 1928. VIII+230 S. 8:0. Preis: geh. RM 8.—.
H. E. Palmer, J. Victor Martin, and F. G. Blandford, A Dictio:
nary of English Pronounciation with American Variants (In Phonetic
Transcription). Leipzig, B. G. Teubner, 1927. XLIX+436 S. 8:0. Preis:
geb. RM. 560.
Le Kalevala, &popee populaire finnoise. Introduction et traduc«
tion par J«L. Perret (Les Cent chefs d’&uvre &trangers). Paris,
La Renaissance du livre [1928]. 176 p. 16:0. Prix: broche 5 fr.
Po&mes et re&cits de la vieille France, Xll: Le Roman
de la Rose. Principaux €pisodes traduits par Mme B.-A. Jeanroy. In:
troduction par A. Jeanroy. Paris, E. de Boccard, 1928. XX1+133 p. 16:0.
Pio Rajna, Le denominazioni Trivium e Quadrivium (con un sin:
golare accessorio). Estratto da Studi Medievali, Nuova Serie, vol. I,
p. 4-36.
G. Rohlfs, Volkssprachliche Einflüsse im modernen Französisch.
Vortrag gehalten anlässlich der Jahresversammlung des Württembergi:
schen Philologenvereins in Stuttgart. Braunschweig, Georg Wester:
mann, 1928. 21 S. 8:0. Preis: geb. M. 1.50. kart. M. —.80. — In ge:
282 Eingesandte Literatur.
drängter Übersicht werden hier die wichtigsten Erscheinungen zusam:
mengefasst, die für die Umgestaltung des Modernsfranzösischen kenn:
zeichnend sind. Während jahrhundertelang die französische Sprache
durch die Fesseln konservativer Tradition in ihrer Entwicklung gehin»
dert war, ist jetzt eine Periode angebrochen, in der der Einfluss der
niederen Schichten auf die Schriftsprache immer stärker in Erschei-
nung tritt. Die französische Sprache durchläuft im Augenblick eine
wahre Krisis.
Romanistische Arbeiten hrsg. von K. Voretzsch, XlI: Die
ältesten französischen Bearbeitungen der Melusinesage, von L. Hof.
richter. Halle (Saale), Max Niemeyer, 1928. Sur 128 S. 8:0. Preis:
geh. RM. 8.—.
Erik Rooth, Den provensalska trubadurpoesiens uppkomst. Gamla
och nya teorier (Vetenskaps-Societeten i Lund, Ärsbok;
Yearbook of the New Society of Letters at Lund). Lund,
C. W. K. Gleerup, 1927. 20 S. 8:0.
— — Ein neuentdeckter niederländischer Minnesänger aus dem
13. Jahrhundert. Lund, C. W. K. Gleerup, 1928. 59 S. 8:0 u. 1 Facs
simile. Preis: geh. Schw. Kr. 2.50.
Gunvor Sahlin, Cesar Chesneau du Marsais et son röle dans l’evo:
lution de la grammaire generale. Paris, Les Presses Universitaires de
France, 1928. XVI-+490 p. 8:0. — Du Marsais, auteur d’une Exposition
d’une Methode raisonnee pour apprendre la langue latine (1722), d'un
Trait€E des Tropes (1730) et de nombreux articles, publies notamment
dans l’Encyclopedie, «est sans aucun doute le plus grand grammairien
parmi les grammairiens philosophes... Par le fait qu'il s'est tenu moins
a l’&cart de la grammaire reelle que ses successeurs en general et que
les MM. de Port-Royal, qui avaient &bauch& la grammaire gene£rale, ses
theories se sont pretees davantage A Etre reproduites par les auteurs de
manuels scolaires.» La dissertation de Mille Sahlin est mieux qu’'un
expose& des doctrines de Du Marsais: c'est une histoire de la grammaire
generale jusqu’a la fin du XVllle siecle. Mile S. a su degager d’une
maniere attrayante l'essentiel des doctrines professees sur ce sujet quels
que peu abstrait. — A. L. .
J. J:. Salverda de Grave, Sur une double accentuation des diphtons
gues en frangais (Verhandelingen der Koninklijke Ak»
demie van Wetenschappen te Amsterdam. Afdeeling
Letterkunde. Nieuwe Reeks, Deel AXVIII, No. 1). Uitgave van de
Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam, 1928. 68 p. 8:0.
Sammlung romanischer Übungstexte, XlIll. Band:
Drei Erzählungen aus dem didaktischen Epos L'image du monde
(Brandanus—Natura—-Secundus), hrsg. von A. Hilka. Halle (Saale),
Max Niemeyer. 1928. \VII+69 S. 8:0. Preis: geh. RM. 1.80.
Eingesandte Literatur. 283
Schriften der Königsberger gelehrten Geselk
schaft, 4. Jahr, Geisteswissenschaftliche Klasse, Heft 5: Das Rostocker
Liederbuch, nach den Fragmenten der Handschrift neu herausgegeben
von F. Ranke und J. M. Müller.Blattau. Halle (Saale), M. Niemeyer,
1927. S. 1953-306 u. Facsimile. Preis: geh. RM. 10.-.
Hans Schulz, Deutsches Fremdwörterbuch, fortgeführt von Otto
Basler. Zweiter Band, 2. Lieferung (N—-P). Berlin u. Leipzig, Walter
de Gruyter & Co., 1928. S. 169-250. 8:0. Preis: RM. 6.—.
H.Spanke, Das öftere Auftreten von Strophenformen und Melo»
dien in der altfranzösischen Lyrik. Sonderabdruck aus Zeitschrift
für französische Sprache und Literatur, 1928, S. 73-117.
Leo Spitzer, Stilstudien. 1: Sprachstile. II: Stilsprachen. München,
Max Hueber, 1928. X111+295 u. 592 S. 8:0. Preis: I, brosch. RM.
7.50, Leinen RM. 9.20; II, brosch. RM. 12.50, Leinen RM. 14.30; I—II,
brosch. RM. 18.—, Leinen RM. 21.-.
Staat und Geist. Arbeiten im Dienste der Besinnung und
des Aufbaus, hrsg. von Hl. Freyer, A. Jolles, G. Ipsen, B. Il: J. Franken«
x berger, Walpurgis. Zur Kunstgestalt von Goethes Faust. Leipzig, Ernst
Wiegandt, 1926. 118 S. 8:0. Preis: geh. RM. 3.50, geb. RM. 5.—.
H. Strohmeyer, Methodik des neusprachlichen Unterrichts. Braun«
schweig, G. Westermann, 1928. 343 S. 8:0. Preis: geb. RM. 6.50.
Studien zur Englischen Philologie, LXXII: H. Lü-
deke, Die Funktionen des Erzählers in Chaucers epischer Dichtung.
Halle (Saale), M. Niemeyer, 1927. X+157S..8:0. Preis: geh. RM. 7.—.
The Anglo-Norman Voyage of St. Brendan by Beneeit. A Poem
of the early twelfth Century, edited with Introduction, Notes & Gloss
sary by E. G. R. Waters. Oxford. At the Clarendon Press; Oxford
University Press, Humphrey Milford, 1928. CCl1l+ 212 p. 8:0. Price: 21/-.
Deutscher Sprachatlas auf Grund des von Georg Wenker begrün-
deten Sprachatlas des Deutschen Reichs und mit Einschluss von Luxems»
burg in vereinfachter Form bearbeitet bei der Zentralstelle für den
Sprachatlas des Deutschen Reichs und deutsche Mundartenforschung
unter Leitung von Ferdinand Wrede. Lieferung I—Il. Karte I-14a.
Gr. insfol. Dazu Text Seite 1-60. 8:0. Marburg (Lahn), N. G. El»
wert'sche Verlagsbuchhandlung (G. Braun), 1926, 1928. Preis: jede
Lieferung RM. 7.50.
Zeitschrift für Ortsnamenforschung, III (1928), 3.
— Inhalt: E. Schwarz, Mundartliche Angleichung und verkehrte Schrift:
umsetzung in Ortsnamen der Sudetenländer. — R. Vollmann, Echt. —
J. Schnetz, Nochmals zu den Ortsnamen auf :hall. — C. Schererz,
Studien zu den Ortsnamen von Cambridgeshire. — O. K. Schram, Places
Names in »sett in the East of England. — Besprechungen. — IV (1928), 1.
Inhalt: J. Schatz, Zur Sprachform altbairischer Ortsnamen. — E. Schröder,
284 , Schriftenaustausch.
Zur Geschichte der Ortsnamen auf »rode. — J. Sturm, Stromschnellen
in der Namengebung der Alpenländer. — /orgu Iordan, Bezeichnungen
für «Rodeland» in der rumän. Toponomastik. — J. Loewenthal, Phrys
gisches aus Lydien; Illyrisch-Germanisches. — E. Schwarz, Die Orts
namenforschung in den Sudetenländern. — J. Melich, E. v. Schwartz,
W. Steinhauser, Fidisch. — Besprechungen. — München u. Berlin,
R. Oldenbourg.
Schriftenaustausch.
Acta et Commentationes Universitatis Tartu-
ensis (Dorpatensis), B. Humaniora, XII (1928).
Acta Philologica Scandinavica, Il (197), 1-4, IN
(1928), 1-3.
Beiträge zur Erforschung der Sprache und
Kultur Englands und Nordamerikas (Fortsetzung der
«Giessener Beiträge»), hrsg. von W. Horn. Band I, Heft I: H. Dietert,
Byron als Beurteiler von Dichtern und Dichtung; H. Matthes, Die
Verschleierung der Verfasserschaft bei englischen Dichtungen des 18.
Jahrhunderts. Breslau, im Verlag des Englischen Seminars der Unis»
versität, 1928. 113 S. 8:0.
Bijdragen voor Vaderlandsche Geschiedenis
en Oudheidkunde, VI Reeks Deel VII, Afl. 1-4.
«Ce fastu?», IV (1928), 3—8.
Don Kichote de la Mantcha, Das ist: Juncker Harnisch auss Flecken;
land. Aus Hispanischer Spraach in hochteutsche obersetzt. Franckfurt,
In Verlegung Thomae Matthiae Götzen. 16483. — Dieses Buch, ein
Neudruck der ältesten bekannten deutschen Don Quixote Übersetzung,
wurde mit Unterstützung Eines Hohen Senats der Freien und Hanse:
stadt Hamburg gelegentlich des XXI. Deutschen Neuphilologentages
in Hamburg hergestellt. Herausgegeben im Jahre 1928 nach dem im
Besitz der Hamburgischen Staatss und Universitätsbibliothek befind»
lichen Exemplar vom Seminar für romanische Sprachen und Kultur
der Hamburgischen Universität, gedruckt bei J. J. Augustin in Glück»
stadt und Hamburg und verlegt bei Friederichser, de Gruyter & Co.,
Hamburg. Den Druck überwachten W. Giese und H. Tiemann. —
426 S. 16:0. Preis: RM. 5.—, geb. RM. 6.—. — Diese Übersetzung ist
zwar nur ein Versuch, da sie nur bis zur ersten Hälfte des 23. Kapitels
gedichen ist, aber ein ernsthafter und für den Anfang überraschend
guter Versuch, der das spanische Original als direkte Vorlage benutzt.
Die nächstfolgenden Übersetzungen gehen auf französische Ausgaben
zurück, ohne den Originaltext heranzuziehen. Erst 130 Jahre später
ut "uf " Tentn GEBE:
Schriftenaustausch. 285
(1775) findet F. J. Bertuch wieder den Weg zur spanischen Vorlage.
Vor allen Dingen aber kann die Bedeutung dieses Übertragungsversus
ches für die Geschichte der deutschen Don-Quichote Übersetzungen
nicht hoch genug eingeschätzt werden. Ohne ihn ist Bertuchs Wirk,
aus dem die deutschen Klassiker und älteren Romantiker den unsterb»
lichen Roman kennengelernt haben, nicht zu denken; die vortreffliche
Stuttgarter Übersetzung von )837 fusst teils auf der Zwischenstufe
Bertuch, teils auch direkt auf ihm, und selbst in der bislang besten
Verdeutschung durch Ludwig Braunfels finden sich Spuren seiner Bes
nutzung.
Finnisch-ugrische Forschungen, XIX (1928), 1-3.
Fundaci6 Concepcis i Cibils, Vda. Romaguera.
Obra del Cancgoner popular de Catalunya. Materials. \olum I, Fa
scicle 2: Memöries de missions de recerca, estudis monogräfics, crönis
ques, per J. Llongueres, H. Angles, P. Bohigas, J. Massö Torrents, Lluis
Romeu, F. Pujol, J. Punti i Collell. Barcelona, 1928. 385 p. 4:0.
Giessener Beiträge zur Romanischen Philolos
gie, Heft 21: K. Gernand, Die Bizeichnur gen des Sarges im Gallos
romanischen. Giessen, 1928. 44 S. 8:0 u. I Karte. Preis: geh. RM. 3.—.
Hamburgische Universität. Abhandlungen aus dem Ge
biet der Auslandskunde, Band 27. Reihe B, Völkerkunde,
Kulturgeschichte und Sprachen, Band 15: Hermann Urtel +, Beiträge
zur portugiesischen Volkskunde. Hamburg, Kommissionsverlag Z. Fried»
richsen & Co., 1928. 853 S. 4:0 u. 4 Tafeln. Preis: geh. RM. 6-—. —
In diesem reich dokumentierten Werk behandelt der Verfasser unter
Heranziehung entlegenen und schwer zugänglichen Quellenmaterials
in systematischer Darstellung Glauben, Feste und Sitten und Gebräuche
des portugiesischen Volkes. Ein ausführliches Kapitel beschäftigt sich
mit der portugiesischen Gebärdensprache. Es ist das erste zusammen»
fassende Werk dieser Art, nicht nur in deutscher Sprache, sondern
überhaupt, und weisst der Forschung neue Wege.
Hamburgische Universität. Reden, gehalten bei der Eröffnungs»
feier am 10. Mai 1919 in der Musikhalle von Bürgermeister Dr. W. v.
Melle und Prof. Dr. K Rathgen, erstem Rektor der Universität. Hams
burg, C. Boysen, 1919. 28 S. 8:0.
Hamburgische Universität. Reden, gehalten bei der Feier des
Rektorwechsels am 10. November 1927. Hamburg, C. Boysen, 1927.
37 S. 8:0.
La Universidad de Hamburgo. Descripciön ilustrada. Publicado
bajo los auspicios del Claustro Universitario por el Prof. Dr. W. Wey«
gandt 92 p. 8:0. |
Karl Hansen, Atmungsbewegungen bei den Schulkindern. Diss.
Hamburg, 1928. 77 Tabellen, 8:0.
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G. Hensell, Das protestantische Moment in der Aussenpolitik des
Grossen Kurfürsten von 1672 bis 1688. Diss. Hamburg, Robert Noske,
1927. VII+61 S. 8:0.
The Jobns Hopkins Studies in Romance Lite
ratures, and Languages, Vol. X: The Misterio de los Reyes
Magos, its position in the development of the Mediaeval Legend of the
Three Kings, by Winifred Sturdevant. Baltimore, Maryland, The Johns
Hopkins Press; Paris, Les Presses Universitaires de France, 1927. 130 p. 8:0.
The Journal of English and Germanic Phil»
logy, XXVII (1927), 1-2.
Les Langues Modernes, XXVI (1928), 1-6, et Supplement.
R. Lenz, El Papamiento. La lengua criolla de Curazao. La gr
mätica mas sencilla. Publicado en los Anales de la Universidad de
Chile, 2a. Serie, Aio 1V, 1926, y V, 1927. Santiago de Chile, Esta:
blecimientos Gräficos «Balcells & Co.», 1928. 341 p. gr. 8:0.
Leuvensche Bijdragen, XIX (1927), 2-4 & Bijblad.
Literaturblatt für germanische und romani
sche Philologie, XLIX (1928), 1-10.
Literis, V (1928), 1-2.
The Modern Language Notes, XLIII (1928), 3-6.
Modern Languages, IX (1928), 3-6.
Moderna Spräk, XXII (1928), 3—7.
Museum, XXXV (1928), 6-12.
Namn och Bygd, XV (197), 1-43. Bil.C: 1—2: Nils Ödeen,
Studier i Smälands bebyggelsehistoria. Ett bidrag till svensk ortnamns:
forskning. — XVI (1928), 6 (Bil. B: 3): En Siöö-Book som innehäller
om Siöfarten i Östersiön aff Johan Mänsson, Stockholm 1644. Med
efterskrift, ortnamnsregister, ordlista och sjökort utgiven av Herman
Richter. Häfte 3. Lund, C. W. K. Gleerup.
Die Neueren Sprachen, XXXVI (1928), 2-5. Beiheft
Nr. 12b: E. Moosmann, Englische Literaturstunden auf der Oberstufe. -
— Nr. 14: M. Walter u. P. Olbrich, Beiträge zur Methodik des neu:
sprachlichen Unterrichts. j
Nuovi Studi Medievali, III (1926-1927), 1.
Nysvenska Studier, VIII (1928), 1—2.
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Literary Society. Literary & Historical Section, Vol. 1, Part IV
(1927), V & VI (1928).
H. Prösch, Bismarcks Reichtsgsreden zur auswärtigen Politik.
Versuch einer kritischen Würdigung. Diss. Hamburg, 1928. 144 S. 8:0.
Publications of the Institute of French Studies:
Barbara Mafulka, The Cid as a Courtiy Hero: From the Amadis to
Corneille. Columbia University, 1928. 54 p. 8:0.
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Publications of the Modern Language Asso
‚ciationofAmerica. XLIIl, 1-2. Supplement to Volume XLII
= Supplement and List of Members 1927).
Revista de Filologia Espaüola XIV (1927), 4; XV
(1928), 1.
Revista filologicä, I (197), 3 [P. 284-309, Note asupra
limbii lui Chrestien de Troyes, par Adele Getzler].
Revue belge de Philologie et d’Histoire, VII
(1928), 1—2. — Table generale de la Revue belge de Phil»
logie et d’Histoire (tomes 1A V, 1922 a 1926) et du Bulletin
pbilologique et bistorique (tomes I et Il, 1920 & 1921), publies par la
Societ& pour le progres des Etudes philologiques et historiques, dressee
par Joseph De Smet. Bruxelles, 1928. 200 p. 8:0.
Revue des Ftudes Hongroises, VI (1928), 1. — Dans la
Chronique, p. 86-96: Viljo Tarkiainen, La litterature finnoise d’aujourd’hui.
Romanische Forschungen, XLI (19%), 2: F. Nowak,
G. Flaubert als Romantiker; G. L. Doty, Juan de Zabaleta’s El dia de
fiesta por la manana.
J. Sass, Die Sprache des niederdeutschen Zimmermanns, dargestellt
auf Grund der Mundart von Blankenese (Holstein). Diss. Hamburg,
1926. XIX+149 S. 8:0.
Slavia, VI, 4: VII (1928), 1.
Studier i modern spräkvetenskap utgivna av Ny-
fillologiska Sällskapet i Stockholm, X. Uppsala, Almgvist & Wicksell,
1928. 202 S. 8:0. Preis: Schw. Kronen 5.-—.
University of Illinois Studiesin aeg and
Literature, XII, 2-3: Murray Wright Bundy, The Theory of Imas
gination and Mediaeval Thought. 289 p. 8:0. Price: $ 3.09. — Th. E.
Oliver, The Merope of George Jeffreys as a Source of Voltaire's Merope.
111 p. 8:0. Price: $ 1.00.
Virittäjä, XXXIl (1928), 3—4, 5-7 (Festschrift, Yrjö Wichmann
dargebracht).
A. Vogel, Herders «Journal meiner Reise von 1769». tdeengchit
und Bedeutung für die geistige Entwicklung des Verfassers. Diss.
Hamburg, Robert Noske, 1928. VIII+95 S. 8:0.
Volkstum und Kultur der Romanen, Sprache,
Dichtung Sitte. Vierteljahrsschrift mit Unterstützung der Ham-
burgischen Wissenschaftlichen Stiftung herausgegeben vom Seminar für
romanische Sprachen und Kultur an der Hamburgischen Universität.
I. Jahrgang — 1. Heft. Hamburg, Friederichsen, de Gruyter & Co.
m.b. H., 1928. 112 S. 8:0. Bezugspreis jährlich RM. 18 —.
288 Mitteilungen.
Mitteilungen.
Einheimische Veröffentlichungen: Oskari Kajava,
Etudes sur deux po&mes frangais relatifs A l’abbaye de Fecamp (An
nales Academiae Scientiarum Fennicae, B, XXI) Hel.
sinki, 1928. 157 p. 8:0. — T. E. Karsten, Die Germanen (Grunds
riss der Germanischen Philologie, 9). Berlin u. Leipzig,
1928. X+241 S. mit 4 Tafeln und 8 Textabbıldungen. — O. J. Tallgren,
Survivance arabo:-romane du Catalogue d’etoiles de Ptolemee. Etudes
philologiques sur differents manuscrits. 1: Introduction et Serie Pres
miere. (Extrait de Studia Orientalia, ed. Societas Orientalis
Fennica, t. II). Helsinki, 1928. 853 pages in-8°.
Einheimische Beiträge zu ausländischen Pub:
likationen: A. Längfors, M&langes de po6sie Iyrique frangaise, II,
in Romania, LIll, 474-583. Assemblee generale ordinaıre de la
Societ& des anciens textes francais tenue & l’Ecole des Chartes le 7 mai
1926. Discours de M. Längfors, president, in Bulletin de la So
ciet& des anciens textes francais, cinquante et unidme et
cinquante:-deuxi&me anne&es (Paris, 1927), p. 78-87. — O. J. Tallgren,
La description de l'etoile «ae Virginis» dans l’Astronomie d’Alphonse X.
Histoire d’une erreur, accompagn&e d’une serie de notices sur un tras
vail en preparation, in Rev. de filol. espanola XV (1928),
p. 52-66, 2 facsimiles.
Ausländische Besprechungen einheimischer
Publikationen: Neuphilologische Mitteilungen, XXVIII, bespr.
von Mario Roques in Romania, LIII, 595-5. — U. Lindelöf, Die
neue Ausgabe des Rituale Ecclesiae Dunelmensis und die Sprache der
Glosse, bespr. in Beiblatt zur Anglia, XXXIX, 145-151. — Ders,,
Grundzüge der Geschichte der englischen Sprache, bespr. von H. M.
Flasdieck in Literaturblatt für germanische und rom»
nische Philologie, XLIX, 269. — O. J. Tallgren, Los nombres
ärabes de las estrellas y la transcripcion alfonsina, bespr. von A. Brics
teux in Revue belge de philologie et d’'histoire, VII
(1928), p. 162-3. — A. Wallensköld, Les chansons de Thibaut de
Champagne, bespr. von H. Spanke in Zeitschrift für franzö
sische Sprache und Literatur, 1928, S. 172-5.
XXV (1924). H. 1—2, 3, 4—8 (H. Suolahti dargebracht). — 256 S. Fmk. 25. — E. Öh-
mann, Zu den finn.-germ. Lehnbı ziehungen; A, Anttila, Une r&miniscence bordelaise
dans la langue finn.; L. Spitzer, Nochmüls frz. biffe, schweizerfrz. jaffer; A. H. Krappe,
Ihe Cantar de los Inf de Lara and theCh deRol; J) Vising, Frz. vısıe,vite;, G. Tilan-
der, Rep. a M. G. Biller A propos de son c.-r. des Rem. sur le Rom de Ren, avec une
Repl. de G. Biller; E. Waiberg, Raimon-jordan, Ch, Il, 43; E Sievers, Himmel u.
Hölle; J. Hoops, Angels. bled; A. Goetze, Ein Nochklang des Grals; F, Kluge, Lex.
Nichiese; H, Pipping, Sprachw'iss. u. Metaphysik; E. Ochs, Das Fegfeuer im Germ;
O. Behaghel. Zu d«n Imperativnamen; E. Öhmanın, Die frz. Wörter im Arord.; W. O.
Streng, Einige Bem, zu,der neuesten semas. Forschung, O | Tallgren, Savoir, com-
prendre, traduıre,;, G. Ehrismann, „'dealtypen* unter den höf. Epikern d. mhd, Blütezeit;
J. V.ı ehtonen, Un passage de Shakespeare dans les „Rec. de l’Ens Stäl* de Runeberpg?;
Ww.Söderhjelm, H. Schück u. seine ailgem, Se E. Flinck, Einige Bem.,
zu den abs. konstr. ın den neueren Spr. — Bespr. v. L. Karl ıLa Fille du Comte de Pon-
tieu, p.p. Brunel); A. Längfors (Kıellman, Le troub. R imon-lordan;; E. hmann
Horn, Sprachkörper u. Sprachfunktion); G. Schmidt (Braun, Die Urbevölk. Europas;
Marr, Der japhet. Kauka:us): H. Suolahti ‚Rittertreue, hrsg. v. Thoma); V. Tarkiai-
nen (veubert, Die frz. Versrrosa-keisebrit ferz); A. Wallensköld (Haizield, Leitfaden
der verg! ee Bojunga, Deutsche Sprachl.).
XXVI (1925). H. ı 2, 3—4,5 7,8. — 268 S. Fmk. 25. — A.v. Krzmer, J. Poirot
in mem; A. H. Krappe, The Source of Novellino, XXVIII; L. Karl, Les amours de
M. Bejart; R. Pippıng, Ein Fall von abs. Konstr. im Aschw.; O. Behaghel, Nachtra
zu den „Imperativnamen“; H. Petersen, Les orig de la l&Eg. de s Eustache; E, Wal-
berg, Rem. sur le texte de la 2e paıtie du Po&me moral; Ph. A. Becker, Les coupl. de
la coquille; N.-Fr Rosenfeld, Nibelungensage u. Nibelungenlied; R. Riegler, Schw.
tordyvet, ‘Mistkäfer; L. Karl, Un Echo; G. L. van Roosbroeck, The Source of
Piron’s „Clupperman“; E. Öhmann, Zu den finn.-germ. Leh: beziehungen, Il; A. Bang
fors, Un Echo, note add. — Bespr. v. A. Wallensköld (K. Titz, Glessy Kasselsk6;
P. Studer and J. Evans, Anglo-Norman Lapid.; Maria di Francia, Eliduc, hrsg. v. E Levi;
Mel. off. a Ch, Andler; J. Forchhammer, Die Grundl. d. Phonetik; Fritzes Parlörlex., I:
Svenskt-franskt*; Ripman-Rodhe, Ital. Nybörjarbok; W. O. Streng, Sanain merk. muutt,;
Stud. i mod. spräkvet ‚IX; L Jordan, Afrz. Elementarbuch; F. Gennrich, Die afrz. Rotrouenge;
O. Jespersen, Die Sprache; M&m. de la Soc. n&o-phil. de Helsingfors, VII); K. Krohn, (A Wes-
selski, Märchen des Mittelalters); A. Pi PP'nE (L. Spitzer, Ital. Umga' gsspr); E Öhmann
(Beitr. zur germ. Sprachwiss.; Festschr. Mogk'; J. hquist ıWessely-Schmidt, Deut-
scher Wortschatz®); O. d Tallgren (G. Millardet, Ling. et dialectol. rom. ); W.O. Stre ng
Gloss. des pat. de la Suisse rom,, J); H. Schlücking (A. Köster, Die d. Lit. der Auf-
klärungszeit); L. Karl (Hist. litt. de la Fr., XXXVi, 1).
XVIl (1926). H. 1—2, 3-4, 5—6, 7—8. — 256 S. ‚Fmk. 25. — A. Ferretti, La figura
poetica ci Santo Francesco d’Assisi; nr eanroy, Etudes sur l’ancienne po6sie proven-
ale, I: La structure de la chansor; F. Kluge, äband; A. H. Krappe, Shakespeare in
orance Folk-Lore;, A Malin, Un documento fiorentino del Trecento; H. Petersen,
Note sur une ballade adress&e par Eustache Deschamps A Chaucer; ders., Une Vie in6@dite
de »aını George-; R. Riegler, Nochmals schwed. tordyvel; karin Ringenson, De et
par comme expression du rapport d’agent; G. Schoppe, Ergänzungen zu Kluges Etymo-
logischem Wörterbuch; H. Suolahti, Friedrich Kluge in memoriam.
XXVIII (1927). H. 1—2, 3— 4, 5—6, 7-8. — 256 S. Fmk. 30. — A. Ferretti, Domenico
Compareti; A, Jeanroy, Etudes sur l’anc. po6sie provengale; P. Katara, Bruchstücke
eines mnd. Buches der Altväter; W. Krogmann, Die A'fangsstrophen des Ezzoliedes;
A. Längfors, Dits de Notre Dame (ms. fr 24432 de la Bibl. nat.); J, Morawski, Deux
po&mes en quatrains monorimes; Le ms 254'R de la Bibl. rat. et les Vers sur les 4 tem-
peraments humains; E. Öhmann, Sprachentwicklung und Milieu; D. »cheludko, Orien-
talisches im Abendlande vor Darte: Über Parise la duchesse; G. enSp pe, Beiträge zur
deutschen Wortgeschichte; A. Sjögren, Notes d’&tymologie frangaise: .Söderhjelm,
Eine zwe:te Uppsala-Hs. der Disciplina clericalis; J. W. Spargo, The Basket Incident in
Floire et Blanceflor; W. O. Streng, Une estampie du chansonnier d’Oxford; H. Suo-
lahti. Wilhelm Braune,
AXIX (1928). H. 1ı—6 (U. Lindelöf dargebracht), 7—8. — 288 S. Fmk. 35. — A. Läng-
fors, Li Romanz du Vergier et de l’Arbre d’Amors; Y. Hirn, La verriere symbol» de la
maternit@ virginale; OÖ. J. Tallgren, Un point d’astronomie gr&eco-arabo romane; H. Suo-
lahti, Bedeutungsgeschichte des Verbums lassen; T. E. Karsten, „Deutsche“ Rassen-
fragen; E.Öhmann, Hyperhochdeutsche Formen in mitteldeutschen Mundarten; P. Ka-
tara, Die unvollkommene Beichte eines Königssohnes; Ä. Furu hjelm, Kopulaersa'z
durch Verba eundi, Modusassimilation; H. Pipping, Zur Deutung von Hövamöl 39;
Ww.Söderhjelm, La Copıa exernplorum du confesseur de sainte Brigitte; A. Malin,
Legendaire de Langres; A. Wallensköld, Lat. miräbrlia dans les langues rom,;
H. Petersen, kemarques sur la Vie de saint Eustache par Pierre de Beauvais; K. S.
Laurila, Sprache und Anschauung; A. Jeanroy, Etudes sur l’ancienne po6sie proven-
gale, III; A.H. Krappe, Saga af Herraudi ok Bösa.
Ausserdem erschienen im Verlage des Vereins die M&emoires de la Socidt&E N&o-philo-
logique de Helsingfors, Bde I—VIl, 8%, und zwar in zwangioser Folge seit 1893.
Folgende Personen haben es gütigst übernommen, die Ans
meldung neuer Abonnenten sowie die Einsendung der Abon»
nementsbeträge an die Redaktion zu vermitteln:
Hanko (Hangö): Mag. phil. Lahja Selänne.
Hämeenlinna (Tavastehus): Mag. phil. Laina Viluksela.
Kajaani: Lektor A. Paasio.
Kotka: Mag. phil. K. A. Aarnio.
Kristiina (Kristinestad): Cand. phil. Alma Lauren.
Lahti: Mag. phil. A. Tähtinen.
Maarianhamina (Mariehamn): Cand. phil. Bruno W. Forss.
Mikkeli (St. Michel): Mag. phil. Olga Puolakkainen.
Oulu (Uleäborg): Vorsteherin Fräulein N. Lilius.
Pietarsaari (Jakobstad): Mag. phil. G. Lindberg.
Pori (Björneborg): Fräulein Hildur Koskimies.
Porvoo (Borgä): Fräulein Vivi Reinholm.
Rauma (Raumo): Mag. phil. Siviä Harjama.
Savonlinna (Nyslott): Lektor G. G. Ronimus.
Sortavala: Vorsteherin Fräulein Anni Saukko.
Tammisaari (Ekenäs): Cand. phil. A. Nummelin.
Tampere (Tammerfors): Mag. phil. Aale Ilmoniemi.
Tornio: Lektor F. E. Arve.
Turku (Äbo): Lektor Eino Miettinen.
Uusikaupunki (Nystad): Mag. phil. Veera Vesterinen.
Vaasa:
Viipuri (Viborg): Lektor J. Vasenius.
Helsinki 1928. K. F. Puromiehen Kirjapaino O.-Y.
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